Il fait beau et chaud. Oui mais…

Vous connaissez la chanson : « Il fait beau, il fait bon, la vie coule comme une chanson…. » Le temps estival que nous connaissons depuis plusieurs semaines ravit la plupart des gens. Les barbecues et les piscines s’éternisent, ainsi que les week-ends à la plage. Malheureusement, ce tableau idyllique a aussi son revers car la sécheresse en France atteint des niveaux inégalés. Les records des années 1959, 1985, 1989 et 2003 sont en passe d’être battus. Selon Météo France, à l’échelle nationale, la période de juin à août a été la deuxième plus chaude après 2003. Le trimestre estival, de juillet à septembre, est en passe d’être le plus chaud jamais observé. Le mois de septembre est le troisième plus sec de l’histoire de la météorologie.

Le déficit pluvial est évident quand on observe les relevés. Il est tombé seulement 2 mm de pluie à Montpellier depuis le début du mois de septembre et à peine plus de 10 mm à Paris. Les niveaux record de sécheresse concernent principalement le Massif central, le Nord-Est et le nord des Alpes. Les arrêtés de restriction de l’usage d’eau potable sont nombreux et touchent 62 départements en France métropolitaine.

Dans beaucoup de régions, comme le Limousin où j’habite, les éleveurs ont déjà entamé le fourrage hivernal pour nourrir leur bétail privé d’herbage.

Dans le court terme, le manque d’eau en montagne va poser des problèmes aux stations de sports d’hiver. A cause de la hausse des températures, il faut avoir recours aux enneigeurs de plus en plus fréquemment. Ces dispositifs ont besoin de réserves d’eau pour fonctionner. Il n’est, bien sûr, pas question d’utiliser pour les loisirs d’une minorité l’eau destinée à la consommation de l’ensemble de la population. Or, à cause de la sécheresse persistante, les réserves risquent fort de s’épuiser rapidement. De plus, les canons à neige ne fonctionnent pas au-delà d’une certaine température. Avec la hausse du mercure, ils risquent fort de rester au point mort.

A côté de cela, les viticulteurs se frottent les mains car le millésime 2018 s’annonce exceptionnel grâce à l’action combinée de l’absence de pluies et des fortes chaleurs estivales qui ont gorgé de sucre les raisins.

Selon les prévisionnistes de Météo France, il ne faut pas s’attendre à retrouver un temps humide dans les prochains jours. Il faudrait au moins 50 % de précipitations en plus que la moyenne durant les trois prochains mois pour entrevoir un retour à la normale.

Source : Météo France, presse régionale.

Cumul des précipitations en France pendant le mois de septembre 2018 (Source : Météo France)

L’éruption du Kilauea influe-t-elle sur la météo ? // Does the Kilauea eruption influence weather patterns ?

On sait depuis longtemps que les éruptions volcaniques peuvent avoir une influence sur le climat de la planète. Par exemple, 1816, mieux connue sous le nom de «Année sans été», a connu une modification des modèles climatiques dans l’hémisphère nord suite à l’éruption majeure du Tambora (Indonésie) un an plus tôt.
Cependant, on connaît moins les changements subis par les conditions météorologiques dans des secteurs bien définis suite à une augmentation de l’activité volcanique à proximité. Depuis le 3 mai 2018, l’éruption du Kilauea a déversé d’énormes volumes de lave dans le district de Puna. Dans le même temps, on a remarqué que des trombes d’eau se sont abattues sur la Grande Ile d’Hawaii autour de la zone d’activité éruptive. Depuis le début du mois de juillet, pas moins de trois séquences de très fortes précipitations ont été enregistrées dans cette région.
Les précipitations estimées par radar et confirmées par les données sur deux sites de relevés météorologiques proches, tendent à confirmer que des pluies torrentielles ont effectivement eu lieu. Ces deux sites ont reçu des hauteurs de précipitations considérables puisqu’elles ont atteint entre 62 et 75 centimètres au cours des 10 premiers jours du mois de juillet. À deux reprises au moins, les services météorologiques ont diffusé des bulletins d’alerte mettant en garde contre des précipitations abondantes en se référant aux fortes pluies qui stationnaient sur ou près de la bouche éruptive.
En 2010, des dendrochronologues de l’Université de Columbia ont montré, grâce à l’étude des cernes des troncs d’arbres, que de grandes éruptions du passé ont modifié les régimes de précipitations à travers l’Asie. Ces chercheurs ont indiqué que la météo avait été très sèche en Asie centrale pendant l’activité volcanique tandis que davantage de précipitations étaient observées dans le sud-est au cours de la même période.
Les climatologues pensent que nous avons trop tendance à considérer la terre ferme et l’atmosphère comme deux entités différentes alors que tout ce qui existe sur notre planète est interconnecté. De nombreux éléments susceptibles d’ensemencer les nuages ​​et de créer les conditions d’une pluie abondante sont présents. Ce sont la chaleur, la vapeur d’eau et éventuellement du verre volcanique et des particules de cendre. A Hawaii, ces ingrédients sont présents car la lave contient de la vapeur d’eau et des gaz dissous comme le dioxyde de soufre et le dioxyde de carbone qui peuvent être produits par une bouche volcanique.
On ne sait pas si l’activité volcanique au niveau d’une bouche éruptive peut augmenter les précipitations dans la région. Cependant, on sait que les sources de chaleur non météorologiques telles que les feux de forêt et les éruptions volcaniques peuvent favoriser la formation de nuages ​​cumuliformes connus sous le nom de pyrocumulus ou pyrocumulonimbus.
Cependant, tous les scientifiques ne sont pas d’accord avec l’approche selon laquelle les éruptions volcaniques favoriseraient la formation de nuages et donc de précipitations abondantes. Certains affirment que la géographie locale d’Hawaï joue un rôle prépondérant, même si la contribution des gaz volcaniques à l’augmentation des précipitations ne saurait être négligée. Afin de déterminer s’il existe une corrélation directe entre l’activité éruptive et l’augmentation des précipitations, il faudrait évaluer les régimes de précipitations régionaux et les sources d’eau locales.
Il convient de noter que le côté nord du Kilauea est recouvert d’une forêt tropicale tandis que le côté sud est désertique avec des précipitations très localisées.
Dans une étude publiée dans le Journal of Geophysical Research en 2013, des chercheurs de l’Université de Columbia ont indiqué que de grandes éruptions volcaniques peuvent aussi entraîner une réduction des précipitations dans de nombreuses régions, tandis que d’autres secteurs restent plus humides. D’autres chercheurs sont arrivés à des conclusions similaires, avec une tendance globalement plus sèche suite à l’activité volcanique.
Source: National Weather Service.

Le site Accuweather nous rappelle que certaines régions de l’est d’Hawaï sont réputées pour les fortes pluies et reçoivent généralement entre 3 000 et 7 000 mm de précipitations par an (voir la carte ci-dessous).

Il est bon de rappeler la différence entre les mots ‘climat’  et ‘météo’. On parle de climat lorsque sont considérés une série d’événements météorologiques sur une longue période. Il n’y a pas de durée précise, mais les climatologues évoquent souvent une période d’au moins 30 ans qui leur permet d’établir une moyenne significative. La dernière période de référence est la période 1981-2010. De son côté, la météorologie correspond à l’observation des conditions météo en un lieu donné et à un instant précis. Elle se définit par quelques valeurs instantanées et locales de température, de précipitations, de pression, d’ensoleillement, etc.

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It has long been known that volcanic eruptions can alter global climate patterns. For instance, 1816, better known as the « Year Without a Summer, » confirmed this situation when global climate patterns were altered in the Northern Hemisphere following the explosive eruption of Indonesian volcano Mount Tambora one year earlier.

However, less has been documented on the impacts of localized weather patterns following an increase in nearby activity. Since May 3rd, 2018, the eruption of Kilauea Volcano poured huge volumes of lava in the Puna district. Meantime, torrential downpours also struck Hawaii Big Island around the area of activity. Since the start of July, no fewer than three separate instances of very heavy rainfall have happened over this area of southeastern Hawaii.

Radar estimated rainfall, backed by actual rainfall data from two nearby weather observers, strongly tend to confirm that, indeed, torrential rainstorms have taken place. These two sites have received rainfall of at least 62-75 centimetres within the first 10 days of the month. On at least two occasions, the local National Weather Service issued statements warning of high rainfall rates, owing to stationary heavy rain returns centered over or near the eruptive vent.

In 2010, dendrochronologists at Columbia University showed that large eruptions in the past altered rainfall patterns throughout Asia through their analysis of tree rings. The team’s research indicated much drier weather in central Asia during volcanic activity, while more rain tended to fall in southeastern Asia during the same period.

Climatologists say that we might think of the study of the solid earth and the atmosphere as two different things, but really everything in the system is interconnected and many of the ingredients for seeding clouds and creating the conditions for heavy rain are present during volcanic venting. The ingredients needed include heat, additional water vapour and potentially volcanic glass or ash particles. The lava contains water vapour and dissolved gases like sulfur dioxide and carbon dioxide as prime examples of being released by the volcanic vent in Hawaii.

It remains unknown whether volcanic venting may be increasing rainfall in the region. However, non-meteorological heat sources, such as forest fires, can create clouds. Towering cumuliform clouds triggered by a non-meteorological heat source, such as wildfires and volcanic eruptions, are known as pyrocumulus or pyrocumulonimbus.

Howevern alla scientists do not agree with this approach. Some say that Hawaii’s local geography plays the primary role, even if the possibility that volcanic gases could contribute to the ingredients needed to create storm systems should not be left aside. In order to determine if there is any direct correlation between the volcanic venting and increased precipitation, regional rainfall patterns and local water sources would need to be assessed.

It should be noted that the north side of Kilauea is a rain forest while the south side is desert, stating that rainfall in the area is very localized.

In a study published in the Journal of Geophysical Research in 2013, researchers indicated that large volcanic eruptions can actually lead to reduced rainfall in a wide range of areas, while some trended wetter. Columbia University researchers came to similar conclusions, seeing an overall drier trend in most areas following volcanic activity.

Source : National Weather Service.

The website Accuweather reminds us that parts of eastern Hawaii are famous for heavy rain and usually receive between 3,000-7,000 mm of precipitations per year (see map below).

It is useful to remember the difference between the words ‘climate’ and ‘weather’. We talk about ‘climate’ when we consider a series of meteorological events over a long period. There is no precise duration, but climatologists often mention a period of at least 30 years that allows them to establish a significant average. The last reference period is 1981-2010.
For its part, ‘meteorology’ is the observation of weather conditions in a given place and at a specific time. It is defined by some instantaneous and local values of temperature, precipitation, pressure, sunshine, etc.

Bilan hydrologique de la Grande Ile (Source : Accuweather)

Les volumineux panaches de vapeur d’eau et de gaz volcaniques provoquent-ils un excès de précipitations dans la région de l’éruption? (Crédit photo : USGS / HVO)

Indonésie: Le pays de tous les désastres // Indonesia: The country of all disasters

drapeau francaisL’éruption du Sinabung reste intense mais semble avoir atteint un palier, de sorte que la zone de danger est maintenue avec un rayon de 7 km autour du volcan. Pour le moment, comme par miracle, il n’est fait état d’aucune mort liée directement à l’éruption.

Dans le même temps des inondations catastrophiques frappent la Sulawesi du Nord. Elles ont entraîné la mort d’au moins 18 personnes et plusieurs disparus. Ces inondations ont été provoquées par des pluies torrentielles qui ont fait déborder le Lac Tondano, situé dans la caldeira du même nom. Le gouvernement de la province prévoit la construction de butées le long du lac pour éviter de nouvelles inondations à l’avenir. Plus de 80 000 personnes ont été déplacées et les dégâts sont considérables.

Même punition pour Jakarta où les pluies diluviennes ont provoqué des inondations. Au moins 7 personnes sont mortes. Plus de 10 000 personnes ont été déplacées et mises en sécurité dans 97 abris.

Source : Presse indonésienne.

drapeau anglaisThe eruption of Mount Sinabung is still intense but seems to be steady now so that the radius of the danger zone is kept at 7 km. For the time being – it is a miracle – there has been no report of deaths directly linked to the eruption.

Meantime, severe flooding has struck North Sulawesi and caused the death of at least 18 persons while others are missing. The floods were triggered by torrential rain and the overflow of Lake Tondano which lies within a caldeira with the same name. The government of the province intends to build an embankment so as to avoid more flooding in the future. More than 80,000 people have been displaced and the devastation is considerable.

The same situation affects the Jakarta area where heavy rains caused flooding too. At least 7 persons have died. More than 10,000 have been displaced and relocated in 97 shelters.

Source: Indonesian newspapers.