Ça continue… ! // It’s going on… !

Avec +0,465°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de février 2019 est le 3ème plus chaud des archives NCEP-NCAR, derrière 2016 (+0,915) et 2017 (+0,649). El Niño est en train de reprendre de la vigueur. Les climatologues prévoient un été 2019 particulièrement chaud.

Dans le même temps, on apprend que le contenu en chaleur  des océans a atteint un niveau record en 2018, dépassant celui de 2017, qui avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée. Ne pas oublier qu’une montée en chaleur des océans contribue à leur dilatation et donc à la hausse de leur niveau.

Source : global-climat.

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With + 0.465°C above the 1981-2010 average, February 2019 was the 3rd warmest of the NCEP-NCAR archives, behind 2016 (+0.915°C) and 2017 (+0.649°C). El Niño is gaining strength. Climatologists predict a hot summer in 2019.

At the same time, we learn that the heat content of the oceans reached a record level in 2018, surpassing that of 2017, which had been the hottest year ever recorded. One should not forget that a rise in temperature of the oceans contributes to their expansion and thus to the rise of their level.
Source: global-climat.

Graphique montrant les 10 années les plus chaudes de l’océan depuis 1958. (Source : Lijing Cheng – IAP)

Il fait beau, il fait chaud. Oui mais… // A fine, warm weather…Yes, but….

En ce moment en France les bulletins météo mettent en évidence les températures délirantes du mois de février. En gesticulant comme à leur habitude à la télévision, les présentateurs nous expliquent, sans trop insister et avec un grand sourire, que l’on se situe à plusieurs degrés au-dessus de la normale, mais l’expression « réchauffement climatique » semble faire mal aux lèvres car elle n’est presque jamais mentionnée ! La situation est pourtant inquiétante car la pluviométrie connaît un profond déficit et certaines régions vont avoir soif l’été prochain si le ciel ne se décide pas à ouvrir les vannes.

Alors que tout le monde ou presque se réjouit de ces conditions printanières au cœur du mois de février, la banquise continue de fondre. J’ai expliqué comment la descente et la division du vortex polaire arctique avait entraîné des températures très froides dans le Midwest des Etats-Unis et en Sibérie pendant qu’elles étaient clémentes en Alaska.

En Antarctique, les glaciers Thwaites et de Pine Island, dans la mer d’Amundsen, fondent dans une indifférence quasi générale. L’Antarctique, c’est loin de la France ! Comme le disait fort justement Nicolas Hulot, « tout le monde s’en fiche ! ». Pourtant, si ces énormes étendues de glace venaient à disparaître, le niveau des mers pourrait monter d’environ 3 mètres, avec des conséquences dramatiques faciles à imaginer.

Comme je l’ai expliqué  à plusieurs reprises sur ce blog, depuis une vingtaine d’années, le Thwaites et le Pine Island reculent et perdent de la masse, et contribuent déjà à l’élévation du niveau des océans. Aujourd’hui, le niveau de la mer augmente sur tout le globe en moyenne de 3 mm par an : 1 mm est dû à la dilatation thermique des océans et 1 mm est dû à la fonte des glaciers de montagne. Le troisième millimètre est dû aux calottes polaires, avec deux tiers pour le Groenland, un tiers pour l’Antarctique.

La particularité des deux glaciers antarctiques, c’est que leur glace repose sur un substrat rocheux sous le niveau de la mer, ce qui explique leur instabilité. La NASA vient d’ailleurs de découvrir une énorme cavité sous le glacier Thwaites, ce qui ne peut qu’accroître son instabilité. En tant que tel, ces glaciers représentent le point faible de l’Antarctique de l’ouest. Comme je l’ai expliqué précédemment, s’ils fondent, ce sont tous les glaciers de cette région qui prendront le  chemin de la mer, car ils sont interconnectés.  On assistera alors à une élévation du niveau de la mer de l’ordre de 3 mètres.

Certains scientifiques se demandent si le réchauffement climatique est totalement responsable de cette situation très inquiétante, mais la probabilité est très forte. Encore plus grave, on sait que les glaciers Thwaites et Pine Island ont des points de bascule qui se trouvent à des températures situées entre 1,5 et 2 degrés au-dessus de la température avant la période pré industrielle. Or nous sommes déjà environ un degré au-dessus de ce seuil. On s’attend à ce que le phénomène de fonte de la glace devienne irréversible si on dépasse ces points de bascule durablement.

Si un tel événement se produit, il entraînera des modifications drastiques à l’échelle planétaire. Il est bien évident que si le niveau de la mer augmente de 3 mètres, cela aura un impact sur toutes les côtes du monde, les infrastructures les plus vulnérables comme les ports, et les grandes villes comme New York…  Mais il fait beau, il fait chaud ; tout va bien !

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At the moment in France the weather bulletins focus on the incredible temperatures of the month of February. While gesticulating as usual on TV, presenters explain, without insisting too much and with a broad smile, that we are several degrees above normal, but the expression « global warming » seems to hurt the lips because it is never mentioned! The situation is nevertheless worrying because there is a lack of rain and some regions will be thirsty next summer if the sky does not decide to open the floodgates.
While almost everyone is delighted with these spring conditions in the heart of February, the ice sheet continues to melt. I explained how the descent and division of the Arctic polar vortex caused very cold temperatures in the Midwestern United States and Siberia while they were mild in Alaska.
In Antarctica, the Thwaites and Pine Island glaciers in the Amundsen Sea are melting with almost universal indifference. Antarctica is far from France! As Nicolas Hulot rightly said, « everyone does not care! » However, if these huge ice sheets disappeared, the sea level could rise by about 3 metres, with dramatic consequences easy to imagine.
As I have explained several times on this blog, the Thwaites and the Pine Island have been receding and losing mass for twenty years or so, and already contribute to the rise of the level of the oceans. Today, the sea level is increasing around the globe at an average of 3 mm per year: 1 mm is due to the thermal expansion of the oceans and 1 mm is due to the melting of mountain glaciers. The third millimetre is due to the melting of polar ice caps, with two-thirds for Greenland, one-third for Antarctica.
The peculiarity of the two Antarctic glaciers is that their ice rests on the bedrock below sea level, which explains their instability. NASA has just discovered a huge cavity under the Thwaites glacier, which can only increase its instability. As such, these glaciers represent the weak point of West Antarctica. As I explained before, if they melt, all the glaciers of this region will take the path to the sea, because they are interconnected. We will then witness a rise in sea level by about 3 metres.
Some scientists wonder whether global warming is totally responsible for this very disturbing situation, but the probability is very high. Even more worrying, the Thwaites and Pine Island glaciers are known to have tipping points at temperatures between 1.5 and 2 degrees above the pre-industrial temperatures. At the moment, we are already about a degree above this threshold. It is expected that the ice melting phenomenon will become irreversible if these tipping points are durably exceeded.
If such an event occurs, it will result in drastic global changes. It is obvious that if the sea level increases by 3 metres, it will have an impact on all the coasts of the world, the most vulnerable infrastructures as the ports, and the big cities like New York … But the weather is nice and warm. Everything is fine !

Source: British Antarctic Survey

Réchauffement climatique, fonte des calottes glaciaires et effets sur les courants océaniques // Global warming, melting ice caps and effects on ocean currents

Avec la fonte des calottes glaciaires arctique et antarctique, on sait d’ores et déjà que des milliards de tonnes d’eau douce vont se déverser dans l’océan. On sait aussi que ce phénomène va avoir un double effet dévastateur. D’une part, on va assister à une rapide hausse du niveau des océans. D’autre part, cette arrivée d’eau douce et très froide risque fort d’entraîner un dérèglement des grands courants océaniques, donc du climat du globe, avec des effets catastrophiques faciles à imaginer.

Une étude internationale qui vient d’être publiée début février 2019 dans la revue Nature prévient que la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, en plus d’augmenter le niveau des océans, va aussi multiplier les événements météo extrêmes et déstabiliser le climat de certaines régions dans les prochaines décennies. On peut lire que les milliards de tonnes d’eau issues de la fonte des glaces, en particulier au Groenland, vont affaiblir les courants océaniques qui aujourd’hui transportent l’eau froide vers le sud en plongeant vers le fond de l’Atlantique, tout en repoussant les eaux tropicales vers le nord plus près de la surface. Ce phénomène est connu sous l’appellation anglaise Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC) – circulation méridienne de retournement de l’Atlantique, ou circulation thermohaline. C’est une espèce de grand tapis roulant océanique qui joue un rôle crucial dans le système climatique et aide à maintenir une certaine chaleur sur l’hémisphère nord.

Selon les modèles établis par des chercheurs néo-zélandais dans le cadre de l’étude, la fonte des banquises va provoquer des perturbations importantes dans les courants océaniques et changer les niveaux de réchauffement à travers le globe.

Jusqu’à présent, de nombreuses études sur les calottes glaciaires se sont concentrées sur la vitesse de leur fonte sous l’effet du réchauffement, et sur leur point de basculement (« tipping point ») autrement dit le niveau de hausse de température à partir duquel leur disparition sera inévitable, même si la fonte totale pourrait prendre des siècles.

Les changements à grande échelle observés par les scientifiques dans leurs simulations révèlent que le climat sera plus chaotique dans les prochaines années, avec des événements météo extrêmes plus nombreux, des canicules plus fréquentes et plus intenses.

Selon des chercheurs californiens, d’ici le milieu du 21ème siècle, l’eau de fonte de la calotte du Groenland perturbera sensiblement l’AMOC, qui montre déjà des signes de ralentissement. L’échéance serait beaucoup plus courte que prévu. Les conclusions des chercheurs s’appuient sur des simulations détaillées et des observations satellitaires des changements des calottes depuis 2010. Parmi les conséquences probables de l’affaiblissement de l’AMOC, la température de l’air sera plus élevée dans le haut Arctique, l’est du Canada et l’Amérique centrale, et au contraire plus basse sur l’Europe de l’Ouest.

Source : Presse scientifique.

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With the melting of the Arctic and Antarctic ice sheets, we know that billions of tons of fresh water will flow into the ocean. We also know that this phenomenon will have a double devastating effect. On the one hand, we will witness a rapid rise in the level of the oceans. On the other hand, this arrival of fresh and very cold water is likely to cause a disruption of major ocean currents, and therefore of the global climate, with disastrous effects easy to imagine.
An international study just published early February 2019 in the journal Nature warns that the melting of the icecaps of Greenland and Antarctica, in addition to increasing the level of the oceans, will also multiply extreme weather events and destabilize the climate of certain regions in the coming decades. One can read that the billions of tons of water from melting ice, especially in Greenland, will weaken the ocean currents that today carry cold water to the south by diving towards the bottom of the Atlantic, while pushing tropical waters further north closer to the surface. This phenomenon is known as the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC). It is a sort of large oceanic treadmill that plays a crucial role in the climate system and helps maintain some warmth in the northern hemisphere.
According to models developed by New Zealand researchers who took part in the study, melting sea ice will cause major disturbances in ocean currents and change warming levels across the globe.
So far, many studies on ice caps have focused on the speed of their melting under the effect of warming, and on their tipping point, in other words the level of temperature rise from which their disappearance will be inevitable, even if total melting could take centuries.
The large-scale changes observed by scientists in their simulations reveal that the climate will be more chaotic in the coming years, with more extreme weather events, more frequent and more intense heat waves.
According to California researchers, by the middle of the 21st century, meltwater from the Greenland ice cap will significantly disrupt AMOC, which is already showing signs of slowing down. The deadline is thought to be much shorter than expected. The researchers’ conclusions are based on detailed simulations and satellite observations of ice sheet changes since 2010. Among the likely consequences of the weakening of AMOC, the air temperature will be higher in the high Arctic. East of Canada and Central America, and on the contrary lower in Western Europe.
Source: Scientific Press.

Schémas montrant la circulation thermohaline [Source : GIEC]

La très inquiétante fonte du Groenland // Greenland’s alarming melting

Selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Ohio State University et publiée le 21 janvier 2019 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, la glace du Groenland fond plus rapidement que prévu par les scientifiques. Le fait nouveau est que la majeure partie de cette perte de glace provient de la calotte glaciaire et non des glaciers.
La nouvelle étude a révélé que la plus grande perte de glace entre le début de l’année 2003 et le milieu de l’année 2013 provenait de la région sud-ouest du Groenland, largement dépourvue de grands glaciers et dont la perte de glace n’avait jamais été observée avec une telle ampleur. Le Groenland semble avoir atteint un point critique vers 2002-2003, époque où la perte de glace s’est rapidement accélérée. En 2012, la perte annuelle était presque quatre fois plus importante qu’en 2003 !
Les données fournies par les satellites et les stations GPS installées sur les côtes du Groenland par la NASA montrent qu’entre 2002 et 2016, le Groenland a perdu environ 280 milliards de tonnes de glace par an. Cela entraîne inévitablement une montée du niveau de la mer.
La calotte glaciaire du Groenland a une épaisseur de 3 000 mètres par endroits et contient suffisamment de glace pour faire monter le niveau de la mer de 7 mètres. Au 20ème siècle, le Groenland a perdu environ 9 000 milliards de tonnes de glace, ce qui a induit 25 millimètres d’élévation du niveau de la mer. (Il faut environ 360 milliards de tonnes de glace pour produire un millimètre d’élévation globale du niveau de la mer.)
Cependant, le Groenland est devancé par la banquise antarctique qui pourrait faire monter le niveau de la mer de 57 mètres si elle venait à fondre complètement. Le problème est que l’Antarctique subit également une fonte accélérée et perd six fois plus de glace qu’il y a quatre décennies, comme l’a révélé une étude du 14 janvier 2019. La perte de glace de l’Antarctique a atteint en moyenne 252 milliards de tonnes par an au cours de la dernière décennie.
Il en va de même pour les glaciers de l’ouest de l’Amérique du Nord, dont les pertes de glace ont quadruplé depuis le début des années 2000 pour atteindre 12,3 milliards de tonnes par an.
Le réchauffement planétaire actuel, avec une hausse globale de la température de seulement 1°C, est la principale cause de cette fonte massive des glaces. Au Groenland, des chercheurs ont découvert que le réchauffement planétaire associé à une phase négative de l’oscillation nord-atlantique entraînait la fonte rapide de la calotte glaciaire en surface pendant les étés. Rappelons que l’oscillation nord-atlantique (NAO) est un changement naturel et irrégulier de la pression atmosphérique; elle apporte un temps chaud et ensoleillé dans l’ouest du Groenland quand elle se trouve dans sa phase négative. Avant 2000, ce phénomène ne conduisait pas à une fonte importante de la glace, mais depuis cette époque, la phase négative de l’oscillation entraîne une augmentation considérable de la fonte.
Les chercheurs ont averti que, sans des mesures rapides pour réduire considérablement la consommation de combustibles fossiles, la majeure partie de la glace du Groenland fondra et fera monter de 7 mètres le niveau de la mer. Cela se produira sur une échelle de temps de plusieurs siècles. Cependant, il existe un seuil de réchauffement susceptible d’être franchi dans quelques décennies ou moins, et au-delà duquel la fonte du Groenland sera irréversible.
Une autre crainte est que toute cette eau de fonte en provenance du Groenland  ralentisse le Gulf Stream, qui transporte de l’eau chaude de l’équateur vers l’Atlantique Nord et envoie l’eau froide dans les profondeurs de l’océan. C’est grâce au Gulf Stream, aussi connu sous le nom de Circulation méridienne de retournement Atlantique (AMOC), que l’Europe occidentale jouit d’un climat tempéré. L’année dernière, des chercheurs ont indiqué dans la revue Nature que l’AMOC avait perdu 15% de son potentiel depuis le milieu du 20ème siècle. Les météorologues pensent souvent que ce ralentissement est lié aux récentes vagues de chaleur au cours de l’été en Europe, mais d’autres scientifiques l’ont attribué aux énormes quantités d’eau de fonte en provenance du Groenland.
Source: National Geographic et presse scientifique américaine.

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According to a news study performed by researchers at the Ohio State University and published on January 21st, 2019 in the Proceedings of the National Academy of Sciences, Greenland’s ice is melting faster than scientists previously thought. The new fact is that most of this ice loss is from the land-fast ice sheet itself, not Greenland’s glaciers.

The new study has found that the largest ice loss between early 2003 and mid-2013 came from Greenland’s southwest region, which is mostly devoid of large glaciers and that had not been known to be losing ice so rapidly. Greenland appears to have hit a tipping point around 2002-2003 when the ice loss rapidly accelerated. By 2012 the annual ice loss was incredible, at nearly four times the rate in 2003.

Data from NASA’s satellites and GPS stations installed around Greenland’s coast showed that between 2002 and 2016, Greenland lost approximately 280 billion tons of ice per year. This will inevitably cause additional sea-level rise.

The Greenland ice sheet is 3,000 metres thick in places and contains enough ice to raise sea levels by 7 metres. In the 20th century, Greenland has lost around 9,000 billion tons of ice in total, accounting for 25 millimetres of sea-level rise. (It takes about 360 billion tons of ice to produce one millimetre of global sea-level rise.)

However, Greenland is dwarfed by the Antarctic ice sheet, which could raise sea level 57 metres if fully melted. The problem is that the Antarctic is also undergoing an accelerated meltdown, losing six times as much ice as four decades ago, as revealed by a January 14th, 2019 study. Its ice loss averaged 252 billion tons a year over the past decade.

It is the same story for western North America’s glaciers whose ice loss has quadrupled since the early 2000s to 12.3 billion tons annually.

Global warming of just 1°C is the main driver behind this massive meltdown of the world’s ice. In Greenland, researchers discovered that global warming, coupled with a negative phase of the North Atlantic Oscillation led to the rapid surface melt of the ice sheet during summers. Let’s recall that the North Atlantic Oscillation (NAO) is a natural, irregular change in atmospheric pressure; it brings warm, sunny summer weather to the western side of Greenland when it is in its negative phase. Before 2000, this did not lead to significant ice melt, but ever since then the negative phase of the NAO has resulted in huge increases in ice melt.

The researchers warn that without acting soon to dramatically reduce the burning of fossil fuels that is raising global temperatures, most or all of Greenland’s ice could melt, raising sea levels by 7 metres. This would occur on a time scale of centuries. However, there is a warming threshold that could be crossed in a few decades or less. If this threshold is exceeded long enough, the meltdown of Greenland would be irreversible.

Another major concern is that all this meltwater is slowing the Gulf Stream that brings warm water from the equator to the North Atlantic and cold water down into the deep ocean. The Gulf Stream, more properly known as the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), is why Western Europe has temperate weather. Last year, researchers reported in the journal Nature that the AMOC has declined in strength by 15 percent since the mid-20th century. Meteorologists often believe this slow-down is linked to recent summer heat waves in Europe, but other scientists have attributed the slow-down to the huge volumes of meltwater from Greenland.

Source: The National Geographic and U.S. scientific press.

Calotte glaciaire et vêlage de glaciers au Groenland (Photos: C. Grandpey)