Le méthane, un poison pour le climat (1ère partie) // Methane, a poison for the climate (part 1)

On sait aujourd’hui que les émissions de méthane (CH4) sont une menace majeure pour le climat de notre planète. Les scientifiques et les écologistes appellent à des mesures agressives pour limiter la production de ce gaz. Lors de la COP26 de Glasgow (Écosse) en 2021, plus de 100 pays se sont engagés à réduire de 30 % leurs émissions de méthane d’ici 2030. Toutefois, les décisions prises lors de ces conférences ne sont pas contraignantes, de sorte que peu de nations ont élaboré des plans clairs pour atteindre ce but.
En utilisant la surveillance par satellite, les scientifiques découvrent de nouvelles sources d’émissions, notamment des fuites au niveau des puits de pétrole et des gazoducs. Environ 60 % du méthane dans l’atmosphère provient de sources industrielles comme les oléoducs et les gazoducs, mais aussi des sites de forage, ainsi que des parcs d’engraissement du bétail, des terres cultivées et des décharges.
De plus en plus de recherches montrent que la réduction des émissions de méthane est essentielle pour maintenir le réchauffement planétaire à moins de 2 degrés Celsius au-dessus de l’époque préindustrielle afin d’éviter les pires catastrophes pour notre planète.
Après avoir été largement ignoré pendant des décennies, les scientifiques savent maintenant que le méthane est beaucoup plus nocif que le dioxyde de carbone (CO2) comme gaz à effet de serre à court terme, même s’il ne persiste qu’une décennie dans l’atmosphère avant de se décomposer, alors que le CO2 persiste pendant des siècles. Les scientifiques ont comparé les effets de réchauffement du méthane et du dioxyde de carbone sur un siècle; sur ce laps de temps, le méthane est 28 fois plus nocif, alors que sur 20 ans il l’est 80 fois plus.
L’impact climatique du méthane est doublement préoccupant car le monde est plus proche qu’on le pensait du «point de basculement» après lequel le réchauffement climatique ne peut plus être contrôlé. Une étude publiée en septembre 2022 a montré que certains événements susceptibles d’être déclenchés par le réchauffement climatique, comme la disparition de la calotte glaciaire du Groenland ou la fonte du pergélisol arctique, sont imminents.
Les trois cinquièmes des émissions mondiales de méthane proviennent de l’activité humaine ; le reste provient de sources naturelles comme les marécages ou le dégel du pergélisol, bien que cet impact soit encore mal connu.
Parmi les émissions d’origine humaine, les deux tiers proviennent de l’élevage et des combustibles fossiles, le reste provenant en grande partie des déchets en décomposition ainsi que de la riziculture. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que les émissions de méthane s’avèrent être plus élevées que les normes définies par les agences climatiques.
Les scientifiques peuvent mesurer avec précision le niveau de méthane dans l’atmosphère, mais le plus important pour les décideurs qui cherchent à imposer des réglementations est d’en connaître la source.
Les entreprises pétrolières et les gouvernements font pression pour que le gaz naturel devienne un « carburant de transition » vers les énergies renouvelables dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Leur argument est que la combustion du gaz naturel émet deux fois moins de carbone par kilowatt que le charbon. Cependant, avec les fuites des plates-formes de forage, des pipelines et d’autres infrastructures, cet avantage peut rapidement être effacé.
De plus en plus de gouvernements exigent aujourd’hui que l’industrie pétrolière et gazière détecte et répare les fuites après que des études ont montré qu’elles étaient un énorme problème. L’Union Européenne a récemment accordé le label « vert » à certains projets de gaz naturel dans un désir de développement de ce secteur.
Source : Yahoo Actualités.

 ——————————————–

Methane emissions are known as a top threat to the global climate. Scientists and environmentalists are calling for aggressive action to curb the output. At last year’s COP26 in Glasgow (Scotland), more than 100 countries pledged a 30% cut from 2020 methane emissions levels by 2030. But the decisions made during these conferences are not binding, so that few nations have since worked out clear plans to reach that goal.

Scientists using satellite monitoring are discovering new emissions sources, including leaks from oil wells and natural gas pipelines. About 60% of the methane in the atmosphere comes from industrial sources, including oil and gas pipelines and drill sites, as well as feed lots, croplands and landfills.

Research increasingly shows that reducing emissions of methane is vital to keeping planetary warming to within 2 degrees Celsius above pre-industrial times to avert the worst impacts of climate change.

After being largely ignored for decades, scientists now know that methane is much more potent than carbon dioxide as a greenhouse gas in the short term, even though it lingers for only a decade in the atmosphere before breaking down while CO2 lingers for centuries. Scientists compare the warming effects of methane and carbon dioxide over one century, and over that timescale methane is 28 times worse. Over 20 years, however, methane is 80 times worse.

Methane’s climate impact is doubly worrying because the world is closer than previously thought to crossing « tipping points » at which climate global warming can no longer be controlled. A study in September 2022 suggested that some of the events that could be triggered by global warming, like the collapse of the Greenland Ice Sheet or the melting of Arctic permafrost, are imminent.

Three-fifths of the world’s estimated methane emissions are from human activity; the rest are from natural sources like swamps or the thawing of permafrost, although its impact is still unknown.

Of the human-caused emissions, two-thirds are from livestock farming and fossil fuels, with much of the rest from decomposing waste as well as rice cultivation. What is specially worrying is that methane emissions turn out to be higher than climate agencies said they should be.

While scientists can accurately measure the level of methane in the atmosphere, understanding where it is coming from is crucial for policymakers seeking to impose regulations that reduce the emissions.

Petroleum-producing companies and nations are lobbying hard for natural gas as a « bridge fuel » to renewables as the world undertakes a clean energy transition to fight climate change. Their argument: burning natural gas emits half as much carbon per kilowatt as coal. However, with leaks from drill pads, pipelines, compressors, and other infrastructure, those gains can quickly be erased.

World governments, including the United States, are introducing requirements that the oil and gas industry detect and repair leaks after studies showed leaks in the industry were a huge problem. The European Union recently endorsed labeling some natural gas projects as « green » in a major boost to the industry.

Source: Yahoo News.

Source: AquaPortail

Fuites de méthane dans la Baltique : un coup dur pour l’environnement // Methane leaks in the Baltic Sea : A hard blow to the environment

Les informations selon lesquelles un gazoduc s’est rompu dans la mer Baltique – suite à d’éventuels actes de sabotage – font craindre que la fuite de méthane accélère encore davantage le réchauffement climatique. Il est encore trop tôt pour dire quelle quantité de méthane en provenance des pipelines Nord Stream atteindra l’atmosphère, mais les fuites auront probablement un impact sur le réchauffement climatique.
Bien que le méthane (CH4) n’ait pas une durée de vie aussi longue que le dioxyde de carbone (CO2) qui séjourne beaucoup plus longtemps dans l’atmosphère, le gaz possède une plus grande capacité à piéger la chaleur: environ 30 fois plus que le CO2 sur 100 ans. C’est la raison pour laquelle des réductions drastiques des émissions de méthane sont essentielles pour freiner la progression du réchauffement climatique à court terme. Si tout le méthane contenu dans les pipelines devait atteindre l’atmosphère, cela pourrait mettre un sacré coup d’arrêt à nos efforts pour ralentir le réchauffement climatique.
Quatre fuites ont été découvertes le long des gazoducs Nord Stream 1 et 2 dans la Mer Baltique. Les pipelines n’étaient pas en service au moment de l’accident – ou du sabotage – mais ils étaient remplis d’environ 778 millions de mètres cubes de gaz naturel et 70 à 90 % de ce gaz naturel est du méthane.
Toutefois, on ne sait pas quelle quantité de ce méthane atteindra l’atmosphère. Cela dépendra de la taille de la brèche et d’autres facteurs. Même si les pipelines ne se vident pas complètement, les émissions de CH4 pourraient être considérables. On estime qu’au début les fuites ont probablement libéré environ 500 tonnes de méthane par heure dans la mer, avec une atténuation du débit par la suite.
Par ailleurs, il n’est pas certain que tout ce méthane atteindra la surface. Par exemple, on sait que les microbes peuvent absorber une partie du méthane lors de son passage dans l’eau, mais cet effet sera probablement minime car le méthane n’aura pas le temps d’être absorbé naturellement. C’est pourquoi, une proportion importante de ce qui sort des gazoducs sera évacuée sous forme de gaz méthane.
Source : Business Insider, via Yahoo Actualités.

Un visiteur de mon blog m’a fait remarquer que ces émissions de méthane dans la Baltique étaient négligeable à l’échelle atmosphérique. C’est vrai, mais s’ajoutant à celles qui existent déjà sur notre planète, ça n’arrange pas la situation des gaz à effet de serre. Il y a quelques mois des scientifiques du CNRS et du CEA ont identifié, depuis l’espace, 1 200 panaches de méthane correspondant à des fuites issues d’exploitations pétrolières ou gazières. En terme de pollution, ces fuites sont comparables, chaque année, à la circulation de 20 millions de véhicules. S’agissant des fuites dans la Mer Baltique, on estime qu’elles correspondent à huit mois d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère au Danemark.

——————————————-

Reports that a natural gas pipeline has ruptured in the Baltic Sea – because of a possible acts of sabotage – are causing fears that the methane leak could negatively impact global warming. It is still too early to say how much methane from the Nord Stream pipelines will reach the atmosphere, but the leaks have the potential to have a substantial effect on global warming.

Though methane (CH4) is not as long-lived as carbon dioxide (CO2) which floats in the atmosphere for much longer after it is released, the gas is much better at trapping heat, about 30 times better than CO2 over 100 years. This is the reason why sharp cuts to methane emissions are essential to curb the rate of global warming in the short term. If all of the methane contained in the pipelines were to reach the atmosphere, it could seriously set the world back.

Four leaks have now been found along the Nord Stream 1 and 2 pipelines that cross the Baltic Sea. Though the pipelines were not being used when they were breached, they were full of about 778 million cubic meters of natural gas. Seventy to 90% of this natural gas is methane.

However, it is not clear how much of that methane will reach the atmosphere. The rate of emission depends on how big the breach is and other factors. Even without the pipelines emptying completely, the emissions could be substantial. It is estimated that the leaks likely released about 500 metric tons of methane per hour into the sea at first and are releasing less over time.

Besides, it does not mean all of that methane will reach the surface. For instance, microbes are known to absorb some of the methane as it passes through the water, although this is likely to have little effect. Methane will not have time to be attenuated by nature. So a significant proportion will be vented as methane gas.

Source: Business Insider, via Yahoo News.

A visitor to my blog pointed out to me that these methane emissions in the Baltic were negligible on an atmospheric scale. It’s true, but adding to those that already exist on our planet, they are not a good thing for the situation of greenhouse gases. A few months ago, CNRS and CEA scientists identified, from space, 1,200 plumes of methane corresponding to leaks from oil and gas operations. In terms of pollution, these leaks are comparable, each year, to the traffic of 20 million vehicles. Regarding the leaks in the Baltic Sea, it is estimated that they correspond to eight months of greenhouse gas emissions into the atmosphere in Denmark.

La fuite de gaz dans la Baltique (Source: autorités militaires danoises)

Concentrations record de méthane dans l’atmosphère // Record methane concentrations in the atmosphere

Quand on parle de gaz à effet de serre on pense avant tout au dioxyde de carbone (CO2), le gaz carbonique dont les concentrations sont en hausse constante dans l’atmosphère. Je diffuse régulièrement les relevés effectués en haut du Mauna Loa à Hawaii ainsi que la Courbe de Keeling qui les accompagne.

A côté du dioxyde de carbone, le méthane (CH4) contribue largement au réchauffement climatique. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) vient d’indiquer que la concentration atmosphérique de méthane a atteint un nouveau record et que l’augmentation de ce gaz dans l’atmosphère a été de 17 ppb (parties par milliard), soit la plus forte hausse annuelle enregistrée depuis le début des mesures en 1983. En 2020, l’augmentation était de 15 ppb, et constituait déjà un record.

On peut lire sur l’excellent site web global-climat que le méthane est généré par la production, le transport et l’utilisation de combustibles fossiles, mais aussi par la décomposition des matières organiques dans les zones humides et comme sous-produit de la digestion des ruminants dans l’agriculture. Sans oublier les quantités phénoménales liées au dégel du pergélisol arctique. L’une des principales sources d’émissions de méthane d’origine humaine est l’industrie pétrolière et gazière.

La durée de vie du méthane dans l’atmosphère est beaucoup plus courte que celle du dioxyde de carbone – une dizaine d’années pour le CH4 contre une centaine pour le CO2 – mais le méthane est environ 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone pour piéger la chaleur dans l’atmosphère. Ainsi, sur une échelle de 20 ans, l’effet de réchauffement du CH4 est environ 80 fois fois supérieur à celui du CO2.

Lors de la COP26 à Glasgow en 2021, les participants se sont mis d’accord sur une promesse de réduction des émissions de méthane de 30 % d’ici à 2030. Promesse oui, mais non contraignante!

On estime qu’environ 30 % du méthane provient de la production de combustibles fossiles. La réduction des émissions de méthane pourrait contribuer à réduire plus rapidement le réchauffement climatique qu’une stratégie basée uniquement sur le dioxyde de carbone.

Pendant ce temps, les niveaux de dioxyde de carbone ont continué à augmenter à des taux historiquement élevés. Selon la NOAA, la moyenne mondiale de la concentration de dioxyde de carbone en surface en 2021 était de 414,7 ppm, soit une augmentation de 2,66 ppm par rapport à la moyenne de 2020. Si l’on combine les émissions de CO2 à celles du méthane (CH4) et du protoxyde d’azote (NO2), on se rend vite compte que les émissions globales de gaz à effet de serre provenant de l’énergie ont atteint un niveau record en 2021.

Les sources biologiques de méthane – telles que les zones humides – sont un facteur important d’augmentation du méthane depuis 2006. A cela s’ajoute l’accélération du dégel du pergélisol qui continue à accroître l’étendue de ces zones humides. Cette situation est préoccupante car elle pourrait signaler une boucle de rétroaction causée par une augmentation des pluies sur les zones humides tropicales, qui à son tour génère encore plus de méthane, un cycle qui échapperait largement au contrôle de l’homme.

En outre, les émissions globales de méthane du secteur de l’énergie sont massivement sous-déclarées. L’Agence Internationale de l’Energie estimait en février 2022 qu’elles sont supérieures d’environ 70 % à la quantité officiellement déclarée par les gouvernements nationaux.

L’Engagement mondial en matière de méthane, lancé en novembre par plus de 110 pays lors de la conférence COP26 à Glasgow, a marqué un important pas en avant. Il y a tout de même un bémol : sur les cinq pays ayant les émissions de méthane les plus importantes de leurs secteurs énergétiques – la Chine, la Russie, les États-Unis, l’Iran et l’Inde – seuls les États-Unis font partie de l’Engagement.

Source : global-climat.

————————————————

When we talk about greenhouse gases, we think above all of carbon dioxide (CO2) whose concentrations are constantly rising in the atmosphere. I regularly release the readings taken on Mauna Loa in Hawaii as well as the Keeling Curve that accompanies them.
Alongside carbon dioxide, methane (CH4) contributes significantly to global warming. The National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) has just indicated that the atmospheric concentration of methane has reached a new record and that the increase in this gas in the atmosphere has been 17 ppb (parts per billion), the most significant annual increase recorded since the beginning of the measurements in 1983. In 2020, the increase was 15 ppb, and was already a record.
We can read on the excellent global-climat website that methane is generated by the production, transport and use of fossil fuels, but also by the decomposition of organic matter in wetlands and is a by-product of digestion of ruminants in agriculture. Not to mention the huge quantities linked to the thawing of the Arctic permafrost. One of the main sources of man-made methane emissions is the oil and gas industry.
The lifetime of methane in the atmosphere is much shorter than that of carbon dioxide – about ten years for CH4 compared to a hundred for CO2 – but methane is about 25 times more potent than carbon dioxide to trap heat in the atmosphere. Thus, on a 20-year scale, the warming effect of CH4 is about 80 times greater than that of CO2.
At COP26 in Glasgow in 2021, participants agreed on a promise to reduce methane emissions by 30% by 2030. A promise OK, but not binding!
It is estimated that around 30% of methane comes from the production of fossil fuels. Reducing methane emissions could help reduce global warming faster than a strategy based on carbon dioxide alone.
Meanwhile, carbon dioxide levels have continued to rise at historically high rates. According to NOAA, the global average surface carbon dioxide concentration in 2021 was 414.7 ppm, an increase of 2.66 ppm from the 2020 average. If we combine CO2 emissions to those of methane (CH4) and nitrous oxide (NO2), we quickly realize that global greenhouse gas emissions from energy have reached a record level in 2021.
Biological sources of methane – such as wetlands – have been a major contributor to the increase in methane since 2006. Added to this is the acceleration of permafrost thawing which continues to increase the extent of these wetlands. This situation is concerning because it could signal a feedback loop caused by increased rainfall over tropical wetlands, which in turn generates even more methane, a cycle that is largely beyond human control.
In addition, overall methane emissions from the energy sector are massively underreported. The International Energy Agency estimated in February 2022 that they are about 70% higher than the amount officially declared by national governments.
The Global Methane Commitment, launched in November by more than 110 countries at the COP26 conference in Glasgow, marked an important step forward. There is still a downside: of the five countries with the highest methane emissions from their energy sectors – China, Russia, the United States, Iran and India – only the United States are part of the Commitment.
Source: global-climat.

°°°°°°°°°°

Evolution des concentrations de CH4 et de CO2 dans l’atmosphère : des courbes qui font froid dans le dos!

 

Le dernier rapport du GIEC // The latest IPCC report

  Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié le 4 avril 2022 son dernier rapport qui se veut alarmiste et explique que les pays ne tiennent pas leurs promesses de réduire les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter une catastrophe climatique.

Alors que la technologie existe pour rester en dessous de 1,5°C d’augmentation moyenne de la température – l’objectif défini par l’accord de Paris sur le climat de 2015 – les politiques actuelles envoient le monde vers un réchauffement au moins deux fois plus important.
Selon le Secrétaire Général des Nations Unies, le rapport du GIEC est « une litanie de promesses climatiques non tenues. C’est un dossier honteux qui nous envoie forcément vers un monde invivable. »
Le rapport du GIEC est le résultat d’un travail effectué par 278 auteurs de 65 pays qui ont examiné plus de 18 000 articles scientifiques. Voici quelques-unes de leurs conclusions. Vous trouverez tous les rapports du GIEC à cette adresse : https://www.ipcc.ch/
Selon les conclusions du dernier rapport, pour atteindre l’objectif de 1,5 °C, les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de la planète doivent commencer à baisser en 2025 et diminuer de 43 % par rapport aux niveaux actuels d’ici 2030, et de 84 % d’ici 2050. Pour y parvenir, il faut des actions ambitieuses de la part des grands émetteurs tels que les États-Unis, l’Union européenne et la Chine dans les prochaines années. Si on attend plus longtemps, on devra faire face à des pertes économiques dues aux impacts du changement climatique tels que la sécheresse, les incendies de forêt et l’élévation du niveau de la mer. Le seul fait de limiter le réchauffement à 2 °C suppose d’atteindre les émissions maximales d’ici 2025 et de les réduire d’environ un quart d’ici 2030.
Sans un changement radical de politique, le Secrétaire Général de l’ONU avertit que « nous sommes sur la voie rapide de la catastrophe climatique : de grandes villes seront sous l’eau, nous assisterons à des vagues de chaleur sans précédent, des tempêtes terrifiantes, des pénuries d’eau généralisées et l’extinction d’un million d’espèces de plantes et d’animaux.”
Le rapport du GIEC explique que la solution pour éviter une catastrophe est facile à comprendre et à réaliser sur le plan technologique. Il faut repenser rapidement le secteur de l’électricité pour qu’il repose sur les énergies renouvelables, passer du transport et du chauffage aux systèmes électriques et capturer le dioxyde de carbone des cheminées d’usines dans les secteurs les plus difficiles à décarboner comme les cimenteries et les aciéries. Pour les situations où cela est irréalisable, comme le transport aérien, les émissions de carbone peuvent être compensées grâce à la technologie émergente consistant à éliminer le carbone de l’atmosphère.
Un problème majeur est que les distributeurs d’énergie, les constructeurs automobiles, les compagnies aériennes, les producteurs d’acier et d’autres industries ne reçoivent aucune incitation financière à agir et les gouvernements n’offrent ni récompenses ni pénalités pour encourager la participation.
Le seul fait d’exploiter l’infrastructure existante de combustibles fossiles – gisements de pétrole et de gaz, mines de charbon et centrales électriques au charbon ou au gaz – jusqu’à leur fin de vie met l’objectif de 1,5 °C hors de portée. De plus, si tous les projets de combustibles fossiles actuellement prévus sont menés à leur terme, cela conduira à un monde qui se réchauffera de plus de 2°C. Selon le GIEC, pour rester en dessous de 1,5°C, l’utilisation du charbon doit être quasiment éliminée d’ici 2050, et l’utilisation du pétrole doit diminuer d’au moins 60 % et celle du gaz de 45 %.
Le GIEC déclare également que des réductions rapides et profondes des émissions de méthane sont essentielles pour atteindre l’objectif de réduction du réchauffement. Pour rester en dessous de 1,5°C, les émissions de dioxyde de carbone doivent baisser de 48 % d’ici 2030 et de 80 % d’ici 2040 ; les émissions de méthane doivent baisser de 34 % d’ici 2030 et de 44 % d’ici 2040.
Le GIEC est plus optimiste sur l’énergie éolienne et solaire que sur les autres technologies énergétiques à faible émission de carbone telles que l’énergie nucléaire et l’hydroélectricité, notant que les coûts ont baissé plus rapidement dans les domaines éolien et solaire. On peut lire dans le rapport que « de 2010 à 2019, il y a eu des baisses significatives des coûts de l’énergie solaire (85%), de l’énergie éolienne (55%) et des batteries lithium-ion (85%). » [Note personnelle : il est surprenant de voir que le GIEC ne condamne pas les batteries lithium-ion au vu des dégâts causés par l’extraction du lithium, notamment en Amérique du Sud]
Source : GIEC.

A noter qu’avec +0,587°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de mars 2022 est le 5ème plus chaud des archives ERA5.

——————————————-

The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) on April 4th, 2022 released its latest report, which warns that nations are falling short of their pledges to reduce greenhouse gas emissions in order to avert catastrophic climate change. While the technology exists to stay below 1.5°C of average global temperature increase – the goal defined by the 2015 Paris climate agreement – current policies put the world on a trajectory toward at least twice as much warming.

The IPCC report is « a litany of broken climate promises. It is a file of shame, cataloging the empty pledges that put us firmly on track towards an unlivable world,” according to the United Nations’ Secretary General.

The IPCC report includes 278 authors from 65 countries reviewing over 18,000 scientific papers. Here are some of their conclusions. You will find all the IPCC reports here : https://www.ipcc.ch/

According to their findings, to meet the 1.5°C target, global greenhouse gas emissions have to start dropping in 2025 and go down 43% from current levels by 2030, and 84% by 2050. Achieving that requires ambitious actions from large emitters such as the United States, the European Union and China in the next few years. Waiting longer, the scientific consortium warned, will mean economic losses from the impacts of climate change such as drought, wildfires and sea level rise. Even limiting warming to 2°C would require peaking emissions by 2025 and cutting them by roughly one-quarter by 2030.

Without a dramatic shift in policy, the UN SEcretary General warns that « we are on a fast track to climate disaster: Major cities under water. Unprecedented heatwaves. Terrifying storms. Widespread water shortages. The extinction of a million species of plants and animals.”

The IPCC report explains that the pathway to averting catastrophe is now clear and technologically feasible: Rapidly redesign the power sector to rely on renewable energy, switch transportation and heating to electric systems, and capture the carbon dioxide from the smokestack in the hardest-to-decarbonize sectors such as cement and steel production. For the situations where that is infeasible, such as air travel, carbon emissions can be offset with the emerging technology of actually removing carbon from the atmosphere.

A key problem is that energy utilities, car manufacturers, airlines, steel producers and other industries have no financial incentive to act without governments offering rewards or penalties to encourage participation.

Just operating the existing fossil fuel infrastructure – the oil and gas wells and pipelines, the coal mines and the coal- or gas-fired power plants – for the rest of their natural lives puts 1.5°C out of reach. And if every currently planned fossil fuel project is completed, it will only guarantee that the world warms more than 2°C. According to the IPCC, to stay below 1.5°C, the use of coal must be virtually eliminated by 2050, and oil use must decrease by at least 60% and gas by 45%.

The IPCC also states that fast, deep cuts to methane emissions are essential to getting warming mitigation on target. To stay below 1.5°C, carbon dioxide emissions must fall by 48% by 2030 and by 80% by 2040; methane emissions must fall by 34% by 2030 and 44% by 2040.

The IPCC is more bullish on wind and solar energy than on other low-carbon energy technology such as nuclear energy and hydropower, noting that costs have come down faster in the wind and solar industries. One can read in the report that “from 2010–2019, there have been sustained decreases in the unit costs of solar energy (85%), wind energy (55%), and lithium-ion batteries (85%).” [Personal note : it is surprising to see that the IPCC should not condemn lithium-ion batteries in view of the damage caused by lithium extraction, espaecially in South America]

Source: IPCC.

It should be noted that with +0.587°C above the 1981-2010 average, March 2022 was the 5th hottest in the ERA5 archives.

Ne vous inquiétez pas : la banquise et les glaciers vont continuer à fondre, la glace de mer va disparaître et la population arctique avec elle, mais ce n’est pas grave…. A propos du réchauffement climatique au Groenland, je vous invite à regarder un remarquable documentaire intitulé « Carnet du Groenland » sur la chaîne USHUAIA TV. (Photo: C. Grandpey)