Les glaciers meurent… // Glaciers are dying…

Dans une note publiée le 13 mai 2024, j’expliquais qu’en raison du réchauffement climatique et en suivant une tendance générale dans le monde, le glacier Humboldt – ou La Corona – au Venezuela a fondu beaucoup plus rapidement que prévu et ne présente plus qu’une superficie de moins de 2 hectares. C’est ce qu’ont constaté des scientifiques qui se sont rendus à son chevet en décembre 2023. En conséquence, il a été déclassé et est passé de glacier à simple champ de glace.

Vue du glacier Humboldt en 2019. (Crédit photo : Jose Manuel Romero /AP )

On pensait que le Venezuela était le premier pays à avoir perdu tous ses glaciers dans les temps modernes. En fait, la Slovénie l’avait devancé. Le pays est confronté à la même situation, et avait déclaré la perte totale de ses glaciers il y a plus de trente ans. Le Venezuela et la Slovénie sont les deux premiers pays à avoir perdu leurs derniers glaciers au cours d’une période de réchauffement climatique induit par les activités humaines. Malheureusement, ce ne seront pas les derniers. Même des pays arctiques comme l’Islande ont perdu des glaciers entiers (voir ma note sur la mort du glacier Okjökull le 24 juillet 2019).

Toutefois la Slovénie et le Venezuela semblent être les premiers pays depuis le 18ème siècle à se trouver dans une telle situation. Cela survient alors que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) s’attend à ce que 18 à 36 pour cent de la masse glaciaire dans le monde disparaisse au cours du 21ème siècle, en grande partie à cause du réchauffement climatique.
Selon un professeur de l’Université de Los Andes qui a étudié les glaciers, « la disparition de tous les glaciers du Venezuela est une tragédie nationale. Cela devrait nous alerter sur les très nombreux effets qui se produiront à court terme dans le pays en raison du réchauffement climatique.»
Cependant, la Slovénie et le Venezuela avaient probablement perdu leurs derniers glaciers il y a déjà plusieurs années. Il n’existe pas de document officiel pour décréter qu’un glacier est mort, et aucune organisation internationale ne fait autorité en matière de classification des glaciers. Le seuil minimum communément accepté pour qu’un glacier soit décrété mort est de 0,1 kilomètre carré.
En Slovénie, la superficie du glacier Skuta est inférieure à 0,1 kilomètre carré depuis au moins 1969, et le glacier Triglav est descendu sous ce seuil en 1986.

Vue du glacier Skuta en juillet 2008 (Crédit photo : Wikipedia)

La Corona, au Venezuela, a probablement perdu son statut glaciaire en 2016. Deux caractéristiques permettent de définir un vrai glacier : son mouvement vers l’avant et la présence de crevasses générées par ce déplacement. Le Triglav et le Skuta n’en possédaient plus au cours des dernières décennies. Les scientifiques locaux expliquent que la quantité de glace au sommet du Triglav équivaut à la superficie de deux terrains de volley-ball, tandis que la position ombragée du Skuta lui a permis de doubler cette superficie qui atteint 0,01 kilomètre carré. La faible altitude et la latitude des deux glaciers les ont rendus « plus vulnérables aux extrêmes climatiques » et ils ont succombé à « la hausse des températures ». L’Institut géographique Anton Melik s’attend à ce que les deux glaciers aient perdu le reste de leur glace d’ici 2030.
La perte de ces glaciers et de ceux qui suivront entraînera de lourdes conséquences environnementales. L’eau des glaciers slovènes termine sa course dans la mer Noire et le glacier venezuelien La Corona se déverse dans les Caraïbes, contribuant ainsi à l’élévation du niveau de la mer, ce qui devrait causer de gros dégâts dans les zoness côtières. Cette disparition est aussi un avertissement pour le reste de l’Amérique latine. La disparition inévitable des glaciers de Colombie, d’Équateur, du Pérou et de Bolivie aura un impact social bien plus important qu’au Venezuela, en raison de la dépendance de populations beaucoup plus nombreuses à l’égard de l’eau produite par ces glaciers.
Le dernier glacier du Mexique, Gran Norte, devrait perdre son statut entre 2026 et 2033 et disparaître complètement d’ici 2045. Ses eaux de fonte ont fourni pendant des siècles de l’eau aux zones habitées en aval.
Source : Scientific American.

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In a post released on 13 May 2024, I explained that, due to global warming, and following a global tendency around the world, A visit in December 2023 found the Humboldt – or La Corona – Glacier had melted much faster than expected, and had shrunk to an area of less than 2 hectares. As a result, its classification was downgraded from glacier to ice field.

It was thought Venezuela was the first country to have lost all its glaciers in modern times. Actually, Slovenia is also facing the same situation, having claimed the solemn title more than three decades ago. They are the first two countries to lose their last-standing glaciers in a period of global warming induced by human activities. Unfortunately, they won’t be the last. Even Arctic countries like Iceland (see my post about the death of Okjökull on 24 July 2019) have lost whole glaciers. But Slovenia and Venezuela appear to be the first countries since the 18th century to lose their last glaciers. It comes as the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) expects 18 to 36 percent of global glacial mass to be lost across the 21st century due in large part to global warming.

According to a professor at Universidad de Los Andes who studied the glaciers,“the disappearance of all the glaciers in Venezuela is a national tragedy.” It is a warning sign about the avalanche of additional effects that are coming to the country in the short term as a consequence of global warming.”

However, Slovenia and Venezuela likely lost their last glaciers years earlier. There’s no universally accepted point of death for a glacier, and no international organization is recognized as the authority on glacial classification. The commonly accepted minimum threshold for a glacier to be recognized as such is 0.1 square kilometers.

In Slovenia, Skuta’s area has been under 0.1 square kilometers since at least 1969, and Triglav fell under the threshold in 1986. La Corona, in Venezuela, likely lost its glacial status in 2016. Two basic characteristics for the real glaciers are their moving and the presence of glacial crevasses. Triglav and Skuta have not possessed either in the last few decades. Local scientists explain that the amount of ice at the peak of Triglav is the area of two volleyball courts, while Skuta’s shaded position has afforded it double that surface area: 0.01 square kilometers. The low altitude and latitude of both glaciers made them “more vulnerable to climatic extremes” and they succumbed to “rising temperatures. The Anton Melik Geographical Institute expects both summits to be ice-free by 2030.

The loss of these glaciers and those to follow will carry heavy environmental consequences. The Slovenian glaciers both melt into the Black Sea and La Corona empties into the Caribbean, contributing to rising global sea levels that are expected to wreak havoc on coastal communities. It is also a warning for the rest of Latin America. The consequences of the inevitable loss of the glaciers of Colombia, Ecuador, Peru and Bolivia will have a social impact much greater than that of Venezuela, due to the dependence of much larger populations on water sources dependent on these glaciers.

Mexico’s last glacier, Gran Norte, is expected to lose its status sometime between 2026 and 2033 and be completely gone by 2045. Its runoff has provided downstream communities with water for centuries.

Source : Scientific American.

L’agonie des glaciers de Glacier National Park (Montana / USA) // The slow death of glaciers in Glacier National Park

Le 8 juillet 2015, j’ai écrit une note à propos du Parc National des Glaciers (PNG) que je venais de visiter dans le Montana, près de la frontière avec le Canada. J’indiquais que, comme en Alaska ou en France, les effets du réchauffement climatique y étaient évidents. « Il ne fait absolument aucun doute que le recul des glaciers est en cours et de nombreux glaciers ont déjà disparu. »

On estime qu’il y avait environ 150 glaciers dans le PNG en 1850, et la plupart étaient encore présents en 1910, lorsque le parc a été créé. En 2010, les scientifiques estimaient qu’il ne restait plus que 25 glaciers de plus de 10 hectares. En 2015, un modèle climatique informatique prévoyait que certains des plus grands glaciers du parc auraient disparu avant 2030. Cela signifiait que tous les glaciers du parc allaient disparaître au cours des prochaines décennies, voire avant, car bon nombre d’entre eux reculaient plus rapidement que prévu.

Vue du Parc National des Glaciers en 2015 (Photo : C. Grandpey)

Aujourd’hui, en 2024, la situation du Parc national des Glaciers ne s’est pas améliorée. Les quelques glaciers restants continuent de fondre. D’ici la fin de ce siècle, il n’en restera plus aucun. Ils sont tout simplement trop petits pour survivre même au niveau de réchauffement climatique le plus bas. Les modèles scientifiques montrent que leur mort est inévitable.
Des études montrent que d’ici 2030, le volume de glace ne sera plus que de moitié environ par rapport à ce qu’il était vers 2017, avant de tendre inexorablement vers zéro d’ici 2100.

Les légendes qui accompagnent le graphique confirment la disparition quasi totale des glaciers du Parc national des Glaciers d’ici 2100. Une analyse de l’USGS montre que certains facteurs tels que l’épaisseur de la glace, la situation à l’ombre et les effets du vent peuvent influer sur le moment exact de la disparition de la glace, mais la petite taille des glaciers fournit peu de protection contre le réchauffement climatique.
Source : Services des parcs nationaux, USGS.

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On July 8th, 2015, I wrote a post about Glacier National Park (GNP) I had just visited in Montana, close to the border with Canada. I indicated that like in Alaska or in France, the effects of global climate change were strikingly clear. « There is absolutely no doubt glacier recession is underway, and many glaciers have already disappeared. »

It has been estimated that there were approximately 150 glaciers in GNP in 1850, and most glaciers were still present in 1910 when the park was established. In 2010, scientists considered there were only 25 glaciers larger than 10 hectares remaining in the Park. In 2015, a computer-based climate model predicted that some of the park’s largest glaciers would vanish by 2030. This meant that all the park’s glaciers could disappear in the next several decades or even earlier, as many of the glaciers are retreating faster than their predicted rates.
Today, in 2024, the situatio at Glacier National Park has not improved. The few remaining glaciers keep melting. By the end of this century, none will be left. They are simply too small to survive even the lowest realistic levels of warming. Scientific models show their deaths are inevitable. Glacier National Parkwill have no glaciers.

Studies show that by around 2030, the volume of ice in the local glaciers will only be around half of what it was in around 2017, before inexorably sloping towards zero by 2100.

Research notes accompanying the chart confirm the near total Glacier National Park glacier disappearance by 2100. USGS analysis shows that localised factors such as ice thickness, shading, and wind effects may mediate the exact timing of ice disappearance, yet the small size of the glaciers provides little buffer against a warming climate.

Source : National park Services, USGS..

Hydroélectricité et risques naturels en Inde // Hydroelectricity and natural hazards in India

J’ai écrit dans plusieurs notes sur ce blog que l’Himalaya est le château d’eau de l’Asie. La neige et les glaciers fournissent de l’eau à 270 millions de personnes en Asie du Sud. L’Himalaya est donc une source d’eau douce vitale qui s’étend sur 2 400 kilomètres dans une zone qui comprend les plus hauts sommets du monde.

Source: NASA

Cependant, le réchauffement climatique fait reculer les glaciers et les climatologues avertissent que le niveau des rivières commencera à baisser vers 2050. Avec ses nombreux cours d’eau, la région devrait être en mesure de fournir une grande quantité d’ énergie hydroélectrique. Pourtant, seuls 20 % de ce potentiel estimé à 500 GW sont actuellement exploités.

L’immense chaîne de l’Himalaya, avec ses glaciers et ses grands cours d’eau, traverse l’Inde, le Pakistan, le Népal, l’Afghanistan, la Chine et le Bhoutan. La partie indienne de l’Himalaya couvre environ 16,2 % de la superficie du pays et forme sa frontière nord.
Le potentiel hydroélectrique exploitable en Inde a été estimé à environ 84 GW. L’essentiel se concentre dans les États de l’Arunachal Pradesh, de l’Himachal Pradesh et du Jammu-et-Cachemire, ainsi que dans l’État septentrional de l’Uttar Pradesh.
L’Himachal Pradesh possède un fort potentiel de production d’énergie hydroélectrique grâce à la fonte des glaciers et des lacs gelés. L’État héberge la plus grande capacité hydroélectrique installée en Inde, avec plus de 10 500 MW. Le gouvernement prévoit de doubler cette capacité, même si 97 % de la superficie de l’Himachal Pradesh est sujette aux glissements de terrain.

Centale hydroélectrique dans l’Himachal Pradesh (Crédit photo: Electrical India)

Bien que l’hydroélectricité offre des avantages autres que la production d’électricité en assurant la régulation du débit des rivières, l’irrigation et l’eau potable, les risques associés au développement de cette source d’énergie dans l’Himalaya sont plus importants que les avantages.
En effet, les glaciers de l’Himalaya fondent de plus en plus vite en raison du réchauffement climatique, avec l’apparition de grands lacs glaciaires retenus par de fragiles moraines. Ces moraines peuvent s’éventrer et provoquer d’énormes crues soudaines. Une étude de 2019 a révélé que plus de 5 000 lacs glaciaires dans la région étaient susceptibles de déclencher des inondations importantes qui pourraient avoir des conséquences sociétales catastrophiques.

Lac glaciaire dans l’Himalaya (Crédit photo: Planetary Science institute)

Un autre risque découle des effets du réchauffement climatique dans la région. On observe de plus en plus de précipitations extrêmes qui peuvent détruire les infrastructures hydroélectriques et inonder les villages.
De plus, l’Himalaya est soumis à une instabilité géologique et présente un sérieux risque de séismes. De tels événements peuvent briser des barrages et provoquer des inondations soudaines qui détruisent les routes, les habitations et les terres agricoles. Lors du séisme de 2015 au Népal, plus de 30 projets hydroélectriques ont subi des dégâts, principalement suite à des glissements de terrain. Cette catastrophe naturelle a provoqué la perte de 34 % de la capacité hydroélectrique installée dans le pays.

Glissement de terrain dans l’Himachal Pradesh (Crédit photo: India Today)

Les grands projets d’infrastructures tels que les centrales hydroélectriques sont également en grande partie responsables de la disparition des sources dans la région. Les statistiques gouvernementales montrent que la moitié des sources dans l’Himalaya indien se sont taries, avec de graves pénuries d’eau dans des milliers de villages.
De même, en Inde, trois projets hydroélectriques dans l’État himalayen de l’Uttarakhand ont subi des dommages lors d’inondations et de glissements de terrain en 2013 et 2021. Ces trois projets font partie de sept projets hydroélectriques en cours de construction auxquels le gouvernement indien a récemment donné le feu vert. Suite à cette approbation gouvernementale, un groupe de plus de 60 scientifiques, hommes politiques, environnementalistes et autres citoyens en proie à l’inquiétude ont écrit une lettre ouverte au Premier ministre indien. Ils ont demandé son intervention pour arrêter tout autre projet hydroélectrique dans l’Himalaya. Ils ont souligné que de tels projets étaient « voués à être détruits ou gravement endommagés » par des événements naturels.
Source : The Times of India et autres médias d’information internationaux.

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As I put it in several posts, the Himalayas are the water tower of Asia. The snow and the glaciers provide water to 270 million people in South Asia. The Himalayas are a vital freshwater source covering 2,400 kilometres in an area that includes the world’s highest peaks. However, global warming is shrinking the glaciers, and the river level will begin to decrease around 2050. The region has become a hydropower hotspot. However, only 20% of the estimated 500-GW potential is currently tapped.

The immense mountain range of the Himalayas, which includes glaciers and large rivers, passes through India, Pakistan, Nepal, Afghanistan, China and Bhutan. The Indian part of the Himalayas covers about 16.2% of the country’s area and forms its northern boundary.

Exploitable hydropower potential in India has been estimated at about 84 GW. The bulk of this potential lies in the fragile Indian Himalayan states of Arunachal Pradesh, Himachal Pradesh and Jammu and Kashmir, as well as the northern state of Uttar Pradesh.

Himachal Pradesh has a potential for hydropower generation due to the thawing of glaciers and frozen lakes. The state is home to India’s highest installed hydropower capacity of over 10,500 MW. The government plans to double this capacity, even though an estimated 97% of Himachal Pradesh’s geographical area is prone to landslides.

While hydropower offers benefits beyond electricity generation by providing flood control, irrigation support and clean drinking water, the risks associated with developing this energy source in the Himalayas outweigh the benefits.

Indeed, glaciers in the Himalayas are increasingly melting due to climate change and creating big glacier lakes. These lakes can burst and cause huge flash floods. A 2019 study found that more than 5,000 glacier lakes in the region were at risk of extensive flooding and could cause catastrophic societal impacts.

Another risk stems from the changing weather patterns in the region, leading to more extreme rainfall events which can ruin hydropower infrastructure and flood villages.

Additionally, the Himalayas are plagued by geological instability and are at serious risk from earthquakes. Such disasters can fracture dams and release sudden floods that ruin roads, homes and agricultural land. During the 2015 Nepal earthquakes, more than 30 hydropower projects underwent damage, mostly by landslides. This natural disaster caused the loss of 34% of the country’s installed hydropower capacity.

Big infrastructure projects such as hydropower stations are also largely responsible for springs dying in the region. Government statistics show that half of the springs in the Indian Himalayas have dried up, resulting in acute water shortages across thousands of villages.

Similarly, in India, three hydropower projects in the Himalayan state of Uttarakhand suffered damage from floods and landslides in 2013 and 2021.These are among seven under-construction hydropower projects that India’s government recently allowed to restart. Following this approval, a group of more than 60 concerned scientists, politicians, environmentalists and other citizens wrote an open letter to the Indian Prime Minister. They requested his intervention in stopping any more hydroelectric projects in the Himalayas. They highlighted that such projects were “bound to be destroyed or extensively damaged” by natural events.

Source : The Times of India and other international news media.

Antarctique : fonte du glacier Thwaites plus rapide que prévu // Antarctica : Thwaites glacier melting faster than predicted

Tout comme pour le glacier Petermann au Groenland, l’eau de l’océan Austral fait fondre le glacier Thwaites en Antarctique, en le minant par en dessous. La différence avec le Petermann est la taille. Le glacier antarctique est aussi grand que la Floride et son front mesure 120 km. S’il fondait complètement, le niveau de la mer augmenterait d’une soixantaine de centimètres dans le monde. Il y a un autre problème avec le Thwaites. S’il fond, les autres glaciers de l’Antarctique occidental feront de même car ils sont interconnectés Les conséquences pour les zones côtières du monde entier seraient terribles.

Source: BAS

Une nouvelle étude publiée dans les Actes (Proceedings) de la National Academy of Sciences a utilisé des données radar depuis l’espace pour réaliser une radiographie du glacier Thwaites. Ce travail a révélé que l’eau de l’océan s’engouffre sur des kilomètres sous le glacier, le rendant plus vulnérable à la fonte qu’on ne le pensait auparavant. Les estimations précédentes concernant l’impact de la fonte des glaciers sur le niveau des océans sont probablement bien en-deça de la vérité.
De nombreuses études ont déjà souligné la grande vulnérabilité du Thwaites. Les auteurs de la dernière appartiennent l’Université de Californie à Irvine. Les scientifiques ont utilisé des données radar satellite haute résolution, obtenues entre mars et juin 2023, pour créer une radiographie du glacier. Cela leur a permis d’observer les changements intervenus dans la « ligne d’ancrage » du Thwaites, la zone où le glacier quitte le substrat rocheux continental pour devenir une plate-forme de glace flottante. Ces zones d’ancrage au substrat rocheux sont essentielles à la stabilité des calottes glaciaires et constituent un point de vulnérabilité pour le Thwaites, mais jusqu’à présent elles ont été difficiles à étudier à cause du manque de moyens techniques.

Source: University of California,Irvine

Avant l’arrivée des données satellitaires, les chercheurs ne disposaient que de données sporadiques. Grâce aux nouvelles images satellite, ils ont pu voir l’eau de mer s’enfoncer sous le glacier sur plusieurs kilomètres, puis en ressortir, en fonction du rythme quotidien des marées. Ils ont également pu constater que la zone d’ancrage pouvait se déplacer de plus de 6 kilomètres sur un cycle de marée de 12 heures. La vitesse de l’eau de mer, qui se déplace sur des distances considérables sur une courte période, augmente la fonte des glaciers car dès que la glace fond, l’eau douce est emportée et est remplacée par de l’eau de mer plus chaude. Ce processus d’intrusion d’eau de mer à grande échelle donnera une autre dimension aux projections de l’élévation du niveau de la mer depuis l’Antarctique. Il reste maintenant à savoir si l’arrivée d’eau de mer sous le Thwaites est un phénomène nouveau ou s’il existe depuis longtemps. On ne sait pas non plus quelle est l’ampleur de ce processus autour de l’Antarctique, même s’il est fort probable qu’il se produise également sur d’autres glaciers du continent blanc.

Source: British Antarctic Survey

Source : Médias d’information internationaux.

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Just like for the Petermann Glacier in Greenland, sea water is melting the Thwaites Glacier in Antarctica from beneath. The difference with Petermann is the size. The Antarctic glacier is as large as Florida and its front is 120 km wide. Should it melt completely, it would rise sea level around the world by about 60 centimeters. There is another problem with Thwaites. If it happens to melt, the other glaciers in West Antarctica will do the same as they are interconnected. The consequences for coastal areas around the world would be disastrous.

A new research published in the Proceedings of the National Academy of Sciences used radar data from space to perform an X-ray of the Thwaites glacier. It revealed that ocean water is pushing kilometers beneath the glacier, making it more vulnerable to melting than previously thought. Previous projections about the impact of the glacier’s melting on the ocea ns are probably largely underestimated.

Many studies have already pointed to the immense vulnerabilities of Thwaites. The authors of the latest study are from the University of California at Irvine. The scientists used high resolution satellite radar data, collected between March and June 2023, to create an X-ray of the glacier. This allowed them to build a picture of changes to Thwaites’ “grounding line,” the point at which the glacier leaves the continental bedrock and becomes a floating ice shelf. Grounding lines are vital to the stability of ice sheets, and a key point of vulnerability for Thwaites, but have been difficult to study.

Before the arrival of satellite data, researchers had only sporadic data to look at. With the new satellite images, they could observe seawater pushing beneath the glacier over many kilometers, and then moving out again, according to the daily rhythm of the tides. They could also see that thegrounding zone could move more than 6 kilometers over a 12-hour tidal cycle. The speed of the seawater, which moves considerable distances over a short time period, increases glacier melt because as soon as the ice melts, freshwater is washed out and replaced with warmer seawater.This process of widespread, enormous seawater intrusion will increase the projections of sea level rise from Antarctica. One aspect that needs to be cleared is whether the rush of seawater beneath Thwaites is a new phenomenon or whether it has existed for a long time. It is also unclear how widespread this process is around Antarctica, although it is highly likely that it is happening elsewhere as well.

Source : International news media.