Baisse du niveau d’alerte du Mayon (Philippines) // Alert level lowered on Mayon Volcano (Philippines)

Le mardi 6 mars 2018, l’Institut philippin de volcanologie et de séismologie (PHIVOLCS) a réduit le niveau d’alerte du Mayon de 4 à 3. En effet, l’Institut indique que l’activité volcanique la semaine dernière a été marquée par « une sismicité et un dégazage modérés, une déflation de l’édifice et une diminution de l’activité éruptive ».
Entre le 5 et le 6 mars, le réseau sismique a seulement relevé 4 séismes d’origine volcanique et 44 éboulements. De plus, on observe une déflation de l’édifice après une période d’inflation continue qui a débuté en octobre-novembre 2017. La déflation actuelle révèle une diminution de la recharge de la chambre magmatique. Cependant, le volcan reste gonflé par rapport au mois de janvier 2010.
Les émissions de dioxyde de soufre pendant l’éruption ont varié d’un maximum de 4 270 tonnes / jour le 21 février à 1 400 tonnes / jour le 3 mars. Elles sont bien inférieures à celles mesurées lors des éruptions passées qui atteignaient  par exemple 8 000 tonnes / jour en 2009.
Le PHIVOLCS fait toutefois remarquer que le volcan pourrait encore connaître des explosions soudaines, des effondrements, des coulées pyroclastiques et des retombées de cendre qui pourraient affecter les pentes supérieures ou moyennes. Cependant, « s’il y a une tendance à la baisse des paramètres de surveillance, le niveau d’alerte sera abaissé à 2. »
Le PHIVOLCS demande au public d’être vigilant et de s’abstenir d’entrer dans la zone de danger permanent de six kilomètres et dans la zone préventive de sept kilomètres dans les secteurs sud-sud-ouest et est-nord-est. Il demande également d’être très vigilant par rapport aux lahars dans les secteurs sud et est, en particulier pendant les périodes de fortes pluies.
Il est aussi conseillé aux pilotes d’éviter de voler à proximité du sommet du Mayon car les nuages de cendre et les projections provenant d’explosions soudaines et de coulées pyroclastiques peuvent présenter un danger pour les aéronefs.
Sources: PHIVOLCS et Manila Bulletin.

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The Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS) on Tuesday, March 6th, 2018 lowered Mayon Volcano’s alert status from 4 to 3. The Institute said Mayon Volcano’s condition last week has been characterized by a general decline of activity reflected by moderate seismicity and degassing, deflation of the edifice and a decrease in eruptive activity.

Between March 5th and 6th, only four volcanic earthquakes and 44 rockfall events were recorded by the seismic network. In addition, there is a downtrend in ground deformation following a period of continuous inflation that began in October-November 2017 and indicates a decrease in magma recharge from deep to shallow levels of the edifice. However, the volcano is still inflated relative to January 2010 baselines.

Mayon Volcano’s sulfur dioxide flux throughout the eruption has varied from a maximum of 4,270 tons/day on February 21 to 1,400 tons/day on March 3, but they are significantly lower than those measured in past eruptions, such as the up to 8,000 tons/day in 2009.

PHIVOLCS noted however that the volcano could still generate sudden explosions, lava collapses, pyroclastic flows and ashfall, which could affect the upper to middle slopes of the volcano. However, “should there be a persistent downtrend in monitoring parameters, then the alert level will be further lowered to 2.”

Phivolcs asked the public to be vigilant and refrain from entering the six-kilometer permanent danger zone and the seven-kilometer precautionary extended danger zone in the south-southwest to east-northeast sector. It also asked for increased vigilance against lahar flows in the southern and eastern sectors, especially during periods of heavy and prolonged rainfall.

Civil aviation authorities were asked to advise pilots to avoid flying close to the volcano’s summit as airborne ash and ballistic fragments from sudden explosions and pyroclastic flows can be hazardous to aircraft.
Sources: PHIVOLCS & Manila Bulletin.

Crédit photo: Wikipedia

Cartes à risques du Mayon (Source: PHIVOLCS)

Nouvelles du Mayon (Philippines) // News of Mayon Volcano (Philippines)

L’éruption du Mayon continue et est étroitement contrôlée par le PHIVOLCS. Le Manila Bulletin nous informe que des voleurs ont dérobé du matériel de surveillance appartenant à l’Institut à la station Hydrolab de Barangay Padang le week-end dernier. Le personnel du PHIVOLCS a constaté que deux batteries Yuwasa de 12 volts, d’une valeur de 12 000 pesos (environ 190 €) chacune, et un panneau solaire d’une valeur de 6 000 pesos (environ 95 €) avaient disparu. Les scientifiques venus contrôler les stations de surveillance vendredi après-midi ont constaté que le cadenas du caisson en aluminium où étaient entreposées les batteries avait été brisé et les batteries avaient disparu. Le matériel volé est utilisé pour surveiller l’acidité, la température et le niveau d’eau dans la zone. Même s’ils représentent une petite partie de l’équipement de surveillance du volcan, ces appareils ont leur importance. En décembre 2017, un panneau solaire et deux batteries utilisées pour alimenter l’équipement de surveillance installé à Barangay Lidong, dans la zone de danger, ont également été volés. Ce n’est pas le seul exemple de vol de matériel de surveillance. Semblables méfaits ont été constatés en République Démocratique du Congo sur les pentes du Nyiragongo, un dangereux volcan qui menace la ville de Goma.

Dans le même temps, le PHIVOLCS indique que « la situation sur le Mayon au cours des dernières 24 heures a consisté en fontaines de lave de faible intensité jusqu’à 150-600 mètres de hauteur, coulées de lave et dégazage du cratère sommital. Les coulées de lave avancent, comme précédemment, sur des distances de 3,3 km, 4,5 km et 900 mètres dans les ravines Miisi, Bonga et Basud. L’Institut n’a recensé que deux épisodes de coulées pyroclastiques le 25 février dans les ravines Miisi, Basud et Bonga-Buyuan. Ces coulées ont couvert moins de 4 kilomètres depuis le cratère sommital « .
Le niveau d’alerte 4 reste en vigueur sur le Mayon.

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The eruption of Mayon Volcano continues and is closely monitored by the Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS).The Manila Bulletin informs us that thieves stole monitoring equipment belonging to the Institute at the Hydrolab Station in Barangay Padang last weekend. Two units of 12 Volts Yuwasa battery worth P12,000 (about 190 €)each and two pieces solar panel worth P6,000 (about 95 €) were discovered missing by Phivolcs personnel. Scientists were inspecting monitoring stations Friday afternoon, when it was discovered that the padlock of the aluminum case where the batteries were installed was already destroyed and the batteries missing. The stolen items are used to monitor the acidity, temperature, and the water level in the area. While they form a small percentage of the overall monitoring of the volcano, the same are still vital. In December last year, a solar panel and two batteries used to power the monitoring equipment installed in Barangay Lidong, within the danger zone were also stolen. This is not the only example of thefts of monitoring equipment. More occurred in the Democratic Republic of Congo on the slopes of Nyiragongo, a dangerous volcano that is a threat to the town of Goma.

Meantime, PHILVOCS indicates that « Mayon’s condition for the past 24 hours was characterized by weak lava fountaining 150-600 metres high, lava effusion and degassing from the summit crater. Lava flows have maintained fronts at 3.3 kilometres, 4.5 kilometres and 900 metres on the Miisi, Bonga and Basud Gullies, respectively, from the summit crater. Only two episodes of pyroclastic flows were visually observed on February 25th on the Miisi, Basud and Bonga-Buyuan Gullies within 4 kilometers of the summit crater ».
Alert Level 4 still remains in effect over Mayon Volcano.

Source: PHIVOLCS

Nouvelles du Mayon (Philippines) // News of Mayon Volcano (Philippines)

Aucune activité majeure n’a été observée sur le Mayon ces derniers jours. Cette activité consistait en fontaines de lave sporadiques et de faible intensité, coulées de lave et dégazage du cratère sommital. Les fontaines de lave généraient des panaches de cendre qui s’élevaient à 500 mètres au-dessus du sommet. Les coulées de lave ont parcouru jusqu’à 3,3 kilomètres, 4,5 kilomètres et 900 mètres dans les ravines Miisi, Bonga et Basud, depuis le cratère sommital. Les coulées pyroclastiques n’ont pas dépassé des longueurs de 4,6, 5,2 et 4,2 kilomètres dans les ravines Miisi, Bonga et Basud.
La sismicité reste élevée, ce qui s’explique par l’ascension du magma sous l’édifice et les épisodes de fontaines de lave. Les émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 2148 tonnes / jour le 19 février 2018. Les données inclinométriques et GPS révèlent toujours une inflation de l’édifice due à sa mise sous pression par l’intrusion magmatique.
Le niveau d’alerte 4 est maintenu sur le Mayon.

Source : PHIVOLCS.
En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo de l’éruption réalisée début février par mon ami Thierry Sluys. Certaines séquences ont été filmées à partir d’un drone.

https://youtu.be/hu0j0jmJXIk

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No major outbreak of activity has been observed at Mayon Volcano during the past days. This activity was characterized by sporadic and weak lava fountaining, lava flow and degassing from the summit crater. The lava fountains generated ash plumes that rose 500 metres above the summit. Lava flows travelled as far as 3.3 kilometres, 4.5 kilometres and 900 metres in the Miisi, Bonga and Basud Gullies, respectively, from the summit crater. Pyroclastic flows remained confined within the farthest recorded reaches of 4.6, 5.2 and 4.2 kilometres on the Miisi, Bonga and Basud Gullies, respectively.

Seismicity remains elevated, corresponding to the recharge of magma beneath the edifice and lava fountaining events. SO2 emissions reached an average of 2,148 tonnes/day on 19 February 2018. Electronic tilt and continuous GPS still record an inflation of the edifice, consistent with pressurization by magmatic intrusion.

Alert Level 4 still remains in effect over Mayon Volcano.

Source : PHIVOLCS.

By clicking on the following link, you will see a video of the eruption shot by my friend Thierry Sluys early in February. Some sequences were filmed from a drone.

https://youtu.be/hu0j0jmJXIk

Crédit photo: Wikipedia

Quelques réflexions sur les éruptions de l’Agung et du Mayon (Troisième partie) // Some thoughts about the eruptions of Mt Agung and Mt Mayon (Part 3)

CONCLUSIONS

Les éruptions de l’Agung et du Mayon présentent plusieurs points communs. Comme je l’ai indiqué précédemment, toutes deux se situent sur la Ceinture de Feu du Pacifique, bien connue pour ses volcans explosifs capables d’éruptions dévastatrices.

Agung et Mayon n’ont pas – et c’est tant mieux – provoqué de dégâts majeurs, tant sur le plan matériel qu’humain. A Bali, les différentes séquences éruptives n’ont généré que des panaches de cendre qui ont, il faut le noter, entraîné la fermeture d’aéroports et pénalisé le tourisme dans la région.  Aux Philippines, l’activité du Mayon, plus intense que celle de l’Agung, consiste essentiellement en fontaines et coulées de lave et quelques écoulements pyroclastiques de quelques kilomètres, sans réel danger pour les populations.

Dans les deux cas, on a appliqué – à juste titre selon moi – le principe de précaution et on a rapidement mis à l’abri les populations susceptibles d’être menacées. Il serait faux de dire que ces personnes ont été évacuées pour rien. En cas d’éruption majeure, les pertes auraient été lourdes. Un problème reste toutefois à résoudre : comment dissuader les paysans de revenir surveiller leurs fermes dans la zone d’exclusion. Les déplacements de populations créent, bien sûr, des problèmes (sanitaires, de promiscuité, etc.) dans les centres d’hébergement qui sont souvent des écoles où les classes sont fermées. Malgré tout, tout se passe relativement bien car ces populations sont habituées à affronter des catastrophes naturelles.

S’agissant de la mise en place des périmètres de sécurité, elle se fait progressivement, en fonction des variations du niveau d’alerte. Ne serait-il pas préférable de se référer en premier aux cartes à risques des volcans, comme celles que le PHILVOCS vient de les mettre à jour pour le Mayon, et d’évacuer d’emblée les zones potentiellement menacées ? Il est vrai qu’une telle mesure suppose une évacuation de masse, mais n’en vaut-elle pas la peine ? Il suffit d’imaginer ce qui se passerait si le deuxième scénario évoqué par le PHILVOCS (explosion majeure du volcan) se produisait. Ce scénario est d’ailleurs valable pour l’Agung si l’on se réfère à l’éruption de 1963.

Là où le bât blesse, c’est un niveau de la prévision. Il est clair que nous ne savons pas faire. Aujourd’hui, une éruption de la Montagne Pelée ne tuerait pas 29 000 personnes comme en 1902 car la volcanologie a évolué et nous appliquerions le sacro-saint principe de précaution. La population de Saint Pierre et des environs serait évacuée. Il n’empêche qu’il reste un très long chemin à parcourir pour prévoir le comportement d’un volcan explosif, comme ceux qui jalonnent la Ceinture de Feu du Pacifique.

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En cliquant sur ce lien, vous verrez des images du Mayon prises par les satellites Sentinel-2:
http://www.esa.int/spaceinimages/Images/2018/02/Mayon_lava

On peut voir le volcan en couleurs naturelles puis en fausses couleurs qui, en mettant en évidence la végétation en rouge, montrent les dégâts causés par la lave. Ensuite, deux bandes infrarouges à ondes courtes révèlent la coulée de lave à haute température émise par cône.
Source: ESA.

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CONCLUSIONS

The eruptions of Agung and Mayon have several points in common. As I put it before, both are on the Pacific Ring of Fire, well known for its explosive volcanoes capable of devastating eruptions.
Agung and Mayon have not – and that’s a good thing – caused major damage, both material and human. In Bali, the various eruptive sequences only generated ash plumes that caused the closure of airports and penalized tourism in the region. In the Philippines, the activity of Mt Mayon, more intense than that of Mt Agung, consists mainly of fountains and lava flows and some pyroclastic flows a few kilometers long, without any real danger for the populations.
In both cases, the precautionary principle was applied – and I think it was correct – and people who could be threatened were quickly sheltered. It would be wrong to say that these people were evacuated for nothing. In case of a major eruption, the losses would have been heavy. One problem remains to be solved: how to discourage farmers from returning to control their farms in the exclusion zone. The displacement of populations creates problems (health, promiscuity, etc.) in shelters that are often schools where classes are closed. Nevertheless, everything is going well because these people are used to dealing with natural disasters.
Regarding the implementation of safety perimeters, it is done gradually, depending on changes in the alert levelt. Would not it be better to refer first to the volcanic risk maps, such as those PHILVOCS has just updated for Mt Mayon, and evacuate from the outset potentially threatened areas? It is true that such a measure induces a mass evacuation, but is it not worth it? Just imagine what would happen if the second scenario imagined by PHILVOCS (major explosion of the volcano) occurred. This scenario is also valid for Mt Agung if one refers to the 1963 eruption.
The real problem lies with the prediction. It is clear that we do not know how to predict an eruption. Today, an eruption of Mount Pelee in Martinique would not kill 29,000 people as it did in 1902 because volcanology has made progress and we would apply the sacrosanct precautionary principle. The population of Saint Pierre and the surrounding area would be evacuated. Nevertheless, there is still a long way to go to predict the behaviour of an explosive volcano, such as those that dot the Pacific Ring of Fire.

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By clicking on this link, you will see images of Mayon Volcano taken by the Sentinel-2 satellites:

http://www.esa.int/spaceinimages/Images/2018/02/Mayon_lava

We can see the volcano in natural colour and then in false colour which, by highlighting vegetation in red, shows the damage caused by lava. Then two shortwave infrared bands reveal the hot lava spilling from the cone.

Source: ESA.