Le volcan de Mayotte : Des résultats, mais aussi un manque de moyens

On n’en parle plus trop maintenant, mais l’éruption au large de Mayotte continue. Le nouveau volcan, qui est sous surveillance depuis 9 mois, est loin d’avoir livré tous ses secrets. Le mardi 15 octobre 2019, les scientifiques se sont réunis à l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) pour faire le  point à l’issue de 9 mois de surveillance.

Les intervenants s’accordent pour dire que le phénomène sismique et volcanique observé à Mayotte est d’une ampleur et d’une durée exceptionnelle. Mais tous affirment également qu’il est impossible, aujourd’hui encore, de faire des projections et d’imaginer le futur, essentiellement à cause du manque cruel d’outils et de données.

Les scientifiques expliquent que, ces derniers mois, l’île de Mayotte s’est déplacée d’une vingtaine de centimètres vers l’est et s’est affaissée d’une quinzaine de centimètres. Il est à noter que cette subsidence ralentit actuellement. Toutefois,  rien ne permet de dire pour le moment si le phénomène va s’arrêter. Toutes les hypothèses sont permises. Début 2019, un réseau de mesures a été installé à Mayotte et aux Glorieuses. Les données viennent désormais compléter celles fournies par des stations plus anciennes situées aux Comores et à Madagascar. 21 bénévoles se relaient pour surveiller quotidiennement les phénomènes sismiques, géochimiques et les déformations. D’ici quelques semaines, début 2020, sept scientifiques vont être recrutés pour mettre en place le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA), une structure qui rassemble les données géologiques, géophysiques et géochimiques, afin de nourrir les recherches sur le fonctionnement du volcan.
À terre, les stations installées permettent un suivi en temps réel des événements sismiques. En mer, en revanche, les stations de mesures ne peuvent être relevées que tous les deux à trois mois. Ainsi, elles ont été installées lors de la première sortie du Marion Dufresne en mai (MAYOBS 1) et collectées deux mois plus tard lors de MAYOBS 6 fin juillet. De tels délais ralentissent inévitablement le travail des scientifiques et rendent le système peu efficace. Pour mieux comprendre le phénomène mahorais, les scientifiques ont besoin d’accéder en temps réel aux données enregistrées au fond de la mer, notamment concernant les déformations de la croûte terrestre. Une solution consisterait à installer un réseau de stations câblées en mer, capable de transmettre instantanément les données collectées. À l’heure actuelle, seuls les Américains et les Japonais disposent de tels systèmes. Les Français souhaitent s’en inspirer, mais ce dispositif ne verra pas le jour avant plusieurs années.
Une autre difficulté à laquelle sont confrontés les scientifiques est la modélisation de la chambre magmatique. Le centre de cette cavité se trouverait à une trentaine de kilomètres à l’est de Mayotte, mais il est impossible actuellement de déterminer sa taille. Selon les chercheurs, cette chambre pourrait s’étendre jusque sous l’île et se trouver à 40 km de profondeur. C’est en se vidant de son magma qu’elle provoque l’affaissement d’une quinzaine de centimètres de la croûte terrestre. C’est aussi à cette source magmatique que sont liés les essaims sismiques ressentis par les Mahorais. Les scientifiques en sont sûrs, mais ils ne comprennent pas comment se conjuguent l’activité sismique et la poche de magma qui se vide.

En conclusion de la réunion à l’IPGP, les scientifiques ont insisté sur l’importance des témoignages des Mahorais qui interviennent régulièrement sur le site CSEM (Centre sismologique euro-méditerranéen), mais qui collecte uniquement les séismes ressentis en Europe et, en particulier, dans la Méditerranée. Il faudrait que les habitants de Mayotte se dirigent davantage vers le site du Bureau Central Sismologique Français (www.franceseisme.fr) qui recueille les témoignages sur les séismes qui ont lieu sur le territoire français.
La collecte de données à terre se poursuit et la surveillance est maintenue à Mayotte. De nouvelles demandes de missions sont déposées en ce moment pour la prochaine campagne de recherches au large. Mais, comme me l’expliquait au mois de juin Philippe Kowalski à l’OVPF, ces missions en mer réalisées grâce au Marion Dufresne sont très coûteuses et longues à mettre en place. Cela expliquerait le temps mis par les scientifiques pour détecter la cause de la sismicité sur l’île. Une commission doit se réunir en fin d’année pour étudier les demandes. Les prochains départs pourraient n’avoir lieu qu’en 2021.

Source : IPGP, Outre-mer la 1ère.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Comme indiqué précédemment, l’activité de l’Ubinas (Pérou) a été intense ces derniers jours. Elle a culminé avec de violentes explosions le 19 juillet 2019. Cette activité explosive a débuté vers 2 h 35 (heure locale) ce même jour. Les images satellite ont montré que le nuage éruptif avait atteint une hauteur de 12,1 km au dessus du niveau de la mer. Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs villages de la vallée d’Ubinas et de la région d’Arequipa
L’IGP a recommandé de relever le niveau d’alerte de Jaune à Orange.
Source: IGP.

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Le VSI indique qu’une brève éruption s’est produite sur le Bromo (Indonésie) le 19 juillet 2019. Elle a duré environ 7 minutes et a déclenché une vague de panique parmi la population locale. Les mauvaises conditions météorologiques ont empêché une bonne observation de l’événement.
Parallèlement à l’éruption, il a été fait état d’un lahar dans le village de Ngadas. Cependant, le VSI a expliqué que la coulée de boue n’était pas directement liée à l’éruption. Elle était plutôt causée par les fortes précipitations qui se sont abattues sur la caldeira du Tengger et sur le Bromo ; elles ont remobilisé la cendre émise par le volcan.
Le niveau d’alerte du Bromo reste à 2 sur une échelle de 1 à 4. Il est toujours conseillé aux visiteurs de rester en dehors de la zone de danger d’un rayon de 1 km autour du cratère.
Source: VSI.

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L’éruption de l’Etna observée le 19 juillet 2019 n’a pas été l’événement majeur décrit par plusieurs organes de presse. Ce fut une simple activité strombolienne avec un épanchement de lave classique sur ce volcan. Cependant, les nuages ​​de cendre produits par l’éruption ont fermé les aéroports de Catane et de Raguse pendant quelques heures.
L’intense activité strombolienne qui avait débuté sur le Nouveau Cratère Syd-Est (NCSE) le 19 juillet dans l’après-midi, a cessé brusquement entre 20h30 et 22h30. Au cours de la nuit, la vitesse d’écoulement de la lave sur le flanc nord du NCSE a fortement diminué et les fronts de coulées se sont arrêtés après avoir parcouru environ 2 200 mètres sur la paroi occidentale de la Valle del Bove où ils ont commencé à se refroidir, comme on pouvait le voir sur les caméras thermiques. Cependant, l’émission de lave a continué quelques heures. De petites explosions sporadiques se sont produites pendant la nuit dans le NCSE. À partir de 3h30 GMT), l’activité explosive au NCSE s’est de nouveau intensifiée avant de diminuer par la suite. Actuellement, les caméras thermiques confirment que les fronts de coulées ne bougent plus et sont en phase de refroidissement,
La sismicité et le tremor éruptif ont retrouvé des niveaux de base.

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Dans son dernier bulletin hebdomadaire sur le Stromboli (Sicile), le laboratoire de Géophysique Expérimentale indique que l’activité éruptive reste soutenue, avec une augmentation de l’activité effusive, en particulier dans le secteur sud-ouest de la Sciara del Fuoco. On observe une vingtaine d’explosions stromboliennes chaque jour. Les projections de lave et de cendre atteignent souvent 400 mètres de hauteur. La coulée de lave qui émane du cratère sud-ouest présente un débit  d’environ 2 mètres cubes par seconde. La lave avance sur la partie supérieure de la Sciara del Fuoco sur une longueur d’environ 600 mètres et une largeur de 80 mètres. Le front de lave se situe à environ 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Des blocs se détachent régulièrement du front de coulée et roulent jusqu’à la mer.
Les émissions de SO2 montrent une tendance à la hausse et a atteignaient 255 tonnes par jour le 15 juillet, la valeur la plus élevée depuis 2014.

Source : Laboratorio Geofisica Sperimentale.

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Le Marion Dufresne reprend la mer en direction du volcan sous-marin de Mayotte. Une nouvelle mission intitulée « Mayobs4 » a appareillé le 19 juillet 2019 pour observer le nouveau volcan  formé au large de l’île. Les scientifiques tentent toujours de comprendre le mécanisme des séismes qui ont secoué Mayotte pendant plus d’un an.

Prévue pour durer jusqu’au 31 juillet, cette mission va observer la dorsale volcanique entre le nouveau volcan et la zone sismique. Elle s’étire en Petite Terre et le nouveau volcan à 50 km à l’Est (voir carte ci-dessous). Cette dorsale est constituée d’une série de cônes volcaniques où l’on observe une instabilité depuis l’année dernière. Les séismes se situeraient beaucoup plus près de Petite Terre que du volcan, 5 à 15 kilomètres seulement. On a également détecté des émanations de gaz en cours d’analyse dans cette zone.

On suppose que la lave circule à l’intérieur d’un réseau de tunnels sous la croûte terrestre, et ressort au niveau du nouveau volcan. Dans ce cas les séismes seraient provoqués par ces remontées de magma. Cette circulation du magma a lieu à 20 ou 30 kilomètres de profondeur ; raison pour laquelle la magnitude des séismes serait atténuée en surface. Il faut parler au conditionnel car ces différentes hypothèses restent à vérifier.
Il faut rappeler que la Petite Terre est un volcan, comme en témoigne le cratère éteint du lac Dziani. Deux autres cratères se sont effondrés, formant les plages de Moya.
Source : FranceTV Info.

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As I put it before, activity at Ubinas (Peru) has been intense in the past days. It culminated with violent explosions on July 19th, 2019. This explosive activity started at about 2:35 (local time) on that day. Satellite imagery showed that the eruptive cloud reached a height of 12.1 km above sea level. Ashfall was reported in several villages across the Ubinas Valley and the Arequipa region

IGP has recommended raising the alert level from Yellow to Orange.

Source: IGP.

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VSI indicates that a short eruption occurred at Mount Bromo (Indonesia) on July 19th, 2019. It lasted about 7 minutes and sent a wave of panic along the local population. Poor weather conditions prevented a good observation of the event.

Parallel to the eruption, there were reports of a lahar in the village Ngadas. However, VSI indicated that the mudflow was not directly related to the eruption. It was rather caused by the heavy rainfall around the Tengger Caldera and the summit of Bromo which mixes with the ash produced by the volcano

The alert level for Mt Bromo remains at 2, on a scale of 1 – 4. Visitors are still advised to stay outside the 1-km radius danger zone around the crater.

Source: VSI.

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The eruption of Mt Etna that was observed on July 19th, 2019, was not the major event mentioned by several news media. It was a simple strombolian activity with a minor lava effusion. However, the ash clouds produced by the eruption closed Catania and ragusa airports for a few hours.

The intense strombolian activity at the New Southeast Crater (NSEC), which had resumed on July 19th in the afternoon ceased between 8:30 and 10:30 p.m. During the night, the effusion rate at the vent on the northern flank of the NSEC was strongly reduced, and the lava fronts stagnated at about 2,200 metres on the western wall of the Valle del Bove and started cooling, as could be seen on the thermal cameras. However, lava effusion persisted a few hours. Sporadic small explosions occurred at the NSEC during the night. Starting at 3:30 a.m.(UTC), there was a renewed intensification of the explosive activity at the NSEC which later declined. Currently, the thermal cameras confirm that the most advanced lava flow fronts are not moving and are cooling,

Seismicity and the eruptive tremor have regained background levels.

In the meantime, activity is still quite intense at Stromboli, as can be seen on the Skyline webcam.

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In its latest weekly bulletin on Stromboli (Sicily), the Laboratorio Geofisica Sperimentale reports that eruptive activity remains strong, with an increase in effusive activity, especially in the southwest sector of Sciara del Fuoco. About twenty strombolian explosions are observed every day. The projections often reach 400 metres in height. The lava flow from the southwestern crater has a flow rate of about 2 cubic metres per second. Lava advances on the upper part of the Sciara del Fuoco over a length of about 600 metres and a width of 80 metres. The lava front is about 300 metres above sea level. Blocks regularly break away from the front and roll to the sea.
SO2 emissions show an upward trend and reached 255 tonnes per day on July 15th, the highest value since 2014.
Source: Laboratorio Geofisica Sperimentale.

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The Marion Dufresne is again taking the sea towards Mayotte’s submarine volcano. A new mission – Mayobs4 – left the port on July 19th, 2019 to observe the new volcano formed off the island. Scientists are still trying to understand the cause and process of earthquakes that have shaken Mayotte for more than a year.
Scheduled to last until July 31st, this mission will observe the volcanic ridge between the new volcano and the seismic zone. It stretches between Petite Terre and the new volcano, 50 km to the East (see map below). This ridge consists of a series of volcanic cones where there has been instability since last year. The earthquakes might be much closer to Petite Terre than the volcano, only 5 to 15 kilometers away. Gases that have been detected in this area are being analyzed.
It is suggested that the lava travels inside a network of tunnels under the earth’s crust, and comes out at the new volcano. In this case the earthquakes might be caused by these magma ascents. This circulation of magma takes place at a depth of 20 to 30 kilometres; This is why the magnitude of the earthquakes is probably attenuated on the surface. We must use the conditional because these different hypotheses remain to be verified.
It must be remembered that Petite Terre is a volcano, as evidenced by the extinct crater of Lake Dziani. Two other craters collapsed, forming the beaches of Moya.
Source: FranceTV Info.

Cratère et lac Dziani sur Petite Terre (Crédit photo: Wikipedia)

Mayotte : Nouvelles informations sur le volcan sous-marin // New information about the submarine volcano

Quelques jours après la découverte d’un volcan sous-marin au large de Mayotte, on commence à en savoir plus sur la situation sismique et volcanique dans la région.

S’agissant de la sismicité, la mission scientifique menée depuis deux semaines par le Marion Dufresne révèle – après remontée des 8 sismomètres qui avaient été installés au fond de la mer – que les épicentres ne sont pas situés entre 30 et 60 km de Mayotte comme on l’a cru depuis un an, mais à seulement 10 km de l’île. Toutefois, l’IPGP explique qu’ils ils sont plus proches en distance “épicentrale”(horizontale) et plus loin que prévu en distance hypocentrale (en profondeur). Les séismes sont situés désormais à des profondeurs de 20 à 50 km.

Après un début très impressionnant en mai-juin, une accalmie a été observée en juillet et août. Dès septembre, l’activité sismique a repris avec des magnitudes plus modérées et des événements plus espacés. Depuis, l’activité est globalement stable, avec de courtes périodes d’accalmies suivies de réveils.

Dans des notes précédentes, j’ai indiqué que la partie orientale de l’île de Mayotte avait tendance à s’incliner, voire à s’affaisser dans l’océan. A l’heure actuelle, cet enfoncement atteint 13 centimètres depuis juillet 2018. Ce déplacement est rapide à l’échelle géologique. Les géologues à bord du Marion Dufresne pensent qu’il peut s’expliquer par la vidange d’un réservoir profond, à environ 40 km de profondeur.

Selon moi, le nouveau volcan n’est pas près de percer la surface de l’Océan Indien. Je faisais la comparaison avec le Loi’hi à Hawaii dont le sommet se trouve à environ 900 mètres de profondeur. Celui du nouveau volcan mahoraise se trouvant à environ 2700 mètres de profondeur, il lui faudra probablement des siècles, voire des millénaires pour être visible au dessus des vagues. Les scientifiques de l’expédition sont moins affirmatifs. Selon eux, si l’on considère que ce nouveau volcan a atteint en un an la taille non négligeable de 800 mètres de hauteur pour 4 km de largeur, il ne lui faudrait à ce rythme que trois ans supplémentaires pour sortir la tête de l’eau ! Toutefois il est aussi possible que ce volcan ait d’ores et déjà arrêté sa croissance. Le Marion Dufresne a en effet découvert “plusieurs dizaines de cônes volcaniques dans une zone de 10 km de diamètre, tous datés de moins d’un million d’années et tous environ de la même taille”. Pour le moment, ce nouveau volcan est semblable à ses voisins. Il pourrait donc suivre le même chemin et rester sagement invisible au fond de l’océan.

S’agissant de la composition de la lave du nouveau volcan, la drague du Marion Dufresne a remonté des fragments durcis. Certains, chargés de gaz en dépression, ont explosé en sortant de l’eau ; d’autres sont noirs et criblés de bulles. Tous vont être analysés afin de déterminer précisément la nature de l’éruption, la profondeur et l’origine des roches que crache le volcan.

Comme je l’ai écrit précédemment, le nouveau volcan émet des fluides. Le sonar à bord du Marion Dufresne a analysé l’eau et détecté “une anomalie d’impédance acoustique qui indique que quelque chose s’échappe du dôme volcanique.’’ Pour l’heure, ni la hauteur de ce panache de fluides, ni sa composition ne sont connues.

Aucune restriction de navigation n’a été ordonnée dans la région de l’éruption sous-marine car le passage du Marion Dufresne n’a pas établi de risque spécifique. Les pêcheurs sont en revanche invités à signaler la présence d’éventuels nouveaux poissons morts.

Source : IPGP, via Le Journal de Mayotte.

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A few days after the discovery of an underwater volcano off Mayotte, one begins to know more about the seismic and volcanic situation in the region.
With regard to seismicity, the Marion Dufresne‘s scientific mission conducted two weeks ago reveals – after thecollection of  8 seismometers that had been installed at the bottom of the sea – that the epicentres are not located between 30 and 60 km from Mayotte as has been believed for a year, but only 10 km from the island. However, IPGP explains that they are closer in « epicentral » (horizontal) distance and further than expected in hypocentric (in depth) distance. The earthquakes are currently located at depths of 20 to 50 km.
After a very impressive start in May-June, a lull in seismicity was observed in July and August. In September, activity resumed with more moderate magnitudes and more spaced earthquakes. Since then, seismic activity has been globally stable, with short periods of lull followed by new tremors.

In previous notes, I indicated that the eastern part of the island of Mayotte tended to subside in the ocean. This phenomenon has reached 13 centimetres since July 2018. This displacement is fast at the geological scale. Marion Dufresne‘s geologists believe that it can be explained by the drainage of a deep reservoir, about 40 km deep.

In my opinion, the new volcano is not about to pierce the surface of the Indian Ocean. I made the comparison with Loi’hi in Hawaii whose summit is about 900 metres deep. As the new Mahoran volcano is about 2700 metres deep, it will probably take centuries, even millennia for it to be visible above the waves. The scientists of the expedition are less affirmative. According to them, if one considers that this new volcano reached the significant size of 800 metres in height and 4 km in width in one year, it would yake it only three additional years to appear at the surface of the water! However it is also possible that this volcano has already stopped its growth. The Marion Dufresne has indeed discovered « several tens of volcanic cones in an area of ​​10 km in diameter, all less than a million years old and all about the same size ». For the moment, this new volcano is similar to its neighbours. It could therefore follow the same path and remain invisible at the bottom of the ocean.

With regard to the composition of the lava of the new volcano, the drag onboard the Marion Dufresne brought some hardened fragments to the surface. Some of them, full of gas in depression, exploded out of the water; others are black and riddled with bubbles. All will be analyzed to precisely determine the nature of the eruption, the depth and origin of the rocks spewed by the volcano.
As I wrote previously, the new volcano also emits fluids. The Marion Dufresne‘s sonar analyzed the water and detected « an acoustic impedance anomaly that indicates something is coming out of the volcanic dome. » For now, neither the height of this plume of fluids nor its composition have been revealed.

No navigation restrictions were ordered in the area of ​​the underwater eruption because the passage of the Marion Dufresne did not establish a specific risk. Fishermen are however invited to report the presence of any new dead fish.

Source: IPGP, via Le Journal de Mayotte.

Localisation du nouveau volcan (Source: IPGP)

Carte topographique du Lo’ihi à Hawaii (Source: USGS)