Péninsule de Reykjanes : reprise de l’éruption // Reykjanes Peninsula : resumption of the eruption

Après une pause de quelques heures, le tremor éruptif est de nouveau en hausse sur la péninsule de Reykjanes (Islande) et l’éruption dans la Geldingadalur semble reprendre avec une nouvelle vigueur. Hier soir, malgré une mauvaise visibilité à cause du brouillard, on assistait à de violentes crises éruptives. Des coulées de lava apparaissaient d’abord sur le flanc du cône. Le lac de lave commençait ensuite à s’agiter furieusement dans le cratère avant de projeter des montagnes de lave qui dévalaient le long de tout l’édifice. Spectacle vraiment impressionnant ! Il était difficile de déterminer la fréquence des crises car la webcam ne parvenait que rarement à percer le brouillard.

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After a few hours’ break, the eruptive tremor is on the rise again on the Reykjanes Peninsula (Iceland) and the eruption in Geldingadalur appears to be resuming with new vigour. Last night, despite poor visibility due to the fog, one could observe violent eruptive crises. Lava flows first appeared on the side of the cone. The lava lake then started boiling furiously in the crater before hurling mountains of lava that tumbled down on the flanks the entire edifice. It was really an impressive show! It was difficult to determine the frequency of the crises because the webcam rarely managed to pierce the fog

Islande : Ísólfsskáli sous la menace de la lave// Iceland : Ísólfsskáli under the threat of lava

L’éruption continue dans la Geldingadalur où le cratère actif laisse échapper des flots de lave. Elle coule en surface ou dans des tunnels et agrandit jour après jour le champ de lave qui recouvre la région. Personne ne sait combien de temps l’éruption va durer. Des semaines? Des mois? Des années? Il est toutefois fort improbable qu’elle s’arrête à court terme. En conséquence, il est à craindre que la lave coupe Suðurstrandarvegur, la route côtière, et continue d’avancer vers la mer.

Sur son chemin, la rivière incandescente détruira probablement la ferme d’Ísólfsskáli où les propriétaires ont engagé une course contre la montre afin de sauver ce qui leur est le plus cher sur leur propriété. Ísólfsskáli se trouve à seulement deux kilomètres au sud du cratère actif dans la Geldingadalur. Selon la modélisation de la coulée de lave établie par le Met Office islandais (voir ci-dessous), si l’éruption se poursuit, la lave finira par atteindre Suðurstrandarvegur et Ísólfsskáli. La ferme d’Ísólfsskáli est en danger, mais des vestiges archéologiques qui se trouvent sur la propriété sont menacés eux aussi et les archéologues tentent de les cartographier avant qu’il ne soit trop tard (voir ma note précédente).

Source : Reykjavik Grapevine.

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The eruption is Geldingadalur continues with lava emerging from the active crater. It is flowing on the surface or in tunnels and extending day after day the lava faield covering the region. Nobody knows how long the eruption might last. Weeks? Months? Years? However, it is highly unlikely that it will stop in the short term. As a consequence, it is feared that lava will cut Suðurstrandarvegur, the coastal road, and keep flowing toward the sea.

On its way, the incandescent river will probably destroy the Ísólfsskáli farm where the landowners are fighting against time in order to save valuables from their property. Ísólfsskáli is only two kilomet res south of the Geldingadalur crater. The Icelandic Met Office’s new lava flow model (see belox)assumes that the lava will eventually reach Suðurstrandarvegur and Ísólfsskáli if the eruption continues.

Not only the property of Ísólfsskáli is endangered, as archeological relics are as well on the property and archeologists are trying to map it out before it’s too late (see my previous post).

Source: Reykjavik Grapevine.

La modélisation de la coulée de lave prévoit deux scénarios : un volume de 3,1 km3 de lave (en orange) et un volume de 29,3 km3 de lave (en rouge). (Source : Met Office islandais)

Islande : l’éruption met les archéologues au travail // Iceland : the eruption puts archaeologists at work

Alors que l’éruption de Fagradalsfjall se poursuit et que la lave continue de s’échapper du cratère actif, les autorités islandaises s’inquiètent de l’avenir de la route côtière, de la bourgade de Grindavik et de la centrale électrique voisine.

De leur côté, les archéologues de Minjastofnun, l’Agence qui gère le patrimoine culturel islandais, tentent en ce moment de cartographier et de répertorier les vestiges de monuments partiellement enfouis sous terre à proximité du site de l’éruption. Alors que le champ de lave recouvre une partie sans cesse plus grande de la région, des monuments datant de la période de colonisation de l’Islande risquent d’être perdus et de disparaître à jamais sous les coulées

Les descendants de fermiers sur les terres d’Ísólfsskáli, à l’est de Grindavík, craignent de perdre d’anciens artefacts. On estime à près de 240 le nombre de monuments qui n’ont pas encore disparu sous la lave et qui ont pu être cartographiés.

Lorsque la sismicité a commencé à secouer la péninsule de Reykjanes en février 2021, les archéologues de Minjastofnun ont immédiatement commencé à explorer la zone affectée par les séismes. Personne ne savait si et où la lave sortirait. C’est pourquoi les archéologues ont répertorié des vestiges dans la région et ont collecté des données, au cas où une éruption se produirait. Heureusement, les vestiges de quelques monuments partiellement enfouis sous terre ont déjà été cartographiés et enregistrés par l’Agence du patrimoine culturel islandais. On pense que certains vestiges remontent à la période de colonisation du pays, mais les plus anciens ont probablement disparu en mer, car il y a eu de nombreux glissements de terrain dans la région.

Après l’exploration la plus urgente de la zone menacée par l’éruption, les archéologues s’intéresseront à la péninsule de Reykjanes dans son ensemble. Ils espèrent que les restes d’une hutte, située sur les terres d’Ísólfsskáli, seront épargnés par la lave, mais ils sont plus inquiets pour le secteur de Grindavík où se trouve Þórkötlustaðahverfi, une zone protégée avec des monuments et des restes de peuplement.

Les archéologues expliquent que l’inventaire des artefacts est la forme de protection la plus simple, mais le travail est une course contre la montre et contre la lave.

Source : Reykjavik Grapevine.

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As the Fagradalsfjall eruption continues and lava keeps flowing from the active crater, Icelandic authorities worry about the future of the coastal road, Grindavik and the nearby power station.

Archaeologists from Minjastofnun, the Cultural Heritage Agency of Iceland, are now trying to map and register buried relics and monuments close to the eruption site. With the lava field covering a large part of the region, monuments from the settlement period might be lost

Descendants of farmers on the land of Ísólfsskáli, east of Grindavík, fear losing ancient artifacts to the lava flow. It has been estimated that nearly 240 monuments, not yet submerged in lava, have already been mapped.

When seismicity began to shake the Reykjanes peninsula in February 2021, Minjastofnun archaeologists immediately started to visit the area affected by the earthquake. It was not known where the magma would come up so, so they went to register relics in the area and collected data, in case an eruption should occur

Luckily, a few hidden relics are already mapped and registered by the Cultural Heritage Agency of Iceland. It is believed that some relics might be from the settlement period, but the oldest ones have probably gone to sea, as there have been many landslides in the area.

After the most urgent exploration of the area threatened by the eruption, the whole Reykjanes peninsula will be explored next. Archaeologists hope that that the monuments of a hut, located on the land of Ísólfsskáli, could possibly escape being buried under the lava. However, they are more worried about Grindavík where there is Þórkötlustaðahverfi, a protected area with settlement monuments and relics.

The archeologists explain that registration of artifacts is the simplest form of protection, but the work is a race against both time and lava.

Source: Reykjavik Grapevine.

 

Vue du site archéologique de Þórkötlustaðahverfi (Source : Minjastofnun)

Un nouveau volcan bouclier en Islande? Pourquoi pas ! //A new shield volcano in Iceland? Why not !

Cela fait maintenant plus de trois mois que l’éruption a commencé dans la Geldingadalir. Les volcanologues islandais disent qu’elle pourrait encore durer des années, voire des décennies. En supposant que l’événement dure 50 ans, on pourrait assister à la naissance d’un nouveau Skjaldbreiður. Le Skjaldbreiður est un volcan bouclier de 1 060 mètres de hauteur situé dans l’ouest de l’Islande. Il a été formé par une longue éruption il y a environ 9 000 ans. Si une telle situation se confirmait, une très vaste zone serait recouverte par la lave qui pourrait atteindre Grindavík ainsi que la centrale électrique de Svartsengi.

Même si on sait que la petite ville de Grindavik ne sera pas affectée par l’éruption avant des décennies, des structures de protection sont déjà prévues au cas où la lave prendrait la direction de cette localité. Les autorités ont déjà érigé des barrières en terre pour orienter le cours de la rivière de lave. Bien que la lave ait franchi ces barrières il y a quelques semaines, elle ne les a pas renversées, ce qui montre leur efficacité.

Les volcanologues locaux expliquent pourquoi la situation géologique est favorable à l’édification d’un volcan bouclier. L’Islande se situe sur zone de fracture entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, et cette fracture traverse la péninsule de Reykjanes d’ouest en est. Au fur et à mesure que les plaques s’écartent, il se produit des contraintes dans la croûte terrestre qui se libèrent sous forme de séismes ou – plus rarement – d’éruptions volcaniques.

L’activité géologique sur la péninsule se caractérise par des périodes volcaniques d’une durée de 400 à 500 ans alternant avec des périodes sismiques d’une durée de 600 à 800 ans. L’éruption en cours est la première dans la région depuis près de 800 ans. Elle marque très probablement la fin d’une période sismique et le début d’une période d’activité volcanique.

Un autre facteur de l’éruption actuelle plaide en faveur du volcan bouclier. Alors que dans la plupart des éruptions islandaises la source magmatique est proche de la surface, le magma qui alimente l’éruption dans la Geldingadalir vient directement du manteau terrestre, comme à Hawaï où les volcans naissent sur un point chaud. Leur lave est très fluide car très chaude, comme c’est le cas en ce moment en Islande. La dernière éruption de ce type s’est produite il y a environ 7 000 ans sur la péninsule de Reykjanes.

Source : Iceland Review.

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It’s been more than three months since the eruption started in Geldingadalir. Local volcanologists say it could be years or even decades until it is over. Supposing the event lasts for 50 years, thet explain it would create another Skjaldbreiður mountain. Skjaldbreiður is a 1,060 metre high shield volcano located in West Iceland that was formed by a long eruption some 9,000 years ago. If such a situation became real, a very large area would be covered by lava which could reach Grindavík as well as the Svartsengi power station.

Though the small town of Grindavik may not be affected by the eruption for decades, protective structures are already being designed in case lava from the eruption begins flowing toward it. Authorities have already erected earthen barriers to direct the lava. Though it flowed over the barriers, it did not breach them, proving the effectiveness of the design.

Local volcanologists also explain why the geological situation could help the creation of a shield volcano. Iceland is located on a rift between the North American and Eurasian tectonic plates, and the rift cuts across the Reykjanes peninsula from west to east. As the plates move apart they create tension in the Earth’s crust that is released in the form of earthquakes or – more rarely – eruptions.

Geologic activity on the peninsula is characterised by volcanic periods lasting 400-500 years alternating with seismic periods lasting 600-800 years. The ongoing eruption is the first in the region in nearly 800 years, indicating that it marks the end of a seismic period and the beginning of a period of volcanic activity.

Another factor makes the Geldingadalir eruption special and in favour of a shield volcano. While in most eruptions the source of the magma is a chamber relatively close to the earth’s surface, the magma feeding the Geldingadalir eruption is coming straight from the earth’s mantle, like in Hawaii where volcanoes are locared on a hotspot. Their lava is very fluid, then very hot, as is the case with the eruption in Iceland. It’s been around 7,000 years since such an eruption occurred on the Reykjanes peninsula.

Source: Iceland Review.

 

La lave de l »éruption islandaise est très chaude et très fluide; elle circule en surface mais aussi en tunnels, comme à Hawaii ou à la Réunion. (Capture d’image webcam)