Kilauea (Hawaii): La lave monte, monte…! // Lava keeps moving up…!

drapeau francaisLe gonflement du sommet du Kilauea continue et atteint maintenant 5,5 microradians depuis le mardi 21 avril, jour où le phénomène a commencé. Le niveau du lac de lave continue à monter et se trouvait à seulement une douzaine de mètres de la lèvre du pit crater ce samedi matin.

On a observé deux effondrements des parois du cratère au cours de la nuit dernière, avec des explosions qui ont projeté des lambeaux de lave atteignant parfois une trentaine de centimètres jusque sur la lèvre du cratère de l’Halema’uma’u. Gare à ceux qui bravent les interdictions et se rendent sur l’ancienne plateforme prévue pour observer l’intérieur du cratère !!!

L’activité sismique reste élevée au niveau du sommet et de l’East Rift Zone et elle a aussi augmenté sous la partie supérieure de la Southwest Rift Zone.

Source : HVO.

Bien malin serait celui qui pourrait prévoir la suite des événements! Arrêt de l’inflation et baisse du niveau du lac (à mes yeux la solution la plus probable)? Début d’un épisode éruptif quelque part le long de l’East Rift Zone comme cela a eu lieu il y a plusieurs mois? Nouvelle arrivée de lave avec, à nouveau, des menaces pour le secteur de Puna-Pahoa? Ce ne sont que des hypothèses. Comme je l’ai écrit dans ma note, seule Madame Pele a la réponse à ces questions!

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drapeau anglaisThe inflation of the summit of Kilauea continues, now marking a total of about 5.5 microradians since it started on Tuesday, April 21st. The lava lake continues to rise as well, and was measured at 12 metres below the rim of the Overlook Crater this Saturday morning. Two collapses from the crater walls during the night triggered explosions that threw pieces of spatter – some about 30 cm across – up onto the rim of Halema`uma`u. The people who don’t respect the interdictions and visit the ancient viewing platform had better be very careful!!!

Seismic activity beneath Kilauea’s summit and upper East Rift Zone remains elevated and has also increased beneath the upper Southwest Rift Zone.

Source: HVO.

Nobody knows what will happen next! Will inflation stop and the lava lake drop (in my opinion the most likely solution)? Will there be the beginning of an eruptive episode somewhere along the East Rift Zone like the one that occurred several months ago? Will there be a new arrival of lava with new threats to the Pahoa-Puna area? These are only hypotheses. As I put it in my notes, only Ms. Pele has the answer to these questions!

Halemau avril

Crédit photo:  HVO.

Turrialba (Costa Rica): Vers une évolution phréatomagmatique? // Toward a phreatomagmatic phase?

drapeau francaisLes derniers échantillons de lave recueillis par les scientifiques du RSN (Costa Rica’s Seismological Network) tendent à prouver que de la lave juvénile a été émise par le Turrialba, ce qui pourrait indiquer que le volcan est entré dans une phase plus active. Cependant, d’autres chercheurs disent qu’il est encore trop tôt pour faire une telle affirmation.
Lors d’une visite sur le terrain vendredi dernier, les scientifiques du RSN ont découvert près du cratère ce qu’ils croient être de gros blocs de lave juvénile en phase de refroidissement. Ils pensent que ces blocs ont été éjectés lors de l’éruption du 7 avril à 02h07, quand la webcam a montré des matériaux incandescents et des panaches de cendre qui montaient jusqu’à deux kilomètres dans le ciel.
Jusqu’à présent, les scientifiques n’ont vu que des photos des échantillons de lave. Un géochimiste a déclaré: « Certes, ces fragments peuvent être de la lave juvénile, mais ils peuvent également être quelque chose d’autre. Ils peuvent avoir subi un processus de refroidissement chimique en profondeur et atteint la surface sous forme de roche solide.
Une autre possibilité est qu’un ancien morceau de lave refroidi à l’intérieur du volcan ait été arraché au cours de la dernière explosion, qu’il ait fondu et qu’il se soit refroidi de nouveau. Dans ces deux cas, les fragments ne seraient pas considérés comme de la lave juvénile ».
Que les échantillons soient de la lave juvénile ou non, les scientifiques de l’OVSICORI pensent que l’éruption du 7 avril a marqué une étape importante dans l’activité volcanique du Turrialba. Au cours des visites sur le terrain après l’éruption, ils ont utilisé une caméra thermique et ils ont remarqué que certaines roches éjectées lors de l’éruption étaient encore anormalement chaudes. Cela pourrait signifier le magma à l’intérieur du Turrialba est stocké beaucoup plus près du cratère qu’on le supposait initialement. Depuis 2010, le RSN et l’OVSICORI estiment que le magma se trouve à environ trois kilomètres sous la surface de la terre. A présent, les roches très chaudes observées avec la caméra thermique laissent supposer qu’il est peut-être à moins d’un kilomètre de profondeur.

Si les roches recueillies par le RSN sont effectivement de la lave juvénile, cela indiquerait le Turrialba est passé à une phase d’activité plus sérieuse. Le volcan se trouve dans une phase d’éruption phréatique depuis 2010. La présence de lave fraîche signifierait qu’il est désormais dans une phase phréatomagmatique. Si c’est le cas, les éruptions deviendront plus fréquentes et plus violentes. Il faudra que les autorités envisagent de prendre de nouvelles mesures de protection envers les populations vivant à proximité du volcan.
Source: The Tico Times.

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drapeau anglaisThe latest samples of lava collected by University of Costa Rica’s National Seismological Network (RSN) scientists tend to prove that juvenile lava was ejected by Turrialba, which may indicate that the volcano has moved into a more active phase. However, other researchers say it’s too soon to tell.

During a field inspection Friday morning, RSN scientists found what they believe to be large blocks of fresh, cooled lava near the crater of the volcano. They think that the lava was ejected during the eruption that occurred on April 7th at 2:07 a.m., when the volcano was observed ejecting incandescent material and ash two kilometres into the sky.

So far, the scientists have only seen photos of the lava samples. Said a geochemist: “While these fragments could be fresh lava, they could also be something else.” They may have undergone a chemical cooling process underground, and reached the surface as solid rock.

Another possibility is that a chunk of old cooled magma inside the volcano was dislodged during the last explosion, melted down and re-cooled. In both of these cases, the fragments would not be considered as juvenile.

Regardless of whether or not the fragments are juvenile lava, OVSICORI said that the April 7 eruption marked a significant step forward in volcanic activity at Turrialba. During field inspections more than a day after the eruption, scientists used a thermal imaging camera to study the volcano and noticed that some of the rocks ejected during the eruption were unusually hot. This might mean the magma inside Turrialba could be much closer to the crater than scientists originally thought. Since 2010, both RSN and OVSICORI have estimated the magma to be around three kilometres below the earth’s surface. But the hot rocks reveal that it may be closer to one kilometre below the surface.

If the rocks recovered by RSN are juvenile lava, this would indicate the volcano has passed on to a more serious phase of activity. Turrialba has been in a phreatic eruption phase since 2010. The presence of fresh lava would mean it is in a phreatomagmatic phase. If this is the case, eruptions will become more frequent and violent, and will require the country to begin considering taking more protective measures toward the populations living close to the volcano.

Source: The Tico Times.

Turrialba-02

Les émissions de cendre du Turrialba le 5 avril 2015 vues par la webcam de l’OVSICORI.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Situation stable

drapeau francaisLa situation est relativement stable sur le Kilauea en ce moment et les coulées actives se concentrent sur les hautes pentes du Kilauea, zone dont l’accès est interdit au public. On observe trois sorties de lave dans la partie supérieure du champ de lave généré par la coulée du 27 juin. Ces trois coulées se trouvent à moins de 7 km du Pu’uO’o.

Le sommet du Kilauea a connu une phase de gonflement au cours des derniers jours mais elle a tendance à se stabiliser. Le lac de lave a réagi à cette inflation et sa surface se trouve en ce moment à une trentaine de mètres sous la lèvre. Donc, aucun risque de débordement. Là aussi la zone est interdite d’accès. Le meilleur endroit pour admirer la lueur de la lave est la terrasse du Jaggar Museum.

Ce n’est peut-être pas le meilleur moment si vous avez envie de voir des coulées de lave à Hawaii. De toute façon, il y a des tas d’autres choses à voir si vous êtes prêt à endurer le très long voyage aérien pour aller au cœur du Pacifique.

Source : HVO.

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drapeau anglaisThe situation is quite stable on Kilauea these days and the lava flows are located on the upper flanks of Kilauea, an area whose access is officially prohibited. Three areas of breakouts in the upslope portion of the June 27th flow field continue to be active. All breakouts are within 7 km of Pu’uO’o.
Inflation at Kilauea’s summit increased during the past days but seems to have stabilised.  According to the inflation, the lava lake rose several meters and currently lies about 320 metres below the crater rim. Here again, access is officially prohibited. The best view of the glow produced by the lake is from the terrace of the Jaggar Museum.

This may not be the best moment to go to Hawaii to see lava flows. However, there are many more places to visit if you are ready to endure the very long flight to go there…

Source: HVO.

Les coulées de lave du Kilauea // Kilauea’s lava flows

drapeau francaisLe HVO vient de publier un article très intéressant montrant les différences entre la lave de la coulée actuelle du 27 juin qui a récemment menacé Pahoa et celle qui a détruit Kalapana en 1990. Voici le lien vers l’article…
http://bigislandnow.com/2015/04/03/volcano-watch-comparing-lava-flows/

….et voici sa traduction intégrale :

Pour un observateur occasionnel, il y a de fortes chances que la lave qui a récemment atteint les abords de Pahoa ressemble à celle qui a frôlé le village de Kalapana en novembre 1986 avant de le détruire totalement en 1990. Pourtant, ces coulées de lave en provenance du Kilauea  sont fort différentes.
En théorie, la distance couverte par la lave et sa vitesse de progression sont régies essentiellement par trois facteurs: le débit éruptif, la température de la lave (donc sa « cristallinité » au moment de l’éruption) et la topographie.
La cristallinité fait référence à la quantité et au type de phénocristaux (cristaux qui se développent dans le magma avant qu’il atteigne la surface) et de micro-phénocristaux (minuscules cristaux qui apparaissent dans une coulée de lave au fur et à mesure qu’elle avance et se refroidit) présents dans la lave.
L’olivine, le premier minéral à apparaître dans le magma lorsqu’il sort du réservoir magmatique au sommet du Kilauea, cristallise à une température inférieure à 1215 ° C. A des températures plus basses, inférieures à 1150 ° C, le pyroxène et le plagioclase cristallisent également à côté de l’olivine.
Lorsque la lave est émise, des micro-phénocristaux de plagioclase et de pyroxène se forment dans la roche en fusion qui s’écoule à la surface du sol et se refroidit. Comme la cristallinité augmente, la lave devient plus visqueuse ; elle finit pas s’immobiliser puis se solidifier.
De 1986 à 1992, les coulées de lave ont été émises au niveau du Kupaianaha, une bouche active à moins de 12 km de Kalapana. A cette époque, la température de la lave variait de1155 à 1170 ° C. Cette lave contenait peu de cristaux d’olivine, d’environ 1 mm. Aidés par la forte pente, les tunnels au départ du Kupaianaha ont transporté la lave le long du versant sud du Kilauea. Ils ont acheminé un volume estimé à 300 000 – 400 000 mètres cubes de lave par jour vers la plaine côtière, avec des températures de 1145-1160° C. Avec de telles températures, la lave qui s’écoulait à l’intérieur des tunnels et qui atteignit Kalapana était encore relativement fluide et pauvre en cristaux. C’est ce qui explique les coulées pahoehoe qui avançaient rapidement et qui ont submergé le village de  Kalapana avant de recouvrir la plage de sable noir de Kaimu Bay en 1990.
De leur côté, les différents bras de la coulée du 27 juin, née sur le flanc nord-est du Pu’uO’o, avancent actuellement le long de la partie supérieure de l’East Rift Zone et se dirigent vers Pahoa, à plus de 20 km de la source. Depuis 2011, on estime que le volume de lave émis a atteint une moyenne de 175 000 mètres cubes par jour, le plus faible au cours de la trentaine d’années que dure l’éruption du Kilauea. Les températures enregistrées sont en moyenne de 1140 à 1145 ° C.
La coulée de lave du 27 juin contient un mélange d’olivine et de plagioclase, ainsi que des phénocristaux de pyroxène, souvent en groupes d’une taille allant de 1 à 5mm. En revanche, les coulées qui ont détruit Kalapana et dont la température était plus élevée ne contenaient que des phénocristaux d’olivine.
Malgré ses températures plus basses et son débit éruptif plus faible, la coulée du 27 juin a couvert une distance deux fois plus longue que la coulée qui a atteint Kalapana en 1986 et 1990. Il est vrai que la lave de Kalapana a vu son trajet interrompu par l’océan et on ignore quelle distance elle aurait parcouru sans cet obstacle.
De la même façon que les coulées de Kalapana se sont brutalement arrêtées en 1986, le front de la coulée du 27 juin s’est immobilisé quand de nouvelles sorties de lave pahoehoe sont apparues plus en amont, à proximité du Pu’uO’o. On ne sait pas si la température de la lave, sa cristallinité, le débit éruptif et la topographie sont responsables de cette immobilisation du front de coulée. On ne sait pas non plus si une nouvelle arrivée de lave permettrait de dépasser la distance déjà atteinte par la coulée du 27 juin.
Au vu des récentes analyses de la coulée de lave du 27 juin effectuées par le HVO, le scénario de Kalapana 1986 et 1990 est peu susceptible de se reproduire. Il faut toutefois garder à l’esprit que les conditions de l’éruption – le débit éruptif, la température de la lave, et l’emplacement des bouches éruptives – peuvent changer à tout moment. Pour cette raison, le HVO continue de surveiller étroitement le Kilauea et d’informer le public de toute modification importante dans le déroulement de l’éruption.

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drapeau anglaisHVO has just released a very interesting article showing the differences between the lava of the current June 27th flow that recently threatened Pahoa and the lava that destroyed Kalapana in 1990. Here is the link to the article:

 http://bigislandnow.com/2015/04/03/volcano-watch-comparing-lava-flows/

To the casual observer, lava that recently flowed into the outskirts of Pahoa might look a lot like the lava that grazed the village of Kalapana in November 1986 and completely overran it in 1990. In fact, these Kilauea flows were significantly different.

Theoretically speaking, the surface extent and advance rate of lava is regulated primarily by three factors: eruption rate; lava temperature and, therefore, “crystallinity,” at the time of eruption; and topography.

Crystallinity refers to the abundance and types of phenocrysts (crystals that grow in magma before it erupts to the surface) and micro-phenocrysts (minute crystals that grow in a lava flow as it advances and cools) in lava.

Olivine, the first mineral to grow in magma as it rises into Kilauea’s summit reservoir system, crystallizes at a temperature below 1215°C. At lower temperatures, below 1150°C, the minerals pyroxene and plagioclase also crystallize along with olivine.

When lava is erupted, micro-phenocrysts of plagioclase and pyroxene form within the molten rock as it flows over the ground and cools. As crystallinity increases, the flow becomes more viscous and eventually stalls and solidifies.

From 1986 to 1992, lava flows were erupted from Kupaianaha, an active vent less than 12 km from Kalapana. During that time, eruption temperatures ranged from 1155 to 1170°C and the lava contained few olivine crystals, about 1 mm in size.

Lava tubes from Kupaianaha carried lava down the steep southern flank of Kilauea. These tubes enabled efficient delivery of 300,000–400,000 cubic metres of lava per day to the coastal plain at temperatures of 1145–1160°C. At those temperatures, the tube-fed flows that reached Kalapana were still relatively fluid and crystal-poor. This resulted in the fast-moving pahoehoe flows that quickly spread through Kalapana and covered the black sand beach at Kaimu Bay in 1990.

In contrast, the June 27th lava flows erupted from the northeast flank of Pu’uO’o are moving down the crest of Kilauea’s East Rift Zone toward Pahoa, more than 20 km away. Since 2011, eruption rates have been estimated at about 175,000 cubic metres per day, the lowest sustained rate in over 30 years of eruption, and the eruption temperatures have been 1140–1145°C.

The June 27th lava flows contain a mix of olivine, plagioclase, and pyroxene phenocrysts, often as crystal clusters 1–5mm in size. In contrast, the higher temperature Kalapana flows contained only olivine phenocrysts.

Despite its cooler temperatures and lower eruption rates, the June 27th lava flow travelled nearly twice the distance of the 1986 and 1990 Kalapana flows. But, the Kalapana flows were cut short when they flowed into the ocean, so how much farther they could have travelled is not known.

As with the abrupt termination of the 1986 Kalapana-bound flows, the leading edge of the June 27th  flow stagnated when lava was tapped to supply pahoehoe breakouts at higher elevations near Pu’uO’o. The relative contribution of lava temperature, crystallinity, eruption rate, and topography to this stagnation is now the subject of ongoing research. Whether additional lava will advance farther than the distance the June 27th flow has already reached remains to be seen.

Based on HVO’s recent analyses of the June 27th lava flow, current eruption conditions do not favour a Kalapana-like scenario. However, one must keep in mind that eruption conditions—for instance, eruption rate, lava temperature, and vent location—can change unexpectedly.  Because of this, HVO continues to closely monitor Kilauea and will notify the public of any significant changes in the eruption.

Coulée-Hawaii-web

Photo:  C.  Grandpey