Mont Shindake (Japon): Baisse du niveau d’alerte // The alert level has been lowered

drapeau-francaisSuite à la baisse de la sismicité, l’Agence Météorologique Japonaise (JMA) a baissé à 3 le niveau d’alerte du Shindake, volcan situé sur l’île Kuchinoerabu, à un millier de kilomètres au SO de Tokyo. Le niveau d’alerte avait été porté à 5 (le maximum) le 29 mai 2015 au moment de l’éruption (voir ma note à cette date) et les 118 habitants avaient été évacués vers l’île voisine de Yakushima.

La JMA fait remarquer que l’on ne peut exclure la possibilité de petites éruptions avec des retombées de cendre dans un rayon de 2 km autour du cratère. De nombreux habitants sont déjà revenus chez eux quand le gouvernement a levé l’ordre d’évacuation pour la majeure partie de l’île en décembre dernier.

Sources : JMA & presse japonaise.

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drapeau-anglaisDue to a decrease in seismicity, the Japan Meteorological Agency (JMA) has lowered to 3 the alert level for Mount Shindake on Kuchinoerabu Island, about 1,000 km southwest of Tokyo. The level had been raised to 5 during the eruption on May 29th 2015 (see may note on that day) and all 118 residents had been forced to evacuate the island to nearby Yakushima Island.

The JMA said it could not rule out the possibility of small-scale eruptions that could spew ash deposits within a 2-km radius of the crater. Many residents have returned home since the local government lifted an evacuation order for most of the island last December.

Sources : JMA & japanese newspapers.

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Capture d’écran de la télévision japonaise au moment de l’éruption du 29 mai 2015.

Histoires de polices d’assurances volcaniques // About volcanic insurance policies

drapeau-francaisDans une note parue le 16 août 2009, j’écrivais que vivre sur les pentes du Kilauea peut devenir très coûteux quand il s’agit de payer l’assurance habitation. En effet, certains assureurs n’acceptent plus de couvrir les biens les plus exposés aux coulées de lave de l’East Rift Zone. Une solution pour les propriétaires serait de changer de compagnie d’assurance mais cela leur coûterait encore plus cher et beaucoup d’assureurs n’assurent pas contre l’incendie, risque principal avec les coulées! Le coût des polices étant particulièrement élevé à Hawaii, beaucoup de maisons sur Big Island ne sont pas assurées. Leurs propriétaires préfèrent prendre le risque de perdre leur habitation plutôt que de dépenser beaucoup d’argent. Si leur maison se fait détruire par une coulée de lave ou un séisme, ils la reconstruiront.

Au Japon, une compagnie d’assurance, Sompo Japan Nipponkoa Insurance, va commencer à vendre au mois de juin des contrats qui aideront les entreprises à couvrir les pertes provoquées par l’activité volcanique, y compris la baisse de fréquentation de la clientèle pour les entreprises touristiques.
Les premières polices d’assurance de ce genre proposeront une cotisation annuelle de 300 000 yens (2735 dollars) et garantiront un paiement de 10 millions de yens si l’Agence météorologique du Japon (JMA) a décrété un niveau d’alerte de 3 ou plus pour un volcan situé à proximité des structures assurées.

Le Mont Fuji sera le premier volcan pour lequel ces contrats seront proposés ; d’autres volcans seront ajoutés ultérieurement. La compagnie d’assurance Sompo Japan s’est associée à des instituts volcanologiques pour obtenir la probabilité d’une éruption à partir d’archives couvrant les 1200 dernières années. Le Mont Fuji est en sommeil depuis sa dernière éruption en 1707, mais l’activité continue sous le volcan. Une éruption infligerait probablement de lourdes pertes sur une vaste zone.
La fréquentation des sites autour de Mont Ontake a baissé de moitié pendant l’année qui a suivi l’éruption d’octobre 2014.
Une petite éruption en 2015 au Mont Hakone (préfecture de Kanagawa), où se trouve un centre touristique en plein essor grâce aux sources hydrothermales, a entraîné là aussi une chute de fréquentation.

La récente flambée du tourisme au japon, avec l’arrivée de nombreux étrangers, a rendu les économies régionales japonaises davantage dépendantes de la qualité des structures d’accueil. Le développement des nouvelles polices d’assurance de Sompo Japon pourrait encourager les investissements dans les hôtels et donner aux patrons d’entreprises un plus grand choix de lieux pour pouvoir s’installer.
Source: Nikkei Asian Review: http://asia.nikkei.com/

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drapeau-anglaisIn a note released on August 16th 2009, I wrote that living on the slopes of Kilauea volcano can be expensive when it comes to the homeowners’ insurance. Indeed, some insurers no longer cover property with the highest risk of lava inundation in the East Rift Zone. A solution for these homeowners could be to turn to other insurance companies but it would cost them a lot of money and such insurers don’t insure against fire, the biggest threat posed by lava! Because of the high insurance costs, many houses on the Big Island are not insured. Their owners had rather take the risks of losing their homes than pay a lot of money. If their house happens to be destroyed by lava or an earthquake, they will rebuild it.

In Japan, an insurance company, Sompo Japan Nipponkoa Insurance, will begin selling insurance-like policies in June that can help companies cover losses from volcanic activity, including declines in customer traffic for tourism enterprises.

The first policies of this kind will carry an annual option fee of 300,000 yen ($ 2,735) and guarantee a 10 million yen payout if the Japan Meteorological Agency sets an alert level of 3 or higher for a particular volcano located close to rhe insured structure.

Mount Fuji will be the first volcano for which the policies are offered, with other mountains added later. Sompo Japan has teamed with research institutes to derive the probability of an eruption from records covering the past 1,200 years. The mountain has been dormant since its last eruption in 1707, but activity continues beneath the surface. An eruption likely would deal damage to a wide area.

Visitor traffic at sites surrounding Mount Ontake lingered at half its normal level a year after the 2014 eruption.

A small eruption in 2015 at Kanagawa Prefecture’s Mount Hakone, home to a thriving hot spring industry, clouded tourism there as well.

The recent surge in tourism from abroad makes many of Japan’s regional economies more dependent on the hospitality industry. Wider use and availability of Sompo Japan’s new insurance policies could reduce the risk of investing in hotels and other operations and give companies greater choice in where they locate facilities.

Source: Nikkei Asian Review: http://asia.nikkei.com/

Fuji-blog

Le Mont Fuji, volcan potentiellement actif (Crédit photo: Wikipedia)

Quelques réflexions après les séismes au Japon et en Equateur // A few thoughts after the earthquakes in Japan and Ecuador

drapeau-francaisCes jours-ci, suite aux puissants séismes qui ont secoué le Japon, l’Equateur et les Tonga, on me pose beaucoup de questions sur la relation éventuelle entre ces différents événements ainsi que sur la prévision des tremblements de terre.

Avant tout, je tiens à dire que je ne suis pas sismologue et que mes connaissances dans ce domaine restent relativement superficielles. Comme beaucoup, j’ai remarqué que les derniers séismes se sont produits le long de la Ceinture de Feu du Pacifique, région du monde où l’on observe fréquemment des séismes et des éruptions volcaniques. Toutefois, rien ne permet de dire que les derniers séismes sont liés.

Une première constatation me pousse à dire que les séismes au Japon et en Equateur sont différents par leur géographie et leur tectonique. En Equateur, on a affaire à un séisme de subduction, avec la plaque tectonique de Nazca (sous l’océan Pacifique) qui plonge progressivement sous la plaque sud-américaine. Pour le Japon, le séisme s’est produit à l’intérieur même d’une plaque, à la jonction de deux lignes de failles ; il s’agit donc d’une déformation locale.

Si l’on compare les magnitudes, le séisme qui s’est produit en Equateur était beaucoup plus fort (M 7,8), que ceux qui ont secoué le Japon (M 6, 4 et M 7). La différence peut paraître minime, mais elle est en réalité très importante. Le séisme en Equateur a été environ quinze fois plus puissant que celui du Japon.

Un point commun entre le Japon et l’Equateur est que les deux séismes ont été superficiels, entre 10 et 25 km de profondeur seulement, ce qui a provoqué les dégâts humains et matériels que l’on sait : des centaines de morts en Equateur, des dizaines au Japon et des villes à reconstruire.

Tout comme pour les éruptions volcaniques, les gens sont souvent l’impression que la fréquence des séismes est en augmentation. En fait, ce n’est qu’une illusion et cette impression est probablement due au fait que les informations se répandent de nos jours à la vitesse de la lumière grâce aux innovations technologiques, Internet en particulier. Les séismes se produisent de manière parfaitement aléatoire ; il n’y a donc pas de périodicité. On ne peut donc pas mesurer d’augmentation ou de diminution. Par contre, le caractère aléatoire des séismes donne parfois naissance à des séries, comme entre 2004 et 2011 à Sumatra. Il en va de même pour leur intensité. Ils ne sont pas plus forts ou moins forts qu’autrefois mais, à un siècle d’intervalle dans une même zone, ils peuvent causer plus de dégâts si l’habitat s’est beaucoup développé et si la population a augmenté.

S’agissant de la prévision des séismes, elle reste au niveau zéro. Certes, les répliques qui suivent les puissants séismes sont monnaie courante, mais les annoncer ne fait pas, à mes yeux, partie de la prévision sismique. Il est impossible de dire à quelle date, à quelle heure et à quel endroit précis la Terre va trembler. En revanche, on sait que certaines régions du globe, comme le Japon ou l’Equateur sont particulièrement exposées, à cause de la tectonique de ces régions. De la même façon, on peut affirmer sans trop se tromper que la Californie ou l’Alaska connaîtront d’autres puissants séismes dans les années ou les décennies à venir.

Qu’en est-il de la France ? Notre pays peut-il être victime d’un séisme aussi destructeur qu’en Equateur ? A priori non car le contexte tectonique est différent, mais certaines régions ne sont pas à l’abri de tremblements de terre pouvant occasionner de sérieux dégâts. Le séisme très destructeur d’Arette (M 5,8) le 13 août 1967 est là pour rappeler que le risque existe dans des régions comme les Pyrénées ou l’arc alpin. Pour plus de détails, je conseille vivement de consulter le site Azurséisme (http://www.azurseisme.com/) piloté de main de maître par l’ami André Laurenti.

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drapeau-anglaisThese days, after  the powerful earthquake that rocked Japan, Ecuador and Tonga I am asked many questions about the possible relationship between these events and about the prediction of earthquakes.
First of all, I want to say that I am not a seismologist and my knowledge in this area is relatively superficial. Like many, I noticed that the last earthquakes occurred along the Pacific Ring of Fire, a region that is frequently the seat of earthquakes and volcanic eruptions. However, there is nothing to say that the latest earthquakes are linked.
A first observation leads me to say that the earthquakes in Japan and Ecuador differ by their geography and tectonics. In Ecuador, it was a subduction earthquake, with the Nazca tectonic plate (under the Pacific Ocean) that gradually plunges under the South American plate. For Japan, the earthquake occurred within a plate at the junction of two fault lines; it is therefore a local deformation.
Comparing the magnitude of the earthquakes, the event in Ecuador was much stronger (M 7.8), than those that shook Japan (M 6.4 and M 7). The difference may seem small, but it is really great. The earthquake in Ecuador was approximately fifteen times more powerful than that of Japan.
A common point between Japan and Ecuador is that the two quakes were shallow, between 10 and 25 km deep only, which caused human and material damage: hundreds of casualties in Ecuador,dozens in Japan and cities to rebuild.
As with volcanic eruptions, people often feel that the frequency of earthquakes is increasing. Actually, this is an illusion probably due to the fact that information is spreading today to the speed of light thanks to technological innovations, the Internet in particular. Earthquakes occur in a perfectly random manner; there is no periodicity. Their number neither increased nor decreased. However, the random nature of earthquakes sometimes gives birth to series, as between 2004 and 2011 in Sumatra. It’s the same with their intensity. They are not stronger or weaker than before, but should they occur a century latert in one area, they can cause more damage if urban areas have developed a lot and if the population has increased.
Regarding earthquake prediction, it is non existant. Aftershocks after powerful earthquakes are quite common, but I don’t think that announcing them is part of earthquake prediction. It is impossible to say when, at what time and where exactly the land will tremble. However, we know that some regions, such as Japan and Ecuador are particularly vulnerable because of the tectonics of these regions. Similarly, we can affirm that California or Alaska will have to face more powerful earthquakes in the years or decades to come.
What about France? Can our country be the victim of an earthquake as destructive in Ecuador? Maybe not, because the tectonic context is different, but some areas are not immune to earthquakes that could cause serious damage. The very destructive earthquake in Arette (M 5.8) on August 13, 1967 is a reminder that there is a risk in areas such as the Pyrenees or the Alps. For more details, I advise you to visit Azurséisme (http://www.azurseisme.com/) remarkably managed by my friend André Laurenti.

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Sismogramme du séisme de M 7,8 en Equateur le 16 avril 2016 (Source: USGS)

Les derniers séismes n’affecteront pas l’activité volcanique au Japon // The latest earthquakes will not affect volcanic activity in Japan

drapeau-francaisDans les heures qui ont suivi les séismes dans l’île de Kyushu, on a craint que le Mont Aso qui se trouve près de la préfecture de Kumamoto change son comportement et entre en éruption. Le volcan a émis un panache de vapeur et de gaz peu après le second séisme, mais rien ne prouve que cet événement soit lié à la sismicité dans la région.
Les scientifiques pensent que les séismes qui ont secoué la préfecture de Kumamoto sont peu susceptibles de déclencher une activité volcanique importante dans la région. Les volcans actifs comprennent le Mt. Aso dans la préfecture de Kumamoto, le Sakurajima dans la préfecture de Kagoshima et le Mt. Unzen dans la préfecture de Nagasaki.
Bien qu’ils aient atteint des magnitudes de M 6.4 et M 7.3, les derniers séismes n’étaient pas des événements majeurs et ils n’ont pas eu d’impact sur une vaste zone ; ils ne sont donc guère susceptibles d’avoir un lien avec ces volcans.
Selon un professeur de l’Université de Tokyo, les séismes ont été déclenchés par une faille active qui a bougé à très faible profondeur et ce n’est pas le magma qui a déclenché ces secousses. En conséquence, il est très peu probable que les séismes aient eu un effet sur le magma sous le Mt. Aso. Comme l’a déclaré un autre professeur à l’Université de Kyoto, « le Mt. Aso a toujours été actif et, même s’il y a une augmentation temporaire de l’activité sismique, une éruption majeure ne se produira pas de sitôt. Il n’y a pas besoin de s’inquiéter, à condition de rester en dehors de la zone interdite d’accès. »
Source: Journaux japonais.

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drapeau-anglaisMoments after the earthquakes in Kyushu Island, there were worries that Mount Aso that stands close to Kumamoto Prefecture might change its behaviour and start erupting. The volcano emitted a steam and gas plume shortly after the second quake, but there is nothing to prove that this event was linked to seismicity in the area.

Experts believe the earthquakes in Kumamoto Prefecture are unlikely to trigger significant volcanic activity in the region. Active volcanoes in the area include Mt. Aso in Kumamoto Prefecture, Sakurajima in Kagoshima Prefecture and Mt. Unzen in Nagasaki Prefecture.
Although they reached magnitudes of M 6.4 and M 7.3, the latest earthquakes were not large-scale events and did not have an impact over a wide area, and therefore they are unlikely to have any connection to these volcanoes.
According to a professor at the University of Tokyo, the earthquakes were triggered by an active fault that moved at quite a shallow depth and magma didn’t set off this earthquake. Therefore, there is very little possibility of the quakes to have any effect on the magma under Mt. Aso. « Mt. Aso has always been active, so even if there’s a temporary increase in slight tremors, a major eruption won’t happen anytime soon, » said another professor at Kyoto University. « There’s no need to worry, provided people remain outside the restricted area. »
Source: Japanese newspapers.

Aso Gueffier

Vue du Mont Aso (Crédit photo: Franck Gueffier)