Le sommet du Kilauea en proie à de profonds changements // The deep changes of Kilauea’s summit

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le cratère de l’Halema’uma’u a subi des changements profonds depuis le début de l’éruption du Kilauea le 3 juin 2018. Après l’évacuation de la lave de l’Overlook Crater, les parois et le plancher du cratère ont commencé à s’affaisser et ces événements d’effondrement se poursuivent. Ils sont accélérés par les explosions et les séismes que l’on enregistre régulièrement dans la zone sommitale qui connaît une longue phase de déflation. Sur l’une des photos ci-dessous, on peut voir d’impressionnantes fractures radiales provoquées par l’affaissement du fond du cratère. D’autres effondrements se produiront probablement dans les prochains jours, si bien que le cratère de l’Halema’uma’u est en train de devenir méconnaissable.
La sismicité a provoqué des dégâts dans la zone sommitale, y compris dans le Musée Jaggar où des fissures sont apparues sur les murs et sur la terrasse d’observation qui permettait d’avoir une vue superbe de l’éruption dans  l’Overlook Crater.
Le personnel du National Park Service a déplacé la collection d’artefacts et d’objets exposés dans le musée en raison des derniers événements qui ont eu lieu au sommet du Kilauea. Le bâtiment est endommagé, mais les artefacts sont maintenant dans un endroit sûr. L’un d’eux est un costume porté par George Ulrich, géologue de l’USGS, qui a survécu à une chute dans une coulée de lave pahoehoe en 1985.

Lors d’un survol en hélicoptère le 18 juin 2018, les géologues de l’USGS ont pris une photo (voir ci-dessous) de la partie sud-est du cratère de l’Halema’uma’u. On aperçoit le bâtiment du HVO et le Musée Jagger sur le bord de la caldeira. Il est facile de se rendre compte de l’ampleur de l’affaissement sommital. La perte de volume totale était estimée à environ 260 millions de mètres cubes le 15 juin 2018.

On peut voir également ci-dessous une photo de la partie ouest de l’Halema’uma’u prise pendant le survol en hélicoptère. On aperçoit le HVO et le Musée Jaggar sur la lèvre de la caldeira en haut à droite de la photo.
Source: USGS, HVO, National Park.

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As I put it several times before, the Halema’uma’u crater has undergone very deep changes since the start of the Kilauea eruption on June 3rd, 2018. After the drainage of the lava lake in the Overlook Crater, both the walls and the floor of the crater started to collapse and these events are going on. They are accelerated by the explosions and the earthquakes that are regularly registered in the summit area which is still deflating. One the photos below, one can see huge circular cracks caused by the sinking to the crater floor. More collapses will probably take place in the coming days so that the whole shape of the crater will be completely changed.

The seismicity has caused damage in the summit area, including the Jaggar Museum where cracks have appeared on the walls and the observation terrace that gave such a good view of the eruption in the Overlook Crater.

National Park Service has staff moved its collection of artifacts and exhibit features from Jaggar Museum at Hawai‘i Volcanoes National Park due to all of the dramatic changes taking place at the summit of Kilauea. Although the building is damaged, the artifacts are now in a safe place. One of the artifacts moved to safety is a suit worn by USGS geologist George Ulrich, who survived a fall into pahoehoe lava in 1985.

During a helicopter overflight on June 18th, 2018, USGS crews captured an image (see below) of the growing Halema‘uma‘u crater viewed to the southeast. One can see the HVO building and the Jagger Museum sitting on the caldera rim. It is easy to comprehend the scale of subsidence at the summit. The estimated total volume loss was about 260 million cubic metres on June 15th.

You can also see here below a photo of Halema‘uma‘u viewed toward the west during the helicopter overflight. HVO and Jaggar Museum can barely be seen on the caldera rim in the upper right of the photograph.

Source : USGS, HVO, National Park.

Crédit photo: USGS

Eruption du Kilauea (Hawaii): Un coup dur porté au tourisme // A hard blow to tourism

L’éruption actuelle du Kilauea est un très mauvais coup porté au tourisme sur la Grande Ile d’Hawaii. Le spectacle fantastique de l’éruption est interdit aux visiteurs pour des raisons évidentes de sécurité. En outre, les touristes n’ont rien à faire dans les zones où beaucoup de maisons ont été détruites. Cela équivaudrait à du voyeurisme.
Au cours des 10 dernières années, les gens ont pu voir un volcan en éruption sous leurs yeux, qu’ils soient en fauteuil roulant ou en poussette. Il n’y avait pas à marcher longtemps pour atteindre le site d’observation. Il suffisait de garer sa voiture au parking du Jaggar Museum, faire quelques pas, et on se trouvait juste au bord de l’un des volcans les plus actifs au monde. Aujourd’hui, les touristes ne peuvent plus regarder l’éruption depuis la terrasse du musée car la lave a disparu le 6 mai de la bouche active qui illuminait le cratère de l’Halema’uma’u. Elle a chuté de 220 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater et est devenue invisible. Cinq jours plus tard, le Parc fermait pour une durée indéterminée. Au cours des dernières années, il a attiré plus de visiteurs que le Pacific National Monument à Pearl Harbor sur l’île d’Oahu. .
Tandis que le spectacle à la fois fascinant et destructeur proposé par Madame Pele fait rage pour quelques uns – quelques habitants, des scientifiques et des équipes d’intervention d’urgence – la situation est très douloureuse pour la Parc National d’un point de vue touristique et économique. A ce jour, le National Park Service estime l’impact de l’éruption sur le tourisme à 13 millions de dollars. Les entreprises qui tirent des revenus des visiteurs du parc, comme les restaurants et les voyagistes, souffrent beaucoup. Certains ont licencié des employés. Le National Park Service a indiqué qu’il contribue annuellement pour 166 millions de dollars à l’économie locale en aidant à remplir des hôtels, des restaurants, des agences de voyage, etc. Cela équivaut à 455 000 dollars par jour. L’an dernier, le Parc National a attiré environ 2 160 000 visiteurs, contre 1 890 000 l’année précédente.
Pour beaucoup de touristes, ne pas être en mesure de voir le volcan et sa lave est une grande déception, même s’ils réalisent que cette déception est bien peu de chose comparé à ce qui est enduré par les habitants, en particulier plusieurs centaines de personnes qui ont perdu leur maison, et plus de 2000 qui vivent dans des centres d’hébergement, avec leurs  familles ou chez des amis ou même loin de l’île.
D’autres personnes ne comprennent pas ou sont en désaccord sur le fait que le Parc National soit fermé. Un employé du centre commercial de Hilo a déclaré: « Il y a 10 000 emplois dans l’industrie du tourisme qui sont menacés en ce moment. Notre plus grande attraction touristique est fermée. Je vais écrire à mes députés en leur demandant de faire ouvrir le Parc. Il n’y a pas de danger si l’on ne se trouve pas sous le vent. »Ces paroles ont été prononcées avant qu’un séisme enregistré le 3 juin fissure la terrasse d’observation du Jaggar Miseum et endommage trois bâtiments, dont le centre d’opérations d’urgence du Parc. D’autres dégâts concernent des routes fracturées, des conduites d’eau rompues et une couche de cendre volcanique qui recouvre certaines parties du Parc.
Dans le but de satisfaire l’intérêt des visiteurs et pour leur donner des informations sur le volcan, le National Park Service a installé des rangers à Hilo et ailleurs tout en gardant ouverte une petite partie du Parc, loin du sommet. Les rangers répondent aux questions des touristes sur la situation dans le Parc et l’évolution de l’éruption. C’est tout ce qui peut être fait, en attendant la fin de l’éruption.
Source. Médias d’information hawaïens.

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Kilauea Volcano’s current eruption is striking a very hard blow to tourism on Hawaii Big Island. The fantastic show of the eruption is off limits to tourists for safety reasons which are very easy to understand. Besides, visitors have nothing to do in areas where lots of houses have been destroyed. This would amount to voyeurism.

For the last 10 years, people could see an erupting volcano right before their eyes whether they were in a wheelchair or a stroller. There was no hiking to get to it. It was just park your car at the Jaggar Museum parking lot, walk a few steps and you were right on the edge of one of the world’s most active volcanoes. Today, tourists can no longer watch the eruption from the terrace of the Jaggar Museum as lava disappeared on May 6th from Hawaii’s most visited tourist attraction. It dropped 220 metres below the Overlook Crater’s rim and became out of sight. Five days later the Park closed indefinitely. In recent years it had attracted more visitors than the Pacific National Monument at Pearl Harbor on Oahu Island. .

While Madame Pele’s spectacular and destructive show is raging on in view of only a relative few, including some residents, scientists and disaster response teams, the situation for the National Park from a tourism and economic point of view is very painful. The National Park Service estimates the impact to date at 13 million dollars. Businesses that closely derive income from park visitors, such as nearby restaurants and tour companies, are suffering. Some have laid off employees. The National Park Service said it contributes 166 million dollars to the local economy annually by helping fill hotels, restaurants, tours, etc. That amounts to 455,000 dollars a day. Last year the National Park attracted about 2.16 million visitors, up from 1.89 million the year before.

For many tourists, not being able to see the volcano and lava has been a great disappointment, though they know this is trivial compared with what is being endured by residents, including several hundred who lost their homes and more than 2,000 who were forced to move into shelters, with family, with friends or even away from the island.

Other persons don’t understand, or they disagree about the park being closed. Someone at Hilo Shopping Center said: “(We’ve) got 10,000 jobs in the tourism industry that are at risk right now. We have our largest tourist attraction closed. I’m writing my Congress people saying let’s get (the park) open. It can be safe if we stay upwind.” The comment was made before a June 3rd earthquake cracked the Jaggar Museum’s observation deck and damaged three buildings, including the park’s visitor emergency operations centre. Other conditions include fractured roads, severed water pipes and layers of acidic volcanic ash covering parts of the park.

In an effort to satisfy visitor interest in the volcano, NPS redeployed interpretive rangers in Hilo and other places while keeping open a small piece of the giant park far from the summit. Park rangers and volcano displays can also be visited in different places of Hilo. Rangers answer questions about the park and current eruption conditions. This is all that can be done, waiting for the end of the eruption.

Source. Hawaiian news media.

Il y a encore quelques semaines, la lueur de la lave illuminait tout le cratère de l’Halema’uma’u (Photo: C. Grandpey)

Aujourd’hui c’est une bouche vide soumise à des effondrements qui occupe le cratère de l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS)

Un Panthéon des Esprits des Volcans (Hawaii) // A Pantheon of Volcano Spirits (Hawai’i)

drapeau francaisUne très belle fresque, très colorée, représentant des divinités hawaïennes, réalisée par Herb Kawainui Kane, a été restaurée dans l’enceinte du Jaggar Museum, dans le Parc National des Volcans d’Hawaï. Grâce à plusieurs dons d’un montant total de 9 600 dollars et 32 heures de travail par l’association caritative Friends of Hawai‘i Volcanoes National Park, l’œuvre d’art intitulée A Pantheon of Volcano Spirits (Un panthéon des esprits des volcans), a retrouvé sa beauté d’origine. La fresque représente Pelehonuamea – la déesse des volcans – en compagnie de son frère Kamohoali’i – le dieu des requins – et du demi-dieu rival Kamapua’a, ainsi que d’autres divinités associées au monde des volcans hawaïens.
Artiste de renommée mondiale, Herb Kawainui Kane, mort en 2011, était très populaire à Hawaii. Plusieurs de ses œuvres sont exposées dans les structures du Parc National.
Source: Parc National des Volcans d’Hawaï.
Si vous aimez la déesse Pélé et le monde des divinités hawaiiennes, je ne peux que vous recommander la lecture de « Fires of Eden » par Dan Simmons (1994). La traduction en français est sortie en 1996 aux éditions Albin Michel sous le titre « Les Feux de l’Eden ».

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drapeau anglaisA very beautiful and colourful wall mural of Hawaiian deities painted by Herb Kawainui Kane has been restored at Jaggar Museum in Hawai‘i Volcanoes National Park. Thanks to several donations amounting to 9,600 dollars and 32 hours of service by the non-profit Friends of Hawai‘i Volcanoes National Park, the artwork titled A Pantheon of Volcano Spirits, has regained its original beauty. The mural depicts goddess Pelehonuamea, her brother and shark god Kamohoali‘i, rival demigod Kamapua‘a, and other Hawaiian deities affiliated with volcanoes.
World-renowned artist Herb Kawainui Kane, one of the most beloved artists in Hawai‘i, died in 2011. Several pieces of Kane’s art are displayed in the National Park structures.
Source: Hawai‘i Volcanoes National Park.

If you like goddess Pele, her brother Kamohoali‘i and the world of Hawaiian deities affiliated with volcanoes, I recommend « Fires of Eden », a book by Dan Simmons (1994).

Pele mural

Crédit photo: Hawai‘i Volcanoes National Park

Dan