Conseils du Parc des Volcans d’Hawaii pour aller voir la coulée de lave // Hawaii National Park tips to go and see the lava flow

drapeau-francaisSi les zones autour des cratères de l’Halema’uma’u et du Pu’uO’o sont interdites d’accès (voir ma note précédente), la coulée de lave 61g avance actuellement à l’intérieur du Parc National des Volcans d’Hawaï qui propose des itinéraires et des conseils pour aller assister au spectacle.

Les autorités du Parc indiquent que les visiteurs peuvent aller à pied et à vélo le long de la route de secours pour aller voir la lave descendre le long du Pūlama Pali avant de se répandre sur la plaine côtière et entrer dans l’océan.
Depuis l’ouest, à l’intérieur du Parc des Volcans, le point le plus facile d’accès se trouve à l’extrémité de la Chain of the Craters Road. Il est conseillé aux visiteurs de faire une halte à la Ranger Station, de parler avec les gardes du parc, écouter leurs conseils, et regarder une vidéo de 4 minutes sur la sécurité. Une lunette d’observation est mise à la disposition du public pour observer l’éruption à distance. Le parc est ouvert 24 heures sur 24.
Depuis la Ranger Station, il faut s’attendre à un parcours assez pénible de 16 à 19 km aller-retour jusqu’à la coulée. Les randonneurs pourront emprunter la route de secours en terre battue sur environ 6 km, puis il leur faudra tourner à l’intérieur des terres au niveau d’une balise lumineuse qui marque le point le plus proche de la coulée active, actuellement à environ 800 mètres de la route. L’avancée sur le champ de lave se fait sur un terrain difficile, avec de profondes fractures et d’anciennes coulées de lave très coupante.

De l’autre côté de la route de secours, à l’est, les rangers ont installé une balise lumineuse à 7,6 km de son point de départ à Kalapana, et à une cinquantaine de mètres à l’intérieur des terres. Cette balise sert de point de départ aux randonneurs.
Le point d’observation aménagé à Kalapana, près de la limite E du parc, offre également un point de vue intéressant de l’éruption. Il est ouvert tous les jours de 15 heures à 21 heures.

Recommandations: Il est fortement conseillé aux randonneurs d’être bien préparés avant d’entamer le parcours vers la coulée de lave et de l’effectuer de jour. Il n’y a pas de sentier ou de trace balisée vers la coulée de lave dont la morphologie peut se modifier jour après jour. Il est facile de se perdre dans l’obscurité (NB : C’est pour cela que je conseille fortement de s’équiper d’un GPS). Il est conseillé à chaque randonneur d’emporter quatre litres d’eau, de porter de bonnes chaussures de randonnée, des gants et un pantalon (les shorts sont à éviter !). Ne pas oublier des lunettes de soleil, la crème solaire et un couvre-chef. Chaque personne a besoin d’une frontale (ou, à la rigueur, une bonne lampe de poche) avec piles de rechange.
Les cyclistes peuvent également emprunter la route de secours, à condition d’être habitués à circuler sur une route de gravier. Il leur est conseillé de rouler uniquement de jour. Les véhicules motorisés sont interdits.
Il est demandé aux visiteurs de respecter les propriétés privées (voir carte ci-dessous) et la culture hawaïenne. De nombreux Hawaïens autochtones sont persuadés que la lave est le kinolau, c’est-à-dire l’incarnation physique de la déesse Pélé. Piquer la lave avec des bâtons et d’autres objets est donc irrespectueux, mais aussi illégal. La loi fédérale interdit de « posséder, détruire, blesser, mutiler, enlever, creuser ou perturber » des ressources naturelles et culturelles (36 CFR § 2.1).
Les animaux domestiques et les drones sont également interdits sur le champ de lave à l’intérieur du Parc National.
Les gaz volcaniques représentent un autre danger, en particulier pour les personnes atteintes de problèmes cardiaques ou respiratoires, les nourrissons, les jeunes enfants et les femmes enceintes. Si l’air les irrite, les incommode, ou rend leur respiration difficile, les visiteurs doivent quitter la zone.

Source : Parc National des Volcans D’Hawaii.

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drapeau-anglaisIf the areas around Halema’uma’u and Pu’uO’o craters are prohibited (see my previous note), the 61g lava flow is currently within Hawaii Volcanoes National Park which is offering route and tip information for viewing the Kilauea’s latest lava flows.

The Park’s report says that visitors may hike and bicycle along the gravel emergency access route to view and access lava as it flows down the Pūlama Pali and spreads out onto the coastal lava plain toward the ocean.

From Hawai‘i Volcanoes National Park, the easiest vantage point to view eruptive activity is from a distance at the end of Chain of Craters Road. Visitors are encouraged to stop at the Coastal Ranger Station to talk with park rangers, view eruption and hiking tip exhibits, and watch a four-minute lava safety video. A public spotting scope is available to view the eruption from a distance. The park is open 24 hours a day.

From the Ranger Station, it’s a difficult 16- to 19-kilometre roundtrip hike. Hikers can walk along the gravel emergency access route for about 6 km, and then turn inland at a light beacon which marks the closest point to the active flow front, currently about 800 metres from the route. The flow field is a rough hike, with deep earth cracks, uneven terrain, and razor-sharp lava from older flows.

Rangers placed another light beacon 7.6 km down the emergency access route, about 50 metres inland from the road, as a suggested starting point for hikers from the Kalapana side.

The county Kalapana Lava Viewing Area near the park’s eastern boundary also offers a vantage point of the current eruption, and is open daily from 3 to 9 p.m.

Recommendations: Hikers are urged to be prepared and to head out in daylight. There is no trail or marked route to the lava, which continues to flow and change daily. It is easy to become disoriented after dark. Each person needs about a gallon of water, sturdy closed-toe hiking shoes or boots, gloves to protect the hands, and long pants to protect against lava rock abrasions. Wear sunblock, sunglasses and a hat. Each person needs a flashlight and/or headlight with extra batteries.

Experienced bicyclists can also use the emergency access route, but the loose gravel makes it a challenging ride for inexperienced riders. Cyclists are urged to ride during daylight hours only. Motorized vehicles are prohibited.

Hikers are reminded to respect private land (see map below) and Hawaiian culture. Many native Hawaiians believe that lava is the kinolau, or physical embodiment, of volcano goddess Pele. Poking lava with sticks and other objects is disrespectful. It’s also illegal. Federal law prohibits “possessing, destroying, injuring, defacing, removing, digging or disturbing” natural and cultural resources (36 CFR § 2.1).

Pets and drones are also prohibited on the flow field in the national park.

Volcanic gas is another hazard, particularly to people with heart or respiratory problems, and infants, young children and pregnant women. If air irritates, smells bad or makes breathing difficult, visitors should leave the area.

Source : Hawaii Volcanoes National Park.

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Vue de la route de secours, l’extrémité de la Chain of the Craters Road à l’ouest et le point d’observation de Kalapana à l’ouest. Début juillet, la coulée 61g n’avait pas encore traversé la route en terre battue. (Source: USGS)

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Vue de la coulée 61g et de son évolution (en rouge vif) entre le 2 et le 12 août 2016. (Source: USGS / HVO)

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Exemple de coulée éphémère (Photo: C. Grandpey)

 

L’information volcanologique des années 1980 à nos jours : Quelle évolution !

Souvenez-vous : Le 18 mai 1980, le Mont St Helens entrait en éruption. L’événement était relaté par les radios et les télévisions du monde entier. Toutefois, pour les volcanologues et volcanophiles français, il était difficile de connaître le déroulement précis de l’éruption. Les informations techniques ne parvenaient que des jours, voir des semaines après l’effondrement du flanc du volcan et son blast destructeur. En France, les images de Maurice Krafft fascinaient les spectateurs de « Connaissances du Monde ».

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous entendrez (à partir de 2 minutes) Maurice Krafft comme si vous étiez dans la salle. Ce fut également l’époque de ma première rencontre avec Maurice, dans une salle de cinéma de Limoges…

http://www.dailymotion.com/video/x82acm_extrait-maurice-et-katia-krafft-au_travel

Comme pour le Mont St Helens, en 1985, lors de l’éruption du Nevado del Ruiz, les télévisions du monde entier ont diffusé en boucle des images du lahar qui a détruit Armero et la séquence insoutenable pendant laquelle une fillette perdait la vie, emprisonnée dans l’amas de débris transportés par le fleuve de boue. Vous verrez des images de la catastrophe dans cette vidéo (Attention ! Certaines séquences peuvent choquer) :

https://www.youtube.com/watch?v=5cjTTu5A9iw

Comme pour le St Helens, les détails techniques de l’éruption ne sont arrivés que plus tard. On s’est alors rendu compte des négligences des autorités colombiennes (voir la description de l’événement dans mon livre Killer Volcanoes).

Quelques années plus tard, en 1991, l’Etna se réveillait et une coulée de lave s’engouffrait dans la Valle del Bove. Elle allait bientôt représenter une menace pour la bourgade de Zafferana Etnea.

https://www.youtube.com/watch?v=BSSGyaQKyGw

L’éruption se  déroulant à 3 heures d’avion de la France, les informations parvinrent plus facilement à L’Association Volcanologique Européenne car plusieurs de ses adhérents se sont rendus sur le terrain. J’ai fait partie de ces volcanophiles et j’ai pu visiter à plusieurs reprises sur le site de l’éruption et en particulier sa source. Les militaires italiens préparaient alors les blocs de béton qui devaient être introduits dans les tunnels, une « opération thrombose » dont le résultat ne fut guère probant.

A noter qu’à cette époque Internet commençait à montrer le bout de son nez et qu’une révolution n’allait pas tarder à se mettre en place dans la diffusion de l’information

Quatre années plus tard, en 1995, la lave du Kilauea détruisait le village de Kalapana. Là encore, la distance fut un obstacle majeur à la diffusion de l’information. Internet n’avait pas la place qu’il tient aujourd’hui et même sur la Grande Ile d’Hawaii, les scientifiques avaient bien des difficultés à informer la population. Au plus fort de la crise, les volcanologues mettaient les cartes à jour manuellement et allaient les afficher en différents points pour que la population puisse se rendre compte de l’avancée de la lave. Dans ce même but, des réunions d’information étaient régulièrement organisées avec les habitants

Des réunions identiques sont organisées périodiquement en 2015 pour tenir la population de Pahoa informée du comportement de la coulée du 27 juin. La différence, c’est qu’aujourd’hui une foule d’outils permet de savoir ce qui se passe sur le terrain : Les sismographes et le tracé du tremor éruptif sont en ligne sur Internet, sans parler des webcams. Le HVO et la Protection Civile mettent en ligne quotidiennement des bulletins que l’on peut aussi écouter sur les ondes.

Ces remarques sont valables pour la plupart des volcans actifs de la planète. L’accès à des sites éruptifs comme l’Etna ou le Stromboli est devenu compliqué avec l’application du sacro-saint principe de précaution. Les sommets de ces volcans sont devenus des zones interdites alors que l’on peut toujours faire du ski hors-piste dans des secteurs exposés aux avalanches ! Heureusement, les webcams permettent d’observer l’activité depuis son fauteuil et les observatoires diffusent régulièrement les dernières informations. La NASA met régulièrement en ligne les photos prises par les satellites. Il n’est plus nécessaire d’aller survoler une éruption en Islande ; d’autres l’ont fait avant vous et ont déjà diffusé de superbes vidéos sur la Toile ! Les temps ont bien changé !

http://www.ruv.is/frett/holuhraun-eruption-fresh-video

Etna-Lave

Superbe image de l’Etna par la webcam  de L’Association Volcanologique Européenne.

Information volcanique en berne aux Etats Unis!

L’impasse budgétaire aux Etats Unis a des conséquences sur l’information volcanique. Ainsi, voici ce que l’on peut lire sur le site de la Smithsonian Institution :

« The Smithsonian is closed due to a United States federal government shutdown.
Global Volcanism Program staff are out of the office and unable to update or maintain this site until further notice.
The Smithsonian/USGS Weekly Volcanic Activity Reports are also suspended at this time. Updates will resume when USGS staff are permitted to return to work. »

 

«La Smithsonian est fermée en raison d’une cessation d’activité du gouvernement fédéral américain.
Le personnel du Global Volcanism Program a quitté son poste et n’est pas en mesure de mettre à jour ou de maintenir ce site jusqu’à nouvel ordre.
Les rapports d’activité volcanique hebdomadaires de la Smithsonian / USGS sont également suspendus en ce moment. Les mises à jour reprendront lorsque le personnel de USGS sera autorisé à retourner au travail. »