Vers un réveil du Mayon (Philippines) ? // Mayon (Philippines) might wake up

drapeau-francaisLe PHILVOCS a élevé à 1 le niveau d’alerte du Mayon suite à l’observation de signes d’activité volcanique. L’édifice a tendance a gonfler et un essaim sismique de 146 événements a été enregistré entre le 3 et le 6 août. Les émissions de SO2 sont en hausse, avec plus de 1000 tonnes par jour contre 500 tonnes habituellement.
Contrairement à ce qu’ont écrit certains journaux à sensations, une éruption ne semble pas imminente, mais il est rappelé à la population de ne pas pénétrer dans la zone de sécurité de 6 km de rayon mise en place autour du Mayon.

———————————–

drapeau-anglaisPHILVOCS has raised Mount Mayon’s alert level to 1 on Thursday morning after it observed abnormalities around the volcano. The volcanc edifice has inflated and 146 earthquakes were also recorded from August 3rd to 6th.SO2 emissions have increased beyond the baseline level of 500 tons/day, exceeding 1 000 tons/day in some days, since July 2016.
While there was no imminent danger of an eruption, residents in towns surrounding the volcano are reminded not to venture into the 6-km permanent danger zone around Mayon.

La respiration de l’Etna // Mt Etna’s breathing

drapeau-francaisEn cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez voir une animation proposée par la NASA qui représente la déformation de la surface de l’Etna entre 1992 et 2001. Cette déformation est due aux modifications de volume d’une chambre magmatique peu profonde située à environ 5 km sous le niveau de la mer. L’accumulation de magma dans cette chambre génère le gonflement du volcan, tandis que l’évacuation du magma au cours d’une éruption entraîne le dégonflement de l’édifice.

Les configurations spatiales et temporelles de déformation du sol ont été mesurées grâce à l’interférométrie radar qui génère plus de 200 interférogrammes de radar à synthèse d’ouverture (RSO) acquises par les satellites ERS-1 et ERS-2 de l’Agence Spatiale Européenne. (Un interférogramme est une carte des variations relatives de distance entre le satellite et la surface de la terre, exprimées en différences de phase. La technique interférométrique mesure la déformation du sol avec une précision de 2,8 cm.)
Les couleurs rouge et jaune dans la barre temporelle indiquent les niveaux significatifs d’activité éruptive ; le rouge indique une activité forte tandis que le jaune fait référence à une activité modérée. L’animation commence par une grande éruption latérale qui provoque un gonflement du volcan. Cette éruption, qui a pris fin le 30 mars 1993, a été suivie d’un cycle de 2 ans de dégonflement de l’édifice et une reprise de l’activité sommitale fin 1995. L’activité éruptive s’est intensifiée progressivement vers la fin des années 1990 et a culminé avec de d’importantes éruptions latérales en 2001 et 2002-2003. .

https://www.youtube.com/watch?v=yqAfgSQYmiw

—————————————-

drapeau-anglaisBy clicking on the link below, you will see a NASA animation that depicts ground deformation at Mount Etna Volcano between 1992 and 2001. The deformation results from changes in the volume of a shallow chamber centered approximately 5 km below sea level. The accumulation of magma in this chamber results in the inflation, or expansion, of the volcano, while the release of magma from the chamber results in deflation or contraction.

The spatial and temporal patterns of ground deformation was measured with radar interferometry, generating more than 200 interferograms from synthetic aperture radar (SAR) acquired by ESA’s ERS-1 and ERS-2 satellites. An interferogram is a map of the relative changes in the distance between the satellite and surface of the earth, expressed as differences in phase. The interferometric technique measures ground deformation with a precision of 2.8 cm.

The red and yellow colors within the sliding time bar indicate significant levels of eruption activity, with red indicating strong activity and yellow signifying moderate activity. The animation begins with a large flank eruption in progress, causing deflation of the volcano. This eruption, which ended in March 30, 1993, was followed by a 2-year cycle of inflation and a resumption of summit activity in late 1995. Eruption activity progressively increased in magnitude through the late 1990’s and culminated with large flank eruptions in 2001 and 2002-2003.  .

https://www.youtube.com/watch?v=yqAfgSQYmiw

Etna image

Source: NASA

 

L’éruption du Mauna Loa (Hawaii) en 1950 // The 1950 eruption of Mauna Loa (Hawaii)

drapeau-francaisDans un article récent, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, a décrit l’éruption du Mauna Loa en 1950, annoncée en mars de cette année-là par une inflation de la montagne. Ce gonflement était si important que le tilt été enregistré jusqu’au sommet du Kilauea. Deux mois plus tard, au mois de mai, la déformation continue de l’édifice s’est accompagnée d’une forte augmentation des petits séismes qui annonçaient l’imminence d’une éruption.
Le 29 mai, un séisme de M 6.4 a été enregistré sous le flanc ouest du Mauna Loa et a été ressenti dans toute l’île. A 21h04 (heure locale) le 1er juin, l’éruption a commencé, avec des l’ouverture de fractures au sommet et dans la partie haute de la Southwest Rift Zone.
L’éruption s’est ensuite propagée rapidement vers le bas du rift, entre 3845 et 3350 mètres d’altitude, avec des rivières de lave vers l’ouest et le sud-est. A 22h30, la fracture éruptive avait déchiré la Rift Zone sud-ouest jusqu’à 2380 m d’altitude, avec des fontaines de lave jaillissant sur 18 km et plusieurs rivières bien alimentées qui avançaient rapidement. Ces coulées ont atteint la côte sud de Kona en 3 heures, en détruisant des biens et en coupant la route principale ainsi que les lignes téléphoniques.
L’éruption a duré 23 jours et a produit 376 millions de mètres cubes de lave, avec plus de 90% de ce volume émis pendant les six premiers jours de l’éruption. Avec un volume de lave 200 fois supérieur à celui de l’éruption actuelle du Kilauea, le Mauna Loa en 1950 a émis plus de lave en six jours que le Pu’uO’o en émet en moyenne sur un laps de temps de 4 ans!
Des échantillons de lave prélevés sur l’ensemble des fractures ouvertes en 1950 ont permis d’étudier les changements intervenus dans la chimie et la minéralogie de la lave au cours de l’éruption.
Ainsi, à une altitude supérieure à 3350 m, les premières fractures ont émis un magma à relativement basse température qui s’était refroidi et partiellement cristallisé dans le réservoir sommital peu profond qui, vraisemblablement, avait également alimenté les éruptions antérieures.
Au fur et à mesure que l’éruption de 1950 a progressé, les fractures ouvertes à faible altitude ont émis des volumes de magma plus chaud et plus « primitif », avec une abondance de minéraux formés à des pressions et des températures élevées. Ces minéraux ont cristallisé dès le manteau (à environ 18 km de profondeur) ou bien ont été incorporés pendant l’ascension du magma à l’intérieur du volcan, signe que le magma est monté très rapidement depuis une grande profondeur.
Les cristaux émis à basse altitude indiquent que le magma a commencé à monter dans le manteau supérieur 8 mois avant l’éruption et que la quantité de magma, ainsi que sa vitesse d’ascension, ont augmenté dans les semaines précédant l’éruption.

Source: HVO.

————————————-

drapeau-anglaisIn a recent article, the Hawaiian Volcano Observatory described the 1950 Mauna Loa eruption which was announced in March by an inflation of the mountain. This inflation was so significant that tilt was recorded at the summit of Kilauea volcano. Two months later, continuing deformation was accompanied by a sharp increase in small earthquakes, signalling the probability of an eruption.

On May 29th, an M 6.4 earthquake occurred beneath Mauna Loa’s west flank and was felt on the whole island. At 9:04 p.m. (local time) on June 1st, the eruption began, with fissures opening at the summit and uppermost Southwest Rift Zone.

The fissure eruptions quickly spread down rift—from 3,845 to 3,350 metres a.s.l., sending floods of lava to the west and southeast. By 10:30 p.m., the eruptive fissure had slashed the Southwest Rift Zone down to 2380 m a.s.l., unleashing an 18-km-long trail of spectacular lava fountains that fed several well-fed and fast-moving lava flows. These flows reached the south Kona coast in about 3 hours, endangering lives, destroying property, and severing the main highway and telephone lines along the way.

The eruption lasted 23 days and produced 376 million cubic metres of lava, with over 90% of that volume issued during the first six days of the eruption. With an eruption rate 200 times greater than that of Kilauea’s current eruption, the 1950 Mauna Loa eruption produced more lava in six days than Pu’uO’o typically erupts in over 4 years!

Samples of lava collected from the entire extent of the 1950 fissures document changes in the lava chemistry and mineralogy over space and time during this event.

At elevations above 3,350 m, the earliest 1950 fissures erupted comparatively low-temperature magma, cooled and partly crystallized within a shallow summit reservoir that presumably also fed earlier eruptions.

As the 1950 eruption progressed, lower elevation fissures erupted increasing volumes of hotter and more “primitive” magma with an abundance of minerals formed at high pressures and temperatures. These minerals crystallized from their host magma within the mantle (around 18 km deep) or were incorporated as magma rose through the volcano, a sign that magma ascended quickly from great depths.

Crystals erupted from lower elevations indicate that magma began to ascend within the upper mantle up to 8 months before the eruption, and that the rate and amount of magma transport was increasing in the weeks prior to the eruption.

Source: HVO.

Mauna-Loa-blog-2

Vue de la caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Le Mauna Loa (Hawaii) continue à gonfler et à frémir // Mauna Loa (Hawaii) keeps inflating and stirring

drapeau-francaisBien qu’il ne fasse pas la une des journaux, le Mauna Loa continue à s’agiter. C’est ce que révèlent les sismographes et les inclinomètres du HVO qui surveille en permanence le volcan sous l’égide de l’USGS.
Le réseau sismique du HVO a commencé à détecter de petits séismes de plus en plus fréquents sur le Mauna Loa en 2013, tandis qu’un regain d’inflation était détecté par le réseau GPS et par interférométrie radar à synthèse d’ouverture (InSAR) en 2014. Au vu de l’augmentation persistante de la sismicité et de l’inflation, le niveau d’alerte du Mauna Loa est passé de « Normal » à « Advisory » (premier niveau de vigilance) le 15 septembre 2015. Cela indique que sismicité et inflation sont au-dessus de la normale, mais ne signifie pas forcément qu’une éruption va se produire. Le Mauna Loa a connu une période semblable en 2004-2005, avec des anomalies d’inflation et de sismicité, mais il n’y a pas eu d’éruption.
Les 33 éruptions qui ont secoué le Mauna Loa depuis 1843 ont eu lieu au niveau de la caldeira sommitale, ou le long des deux zones de rift (Nord-Est et Sud-Ouest), ou quand des bouches radiales se sont ouvertes sur les flancs nord et ouest du volcan. Si l’on fait un bilan, on se rend compte que la moitié des éruptions ont eu lieu dans la zone sommitale, tandis que l’autre moitié a migré vers une zone de rift.
L’inflation et la sismicité actuelles se situent dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest et dans la partie sud de la zone sommitale. Toutefois, si une éruption se produit, on ne sait pas si elle restera au sommet ou si elle se déplacera vers l’une des zones de rift du volcan. L’activité actuelle du Mauna Loa ne suit pas une évolution constante et prévisible, ce qui traduit probablement une montée irrégulière du magma vers la partie sud-ouest de la caldeira sommitale qui est en cours de gonflement. L’afflux de magma est probablement plus important au moment où l’on observe une hausse de la sismicité.
A l’automne 2015, les mesures ont révélé que la principale source d’inflation sur le Mauna Loa avait quitté la caldeira sommitale pour se diriger vers une zone située un peu plus au sud-ouest. Suite à cette modification de déformation, la sismicité sous la caldeira sommitale a cessé. À l’heure actuelle, la majorité de la sismicité sur le Mauna Loa se situe dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest du volcan. Cette évolution montre qu’il est impossible de prévoir avec certitude si ou quand le volcan entrera en éruption.
La population sur les pentes du Mauna Loa croît rapidement et plusieurs lieux de villégiature de plusieurs millions de dollars sont apparus à Waikoloa, dans la ville de Hilo, et surtout dans les Hawaiian Ocean View Estates. Depuis la dernière éruption du Mauna Loa en 1984, quelque 2,3 milliards de dollars ont été investis dans de nouvelles constructions sur les flancs du volcan
Si une éruption du Mauna Loa se produit, l’une des principales préoccupations concernera la zone de rift sud-ouest du volcan, là même où la lave pourrait jaillir du sol carrément sous les maisons ! Aujourd’hui, des grottes et des vestiges de tunnels rappellent un passé destructeur. Les gens qui vivent à Hawaiian Ocean View Estates savent que la prochaine éruption peut venir très rapidement. Beaucoup d’habitants dans cet endroit tranquille sont sans électricité et sans téléphone. S’il y a une éruption, les autorités feront retentir les sirènes, mais les habitants disent qu’ils ne sont pas sûrs de les entendre.
Hawaiian Ocean View Estates n’est pas le seul endroit où les coulées de lave rappellent la force destructrice de la nature. En 1984, lors de la dernière éruption, la lave s’est arrêtée à seulement 6,5 km de Hilo !
Un danger volcanique indirect existe sur le Mauna Loa ; c’est la menace de puissants séismes. Lorsque le magma s’élève à l’intérieur du Mauna Loa et fait gonfler l’édifice volcanique, ce dernier devient instable, ce qui peut générer de violents séismes. Plusieurs événements extrêmement destructeurs ont eu lieu au cours des périodes d’inflation du volcan, comme le séisme de M 8 du 2 avril 1868 sur le Mauna Loa et, plus récemment, celui de M 7.2 du 29 novembre 1975 sur le Kilauea. Même si les séismes sont imprévisibles, les autorités peuvent inciter la population à édifier des constructions parasismiques et à protéger les objets de valeur.
Sources : HVO & Protection Civile.

A noter que le titre du journal anglais The Express de ce matin – « Fears of IMMINENT eruption of LARGEST active volcano on Earth » – n’est absolument pas justifié, mais nous sommes habitués à de telles sottises de la part de la presse à sensation d’outre-Manche.

——————————————–

drapeau anglaisDespite not being in the headlines, HVO indicates that Mauna Loa continues to be in “a state of unrest based on seismic and deformation monitoring data”.
HVO’s seismic network began to detect increasingly frequent, small earthquakes on Mauna Loa in 2013. Renewed inflation of the volcano was detected by the GPS network and also with Interferometric Synthetic Aperture Radar (InSAR) in 2014. Based on the elevated rates of earthquakes and persistent inflation, the alert level for Mauna Loa was elevated from Normal to Advisory on September 15th, 2015. This indicates that the volcano is showing signs of unrest above known background levels, but does not mean that an eruption certain. Another period of Mauna Loa unrest in 2004–2005 included inflation and anomalous seismicity, but did not result in an eruption.
Mauna Loa’s 33 eruptions since 1843 occurred within the volcano’s summit caldera or along one of its two rift zones (Northeast and Southwest), or from radial vents located on the north and west flanks of the volcano. All in all, about half remained within the summit area and about half moved down a rift zone.
The current focus of inflation and seismicity is within the uppermost parts of Mauna Loa’s Southwest Rift Zone and the southern summit area. However, should an eruption occur, it is not clear if it would remain in the summit or move into one of the volcano’s rift zones.
The current activity at Mauna Loa has not followed a steady, predictable trend, which may point to an unsteady influx of magma into the inflating area southwest of the summit caldera, with more magma intruding during times of higher seismicity. However, in autumn 2015, measurements revealed that the main source of inflation on Mauna Loa had moved from beneath the summit caldera to an area slightly farther southwest on the volcano. Along with this change in deformation, earthquakes beneath the summit caldera ceased. Currently, most of the earthquakes occurring on Mauna Loa are within the volcano’s uppermost Southwest Rift Zone region. This shows that it is not possible to forecast with certainty if or when the volcano will erupt as a result of the current unrest.
The population on the slopes of the Mauna Loa is growing rapidly and includes several multi-million dollar resorts in Waikoloa, in the city of Hilo, and in Hawaiian Ocean View Estates. Since the last eruption of Mauna Loa in 1984, approximately $2.3 billion dollars have been invested in new construction on the flanks of the volcano
Should an eruption of Mauna Loa occur, one of the biggest areas of concern would be on the volcano’s southwest rift zone, where people have built homes and where lava could erupt right from the ground. Today, caves and archways are reminders of a destructive past. The people who live in Hawaiian Ocean View Estates know the next eruption may come with little warning. Many in this quiet community are without power and phones. If there is an eruption, authorities will sound the sirens, but residents say they are not sure to hear them.
Hawaiian Ocean View Estates is not the only place where lava flows are visible reminders of the powerful force of nature. Just outside of Hilo is another, where lava from the 1984 eruption stopped just 6.5 km from the town.
An indirect volcanic hazard on Mauna Loa is the threat of large earthquakes. As magma enters and inflates Mauna Loa, the volcano becomes unstable, setting the stage for large earthquakes. Extremely destructive earthquakes have occurred during times of inflation, like the M 8 quake of April 2nd 1868 on Mauna Loa and, most recently, the M 7.2 event of November 29th 1975 on Kilauea. While earthquakes cannot be predicted, authorities can warn people to be prepared through sound construction of buildings and by protecting valuables from damage.
Sources: HVO & Civil Defence.

It should be noted that the headline of today’s English paper The Express – « Fears of IMMINENT eruption of LARGEST active volcano on Earth » – is not justified at all, but we are used to such nonsense from the yellow press over the Channel.

ML 01

Caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

ML 02

Coulée de lave sur le versant sud-ouest du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

ML 04

Système d’alerte sur le versant SO du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Ml 06_modifié-1

Sismicité comparative sur le Mauna Loa (Source: USGS)