Fonte de la glace et arrivée du tourisme arctique // Ice melting and arrival of Arctic tourism

drapeau-francaisAvec la fonte de la banquise arctique, le trafic maritime sur les mers dépourvues de glace va augmenter et dès cet été, Crystal Serenity, un navire capable de transporter jusqu’à 1 070 passagers et 655 membres d’équipage, avec un casino, une bibliothèque, des boutiques et d’innombrables autres équipements, va naviguer dans l’Océan Arctique en empruntant le Passage du Nord-Ouest.

Un tel voyage suppose des mesures spécifiques en cas de problème. L’Alaska doit donc se préparer à affronter les pires scénarios et certaines localités ont commencé à s’y préparer.
Même si le navire ne fera pas étape à Nome, la ville se prépare depuis des mois, avec la Garde Côtière, à accueillir les flots de touristes qui ne manqueraient pas de débarquer dans cette petite localité d’environ 3200 âmes en cas de situation d’urgence. Le navire ne fera pas escale à Nome ou à Barrow, mais ces villes seraient fortement affectées si les passagers devaient débarquer à l’improviste et être acheminés vers la localité la plus proche.
La Garde Côtière a réalisé au cours des dernières années des exercices de sauvetage, des ateliers d’évacuation ou mis au point des plans d’urgence pour des villes comme Kotzebue, Nome, Barrow afin de faire face à des catastrophes d’origine humaine ou naturelle. Cette préparation fait partie de l’opération Arctic Shield.
La logistique et la communication sont les principaux obstacles dans le cadre de la navigation sur des itinéraires comme celui emprunté par le Crystal Serenity. Les passagers à bord du navire doivent être préparés, eux aussi. Il leur est demandé de souscrire à une assurance d’évacuation d’urgence de 50 000 dollars avant de participer à une croisière dans le Passage du Nord-Ouest. Le paquebot naviguera avec son propre navire d’escorte qui peut jouer le rôle de brise-glace. Ce navire aura à son bord des hélicoptères à des fins de sécurité et il rejoindra le Crystal Serenity  à Uluhaktok au Canada.
En ce qui concerne l’environnement d’un voyage à travers une telle zone sensible, le porte-parole de la compagnie a déclaré que le navire de croisière et le brise-glace utiliseront des carburants à faible teneur en soufre. Il a également déclaré que la société évacuera les eaux usées des douches, machines à laver et toilettes au moins à 20 km de la côte.
Source: Alaska Dispatch News.

NDLR : Avec la fonte de la banquise arctique, l’exemple de ce bateau de croisière marque le début d’une nouvelle ère. D’autres navires suivront. Une société allemande a déjà prévu des voyages similaires. Dans les prochaines années, l’Arctique ne sera plus le même. La question est de savoir combien de temps il arrivera à survivre.

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drapeau-anglaisAs the ice is melting in the Arctic, traffic on the open seas is increasing and this summer, Crystal Serenity, a cruise ship able to carry up to 1,070 passengers and 655 crew members, with a casino, a library, shops and countless other countless amenities will set out to travel through the waters of the Northwest Passage through the Arctic Ocean.

Such a voyage comes with specific challenges should something go wrong. Alaska is bracing for how it might handle the worst-case scenarios and some communities have been getting ready.

Although the ship won’t be stopping in Nome, the town has been planning for months to prepare itself for the largest infusion of tourists it has ever seen at once from a cruise. It is working closely with the Coast Guard to prepare for what to do in the case of an emergency. An emergency response to accommodate 1,700 people would create a chaos in the town of about 3,200. The ship won’t be stopping in Nome or in Barrow, but those areas would be affected if passengers had to unexpectedly disembark and head to the nearest community.

The Coast Guard, over the past few years, has carried out rescue operation exercises and workshops or developed emergency plans for cities like Kotzebue, Nome, Barrow and others, for what to do in the face of things like a man-made incident or natural disaster. This preparation is part of what’s called Operation Arctic Shield.

Logistics and communication are the biggest hurdles when it comes to being prepared for the worst on routes like the one Crystal Serenity will take. Passengers on board the ship need to be prepared, too. They are required to get $50,000 in emergency evacuation insurance to cruise through the Northwest Passage. The ship will also be travelling with its own escort vessel which has ice-breaking capabilities. That vessel will be complete with helicopters on board for safety purposes, and will join the cruise ship at the Canadian community of Uluhaktok.

As far as environmental concerns for travelling through such a sensitive area, the company spokesman said that both the cruise ship and the icebreaker will travel using low-sulphur fuels. He also said the company will discharge grey and black water – wastewater from showers, washing machines and toilets – no less than 20 km from shore.

Source: Alaska Dispatch News.

With the melting of Arctic sea ice, the example of this cruise ship is just the beginning of a new era. More ships will follow. A German company has already planned similar trips in the Arctic. In the coming years, the Arctic won’t be the same. The question is to know how long it will survive.

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Routes maritimes empruntant le Passage du Nord-Ouest  (Source: NASA)

Modification du comportement des ours polaires dans la Mer de Beaufort // Changes in the behaviour of polar bears in the Beaufort Sea

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude effectuée sur le long terme par des scientifiques de l’USGS, du Fish and Wildlife Service et de deux universités, les ours polaires passent maintenant plus de temps sur terre dans l’Arctique à cause de la fonte de la glace. Dans la partie méridionale de la Mer de Beaufort ils sont maintenant beaucoup plus susceptibles de venir vivre sur la terre ferme en été et à l’automne qu’au milieu des années 1980. L’évolution a surtout eu lieu au cours des quinze dernières années, période au cours de laquelle on a observé un important déclin de la glace au cours de cette période de l’année.

Depuis la fin des années 1990, la période pendant laquelle la mer n’est pas recouverte de glace dans le sud de la Mer de Beaufort a augmenté en moyenne de 36 jours. Depuis cette époque, les ours polaires qui nagent vers le rivage y passent 31 jours de plus. L’étude s’appuie sur les déplacements de 228 femelles adultes qui, entre 1986 et 2014, ont été équipées de colliers émetteurs. Seules les femelles adultes peuvent porter les colliers car le cou des mâles est trop volumineux pour que ces colliers restent en place. L’étude utilise également les données provenant de relevés aériens effectués entre 2010 et 2013. Ces observations concernent tous les ours polaires, mâles ou femelles, adultes ou jeunes.
Pour le moment, les ours qui viennent à terre ne représentent qu’une minorité de la population. Ils semblent être attirés par les accumulations d’os chargés des viande et de graisse laissés sur le rivage par les chasseurs de baleines Inupiat à la fin de la saison de chasse. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, les os de baleines boréales près du village de Kaktovik sont devenus en automne des lieux de rencontre pour les ours polaires ainsi que pour quelques grizzlis en provenance de North Slope. Les os de baleines et la viande qui y subsiste constituent pour les ours une source de nourriture riche en graisse qui fait défaut sur la banquise. Toutefois, les chercheurs ne savent pas quels seront les effets à long terme de cette dépendance des os de baleines boréales. Qu’arrivera-t-il si ces restes de baleines ne sont plus suffisants pour nourrir tous les ours ? Cela pourrait mettre la population locale en danger. Déjà, les habitants de Kaktovik organisent des patrouilles pendant la période où les ours polaires se rassemblent autour des tas d’os.
En dépit de leur accès aux restes de baleines boréales chaque automne, les ours polaires du sud de la Mer de Beaufort montrent davantage de problèmes que d’autres populations. Leur nombre a chuté de 40 pour cent au cours de la première décennie du 21ème siècle, avec peu de survie chez les oursons. Les ours polaires du sud de la Mer de Beaufort présentent un déficit de poids et un état corporel moins satisfaisant que leurs homologues de la Mer des Tchouktches. De plus, ils souffrent d’un mal récurrent qui leur fait perdre la couche de poils assurant leur isolation thermique.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a new long-term study by scientists from the U.S. Geological Survey, the U.S. Fish and Wildlife Service and two universities, polar bears are spending more time on land because of the dwindling ice in the Arctic. Polar bears in the southern Beaufort Sea are now three times as likely to come ashore in summer and fall as they were in the mid-1980s. The big changes have happened over the past decade and a half, which corresponds to big reductions in summer and fall sea ice.

Since the late 1990s, the open-water season in the southern Beaufort Sea has expanded by 36 days on average. Since that time, the polar bears that swim to shore are spending 31 more days a year there. The study uses data from movements of 228 adult female polar bears that, over the period from 1986 to 2014, were fitted with radio collars. Only adult females can wear the tracking collars; males’ necks are too wide to allow collars to stay in place. The study also uses data from aerial surveys conducted from 2010 to 2013. Those surveys tracked all polar bears ; whether male or female, adult or subadult.

The bears that come ashore still make up only a minority of the population, but they may be making the better choice. They seem to be attrracted by piles of meat- and blubber-laden bones left after local Inupiat hunters butcher bowhead whales on the beaches. As I put it in a previous note, the bowhead bone piles near the village of Kaktovik have become autumn gathering spots for polar bears and even some North Slope grizzlies. The piles give the bears a source of high-fat food that the bears on the ice are lacking. However, researchers do not know the long-term effects of the bears’ reliance on the bowhead bone piles. There are some worrisome possibilities, especially if it happens that there are not enough bowhead scraps to go around. This might put local residents at risk. Already, locals in Kaktovik have organized bear patrols to protect villagers in the season when polar bears gather at the bone pile.

Despite their access to bowhead whale scraps each autumn, the southern Beaufort Sea polar bears are showing more trouble signs than several other populations. Numbers dropped by 40 percent in the first decade of the 21st century, with few cubs surviving in many of those years. The southern Beaufort Sea polar bears have lower weight and worse body condition than their Chukchi counterparts, and they have been hit by a recurring disorder that causes them to lose their heat-insulating hair.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

 

L’Arctique toujours plus chaud // An ever-warmer Arctic

drapeau-francaisBarrow, la localité la plus septentrionale de l’Alaska vient de connaître la fonte de neige la plus précoce de son histoire. La neige à l’observatoire NOAA de Barrow – l’un  des observatoires météorologiques et climatiques de l’Arctique – a commencé à fondre le 13 mai 2016. C’est 10 jours plus tôt que le précédent record établi en 2002. La fonte rapide de la neige à Barrow fait suite à d’autres records de température en Alaska et dans l’Arctique et dans les régions subarctiques. Cela fait partie d’une série d’événements semblables déjà observés  en 2014 et 2015.
Selon la NOAA, la température moyenne de l’Alaska pour l’année en cours est déjà la plus élevée jamais enregistrée et dépasse de 6,3 degrés Celsius la moyenne pour la période allant de 1925 à 2000 ! Barrow, Nome et Anchorage ont affiché des records de chaleur pendant tout le mois d’avril, et de nombreux autres records sont tombés ailleurs en Alaska.
Une chaleur inhabituelle a persisté en Arctique pendant la plus grande partie de l’hiver, ce qui a contribué à réduire l’étendue de la glace de mer. Comme je l’ai écrit il y a quelque temps, la surface occupée par la glace de mer a atteint son maximum en mars 2016 ; c’est le niveau hivernal le plus faible jamais observé sur les images satellites, encore plus faible qu’en 2015 qui était le précédent record.
La débâcle dans la mer au nord de l’Alaska a commencé très tôt, en partie à cause des vents violents qui se sont mis à souffler au mois d’avril. Ce fut l’un des mois les plus venteux jamais enregistré à Barrow, et certainement le mois d’avril le plus venteux de l’histoire de l’Arctique. Un système de hautes pressions dans les latitudes les plus septentrionales est venu buter contre un système dépressionnaire présent sur une grande partie du reste de l’Alaska. Le phénomène a généré des vents d’est qui ont provoqué la fracturation de la banquise arctique.
La débâcle dans les rivières a également eu lieu très tôt en Alaska et dans les régions voisines, avec plusieurs nouveaux records. C’est ainsi que le fleuve Yukon a brisé sa glace le 23 avril à Dawson (Yukon Territory) et la rivière Kuskokwim a fait de même à Béthel le 20 avril.
L’apparition des premières feuilles sur les arbres de Fairbanks a été observée le 26 avril. Le précédent record remonte au 29 avril 1993.
La fonte précoce de la neige et la glace affecte la faune arctique. La ponte de plus en plus précoce chez les guillemots noirs, par exemple, a probablement une corrélation avec la fonte de la neige qui a lieu plus tôt à Barrow. On pense que cette année les premiers œufs seront probablement pondus début juin, soit plusieurs semaines avant la période habituelle des dernières décennies.
Source: Alaska Dispatch News.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une animation de la NASA réalisée entre le 1er et le 24 avril 2016 et qui montre la fracturation et la rotation de la glace de mer près de l’Alaska et dans la partie occidentale de l’archipel arctique canadien.
http://nsidc.org/arcticseaicenews/files/2016/05/ASINA_May_Fig3anim-2.gif

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drapeau-anglaisBarrow, Alaska’s northernmost community had its earliest snowmelt on record. The snow at the NOAA’s Barrow Observatory, part of a network of observatories monitoring weather and climate in the Arctic, started to melt on May 13th, 2016. That was 10 days earlier than the previous record for Barrow, which was set in 2002. The quick melt of Barrow’s snow followed a series of other temperature records in Alaska and around the Arctic and subarctic. It also fits a pattern, with similar events happening in 2014 and 2015.

According to NOAA, Alaska’s year-to-date average temperature was the highest on record and 6.3 degrees Celsius above the 1925-2000 average. Barrow, Nome and Anchorage posted record-warm temperatures for the entire month of April, and numerous other daily temperature records fell around the state.

Unusual warmth hung over the Arctic for most of the winter, reducing the extent of sea ice. As I put it before, the winter maximum extent hit in March was the lowest in the satellite record, breaking a winter low set just last year.

Ice off northern Alaska started cracking early, thanks in part to powerful winds that developed last month. It was one of the windiest months ever recorded for Barrow, and certainly the windiest April on record. A high-pressure system in the far north latitudes bumping against a low-pressure system that hung over much of the rest of Alaska produced the easterly winds that triggered breakup of the Arctic ice pack.

Breakup of river ice has been early in and around Alaska, with some new records including the April 23rd breakup of the Yukon River at Dawson (Yukon Territory) and the April 20th breakup of the Kuskokwim River at Bethel.

Fairbanks had its earliest green-up on record, with leaves bursting out on tree branches on April 26th. Previously, the earliest spring green-up was recorded on April 29th in 1993.

Early melt of snow and ice can affect Arctic wildlife. Ever-earlier egg production by black guillemots, for example, has correlated with earlier Barrow snowmelt. This year, the first eggs are likely to be produced in early June, weeks before the typical timing in past decades.

Source: Alaska Dispatch News.

By clicking on this link, you will see a NASA series of images from April 1st to 24th, 2016 showing recent fracturing and rotation of sea ice near Alaska and the western Canadian Arctic archipelago.

http://nsidc.org/arcticseaicenews/files/2016/05/ASINA_May_Fig3anim-2.gif

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Crédit photo: NASA.

Le Groenland continue à fondre // Greenland keeps melting

drapeau-francaisLes années se suivent et se ressemblent et la fonte de la glace continue à s’accélérer dans l’Arctique. Les scientifiques de l’Institut Météorologique Danois en charge de la surveillance de la calotte glaciaire du Groenland viennent d’indiquer qu’elle connaît un niveau de fonte record pour cette époque de l’année. Bien que nous soyons seulement en avril, près de 12 pour cent de la surface totale de la couche de glace est recouverte d’une couche d’eau de fonte d’une épaisseur d’au moins un millimètre, ce qui est considérable.
Cette situation fait resurgir le souvenir de 2012, année où la fonte de la glace avait envoyé quelque 562 milliards de tonnes d’eau douce dans l’océan, assez pour élever le niveau de la mer de plus d’un millimètre sur la planète au cours de cette seule année. La saison de fonte de 2012 avait également affecté des zones montagneuses jusqu’à deux mille mètres au-dessus du Groenland
Ces dernières années, le Groenland a perdu une telle masse que, venant s’ajouter aux changements dans l’Antarctique et à la quantité d’eau stockée sur les continents de la planète, le phénomène semble avoir eu un effet subtil mais mesurable sur la rotation de la Terre !

Le graphique ci-dessous montre l’évolution de la zone de fonte au Groenland, avec en couleur les 4 dernières années. On remarquera l’anomalie de 2012. (Source: National Snow and Ice Data Center)

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Les chercheurs attribuent la fonte précoce de 2016 aux conditions météorologiques, et plus précisément, à une masse d’air chaud qui, aux latitudes moyennes, s’est bloquée au-dessus de la calotte de glace. C’est ce qui s’est probablement déjà produit en 2012 ; à l’époque, le seul rayonnement solaire n’avait pas suffi à causer l’essentiel de la fonte.

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La masse d’air chaud au-dessus du Groenland (Source: Credit: Earth.NullSchool.net)

Toutefois, même avec une saison de fonte très précoce en 2016, il est important de souligner que la perte de masse totale de glace reste relativement faible au Groenland. Ce genre d’événement en début de saison a un effet négligeable sur la perte globale, en raison du regel de l’eau, mais il pourrait avoir un impact très important plus tard dans la saison de fonte.

Contrairement à la grande calotte glaciaire de l’Antarctique, celle du Groenland fond à la fois à sa surface et aussi au niveau des glaciers qui évacuent leur masse de glace dans des fjords profonds, où ils terminent leur course dans l’océan en produisant parfois de très volumineux icebergs.

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(Photo: C. Grandpey)

La fonte de surface peut interagir avec ce processus car l’eau ainsi produite s’écoule dans les rivières avant de plonger profondément dans des moulins qui la conduisent sous la couche de glace en  accélérant souvent son écoulement. Voici une belle vidéo illustrant ce phénomène: https://www.youtube.com/watch?v=-EMCxE1v22I
La fonte de la glace en avril ne concerne pas en soi une grande partie de la calotte glaciaire du Groenland, mais elle soulève des questions sur la situation à venir lorsque se produiront les pics de fonte pendant l’été.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisUnfortunately, all years are alike and ice melting is accelerating in the Arctic. Scientists of the Danish Meteorological Institute monitoring the vast Greenland ice sheet have just announced that it is experiencing a record-breaking level of melt for so early in the season. Although it’s only April, nearly 12 percent of the ice sheet’s surface is covered with a layer of meltwater of a depth of at least a millimetre.

The news raised memories of the record melt season in 2012, when the ice sheet as a whole lost 562 billion tons of freshwater mass to the ocean, enough to raise sea levels the world over by more than a millimetre in that year alone. The 2012 melt season experienced melting even at mountainous heights over two kilometres into the sky atop Greenland

In recent years Greenland has been losing so much mass that, along with changes in Antarctica and the amount of water stored on the globe’s continents, it appears to be having a subtle but measurable effect on the rotation of the Earth itself (see graph above).

Researchers attribute the surprising early melt this year to weather conditions, and more specifically, a warm air mass getting stuck over the ice sheet. This is similar to what appears to have happened in 2012 when it was not just direct solar radiation that caused the bulk of the melting.

However, even with an early season melt event like in 2016, it is important to emphasize that the total mass loss is likely to be low in Greenland. This sort of event, early in the season, has a negligible effect on the mass loss, because of the water refreeze. However, it could be very important for later in the melt season.

Unlike the great ice sheet of Antarctica, the Greenland ice sheet is melting both on its surface and also at outlet glaciers that drain the ice sheet’s mass through deep fjords, where these glaciers extend out into the ocean and often terminate in dynamic calving fronts, sometimes giving up huge icebergs. Surface melt can interact with this process, because water atop the ice sheet flows in surface rivers and then plunges deep into moulins that lead it below the ice sheet, where it can lubricate and speed up its flow. Here is a nice video to illustrate this phenomenon: https://www.youtube.com/watch?v=-EMCxE1v22I

The April melt in itself is still not a huge part of the ice sheet but it raises questions about what will happen when summer peaks.

Source: Alaska Dispatch News.

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Moulin dans la calotte glaciaire du Groenland (Crédit photo: Wikipedia)