Stages de formation à Hawaii pour volcanologues du monde entier // Training periods in Hawaii for worldwide volcano experts

drapeau-francaisChaque année depuis 1990, l’Université d’Hawaii à Hilo, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) et l’Agence pour le Développement International (USAID) – gérés par l’USGS – parrainent aux Etats Unis un programme de formation de 8 semaines qui s’adresse aux scientifiques du monde entier dont le travail est de surveiller les volcans actifs.
L’idée de ce stage de formation a germé en 1902 dans la tête de Thomas Jaggar – fondateur du HVO – quand il s’est rendu à la Martinique et a constaté les dégâts causés par l’éruption de la Montagne Pelée. Plus de 30 000 personnes avaient été tuées, et ses observations de la catastrophe ont contribué à ses efforts pour «protéger la vie et les biens sur la base de réalisations scientifiques solides ».
Aujourd’hui, plus de 800 millions de personnes vivent à moins de 100 km de volcans actifs particulièrement dangereux. Selon un rapport récent commandé par le bureau des Nations Unies pour la réduction des risques dus aux catastrophes naturelles, au cours des quatre derniers siècles, près de 280 000 personnes ont été tuées par l’activité volcanique.
Malgré cela, de nombreux pays à travers le monde manquent de ressources pour former correctement des équipes scientifiques en matière de surveillance volcanique, des mesures à prendre lors des éruptions et de l’ évaluation des risques, qui sont des compétences clés pour permettre aux populations de continuer à vivre dans les zones volcaniques actives.
En 2016, une douzaine de scientifiques en provenance de Chine, Corée du Sud, Indonésie, Philippines, Costa Rica, Nicaragua, Pérou et Chili ont participé à ces cours et à des travaux sur le terrain du Kilauea et ailleurs sur la Grande Ile d’Hawaii.
La formation va de la théorie à la pratique et comprend des méthodes spectroscopiques de mesure de gaz volcaniques, la télédétection par satellite, comment installer et maintenir des sismomètres et des panneaux solaires, et plus encore. Les étudiants et les enseignants ont passé leur temps en salle de classe pour les cours théoriques, dans le département informatique, dans les laboratoires et sur le terrain, en particulier sur et autour de la coulée de lave active qui s’échappe en ce moment du Kilauea.
Après avoir travaillé à Hawaii, les participants au stage de formation se dirigeront vers les volcans actifs du Pacifique Nord-Ouest, où ils seront hébergés par l’Observatoire Volcanologique des Cascades. Dans cette région, ils se rendront sur des stratovolcans explosifs comme le Mont St. Helens et le Mont Hood, dont l’activité ressemble à celle des volcans de leurs pays d’origine.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisEvery year since 1990, the University of Hawaii at Hilo, the USGS Hawaiian Volcano Observatory, and the USGS/U.S. Agency for International Development (USAID) have sponsored an annual 8-week-long International Training Program in the United States to help scientists monitoring volcanoes around the world.

Actually, the idea started in 1902, when Thomas Jaggar – founder of the Hawaiian Volcano Observatory – traveed to the Caribbean Island of Martinique where he witnessed the aftermath of the deadly Mount Pelee eruption. More than 30,000 people had been killed by the eruption, and the devastation he observed contributed to Jaggar’s lifelong work to “protect life and property on the basis of sound scientific achievement.”

Today, more than 800 million people live within 100 km of active, potentially deadly volcanoes. In the last four centuries, nearly 280,000 people have been killed by volcanic activity, according to a recent book commissioned by the United Nations Office for Disaster Risk Reduction.

Despite this, many nations around the world lack resources to properly train and grow teams of experts in volcano monitoring, eruption response, and hazard assessment, which are key skills required to help societies develop in volcanically active areas.

This year, a dozen scientists from China, South Korea, Indonesia, the Philippines, Costa Rica, Nicaragua, Peru, and Chile participated in classes and fieldwork at Kilauea and elsewhere on the island.

The training goes from theory to practice, and includes spectroscopic methods of measuring volcanic gas, satellite remote sensing, how to install and maintain seismometers and solar panels, and more. Students and instructors spend time in the classroom, at computers, in labs, and in the field, including experience working on/around Kilauea’s active lava flow.

After their time in Hawaii, class participants move on to the Pacific Northwest, where they are hosted by the Cascades Volcano Observatory. Their focus of learning there turns to explosive stratovolcanoes, like Mount St. Helens and Mount Hood, which are similar to the volcanoes of most concern in their home countries.

Source: USGS / HVO.

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Volcans effusifs (Kilauea) et explosifs (Mt St Helens) sont au programme des stages organisés par l’USGS aux Etats Unis. (Photos: C. Grandpey)

 

Kilauea (Hawaii): Un jour ou l’autre, quelqu’un se fera tuer ! // Kilauea (Hawaii): Some day or other, someone will get killed !

drapeau-francaisL’accès à la lèvre du cratère de l’Halema’uma’u est interdit, mais je sais qu’il y a des gens – des Français, en particulier – qui ne respectent pas les règles du Parc et qui profitent de la nuit pour se rendre sur le site de l’ancienne plate-forme d’observation. Ce genre de comportement est tout à fait irresponsable car des explosions se produisent de temps à autre et expédient des matériaux incandescents bien au-delà de la lèvre du cratère. Le HVO rappelle que les parois du cratère peuvent devenir instables et s’effondrer lorsque le niveau du lac de lave baisse, comme c’est le cas depuis plusieurs jours.

Une violente explosion a eu lieu le samedi 6 août vers 22 heures (heure locale). Comme d’habitude, elle a été provoquée par un effondrement à l’intérieur la bouche active. Selon le HVO, les retombées de matériaux ont mis en place « un tapis continu de débris volcaniques, d’une vingtaine de centimètre d’épaisseur, sur une surface de 4000 mètres carrés ». Des bombes jusqu’à 60 centimètres de diamètre ont été expédiées jusqu’à 90 mètres au-delà du rebord du cratère au niveau de l’ancienne plateforme d’observation et jusqu’à 220 mètres ailleurs le long de la lèvre du cratère. Une partie de l’équipement de surveillance installé sur le bord du cratère a été détruit par l’explosion de samedi soir. Un tas de fils carbonisés et de composants métalliques, entouré de plastique fondu, est tout ce qui reste de l’alimentation de l’un des gravimètres situé à environ 24 mètres du rebord du cratère.
La surface de la lave dans l’Halema’ima’u se trouve actuellement à 46 mètres au-dessous de la lèvre du cratère et a baissé ces derniers temps en raison d’un épisode déflationniste au sommet du Kilauea.

En cliquant sure ce lien, vous verrez une vidéo d’une explosion enregistrée par la webcam le 19 octobre 2014 :

https://youtu.be/VH3wXTljLas

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drapeau-anglaisGetting to the rim of Halema’uma’u is forbidden but I know there are people – French ones especially – who do not respect the Park rules and go at night to the site of the ancient observation platform. This is quite reckless as explosions occasionally occur, sending incandescent material far away on the crater rim. Rocks in the vent wall can become unstable when the level of the lava lake drops, as has been going on for the last several days.

HVO indicates that such an explosion occurred on Saturday August 6th at about 22:00 (local time). As usual, it was caused by a rockfall within the Overlook Crater and produced “a continuous carpet of volcanic debris, about 20 cm thick, over an 80 m X 50 m section of the rim”. Bombs up to 60 centimetres across were thrown up to 90 metres beyond the crater rim at the ancient overlook and were deposited over an area 220 metres wide along the rim. Part of the monitoring equipment installed on the rim of Halema’uma’u Crater was destroyed by Saturday night’s explosive event. A pile of charred wires and metal components, surrounded by melted plastic, is all that remains of the power supply for one of HVO’s gravity instruments located about 24 metres from the crater rim.

The surface of the lava is currently 46 metres below the crater rim and has been going down, due to a deflationary episode at the summit of Kilauea.

By clicking on this link, you will see an explosion recorded by the webcam on October 19th 2014 :

https://youtu.be/VH3wXTljLas

Halemau janv 2016

Explosion nocture dans l’Halema’uma’u le 4 janvier 2016 (Source: HVO)

Les dangers des deltas de lave // The dangers of lava deltas

drapeau-francaisA Hawaii, la coulée 61g de lave reste active et continue à entrer dans l’océan. Pélé, la déesse du feu, a donc retrouvé sa soeur, Na Maka, la déesse de la mer. Au moment où elle tombe du haut de la falaise pour atteindre la mer, la coulée à une vingtaine de mètres de large. Un autre bras de lave avance également le long de la bordure ouest de la coulée principale. En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir une vidéo tournée par l’agence Paradise Helicopters :
https://youtu.be/xf_rUnmU78o

Chaque jour, des centaines de touristes (ils étaient 2000 dans la soirée de lundi dernier!) vont à pied ou en bateau admirer le mariage de la lave et de l’eau. Quelques-uns s’approchent très près de la coulée tandis que d’autres gardent leurs distances. Le HVO rappelle que lorsque la lave entre dans l’océan pendant des périodes prolongées – ce qui contribue à l’agrandissement de la Grande Ile – le phénomène comporte de nombreux risques.
Il existe quatre risques principaux associés aux entrées de lave dans l’océan :

1) L’effondrement brutal de la banquette formée par accumulation de la nouvelle lave,

2) Les explosions déclenchées par cet effondrement,

3) Les vagues d’eau à très haute température qui viennent frapper le rivage,

4) Le panache de vapeurs acides (acide chlorhydrique en particulier) et de minuscules particules de lave entraînées par le vent au-delà du point d’entrée.
Les trois premiers dangers peuvent être mortels ou causer des blessures graves. Le quatrième peut provoquer des difficultés respiratoires, en particulier chez les personnes souffrant déjà de maladies respiratoires. En effet, l’inhalation ou le contact avec les gaz et les vapeur acides contenus dans le panache peut irriter la peau, les yeux et les voies respiratoires.
La lave qui pénètre dans l’océan se refroidit rapidement et se fractionne en une multitude de fragments qui s’accumulent sur le plancher océanique où ils construisent une base instable sur laquelle les nouvelles coulées de lave viennent se superposer. Cette nouvelle terre s’appelle un delta de lave. Au fur et à mesure que ces deltas de lave s’agrandissent, ils tendent à s’affaisser sous le poids de la nouvelle lave qui les recouvre jour après jour. Lorsque les matériaux sous-jacents ne peuvent plus supporter la masse de plus en plus lourde du delta, ou à cause d’un glissement de terrain sous la surface de l’océan, le delta s’effondre.
Au cours de l’effondrement, la lave vient instantanément en contact avec l’eau de mer. Au contact de cette lave dont la température est supérieure à 1100°C, l’eau de mer vaporise instantanément, ce qui déclenche de puissantes explosions avec projections de matériaux incandescents. Certaines de ces explosions peuvent projeter des blocs de près d’un mètre de diamètre jusqu’à 300 mètres à l’intérieur des terres. Pendant un important effondrement du delta en 1993, et malgré une interdiction d’accès du site par le Parc des Volcans, un photographe a été emporté par la mer. Plus d’une douzaine d’autres personnes ont été blessées alors qu’elles tentaient de fuir.
De grandes vagues peuvent déferler sur le rivage, à cause de la houle normale, ou suite à l’effondrement soudain d’un delta de lave, avec des projections d’eau bouillante sur le delta de lave et à proximité. Des personnes qui se trouvaient dans cette zone ont reçu des brûlures au deuxième degré. En 2000, la mort de deux personnes gravement brûlées qui se trouvaient près d’une entrée de lave dans l’océan a été causée par l’inhalation de vapeurs acides.
La meilleure façon d’éviter ces dangers est de ne jamais aller s’aventurer sur un delta de lave actif et, lorsqu’un nouveau delta de lave avance de quelques dizaines de mètres au-delà de la falaise côtière, il est recommandé de rester au moins à 400 mètres de l’endroit où la lave entre dans la mer. De petits fragments de roche peuvent tomber au-delà de cette distance lors de grandes explosions déclenchées par l’effondrement d’un delta de lave.

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drapeau-anglaisAt Hawaii, the 61g lava flow remains active and is still entering the ocean. Pele, the Goddess of Fire, has once again reunited with her sister, Na Maka, the Goddess of the Sea. The flow is about 20 metres wide where it spills over the sea cliff. Another narrow lobe of the flow has advanced along the west margin of the main flow. By clicking on this link, you will see a Paradise Helicopters video showing the lava flow:

https://youtu.be/xf_rUnmU78o

Dozens of visitors (they were 2,000 last Monday in the evening!) made their way on foot and by boat to watch lava interacting with the Pacific Ocean. Some stood directly over the main breakout feeding lava into the water while others kept their distance. HVO reminds people they should keep in mind that when lava enters the ocean for sustained periods of time, the island-building activity creates a unique set of hazards.

Four main dangers associated with lava flowing into the ocean include 1) the sudden collapse of new land and adjacent sea cliffs into the ocean, 2) explosions triggered by the collapse, 3) waves of scalding hot water washing onshore, and 4) a steam plume that rains hydrochloric acid and tiny volcanic glass particles downwind from the entry point.

The first three of these dangers can be deadly or cause serious injury. The fourth can cause breathing difficulties, particularly for people with pre-existing respiratory diseases. This is because inhaling or contacting the acid gases and liquids in the plume can irritate skin, eyes, and respiratory tracts.

Lava streaming into the ocean cools rapidly and shatters into sand-sized and larger angular fragments that accumulate on the steep submarine slope where they build an unstable foundation upon which lava flows can spread above sea level. This new land is called a lava delta. As lava deltas grow seaward and along the shoreline, they slowly settle or sink as the loose debris shifts under the weight of the overlying lava flows. When the underlying debris can no longer support a delta’s growing mass, or is undercut by a deeper submarine landslide, the delta collapses into the ocean.

During a collapse, the lava flow instantly comes into contact with seawater. With temperatures higher than 1,100 degrees Celsius, active lava causes seawater to flash to steam, which triggers an explosive blast of rocks, steam, and molten lava fragments into the air. The largest of these explosions have hurled rocks nearly a metre in size as far as about 300 metres inland from the collapsed delta. During a large delta collapse in 1993, and despite a well-posted closure in Hawaii Volcanoes National Park, a photographer was swept out to sea. More than a dozen other people were also injured when they attempted to flee the hot rocks and lava fragments hurled onshore.

Unexpected large waves produced by normal ocean swells or sudden collapse of an active lava delta can send scalding hot water crashing onto shore, both inland and adjacent to lava deltas. People standing in these areas have received second-degree burns from the hot water swept onshore. In 2000, the deaths of two severely burned individuals found near an active coastal lava flow were caused by the inhalation of acidic steam from the ocean entry.

The best way to avoid these hazards is to never walk onto an active lava delta, and, once a new lava delta extends a few tens of metres from the old sea cliff, stay at least 400 metres away from where lava enters the sea. Small rock fragments can even fall beyond this distance during large explosions triggered by lava delta collapse.

Delta lave

Delta de lave et coulée active à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

 

Hawaii: La coulée de lave 61g bientôt dans l’océan? // The 61g lava flow soon to enter the ocean?

drapeau-francaisLa coulée de lave 61g reste  active sur la plaine côtière et des scientifiques du HVO ont déclaré que dimanche le front de coulée se trouvait à 240 mètres de la route de secours et  à environ 370 mètres de l’océan. Si la lave traverse la route, elle ne tardera pas à entrer dans l’océan. Mais il se pourrait aussi qu’elle cesse à nouveau de progresser !

La tempête tropicale Darby n’a pas ralenti la lave, mais elle a fortement ralenti les excursions organisées. Le point d’observation mis en place à Kalapana a été fermé pendant le week-end à cause de Darby, et a rouvert lundi.
Source: Journaux hawaïens.

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drapeau-anglaisThe 61g lava flow is still active on the coastal flat, and on Sunday HVO scientists reported that lava was 240 metres from the coastal emergency road and approximately 370 metres from the ocean. If lava crosses the emergency road it will likely enter the ocean in short order. Or, it could stall again !

Tropical Storm Darby did not slow down the lava, but it did put a damper on lava tours. The Hawaii County Lava Viewing was closed over the weekend in advance of Darby, and resumed today.

Source : Hawaiian newspapers.

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Photo: C. Grandpey