Mission à haute altitude au-dessus d’Hawaii // High altitude mission above Hawaii

drapeau-francaisDepuis la fin janvier et jusqu’à la fin du mois de février 2017, la NASA effectue une campagne de collecte de données à haute altitude au-dessus de l’archipel hawaiien avec un avion ER-2. Cet aéronef est un avion de reconnaissance U-2 qui a été modifié pour recueillir des données scientifiques à haute altitude. Plusieurs projets pluriannuels financés par la NASA utiliseront ces données pour étudier les récifs coralliens et les processus volcaniques.
Les données seront également utilisées pour permettre la mise au point d’un futur instrument satellitaire d’observation de la Terre baptisé Hyperspectral Infrared Imager (HyspIRI). Si la NASA obtient le financement nécessaire, l’instrument fournira des informations cruciales pour l’étude des écosystèmes de la planète, ainsi que des événements liés aux catastrophes naturelles, comme les éruptions volcaniques, les feux de forêt et la sécheresse.
Pour reproduire les données recueillies par les capteurs d’observation de la Terre à bord des satellites, l’ER-2 naviguera à une altitude d’environ 20 000 mètres (au-dessus de 95% de l’atmosphère terrestre) avec une série d’instruments conçus pour mesurer la lumière réfléchie et émise en centaines de longueurs d’onde distinctes. Ces données donneront des informations quantitatives sur la composition de surface, la texture et la température du sol. Ces informations, couplées à des mesures sur le terrain, permettront également aux scientifiques d’étudier toute une gamme de processus atmosphériques, géologiques et écologiques dans le but de mieux comprendre notre environnement naturel et comment notre environnement réagit face aux activités humaines.
Sur la Grande Ile d’Hawaï, en collaboration avec les scientifiques du HVO et du National Park Service, les chercheurs effectuent des travaux sur le terrain et recueillent des données. Ils utilisent ces données pour étudier (1) les liens entre la santé de la végétation et les émissions de gaz volcanique; (2) les anomalies thermiques volcaniques; (3) la composition et l’évolution chimique des panaches de gaz du Kilauea; (4) les processus et les risques volcaniques tels que l’activité des coulées de lave.
Les objectifs de cette mission et les projets de recherche scientifique connexes sont de caractériser les principaux processus volcaniques, tels que la vitesse d’ascension du magma vers la surface, la quantité de lave émise quotidiennement par le Kilauea et l’interprétation des précurseurs possibles d’une éruption. Les conclusions devraient permettre aux scientifiques d’informer la Protection Civile et le public avant, pendant et après les éruptions futures.
Les chercheurs qui travaillent sur le projet Volcan utilisent également les images pour mieux étudier la composition du panache de gaz qui s’échappe du Kilauea et son évolution au fur et à mesure qu’il se déplace. Une partie clé du projet est de voir comment ce panache affecte la qualité de l’air à Hawaï. Par exemple, les chercheurs utiliseront les nouvelles données pour déterminer avec précision la vitesse à laquelle le dioxyde de soufre émis par le volcan se transforme en aérosol, autrement dit comment il se combine avec d’autres composés pour former des particules susceptibles d’être nocives pour la santé humaine.
Sources: NASA, USGS.

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drapeau-anglaisFrom late January through February 2017, NASA is conducting a high-altitude airborne remote sensing data collection campaign over the State of Hawai‘I with an ER-2 aircraft.

This aircraft is a modified U-2 reconnaissance plane designed to collect scientific data at high altitudes. Several NASA-funded, multi-year projects will use these data to study coral reefs and volcanic processes.

The data will also be used to help develop a future Earth observing satellite instrument called the Hyperspectral Infrared Imager (HyspIRI). If funded, the instrument will provide crucial information for studying the world’s ecosystems, as well as natural hazard events, such as volcanic eruptions, wildfires and drought.

To replicate the characteristics of data collected by Earth observing sensors aboard orbiting satellites, the ER-2 will cruise at an altitude of about 65,000 feet (above 95% of Earth’s atmosphere) with a diverse suite of instruments designed to measure reflected and emitted light in hundreds of distinct wavelengths. Such data give quantitative information about surface composition, texture and temperature of the ground. This information, combined with field-based measurements, enables scientists to study a variety of atmospheric, geologic and ecological processes to better understand our natural environment and how our environment responds to human activities.

On the Island of Hawaii, with the support of Hawaiian Volcano Observatory scientists and the National Park Service, research scientists are conducting field work and collecting data. They are using these data to investigate (1) links between vegetation health and volcanic gas emissions; (2) volcanic thermal anomalies; (3) the composition and chemical evolution of volcanic gas plumes from Kilauea Volcano; and (4) active volcanic processes and hazards, such as surface lava flow activity.

The overarching goals of this mission and the related scientific research projects are to characterize key volcanic processes, such as the rate of magma ascent to the surface, the amount of lava being erupted per day at Kilauea, and interpretation of possible eruption precursors. Lessons learned should help scientists inform emergency response agencies and the public before, during, and after future eruptions.

The researchers who are working on the volcano project are also using the images to better study the composition of the gas plume that arises from Kilauea, and how it changes as the plume spreads out. A key part of the project is looking at how the plumes affect Hawaii’s air quality. For example, one question the volcano researchers are trying to answer with the new data is exactly how quickly the sulfur dioxide gas that the volcano emits becomes aerosolized, meaning it combines with other compounds to form particulate matter, which can be harmful to human health.

Sources : NASA, USGS.

er2

Avion ER-2 de la NASA. (Crédit photo : NASA)

Panache-Kilauea

Vue du panache de gaz émis par le Kilauea (Photo: C. Grandpey)

Belle image de la Grande Ile d’Hawaii // Nice image of Hawaii Big Island

drapeau-francaisL’Agence Spatiale Européenne (ESA) a mis en ligne une photo la Grande Ile d’Hawaii prise par le satellite Copernicus Sentinel-2A le 27 octobre 2016.

http://www.esa.int/spaceinimages/Images/2017/01/Big_Island_Hawaii

L’image montre la partie sud-est de l’île. On voit parfaitement le Mauna Loa en haut à gauche avec les traces foncées des coulées de lave sur ses flancs. L’autre volcan actif, le Kilauea, se trouve près du centre de l’image.
Les coulées de lave de couleur marron et noire – les plus sombres étant les plus jeunes – sont entrecoupées de forêts et de champs aux belles couleurs vertes. Les nuages au-dessus de cette zone sont formés par les alizés qui soufflent du nord-est et sont ensuite bloqués par les montagnes, ce qui provoque souvent des pluies abondantes.
Sur le côté centre-droit de l’image, le long de la côte, on peut voir un panache de vapeur là où la lave entre dans l’océan. A proximité, on distingue également la route qui a été interrompue par une coulée de lave.

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drapeau-anglaisThe European Space Agency (ESA) has released a photo of Hawaii Big Island captured by the Copernicus Sentinel-2A satellite on 27 October 2016.

http://www.esa.int/spaceinimages/Images/2017/01/Big_Island_Hawaii

The image shows the southeastern part of the island. One can clearly see the Mauna Loa volcano in the upper left with the darker remnants of lava flows down its slopes. The other active volcano, Kilauea, can be seen smoking near the centre of the image.

The brown and black lava flows – the darker being younger – are interspersed with green forests and fields. The clouds in this area are formed by trade winds from the northeast being blocked by the mountains, which also leads to frequent heavy rainfall.

On the centre-right side of the image along the coast, we can see a plume of steam where lava flows into the ocean. Nearby, we can also see the discontinuation of a road, cut off by a lava flow.

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Source: ESA.

La température de l’eau à l’entrée de lave de Kamokuna (Hawaii) // Water temperature at the Kamokuna lava entry (Hawaii)

drapeau-francaisBeaucoup de gens sont surpris quand ils voient des photos montrant un bateau s’approchant très près de l’entrée de lave sur le site de Kamokuna. Ils pensent que l’eau très chaude pourrait endommager le bateau et brûler les passagers s’ils y plongeaient la main. Le HVO a mis en ligne deux photos qui expliquent ce qui se passe à proximité de l’entrée de lave.

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Sur la gauche, on peut voir une photo normale de l’entrée de lave dans l’océan. Elle génère un volumineux panache de vapeur et donne naissance à une zone d’eau décolorée devant le point d’entrée.
Sur la droite, une image thermique montre cette même zone avec les températures. La température à l’endroit où l’eau est décolorée est d’environ 55°C (130°F), alors que l’eau qui se trouve autour est beaucoup plus froide avec 25°C (77°F) qui est la température moyenne de l’eau sur le littoral hawaïen.
De ma propre expérience, je peux confirmer que l’eau près de l’entrée de lave est très chaude et je ne conseille pas aux touristes d’y plonger la main. Outre le risque de brûlure, le contact entre la lave et l’eau de mer peut provoquer des explosions et des matériaux encore incandescents peuvent être projetés loin en mer et à l’intérieur des terres. C’est la raison pour laquelle le HVO a demandé aux pilotes des bateaux et des hélicoptères de rester à bonne distance de l’entrée de lave. À en juger par les photos sur les journaux locaux, cette recommandation est rarement suivie!

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drapeau-anglaisMany people are surprised when they see photos showing a boat coming very close to the lava entry on the Kamokuna site. They think the water is very hot and might damage the boat, or burn the passengers if they put their hands in the water. HVO has released two pictures (see above) that explain what happens when you get near the lava entry.

On the left, one can see a normal photo of the ocean entry, which produces a robust steam plume and an area of discoloured water extending out from the entry point.

On the right, a thermal image shows this same area of water with the temperatures. The temperature at the place where the water is discoloured is about 55°C (130°F), whereas the neighbouring water is much colder with a temperature of 25°C (77°F), which is the average water temperature on the Hawaiian seashore.

From my own experience, I can confirm that the water close to the entry is quite hot and I would not advise tourists to put their hands in it. Beside the risk of getting burnt, the contact between lava and sea water may trigger explosions and hot material can be ejected far away out at sea and inland. This is the reason why HVO has asked the pilots of the boats and the helicopters to keep a safe distance from the entry. Judging from the photos on the local newspapers, this recommendation is rarely followed!

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Photo montrant les différentes couleurs de l’eau de mer à proximité d’une entrée de lave à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

Le « Panorama du Kilauea » de Jules Tavernier et le « Cyclorama du Kilauea » de Lorrin Thurston

drapeau-francaisDans le numéro de septembre 2016 de la revue de L’Association Volcanologique Européenne (LAVE), Dominique Decobecq a consacré deux pages à Jules Tavernier, peintre français du XIXe siècle qui s’est rendu à Hawaï en 1884. Il est rapidement devenu célèbre avec des toiles montrant le lac de lave qui débordait fréquemment dans le cratère de l’Halema’uma’u à cette époque. Jusqu’à sa mort en mai 1889, il a peint des tableaux de différentes tailles montrant des vues emblématiques de l’activité du lac de lave. De nos jours, ces peintures sont très recherchées et très coûteuses. Jules Tavernier n’était pas le seul à peindre le Kilauea. À la fin du 19ème siècle, plusieurs artistes s’évertuaient à transposer sur leurs toiles les couleurs vives du lac de lave qui s’agitait sur le volcan.

En 1888, Tavernier a franchi une étape supplémentaire et il a créé une représentation virtuelle du Kilauea, baptisée le «Panorama du Kilauea». Il s’agissait d’une toile de 3 mètres de haut disposée autour d’un cercle d’un périmètre de 27 mètres.
Le Daily Bulletin (un journal de Honolulu) a décrit en ces termes l’expérience vécue par le spectateur: «A partir de la plate-forme où se trouve le visiteur [avec la toile autour de lui], la scène devient impressionnante. Debout au centre du cratère, avec l’Halema’uma’u … et la Volcano House situés au bon endroit, la scène semble extrêmement réaliste. Plus le visiteur regarde, plus il a l’impression qu’il se trouve réellement à l’intérieur du Kilauea. Le « Panorama du Kilauea » a été exposé dans le Royaume d’Hawaï pendant un certain temps avant d’être expédié aux États-Unis. Il a finalement abouti à Washington, D.C., pour une exposition publique. Malheureusement, il ne reste aucune trace, ni aucune photo de cette précieuse toile.
Quelques années plus tard, Lorrin A. Thurston, un homme politique à la tête de descendants de missionnaires américains et d’expatriés dans le Royaume d’Hawaï, cherchait un moyen de promouvoir le tourisme à Hawaii et d’encourager les Américains à y s’établir. Il a proposé une exposition d’Hawaï à la World Fair de Chicago de 1893. Après le succès du «Panorama du Kilauea» de Jules Tavernier, Thurston a pensé qu’un grand «Cyclorama» du Kilauea pourrait être une bonne façon de faire connaître Hawaï. Le Cyclorama de Thurston avait 15 mètres de haut et une circonférence de 120 mètres, soit plus de quatre fois la taille du Panorama de Tavernier. Le « Cyclorama du Kilauea » de Thurston, accompagné d’expositions agricoles et d’un village hawaïen, avec musiciens et des danseurs de hula, a ensuite été exposé à la Midwinter Fair de San Francisco en 1894-1895 et à l’occasion de plusieurs autres expositions sur le continent américain au début du 20ème siècle.
On ne sait pas si les réalisations de Tavernier et Thurston ont vraiment attiré les visiteurs américains à Hawaï, mais elles ont certainement représenté pour des milliers de gens un moyen peu coûteux de se rendre sur le volcan Kilauea.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisIn the September 2016 issue of the bulletin of L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.), Dominique Decobecq has devoted two pages to Jules Tavernier, a French painter of the 19th century who travelled to Hawaii in 1884. He became rapidly famous with paintings showing the lava lake which frequently overflowed within Halema’uma’u Crater. Until his death in May 1889, he produced paintings of various sizes that have remained iconic views of the lava lake’s activity during that period and which are much sought after and very expensive on the market today. Jules Tavernier was not alone. In the late 19th century, several artists were perfecting the portrayal of the fiery hues of Kilauea’s lava lake.   Tavernier created several paintings of various sizes that have remained iconic views of the lava lake’s activity during that period.

In 1888, Tavernier went one step further and created a virtual reality depiction of Kilauea volcano, the “Panorama of Kilauea,” a 3-metre-tall canvas arranged in a circle with a 27-metre circumference.

The Daily Bulletin (a Honolulu newspaper) described the viewer’s experience: “On reaching the platform [at the center surrounded by the canvas] from which the visitor gazes, the scene becomes impressive. Standing in the very center of the crater, with Halemaumau … and the Volcano House in their proper positions they appear as realistic as can be. The longer the visitor gazes, the stronger becomes the impression, until he fancies that he is actually in Kilauea.” The “Panorama of Kilauea” was exhibited in the Hawaiian Kingdom for a while before being shipped to the United States. It eventually ended up in Washington, D.C., for public exhibition. Unfortunately, neither this valuable canvas nor any photos of it have ever been found.

A few years later, Lorrin A. Thurston, a rising political leader of American missionary descendants and expatriates in the Hawaiian Kingdom, was looking for ways to accelerate tourism and to encourage Americans to settle in Hawaii. He proposed a Hawaii exhibit at the Chicago World’s Fair to open in 1893. After the success of Tavernier’s “Panorama of Kilauea”, Thurston thought that a larger “Cyclorama” of Kilauea could be used advantageously to advertise Hawaii. Thurston’s Cyclorama was 15 metres high with a circumference of 120 metres, more than four times the size of Tavernier’s panorama. Thurston’s Kilauea Cyclorama, accompanied by agricultural exhibits and a Hawaiian village, including musicians and hula dancers, was later exhibited at the San Francisco Midwinter Fair in 1894–1895, and at several more mainland expositions into the early 20th century.

It is unknown how effective these exhibits were at attracting American visitors to Hawaii, but they certainly provided an inexpensive way for thousands to experience Kilauea Volcano.

Source: USGS / HVO.

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Volcano at Night, toile de Jules Tavernier, exposée au Honolulu Museum of Art