Morses, ours polaires et réchauffement climatique // Walruses, polar bears and global warming

drapeau francaisLes animaux des régions arctiques sont parmi les premières victimes du réchauffement climatique et de la fonte de la glace qui accompagne le phénomène.
Le journal alaskien Anchorage Dispatch News informe ses lecteurs que les communautés qui vivent dans la mer de Béring voient depuis plusieurs années une forte baisse des morses qui constituent une part importante de leur nourriture. Le faible nombre de morses tués cette année a été compensé par un don de 4,5 tonnes de flétan congelé à quatre villages de l’ouest de l’Alaska.
Le morse est très prisé par les autochtones ; il représente un aliment de subsistance qu’ils stockent en vue de l’hiver. La vente de l’ivoire sculpté à partir des défenses des morses, légale uniquement pour les autochtones d’Alaska, apporte un revenu supplémentaire à ces communautés où le taux de chômage est élevé.
Les chasseurs et les scientifiques disent que les morses se sont éloignés des terrains de chasse traditionnels. La hausse des températures a fait fondre la glace sous laquelle les animaux avaient l’habitude de plonger et sur laquelle ils venaient se reposer. Ils ont migré vers des espaces situés plus au nord. Les scientifiques confirment ces observations. Selon le Bureau des Recherches Maritimes, les huit dernières années sont celles pendant lesquelles on a enregistré les plus faibles quantités de glace de mer.

Les ours polaires sont eux aussi les victimes de la réduction de la banquise. Plusieurs d’entre eux ont été repérés en train de plonger pendant plus de trois minutes, ce qui est beaucoup plus longtemps que d’habitude. Normalement les ours remontent à la surface pour reprendre leur souffle et ils utilisent la banquise pour se reposer et se dissimuler quand ils chassent les phoques. Avec la disparition de la glace, ils poursuivent les phoques plus longtemps sous l’eau, la plupart du temps en ratant leurs cibles. Il s’ensuit un risque évident d’épuisement, puis de famine.
À la fin du mois de juin 2015, les scientifiques ont publié un rapport qui décrit deux scénarios possibles pour les ours polaires d’ici l’année 2100: 1) les émissions de gaz à effet de serre se stabilisent et 2) elles se poursuivent sans relâche. Quel que soit le scénario, la population d’ours polaires que l’Alaska partage avec la Russie et la Norvège sera la première touchée. Selon une étude réalisée par l’USGS, on pourrait commencer à voir les effets néfastes du réchauffement climatique dès 2025. Pour parler franchement, si les humains ne sont pas en mesure d’inverser le réchauffement climatique et stopper la perte de la glace de mer, il est peu probable que les ours polaires continueront à exister en tant qu’espèce.

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drapeau anglaisAnimals in Arctic regions are among the first victims of global warming and the ensuing ice melting.

The Anchorage Dispatch News informs its readers that remote communities in the Bering Sea are seeing a steep decline in walrus harvested the past several years. The low harvest this year recently prompted a donation of 4.5 tonnes of frozen halibut to four affected villages.

Walrus is highly prized by Alaska Natives as a subsistence food to store for winter. The sale of carved ivory from the tusks, legal only for Alaska Natives, also brings in supplemental income to communities with high unemployment rates.

Hunters and scientists say walrus migration patterns are veering from historical hunting grounds as temperatures warm and the ocean ice used by the animals to dive and rest recedes farther north. Science backs that observation. According to the Office of Naval Research, the past eight years have had the eight lowest amounts of summer sea ice on record.

Polar bears are also the victims of the thinning ice. Several of them have been spotted diving underwater for more than three minutes, far longer than has been recorded in the past. Normally the bears would come up for air and use ice floes to cover themselves. With no more ice, they are chasing the seals by diving underwater, most of the time failing to grab them. There is the obvious risk of exhaustion and then starvation.

By the end of June 2015, government scientists released a report that outlined two scenarios for polar bears through the year 2100: one in which greenhouse gas emissions stabilize and the other in which they continue unabated. Under either scenario, the polar bear group that Alaska shares with Russia and Norway would be affected first. It could begin seeing the ill effects of global warming as soon as 2025, according to the study by the U.S. Geological Survey. Putting it bluntly, if humans don’t reverse global warming and stop the loss of sea ice, it’s unlikely polar bears will continue as a species.

 

Morses dans la réserve de Round Island

Ours polaire dans le Manitoba (Canada)  [Photo: C. Grandpey]

Crue glaciaire sur le Mont Rainier // Glacial outburst on Mount Rainier

drapeau francaisComme je l’ai écrit précédemment, les glaciers fondent à une vitesse impressionnante sur le Mont Rainier. Je donnais l’exemple du Glacier Nisqually qui a perdu plusieurs centaines de mètres au cours des 10 dernières années.
Jeudi dernier, une crue glaciaire du Tahoma Glacier a libéré un flot d’eau boueuse qui a dévalé le flanc ouest du volcan, emportant rochers et troncs d’arbres. La force du courant était telle que la crue a été enregistrée par les sismomètres. Personne n’a été blessé. Le personnel du parc a survolé la zone en hélicoptère et a pu se rendre compte qu’aucun randonneur ne manquait à l’appel. Cette crue glaciaire a envahi des portions de la Westside Road, qui a été fermée jusqu’à la fin de la semaine.
La crue glaciaire s’est produite à une altitude de 2050 mètres sur le South Tahoma Glacier. Suite à la fonte de la glace, des portions du front du glacier n’adhèrent plus à la masse de glace en amont. C’est l’une de ces portions indépendantes, d’une superficie d’environ 2 000 mètres carrés, qui a provoqué la crue glaciaire jeudi à 9h40 en libérant la poche d’eau qui était emprisonnée à l’intérieur.
Une trentaine de crues glaciaires du même type se sont produites sur le South Tahoma Glacier entre les années 1980 et au début des années 1990. Elles ont façonné un chenal profond que les randonneurs traversent via un pont suspendu sur la Tahoma Creek, le long de la Wonderland Trail, très beau sentier de randonnée sur le Mont Rainier.

Source: The Seattle Times.

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drapeau anglaisAs I put it before, glaciers are melting at an impressive speed on Mount Rainier. I gave the example of the Nisqually Glacier which has lost several hundred metres in the past 10 years.

Last Thursday, the Tahoma Glacier released a “glacial outburst” that sent blasts of muddy water, rock and boulders barreling down the volcano’s western flank. The powerful surges gouged out channels, swept away trees and shook the ground hard enough to register on seismometers. No one was hurt. Park staff surveyed the area by helicopter and was able to account for all hikers in the area. Water and debris flooded over portions of the Westside Road, which was closed through the weekend.

The glacial outburst originated at an elevation of 2050 metres on the South Tahoma Glacier. Sections of the glacier’s front are now stagnant, cut off from the upper reaches of the ice. Apparently one of those sections, measuring about 2,000 square metres, broke away at about 9:40 a.m. Thursday, unleashing trapped meltwater.

A series of more than 30 glacial outbursts from the South Tahoma Glacier between the 1980s and early 1990s carved out the deep channel that hikers cross via a suspension bridge over Tahoma Creek that’s part of the Wonderland Trail.

 Source : The Seattle Times.

La crue glaciaire du 13 août sur le sismographe (Source: USGS)

Photo:  C.  Grandpey

Le Président Obama bientôt en Alaska // President Obama soon in Alaska

drapeau francaisDeux semaines avant une visite à Anchorage où il fera un discours à l’occasion de la Conférence sur l’Arctique le 31 Août, le Président Obama s’est exprimé dans une vidéo dans laquelle il a déclaré que son voyage en Alaska servirait de toile de fond à un message destiné au monde entier au sujet du changement climatique.
Le Président a déclaré dans la vidéo : « En Alaska, les glaciers fondent. La chasse et la pêche dont ont dépendu des générations pour leur mode de vie et leurs emplois sont menacées. […] Avec la fonte du permafrost en Alaska, des maisons s’enfoncent dans le sol. Les trésors naturels donnés par Dieu à cet État sont en danger.»
La Conférence sur l’Arctique à Anchorage réunira des dirigeants du monde entier – des ministres des Affaires Etrangères, des scientifiques et des conseillers politiques de 20 pays – pour aborder le sujet du changement climatique dans l’Arctique. La Maison Blanche n’a pas encore confirmé les détails exacts du voyage d’Obama en Alaska, mais il a l’intention de ne pas limiter sa visite à la seule ville d’Anchorage. Il se rendra probablement dans des endroits qui connaissent les impacts côtiers du changement climatique.
Le Président a également déclaré dans la vidéo diffusée jeudi : « Ce qui se passe en Alaska n’est pas seulement un aperçu de ce qui va nous arriver si nous ne prenons pas des mesures. C’est un appel à réagir. Les sonnettes d’alarme sont en train de retentir. Tant que je serai Président, l’Amérique sera à la tête du monde pour répondre à cette menace, avant qu’il soit trop tard.»

Source: Alaska Dispatch News.
Espérons que le Président Obama est sincère dans ses propos. Il y a quelques jours (le 5 août), j’écrivais une note indiquant que la compagnie pétrolière Shell avait reçu le feu vert de l’administration Obama pour commencer un forage en mer dans le nord-ouest de l’Alaska.
Avec la Conférence de l’Arctique qui se tiendra à la fin du mois d’août – quelques semaines avant la Conférence de Paris – il semble clair que les Etats-Unis veulent prendre l’initiative dans la lutte contre le changement climatique et sont réticents à laisser l’Europe seule à la manoeuvre dans ce domaine. La dernière phrase du discours d’Obama ne laisse aucun doute là-dessus !

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drapeau anglaisTwo weeks before a visit to Anchorage where he will address the Arctic Conference to be held on August 31st, President Obama made a video address in which he declared that he would use his trip to Alaska as the backdrop of a message to the world about climate change.

“In Alaska, glaciers are melting. The hunting and fishing upon which generations have depended – for their way of life, and for their jobs – are threatened. […] As Alaskan permafrost melts, some homes are even sinking into the ground. The state’s God-given natural treasures are at risk,” Obama said in the video address.

The Arctic conference will bring world leaders – including foreign ministers, scientists and policy advisors from 20 countries – to Anchorage to discuss climate change in the Arctic. The White House has not yet confirmed the exact details of Obama’s trip to Alaska, but he does plan to travel outside of Anchorage, likely to places experiencing coastal impacts of climate change.

“Because what’s happening in Alaska isn’t just a preview of what will happen to the rest of us if we don’t take action. It’s our wake-up call. The alarm bells are ringing. And as long as I’m President, America will lead the world to meet this threat, before it’s too late,” Obama said in the video released Thursday.

Source: Alaska Dispatch News.
Let’s hope President Obama is sincere in his declarations. A few days ago (August 5th), I wrote a note indicating that the Shell oil company received a permit from the Obama administration to begin drilling in the sea in Northwest Alaska.

With the Arctic Conference to be held at the end of August – a few weeks before the Paris Conference – it seems clear the U.S. wants to take the initiative in the fight against climate change and is reluctant to let Europe be the leader in that domain. The last sentence of Obama’s speech does not leave any doubt about this!

Source: Alaska Dispatch News.

« En Alaska, les glaciers fondent » (Photo: C. Grandpey)

Coup de chaleur et incendies de forêts en Alaska // Heatwave and wildfires in Alaska

drapeau francaisComme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, l’Alaska est l’un des endroits dans le monde où le réchauffement climatique est le plus marqué. Avec la chaleur, de plus en plus de feux de forêt font rage à travers cet État et 2015 est en train de devenir une année particulièrement noire. En effet, plus de 20 000 kilomètres carrés sont déjà partis en fumée, soit une étendue plus vaste que le Connecticut.
La température globale de l’Alaska a augmenté de plus de trois degrés au cours des 50 années écoulées, ce qui est beaucoup plus que le reste des États-Unis. Les conséquences sont nombreuses, avec en particulier une perte annuelle de 75 milliards de tonnes de glace de ses glaciers (y compris ceux du mont McKinley, le plus haut sommet d’Amérique du Nord)  et la déstabilisation du pergélisol ou permafrost, le sol gelé qui recouvre 80 pour cent de l’Alaska, et dont le dégel peut endommager les bâtiments, les routes et les infrastructures.
Suite au réchauffement climatique, les côtes de la partie arctique de l’Alaska sont confrontées à une érosion intense. En effet, le niveau de la mer a tendance à monter et la réduction de la banquise expose les rivages et les îles du large à l’assaut des vagues. La situation est devenue si préoccupante que certaines communautés indigènes comme celle de Kivalina, sur l’une des îles qui bordent la côte de la mer des Tchouktches, vont devoir être relogées car la mer réduit chaque jour l’étendue de leur territoire.

La fonte précoce de la neige a d’autres effets. En 2015, le lieu de départ de l’Iditarod, la célèbre course de chiens de traîneau, a dû être relocalisé à Fairbanks, parce qu’il n’y avait pas assez de neige sur le sol à certains endroits.
Malgré tout, ce sont sans aucun doute les incendies de forêt qui entraînent les modifications les plus spectaculaires en Alaska. Dans ce seul Etat, les forêts représentent 17% du total des États-Unis, et même si elles ont toujours brûlé, il semble bien qu’elles soient entrées dans une nouvelle phase en matière d’incendies. Ces derniers sont si intenses et si étendus qu’ils pourraient changer tout un écosystème. De plus, ces incendies accélèrent aussi le dégel du pergélisol qui contient de vastes quantités de carbone prêtes à être libérées dans l’air. Plus le feu est intense, plus il est susceptible de pénétrer à travers la couche organique et accélérer le phénomène.

Dans le nord de notre planète, on estime que le pergélisol contient deux fois plus de carbone que toute l’atmosphère de la Terre. Si les feux de forêt en Alaska, au Canada ou en Sibérie accélèrent la fonte du permafrost, le réchauffement climatique pourrait empirer.
Les scientifiques essaient de comprendre à quelle vitesse le processus pourrait se produire et dans quelle mesure il serait compensé par un autre effet majeur du réchauffement de l’Arctique. Les plantes tirent le dioxyde de carbone de l’atmosphère par photosynthèse, en particulier lorsque les forêts se régénèrent après les incendies. Certains scientifiques pensent que cette nouvelle croissance des plantes pourrait compenser la perte de carbone provoquée par la recrudescence d’incendies plus intenses et les émissions provenant du pergélisol, au moins jusqu’à l’année 2100. Mais cette hypothèse reste à vérifier.
Dans le même temps, le pétrole continue à couler dans l’oléoduc trans-alaskien. Il est bien protégé contre les incendies de forêts car il représente l’une des principales ressources économiques de l’Alaska
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisAs I put it before, Alaska is one of the places in the world where global warming is the most acute. With the heat, more and more wildfires are raging across the State. 2015 may soon be the worst year as far as wildfires are concerned, with more than 20,000 square kilometres already burned, an area larger than Connecticut.

Alaska has already warmed by more than three degrees in the past half-century, much more than the continental United States. The consequences have included an annual loss of 75 billion metric tons of ice from its glaciers, including those covering the slopes of Mount McKinley, the highest peak in North America, and the destabilization of permafrost, the frozen ground that underlies 80 percent of Alaska and whose thaw can undermine buildings, roads and infrastructure.

Also affected are Alaska’s Arctic coastlines, which are facing intense erosion as seas rise and declining sea ice exposes shores and barrier islands to the waves. The situation has grown so bad that some native communities, including tiny Kivalina, Alaska, sitting on a barrier island along the Chukchi Sea, may now have to be relocated, given the dangerous loss of land to the sea.

Earlier snowmelt has altered the state further. In 2015, the starting place of the Iditarod sled-dog race had to be relocated north, to Fairbanks, because there wasn’t enough snow on the ground in some places.

But arguably the most dramatic change is occurring with the state’s wildfires. Alaska’s forests make up 17% of the U.S. total, and while they’ve always burned, they may now be entering a major new combustive period. The blazes are so intense and extensive that they could change an entire ecosystem, even as the fires also hasten the thawing of permafrost, which itself contains vast quantities of ancient carbon, ready to be emitted to the air. The more severe the fire, the deeper that it burns through the organic layer, the higher the chance it will go through this complete conversion.

Across the global north, it is estimated that permafrost contains twice as much carbon as the planet’s atmosphere. If wildfires in Alaska — or Canada or Siberia — hasten its already expected thawing, that could make global warming worse

Scientists are trying to figure out how fast this could unfold and to what extent it will be offset by another key effect of Arctic warming. Plants pull carbon dioxide out of the atmosphere through photosynthesis, including as forests regrow after fires. There are experts who think that new plant growth could offset the carbon lost by the combustion of more intense fires and emissions from permafrost, until at least the year 2100. But this hypothesis is still uncertain.

Meantime, oil keeps flowing along the trans-Alaskan pipeline. It has been well protected as it is one of the major economic resources of the State.

Source: Alaska Dispatch News.

Foret Alaska

Photo: C. Grandpey