Incendies zombies dans l’Arctique // Zombie wildfires in the Arctic

Le 18 septembre 2013, j’ai publié une note intitulée «Mystérieux incendie au cœur de l’Alaska.» Au mois de septembre 2012, un incendie a été repéré à environ 40 km au nord-est de Eagle, village de moins de 100 habitants, accessible par la route uniquement pendant les mois d’été. Après la première neige, un survol de l’incendie le 15 Octobre 2012 a révélé une caldeira d’origine inconnue en train de se consumer et de former un trou noir au milieu de la neige blanche immaculée. Les autorités ont indiqué que la cause la plus probable était un gisement d’huile de schiste qui s’était probablement enflammé sous la montagne et brûlait maintenant régulièrement en prenant de l’ampleur. Peut-être plus inquiétante, il y a la possibilité que ce feu souterrain émette du dioxyde de soufre (SO2) qui peut causer des problèmes respiratoires. L’air froid de l’hiver alaskien n’a pas empêché le feu de brûler par une température de 60 ° C en dessous de zéro.

On sait très peu de choses sur la nature de l’incendie proprement dit. Quelle importance peut-il prendre? Combien de temps peut-il durer? Si le problème persiste, ou si le feu prend de l’envergure, le petit village de Eagle, loin de tout, pourrait devenir une ville fantôme.

De la même façon, on a la preuve que les incendies arctiques sans précédent observés au cours de l’été 2019 ont survécu à l’hiver sous la forme de « feux zombies ». Les feux se sont rallumés au mois de mai, alors que la neige est encore en train de fondre.

Les incendies dans l’Arctique contribuent à la fonte du permafrost et envoient dans l’atmosphère d’importantes quantités carbone, exacerbant de ce fait le réchauffement climatique, lui-même responsable de ces incendies.

Maintenant que les températures augmentent dans la région et que la neige fond, l’analyse des images satellitaires montrant les brûlis de l’année dernière et des incendies qui ont éclaté en mai 2020 confirment que de nombreux incendies survenant en Sibérie en ce moment sont en réalité des « incendies zombies », autrement des résurgences d’incendies de l’année passée qui ont conservé un vestige d’activité sous terre. En effet, ces incendies peuvent continuer de couver dans le sous-sol sans montrer de signes visibles d’activité au-dessus du sol.

L’analyse d’images satellitaires Sentinel-2 de l’Agence Spatiale Européenne a imontré des empreintes d’incendies actifs en 2019 et des points chauds en 2020 laissant supposer que les incendies avaient repris sur les mêmes zones  immédiatement après la fonte des neiges cette année. Il faut savoir que le sous-sol de la toundra est très riche en tourbe,ce qui favorise la reprise des incendies.

La nouvelle concernant ces « incendies zombies » survient au moment où un rapport de l’Alaska Fire Science Consortium vient d’annoncer que de tels incendies étaient bien plus fréquents au cours de ces deux dernières décennies. De plus, les chercheurs ont constaté que les « incendies zombies » étaient plus susceptibles de se produire l’année suivant une année de grands incendies.

Le fait que davantage d’incendies survivent ainsi à l’hiver est une mauvaise nouvelle pour le changement climatique. En effet, cela implique une augmentation des émissions nettes de carbone, car ces incendies, par leur nature, couvent dans le sol et la tourbe et consument des réservoirs de carbone sur de longues périodes.

Source : Alaskan press.

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On September 18th, 2013, I published a post entitled « Mysterious Fire in Interior Alaska”. In September 2012, a fire was identified about 40 km northeast of Eagle, a village with less than 100 residents, accessible by road only during the summer months. After the first snowfall, an overflight of the fire on October 15th, 2012 revealed a caldera of unknown origin burning and forming a black hole in the middle of the white snow. Authorities said the most likely cause was a shale oil deposit that had probably ignited under the mountain and is now burning regularly as it grows. Perhaps more concerning, there is the possibility that this underground fire will emit sulfur dioxide (SO2) which can cause respiratory problems. The cold Alaskan winter did not prevent the fire from burning at a temperature of minus 60°C.
Very little is known about the nature of the fire. How large can it become? How long can it last? If the problem persists, or if the fire gets bigger, the little village of Eagle, far from everything, could become a ghost town.

Likewise, there is evidence that the unprecedented Arctic fires observed in the summer of 2019 survived the winter in the form of « zombie fires ». The fires started again in May, while the snow was still melting.
Arctic fires are contributing to the melting of permafrost and sending large amounts of carbon into the atmosphere, thereby exacerbating global warming, which is itself responsible for these fires.
Now that temperatures are increasing in the region and the snow is melting, analysis of satellite images showing last year’s burns and fires that started in May 2020 confirm that many fires occurring in Siberia at the moment are in reality « zombie fires », the resurgence of fires of the past year which have preserved some underground activity. Indeed, these fires can continue to smolder in the subsoil without showing visible signs of activity above the ground.
Analysis of Sentinel-2 satellite images from the European Space Agency showed traces of active fires in 2019 and hot spots in 2020, suggesting that fires had resumed in the same areas immediately after the snow melted this year. One should keep in mind that the subsoil of the tundra is very rich in peat, which favours the resumption of fires.
The news about these « zombie fires » comes at a time when an Alaskan Fire Science Consortium report just announced that such fires have been much more common in the past two decades. In addition, the researchers found that « zombie fires » were more likely to occur the year after a year of large fires.
The fact that more fires survive this way in winter is bad news for climate change. Indeed, this implies an increase in net carbon emissions, because these fires, by their nature, smoulder in the  peat and consume carbon pools over long periods.
Source: Alaskan press.

Image satellite montrant le réveil d’un incendie qui avait couvé dans le sous-sol arctique pendant tout l’hiver (Source : Copernicus)

Avril 2020 toujours plus chaud // April 2020 still too warm

Avril 2020 a été l’un des deux mois d’avril les plus chauds sur Terre, au vu de 141 années de relevés de température. On assiste donc à la poursuite de la tendance au réchauffement qui pourrait faire de 2020 l’année la plus chaude jamais observée sur notre planète.
Selon la NOAA, les températures globales à la surface de la terre et des océans en avril 2020 ont été de 1,06°C supérieures à la moyenne du 20ème siècle. Cette anomalie arrive en deuxième position dans les relevés de la NOAA qui remontent à 1880. Avril 2020 a été devancé seulement par avril 2016.
Avril 2020 est le 424ème mois consécutif et le 44ème mois d’avril consécutif où les températures globales ont été supérieures à la moyenne dans la base de données de la NOAA.

D’autres agences climatiques parviennent à une conclusion similaire :
Le Goddard Institute for Space Studies de la NASA a constaté que les températures moyennes d’avril 2020 sur les surfaces terrestres et océaniques de la planète ont été les plus chaudes jamais enregistrées depuis 1880. Elles ont été de 0,04°C supérieures au record d’avril en 2016.
Selon le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S), avril 2020 se trouve à seulement 0,01°C derrière avril 2016.
La NOAA fait remarquer que les quatre premiers mois de l’années 2020 sont pour le moment en deuxième position, juste derrière ceux de l’année 2016. L’Administration est pratiquement certaine que 2020 figurera parmi les quatre années les plus chaudes depuis 1880. Il y a une probabilité de 69% pour que 2020 soit l’année la plus chaude jamais observée, éclipsant 2016.
Il est important de noter et de rappeler que la hausse des températures entre janvier et avril 2020 se produit  sans l’influence d’El Niño qui est actuellement neutre, alors qu’il était actif en 2016.
Source: NOAA, NASA, Copernicus.

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April 2020 was among Earth’s two warmest Aprils in 141 years of temperature records, continuing a warming trend that could make 2020 the planet’s warmest year.

According to NOAA, global land and ocean temperatures were 1.06°C above the 20th century average. This anomaly is second only to 2016 as the planet’s warmest April in NOAA records dating to 1880.

April 2020 marked the 424th consecutive month and 44th straight April that global temperatures have been above average in NOAA’s database.

Other expert analyses come to a similar conclusion.

NASA‘s Goddard Institute for Space Studies found April 2020 global average temperatures across all land and ocean surfaces were the warmest on record in their records dating to 1880. Temperatures were 0.04°C above the previous record warmest April in 2016.

Europe’s Copernicus Climate Change Service(C3S) also found April 2020 just 0.01°C behind the record-warmest April in 2016.

NOAA’s report explains that 2020 is the second-warmest first four months of any year, trailing only 2016. This year is virtually certain to be at least among the top four warmest years since 1880. The Administration’s calculations also suggest a 69 percent chance 2020 could be the planet’s warmest year, eclipsing 2016.

What is particularly impressive about the warm start to 2020 is the lack of warmth provided by El Niño which is currently neutral, but was active in 2016, giving a boost to global temperatures.

Source: NOAA, NASA, Copernicus.

Ce graphique montre les anomalies mensuelles de température en degrés Celsius par rapport à 1980-2015, pour chaque année de 1880 à avril 2020. (Source : NASA)

Les chiffres indiquent le classement de chaque mois par rapport aux archives de la NASA

Les Etats-Unis font le forcing au Groenland // The U.S. is putting pressure on Greenland

Souvenez-vous : en octobre 2019, le président Donald Trump a proposé d’acheter et d’annexer le Groenland ! Son offre a été rejetée par les autorités locales et danoises. L’idée a généré toutes sortes de moqueries et déclenché une vague d’inquiétude au Groenland.
En avril 2020, alors que la pandémie de coronavirus faisait rage et qu’une grande partie de l’Arctique était confinée, les États-Unis ont annoncé la plus importante initiative diplomatique au Groenland depuis des années. Tout d’abord, l’Agence américaine pour le développement international a dévoilé un programme d’aide de 12,1 millions de dollars à l’attention du Groenland. Quelques jours plus tard, le Département d’État a annoncé son intention d’ouvrir un consulat à Nuuk, la capitale groenlandaise, ce qui n’était pas arrivé depuis 1953.
Avec la hausse des températures et le changement climatique, la calotte glaciaire du Groenland connaît une fonte historique que l’administration Trump considère comme une opportunité stratégique pour rivaliser avec la présence militaire de plus en plus importante de la Russie dans l’Arctique et la poussée économique de la Chine dans la région.
Officiellement, l’aide de 12,1 millions de dollars a pour but de permettre le développement économique, en particulier l’énergie et les ressources naturelles, l’expansion des échanges éducatifs et le développement de l’industrie touristique au Groenland. Cependant, la manœuvre est à mettre en relation avec le conflit latent entre les États-Unis et la Chine. Les deux nations les plus puissantes du monde – mais aussi les deux plus gros pollueurs de la planète – rêvent de mettre le grappin sur une région où la glace fond rapidement et rend accessibles des minéraux, tout en permettant dans le même temps l’ouverture de nouvelles voies maritimes.
Contrairement à la Russie et à la Chine, l’approche américaine de l’Arctique est basée sur la transparence, la coopération et les valeurs démocratiques. Au contraire, la Russie affiche un comportement plutôt agressif et accentue sa présence militaire dans l’Arctique. .
Alors que la Chine n’a pas de présence physique dans l’Arctique, elle s’est déclarée « État proche de l’Arctique » en 2018 et a lancé son projet de « Route de la soie polaire » pour investir dans les ressources naturelles et les routes de navigation dans toute la région.
Les Etats-Unis, quant à eux, ont établi une présence militaire au Groenland pendant la Seconde Guerre mondiale. Peu de temps après que les nazis aient occupé le Danemark en avril 1940, les États-Unis ont envahi le Groenland pour préserver l’indépendance du territoire et empêcher les Allemands d’établir un poste avancé qui pourrait être utilisé pour ravitailler les bombardiers à destination des villes américaines. Les États-Unis ont proposé d’acheter le Groenland pour 100 millions de dollars-or après la guerre. Le Danemark a refusé et les États-Unis ont rendu le contrôle aux Danois, tout en conservant la base aérienne de Thulé qui est ainsi devenu l’avant-poste militaire américain le plus septentrional et une position stratégique clé au moment de la Guerre Froide.
La plupart des recherches au Groenland se concentrent sur sa calotte glaciaire et sa diminution avec le réchauffement climatique. Après l’hiver 2019-2020, la glace de mer de l’Arctique a atteint le niveau le plus bas jamais observé depuis 45 ans, selon les mesures effectuées par le National Snow and Ice Data Center.
Aucune partie des 12,1 millions de dollars n’est prévue pour la lutte contre la fonte de la banquise, mais les États-Unis continueront de financer la recherche dans ce domaine. La nouvelle aide financière permettra aux agences américaines de collaborer avec le ministère groenlandais des ressources minérales et le ministère de l’industrie, de l’énergie et de la recherche pour « développer les ressources naturelles de manière compétitive et transparente et éviter la corruption ou les mauvaises pratiques environnementales. »
Alors que cette aide financière a été saluée par le gouvernement groenlandais, elle a irrité certains législateurs danois qui ont toujours en mémoire les propos tenus par Trump en octobre 2019. Selon eux, une aide financière « est quelque chose qui s’adresse aux pays du tiers monde auxquels on fournit une aide pour leur développement. Mais le Groenland n’est pas un pays en voie de développement. C’est une démocratie occidentale. » Affaire à suivre….
Source: Presse américaine.

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Remember: in October 2019, President Donald Trump suggested buying and annexing Greenland! His offer was rebuffed by Greenlandic and Danish officials. The idea became the subject of international ridicule, but worried the autonomous Danish territory.

In April 2020, as the coronavirus pandemic raged and much of the Arctic remained in lockdown, the United States announced its biggest diplomatic expansion in Greenland in years. First, the U.S. Agency for International Development unveiled a new, $12.1 million aid package to Greenland. Days later, the State Department announced plans to open a consulate in the Greenlandic capital of Nuuk for the first time since 1953.

As the planet’s temperature rises and its climate change, Greenland’s ice sheet has seen historic melting which the Trump administration sees as an important strategic opportunity to rival with Russia’s growing military presence in the Arctic and China’s economic push into the region.

Officially, the $12.1 million assistance is dedicated to the economic development, focused in particular on energy and natural resources, expanding educational exchange, and boosting Greenland’s tourism industry. However, the manoeuvre is also part of a simmering conflict between the U.S. and China, the world’s two most powerful nations and biggest climate polluters, that dream of taking control of a region whose rapidly melting polar ice is putting previously inaccessible minerals in reach and opening new sea routes.

Unlike Russia and China, America’s vision for the Arctic is based on transparency, cooperation and democratic values. On the contrary, Russia is showing a rather aggressive behaviour and increased militarization in the Arctic.

While China has no physical presence in the Arctic, it declared itself a « near-Arctic state » in 2018 and launched its « Polar Silk Road’ plan to invest in natural resources an shipping routes throughout the region.

The U.S. established a military presence in Greenland during World War II. Shortly after the Nazis occupied Denmark in April 1940, the U.S.invaded Greenland to preserve the territory’s independence and keep the Germans from establishing a bulwark that could be used to refuel bombers headed for American cities. The U.S. offered to buy Greenland for $100 million in gold after the war. When Denmark refused, the U.S. returned control to the Danish, but held onto the Thule Air Base, transforming the northernmost American military outpost into a key node in its Cold War defence network.

Most research in Greenland is focused on its ice sheet and its historic destruction. After the 2019-2020 winter, Arctic sea ice reached one of its lowest maximum extents, according to the U.S. National Snow and Ice Data Center, in its 42-year satellite record.

No budget in the new aid package will specifically work to offset that melt, but the U.S. will continue to fund research projects across the island to study it. Instead, the new funding will allow U.S. agencies to work with the Greenlandic Ministry of Mineral Resources and Ministry of Industry, Energy, and Research to “develop its natural resources in a competitive and transparent way and ward off corruption or poor environmental practices.”

While the aid was welcomed by Greenland’s government, the offer has angered some Danish lawmakers, still bothered by Trump’s initial comments. Financial aid  “is something you say about third-world countries when you provide development aid. But Greenland is not a developing country. It is a Western democracracy » To be continued…

Source : American press.

Groenland: des ressources minières à foison!

Catastrophes glaciaires // Glacial disasters

Le réchauffement climatique augmente le risque d’effondrements catastrophiques de glaciers. L’eau de fonte générée par des étés plus chauds constitue une réelle menace. Un exemple de ce phénomène est survenu en 2013 avec l’effondrement soudain d’un pan de 500 mètres de long sur le glacier de Flat Creek en Alaska. Les blocs de glace sont tombés en cascade dans une vallée heureusement déserte dans le Parc National de Wrangell-St Elias. Les sercices du Parc font remarquer qu’un événement semblable s’est produit au même endroit deux ans plus tard.
Personne n’a été blessé au cours de ces effondrements glaciaires en Alaska, mais des événements semblables ont été observés dans des régions moins isolées au cours des deux dernières décennies, avec des morts à la clé. Quelque 140 personnes ont été tuées et un village entier a été englouti en 2002 lorsque des masses de glace se sont détachées du glacier Kolka  dans la région d’Ossétie du Nord (Russie). En juillet 2016, un amas de glace et de roches s’est détaché du glacier Aru et a parcouru une vallée étroite du Tibet, tuant neuf bergers et des centaines de moutons et de yaks.
Une étude publiée par les chercheurs du l’Université de Colorado à Boulder dans la revue Geology a révélé que les deux effondrements glaciaires en Alaska se sont produits au plus fort de la saison de fonte estivale. Cela laisse penser que ces événements hautement destructeurs pourraient se produire plus fréquemment avec le réchauffement climatique.
Un projet de recherche a été lancé pour étudier ce qui s’est passé à Flat Creek. Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé différents outils comme l’imagerie satellite, les mesures sur le terrain, les modèles numériques de variations de niveau et la modélisation des eaux de fonte. Les images satellitaires haute résolution collectées il y a dix ans montrent qu’un gonflement anormal de 70 mètres de hauteur était présent sur la langue du glacier avant le premier effondrement de 2013. La partie inférieure de la langue glaciaire était très mince et collée par le gel sur le soubassement du glacier. Cette langue gelée a probablement bloqué la glace en provenance de la partie supérieure du glacier, ce qui a provoqué le gonflement. Cela a également ralenti l’évacuation de l’eau de fonte qui s’est accumulée sous le glacier. L’augmentation de pression de cette eau accumulée sous le glacier a provoqué la rupture soudaine de la langue, avec deux très importantes masses de matériaux qui ont recouvert chacune environ trois kilomètres carrés de forêts vieilles de 400 ans.
La ressemblance entre les effondrements glaciaires en Alaska et au Tibet montre qu’ils sint dus une cause commune. D’autres effondrements ont été observés ailleurs dans le monde. Cela montre bien que de telles phénomènes pourraient se produire de plus en plus fréquemment à cause du réchauffement climatique.
Source: The Independent.

En France, au-dessus de Saint-Gervais (Haute-Savoie), le glacier de Tête Rousse fait partie de ces glaciers dont le comportement peut être catastrophique. En 2010, on a découvert une énorme poche d’eau sous la glace, à 3200 mètres d’altitude. Les autorités ont alors décidé de mettre en place une spectaculaire opération de pompage pour éviter une catastrophe. Tout le monde avait en tête le drame du 12 juillet 1892 quand la rupture d’une poche glaciaire avait entraîné une gigantesque vague de 300 000 mètres cubes qui avait enseveli les thermes de Saint-Gervais et fait au moins 175 victimes.

Depuis 2010, le glacier de Tête Rousse est placé sous haute surveillance. Avec le réchauffement climatique, on sait que la fonte de la glace s’est accélérée. On a récemment décelé la présence de deux nouvelles poches d’eau, à une profondeur plus grande que prévu. L’une aurait un volume de 20 à 25 000 mètres cubes, l’autre de près de 15 000, soit un volume total d’environ 40 000 mètres cubes.. C’est moins que les 65 000 mètres cubes de 2010, mais c’est suffisant pour que la menace soit prise très au sérieux. Le maire de St Gervais estime aujourd’hui que 2300 personnes pourraient mourir en cas de nouvelle déferlante provoquée par la vidange brutale de la poche d’eau glaciaire. En 2010, grâce aux opérations de pompage,, le volume d’eau présent dans la cavité avait été ramené à 10.000 m3. Aujourd’hui, de nouvelles mesures sont en train d’être prises pour éviter que l’eau continue de s’accumuler.

Si la fonte et le recul des glaciers vous intéressent, je vous conseille fortement de regarder l’émission très pédagogique de C’est pas sorcier réalisée en 2006 et consacrée à ce sujet. Jamy Gourmaud et Frédéric Courant y expliquent parfaitement cette libération de poches d’eau sous-glaciaires.

https://www.youtube.com/watch?v=7Oymnk-hPk0

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With global warming, there is an increasing the risk of catastrophic glacier detachments. Meltwater generated by warmer summers is posing a new threat. An example of this pnenomenon is the 500-metre-long slab of the Flat Creek glacier (Alaska) broke off suddenly in August 2013 and cascaded down a mountain valley in the remote Wrangell-St. Elias National Park and Preserve. A similar event was documented at the same location two years later by the National Park Service.

No one was hurt in either of the ice surges in Alaska, but similar glacier detachments in less remote areas in the last two decades have been deadly. Some 140 people were killed when masses of ice broke loose from the Kolka glacier and buried an entire village in Russia’s North Ossetia region in 2002. In July 2016, a wall of ice and rocks from the Aru glacier gushed down a narrow valley in Tibet, killing nine herders and hundreds of sheep and yaks.

A study published by the Colorado Boulder researchers in the journal Geology found both Alaskan detachments occurred at the height of the summer melt seasons and suggests these highly destructive events could occur more frequently with global warming.

A research project was launched to investigate what had happened at Flat Creek. Scientists used a variety of tools, including satellite imagery, field measurements, digital elevation models, and meltwater modelling, to piece together what happened. Ten-year-old, high-resolution satellite images showed that an unusual, 70-metre-high ice bulge existed on the glacier’s tongue prior to the first detachment in 2013. The lowermost part of the glacier tongue was very thin, stagnant, and firmly frozen to the glacier bed. This frozen tongue probably blocked ice flowing down from higher on the glacier, forcing it to bulge; it also slowed meltwater drainage, allowing the water to pool under the glacier. The resulting increase in water pressure under the glacier eventually caused the tongue to suddenly detach, resulting in two mass flows so large that they each buried about three square kilometres of 400-year-old forest.

The similarity of the glacier detachments in Alaska and Tibet suggest they shared a common cause. Other detachments elsewhere in the world have also been discovered, suggesting that large-scale glacier detachments may be exacerbated by global warming.

Source: The Independent.

In France, above Saint-Gervais (Haute-Savoie), the Tête Rousse glacier is one of this type of glacier. In 2010, a huge pocket of water was discovered under the ice, at an altitude of 3,200 meters. The authorities then decided to set up a spectacular pumping operation to avoid a disaster. Everyone had in mind the drama of July 12, 1892 when the rupture of a glacial pocket had led to a gigantic wave of 300,000 cubic meters which had buried the thermal baths of Saint-Gervais and claimed at least 175 victims.
Since 2010, the Tête Rousse glacier has been under close surveillance. With global warming, we know that the melting of the ice has accelerated. Two new pockets of water have recently been detected at a depth greater than expected. One would have a volume of 20 to 25,000 cubic meters, the other nearly 15,000, for a total volume of around 40,000 cubic meters. This is less than the 65,000 cubic meters of 2010, but it is enough for the threat to be taken very seriously. The mayor of St Gervais estimates today that 2300 people could die in the event of a new wave caused by the brutal emptying of the ice pack. In 2010, thanks to pumping operations, the volume of water present in the cavity was reduced to 10,000 m3. Today, new measures must be taken to prevent water from continuing to accumulate.

Schéma  expliquant le processus de la catastrophe du 12 juillet 1892 à Saint Gervais (Source : Joseph Vallot).

Vues du front du glacier d’Argentière en 2018, à comparer avec les imagess proposées par C’est pas sorcier en 2006. (Photos : C. Grandpey)