Mauvaises nouvelles pour la planète ! // Bad news for the planet !

La NASA vient de confirmer ce que j’écrivais précédemment : le mois d’avril 2019 a été le deuxième plus chaud depuis le début des relevés effectués par l’Administration en 1880.  Depuis cette année, seul le mois d’avril 2016 a été plus chaud.

Dans le même temps, la barre des 415 ppm a été franchie pour la première fois depuis le début des enregistrements à Hawaii. Précisions qu’il s’agit là d’une valeur quotidienne et non mensuelle. L’observatoire du Mauna Loa mesure les niveaux de CO2 dans l’atmosphère depuis la fin des années 1950. Les premiers relevés faisaient état d’une concentration de 315 ppm en 1958.

Mauvaises nouvelles pour les glaciers et la banquise !

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NASA has just confirmed what I wrote previously: April 2019 was the second warmest since the beginning of the archives compiled by the Administration in 1880. Since that year, only April 2016 was hotter.
At the same time, the 415 ppm mark was crossed for the first time since records began in Hawaii. This is a daily value and not a monthly value. The Mauna Loa Observatory has been measuring CO2 levels in the atmosphere since the late 1950s. Early records showed a concentration of 315 ppm in 1958.
Bad news for glaciers and the ice sheet!

Courbe de Keeling (Source: NOAA)

Naïveté indonésienne? // Indonesian naivety?

En lisant la presse indonésienne, on a la confirmation que le changement climatique est réel dans le pays, avec des conséquences importantes sur l’environnement. Le Jakarta Post donne l’exemple de Tungkal I, dans l’est de Sumatra. Le village fait face à la Mer de Chine méridionale. Il a subi les assauts des vagues qui sont en passe d’engloutir le rivage de plusieurs centaines de mètres chaque année.
En dépit de ce genre de situation alarmante, une enquête a révélé que 18% des Indonésiens ne pensaient pas que l’activité humaine était la cause du changement climatique, tandis que 6% estimaient que le climat ne changeait pas du tout. L’Indonésie a le pourcentage le plus élevé de négationnistes du changement climatique parmi les 23 pays étudiés dans le cadre d’une étude menée en février et mars 2019 par YouGov, une société d’opinion publique et de données.
Un quart des Indonésiens ont déclaré que les humains étaient les principaux responsables du changement climatique, tandis que 29% estimaient que d’autres facteurs avaient également joué un rôle. 21% des personnes interrogées ont répondu qu’elles n’avaient aucune idée.
Huit pour cent des Indonésiens ont déclaré que le réchauffement climatique causé par l’homme était un canular et faisait partie d’une théorie du complot.
L’Arabie Saoudite se situe au deuxième rang après l’Indonésie avec 16% des personnes qui ne croient pas que l’homme contribue au changement climatique, suivie des États-Unis (13%), de l’Afrique du Sud (11%), du Mexique (10%) et de l’Égypte (10%). .
Source: The Jakarta Post.

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Reading the Indonesian press, we get the confirmation that climate change is real in the country, with significant consequences on the environment. The Jakarta Post gives the example of Tungkal I village in the eastern part of Sumatra. The village faces the South China Sea and has suffered massive abrasion that is expected to swallow its shores by hundreds of meters annually.

Despite this kind of alarming situation, a survey has revealed that 18 percent of Indonesians do not believe human activity causes climate change, while another 6 percent believe that the climate is not changing at all. Indonesia has the highest percentage of climate change deniers among 23 countries surveyed in a study conducted in February and March 2019 by global public opinion and data company YouGov.

A quarter of Indonesians said humans were mainly responsible for climate change, while 29 percent believed other factors also played a role. Another 21 percent of respondents answered by saying they did not know.

Eight percent of Indonesians said human-driven global warming was a hoax and part of a conspiracy theory.

Saudi Arabia is second after Indonesia with 16 percent of people who do not believe that humans contribute to climate change, followed by the United States (13 percent), South Africa (11 percent), Mexico (10 percent) and Egypt (10 percent).

Source : The Jakarta Post.

Scénario d’inondation côtière à Sumatra (Source: 2ème Forum International pour un Avenir Durable en Asie – Janvier 2017)

On vous aura prévenus… // You have been warned…

On vous aura prévenus. A très court terme, une grande partie des glaciers de la planète auront disparu, ce qui engendrera de sérieux problèmes au niveau des populations qui dépendent de l’eau qu’il rejettent, sans oublier les conséquences sociales, économiques et migratoires majeures à l’échelle de la planète. Une étude publiée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) fin avril 2019 indique que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, les glaciers pourraient disparaître complètement d’ici 2100 de près de la moitié des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Selon les auteurs de l’étude, 19 000 glaciers, soit 9 % des glaciers de la planète, se trouvent sur des sites du patrimoine mondial. Certains de ces glaciers figurent parmi les plus emblématiques du monde, comme le glacier d’Aletsch dans les Alpes suisses, celui du Khumbu dans l’Himalaya ou le Jakobshavn au Groenland.

L’étude précise que 33 % à 60 % du volume total de glace présent en 2017 dans les sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco aura disparu d’ici 2100. Le pourcentage dépendra de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter comme au cours des dernières décennies, les scientifiques prévoient la disparition des glaciers d’ici à la fin du 21ème siècle dans 21 des 46 sites naturels du patrimoine mondial. L’IUCN précise que même dans un scénario basé sur des émissions faibles respectant les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, 8 des 46 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco verront leurs glaciers disparaître d’ici 2100. Pour aller dans le sens de ces alertes lancées par les glaciologues et l’IUCN, les émissions de CO2 dans l’atmosphère atteignent actuellement plus de 414 ppm au sommet du Mauna Loa à Hawaii.

Selon l’étude, plusieurs sites du patrimoine mondial de l’Unesco seront fortement touchés par la hausse des températures ces prochaines années. Le parc national de Los Glaciares (Argentine) où se situent certains des plus grands glaciers de la planète, devrait enregistrer une très importante perte de glace correspondant à environ 60 % du volume actuel. En Amérique du Nord, le Parc International de la Paix Waterton-Glacier (à cheval sur la frontière entre les Etats-Unis et la Canada), le Parc National des Montagnes Rocheuses (Canada) et le Parc National Olympique (Etat de Washington / Etats-Unis) devraient perdre plus de 70 % de leur glace d’ici 2100. En Europe, la disparition de petits glaciers est prévue dans les Pyrénées sur le Mont Perdu, entre la France et l’Espagne, d’ici 2040.

Source : IUCN.

Je rappelle que mon rôle est de lancer des alertes et pas de proposer des solutions. Il revient à nos gouvernants d’avancer des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. Les Conferences Of  Parties (COP) sont également faites pour cela. Malheureusement la présence des chefs d’états se fait de plus en plus rare….

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Hier 14 mai 2019, on m’a demandé d’intervenir dans une classe de Première du lycée de Bellac (Haute Vienne) pour expliquer la situation glaciaire dans l’Arctique, thème d’une semaine éducative dans cet établissement.

Après avoir montré la fonte des glaciers dans les Alpes, j’ai fait un tour d’horizon des terres nordiques, entre l’Alaska et la Sibérie, en passant par l’Islande et la Scandinavie. J’ai ensuite élargi la présentation à l’Antarctique, puis à la fonte du permafrost et ses conséquences pour l’environnement.

J’ai vraiment l’impression que les jeunes sont conscients des menaces climatiques et environnementales qui pèsent sur leur génération. Je suis persuadé que c’est par le biais d’images spectaculaires et sans équivoque, présentées par des gens qui sont allés sur le terrain, que l’on arrivera à convaincre la population de ne pas rester passive et de ne pas se laisser abuser par des dirigeants qui font fi de l’environnement et qui n’ont en tête que des intérêts économiques.

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You have been warned. In the very short term, a large part of the world’s glaciers will have disappeared, which will cause serious problems for the populations who depend on the water they reject, not to mention the major social, economic and migratory consequences at the scale of the planet. A study published by the International Union for the Conservation of Nature (IUCN) in late April 2019 indicates that if greenhouse gas emissions continue at the current rate, glaciers could disappear completely by 2100 from nearly the half of UNESCO World Heritage sites.
According to the authors of the study, 19,000 glaciers, or 9% of the world’s glaciers, are on World Heritage sites. Some of these glaciers are among the most iconic in the world, such as the Aletsch Glacier in the Swiss Alps, the Khumbu Glacier in the Himalayas or the Jakobshavn in Greenland.
The study states that 33% to 60% of the total ice volume in 2017 in UNESCO World Heritage Sites will be gone by 2100. The percentage will depend on the evolution of greenhouse gas emissions.
If greenhouse gas emissions continue to increase as in recent decades, scientists predict the disappearance of glaciers by the end of the 21st century in 21 of the 46 natural World Heritage sites. IUCN says that even in a low emission scenario meeting the objectives of the Paris Climate Agreement, 8 of the 46 UNESCO World Heritage Sites will see their glaciers disappear by 2100. Related to these warnings issued by glaciologists and IUCN, CO2 emissions in the atmosphere are currently more than 414 ppm at the summit of Mauna Loa in Hawaii.
According to the study, several UNESCO World Heritage sites will be strongly affected by rising temperatures in the coming years. The Los Glaciares National Park (Argentina), home to some of the world’s largest glaciers, is expected to record a significant ice loss of about 60% of current levels. In North America, the Waterton-Glacier International Peace Park (straddling the United States-Canada border), Rocky Mountain National Park (Canada) and the Olympic National Park (Washington State / United States) are likely to lose more than 70% of their ice by 2100. In Europe, the disappearance of small glaciers is expected in the Pyrenees on Mount Perdu, between France and Spain, by 2040.
Source: IUCN.

I need to remind you that my role is to launch alerts and not to suggest solutions. It is up to our leaders to put forward solutions to fight against global warming.  It is also the purpose of the Conferences Of Parties (COP). Unfortunately the presence of heads of state is becoming increasingly rare ….

Tous les grands glaciers (Aletsch en Suisse, Athabasca au Canada, Columbia en Alaska) sont menacés de disparition. (Photos: C. Grandpey)

Météo et climat, ne pas confondre ! // Weather and climate should not be confused

On l’entend tous les jours : Il suffit de la moindre vague de froid ou que la température chute de quelques degrés pour que se manifestent des climatosceptiques qui viennent nier la réalité du réchauffement climatique. Ils le font, même lorsque la planète dans sa globalité est en plein coup de chaud comme c’est le cas en ce moment.

Souvenez-vous : Donald Trump – qui n’est pas forcément le meilleur exemple d’intelligence – avait pris l’exemple d’une météo frileuse pour remettre en cause la réalité du réchauffement climatique. Un tel comportement revient très exactement à nier que la Terre est ronde avec pour seul argument qu’elle ne donne pas l’impression d’être ronde en regardant autour de soi !

Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de faire la différence entre le climat – qui est global – et la météo – qui est locale. Nous en avons aujourd’hui un exemple criant: alors que l’Europe et l’Amérique du Nord font face à une vague de froid inhabituelle pour la saison, le reste de la planète est bel et bien en surchauffe, comme le prouve l’image ci-dessous qui n’a pas été trafiquée par quelque logiciel, comme c’est la mode aujourd’hui. Elle présente les anomalies de température constatées (en °C) le 10 mai 2019 par rapport à une moyenne calculée sur la période 1979 – 2000 pour la même journée. On aboutit à une constatation identique si on regarde des cartes présentant les anomalies de température pour la semaine passée ou le mois dernier, par rapport à une moyenne établie entre 1981 et 2010.

Cette image suffit à démontrer de manière très claire que la sensation de froid que l’on éprouve à un moment donné, à un endroit donné, n’est pas forcément révélatrice d’une tendance générale ou globale. C’est  la différence entre la météo (locale) et le climat (global). S’il fait plus frais que d’ordinaire en France, aux États-Unis et en Australie, c’est loin d’être le cas partout. Ainsi, le Canada, le Groenland, l’ouest de la Russie, l’Afrique et l’Amérique latine ont plus chaud que d’ordinaire pour la même époque. Globalement, la température moyenne à la surface du globe est de 0,6°C supérieure à la moyenne en ce moment même.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le mois d’avril 2019 a été le 2ème plus chaud jamais enregistré sur Terre.

Force est de constater – les climatosceptiques ne pourront pas aller contre les statistiques – que chaque année la tendance au réchauffement de la planète se renforce. L’année 2018 a ainsi été la plus chaude jamais enregistrée en France et les quatre dernières années ont été les quatre plus chaudes jamais enregistrées à la surface du globe Il est fort à parier que l’année 2019 suivra cette tendance globale. Au moment où j’écris ces lignes, 2019 est la deuxième année la plus chaude des archives. Rien n’incite à penser aujourd’hui que le réchauffement en cours est en passe de s’arrêter, bien au contraire. Les modèles climatiques les plus récents montrent que le réchauffement pourrait être plus important que prévu…

Source ; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.

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We can hear it every day: The slightest cold wave or the slightest drop of temperature pushes climateosceptics to deny the reality of global warming. They do it, even when the planet as a whole is getting warmer, as it is right now.
Remember: Donald Trump – who is not necessarily the best example of intelligence – had taken the example of a chilly weather to question the reality of global warming. Such behaviour amounts exactly to denying that the Earth is round with the only argument that it does not kook round while looking around!
I can not stress enough the importance of differentiating between the climate – which is global – and the weather – which is local. Today we have a shining example: while Europe and North America are facing an unusually cold snap for the season, the rest of the world is overheating, as proves the image below that has not been tampered with by any software, as is the fashion today. It shows the observed temperature anomalies (in degrees Celsius) on May 10th, 2019 compared to an average calculated over the period 1979 – 2000 for the same day. The same conclusion can be observed if we look at maps showing temperature anomalies for the past week or last month, compared to an average between 1981 and 2010.
The image below is enough to show very clearly that the feeling of cold that one experiences at a given moment, at a given place, is not necessarily indicative of a general or global tendency. This is the difference between (local) weather and (global) climate. If it is cooler than usual in France, the United States and Australia, this is far from the case everywhere. For example, Canada, Greenland, West Russia, Africa and Latin America are warmer than usual for the same period. Overall, the average global surface temperature is 0.6°C above average at this very moment.
As I put it earlier, the month of April 2019 was the 2nd hottest ever recorded on Earth.
It is clear –  climateosceptics can not go against statistics – that every year the global warming trend gets stronger. The year 2018 was the hottest ever recorded in France and the last four years were the four hottest ever recorded on the surface of the globe It is highly likely that the year 2019 will follow this global trend. At the time of writing, 2019 is the second hottest year of the archive. There is no reason to think today that the current warming is about to stop, on the contrary. The most recent climate models show that the warming could be more significant than imagined already …
Source; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.

Les anomalies de température enregistrées le 10 mai 2019 montrent que le froid ressenti localement dans certaines régions n’est pas un phénomène global (Source : NOAA)