Confirmation de la fonte des glaciers islandais // Confirmation of the melting of Icelandic glaciers

Ce n’est pas vraiment une surprise, mais il est utile de le rappeler. Comme leurs homologues ailleurs dans le monde, les glaciers islandais fondent à une vitesse impressionnante. Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », j’explique qu’ils couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Beaucoup d’entre eux ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres.

Le célèbre Jökulsarlon n’aura probablement plus le même aspect dans les prochaines décennies et il y a de fortes chances pour que le Vatnajökull ne vienne plus déverser ses icebergs dans le lagon glaciaire.

En 2019, la presse internationale a publié un avis de décès à propos d’un glacier islandais, l’Okjökull, qui avait cessé de vivre dans l’ouest de l’île. Une plaque commémorative en lettres d’or,rédigée en islandais et en anglais, a été inaugurée le 18 août 2019 sur le site du glacier, à l’attention des futures générations.

Un article paru dans la revue islandaise Jökull confirme que les glaciers de ce pays perdu environ 750 km2 de surface depuis le début des années 2000, soit 7 % de leur superficie totale, sous l’effet du réchauffement climatique. Au total, la surface des glaciers islandais, qui recouvrent encore un peu plus de 10 % du pays, est tombée en 2019 à 10 400 km2.

Depuis 1890, la superficie occupée par les glaciers a reculé de près de 2 200 km2, soit 18 %, mais près d’un tiers de ce recul a eu lieu depuis 2000. Le retrait constaté en deux décennies représente presque la superficie totale de l’Hofsjökull (810 km2), troisième plus grande calotte glaciaire de l’Islande.

La dernière étude est une contribution des scientifiques islandais au prochain rapport d’évaluation du Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) dont la publication est prévue pour 2022.

Les glaciers de l’Alaska, des Alpes et d’Islande font partie de ceux qui ont rétréci le plus vite dans le monde ces dernières années. Les quelque 220 000 glaciers de la planète ont perdu 267 milliards de tonnes de glace en moyenne par an entre 2000 et 2019. Le rythme annuel s’est accéléré de 30 % en deux décennies et frôle désormais les 300 milliards de tonnes.

Que ce soit dans les Alpes ou en Alaska, les glaciers sont victimes du réchauffement climatique (Photos : C. Grandpey)

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The piece of news does not come as a surprise, but it is worth remembering. Like their counterparts elsewhere in the world, Icelandic glaciers are melting at an impressive rate. During my « Glaciers at Risk » conference, I explain that they cover 12% less than we thought. Many of them have retreated several hundred metres, some even several kilometres.

The very popular Jökulsarlon will probably not look the same in 4 or 5 years and there is a good chance that it will no longer calve again in the glacial lagoon.

In 2019, the international press published a death notice about an Icelandic glacier, Okjökull, which had ceased to live in the west of the island. A commemorative plaque in letters of gold, titled in Icelandic and English, was unveiled on August 18th, 2019 at the site of the glacier, for the attention of future generations.

An article in the Icelandic journal Jökull confirms that the glaciers in this country have lost around 750 km2 of surface area since the early 2000s, or 7% of their total area, under the effect of global warming. In total, the surface of Icelandic glaciers, which still cover just over 10% of the country, fell in 2019 to 10,400 km2. Since 1890, the area occupied by glaciers has fallen by nearly 2,200 km2, or 18%. But almost a third of that decline has taken place since 2000. The two-decade retreat represents almost the total area of ​​Hofsjökull (810 km2), Iceland’s third largest ice sheet.

The latest study is a contribution by Icelandic scientists to the next assessment report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) scheduled for publication in 2022.

The glaciers of Alaska, the Alps and Iceland are among the fastest shrinking in the world in recent years. The approximately 220,000 glaciers on the planet lost 267 billion tonnes of ice on average per year between 2000 and 2019. The annual rate has accelerated by 30% in two decades and is now close to 300 billion tonnes.

Les glaciers de Thomas Pesquet // Thomas Pesquet’s glaciers

Thomas Pesquet nous gâte. Il diffuse régulièrement des images de la Terre vue depuis la Station Spatiale Internationale. Il nous permet admirer à la fois la beauté de notre planète et ce qu’elle a d’inquiétant.

En mettant en ligne des photos superbes du glacier Upsala en Amérique du Sud, le spationaute français met en évidence ces deux facettes de la Terre : beauté et inquiétude.

Le glacier vu depuis le ciel est à la fois majestueux, avec ses lentes vagues de glace qui se déversent dans une eau dont la teinte de bleu trahit la température, mais est aussi inquiétante. Partout, les glaciers reculent, ce qui est tout à fait visible depuis l’espace, non seulement à l’œil nu, mais surtout grâce aux satellites d’observation dont les instruments spécialisés et les orbites répétitives permettent aux scientifiques de confirmer le réchauffement climatique.
Les photos de Thomas Pesquet du glacier Upsala me rappellent les glaciers du Groenland et d’Alaska que j’ai eu la chance de survoler à plusieurs reprises. Mes photos et les images satellites de la NASA montrent à quel point la situation est catastrophique.

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Thomas Pesquet spoils us. He regularly releases images of the Earth seen from the International Space Station. He allows us to admire both the beauty of our planet and what is disturbing about it.

While showing superb photos of the Upsala Glacier in South America, the French astronaut highlights these two facets of the Earth: beauty and worry. The glacier seen from the sky is at the same time majestic, with its slow waves of ice which end up in a water whose shade of blue betrays the temperature, but is also disturbing.

Glaciers are retreating everywhere, which is quite visible from space, not only to the naked eye, but above all thanks to observation satellites whose high tech instruments and repetitive orbits allow scientists to confirm global warming.

Thomas Pesquet’s photos of the Upsala Glacier remind me of the glaciers of Greenland and Alaska that I have been lucky enough to fly over several times. My photos and NASA satellite images show how disastrous the situation is.

Le glacier Upsala vu par Thomas Pesquet

Glacier au Groenland (Photo : C. Grandpey)

Image satellite du glacier Columbia (Alaska) [Source : NASA]

Conférences

Pour cause de COVID-19 et des restrictions sanitaires qui y sont liées, mes conférences  prévues à Argenton-sur-Creuse, Issoudun et Montluçon ont été reportées.

Si tout va bien, ma conférence « Volcans et Risques Volcaniques » aura lieu à Argenton le 6 octobre 2021. J’interviendrai sur le même thème le 9 mai 2022 à Cognac (Charente).

Les dates concernant Issoudun  (Volcans) et Montluçon (Volcans, puis Glaciers) seront communiquées ultérieurement.

La fonte des glaciers et de la banquise fait se déplacer l’axe de la Terre ! The melting of glaciers and ice sheets shifts Earth’s axis

Une étude publiée en mars 2021 nous apprend que la fonte de la banquise au niveau des pôles a fait se déplacer l’axe de rotation de la Terre, ce qui a donc modifié la position des pôles nord et sud. L’axe de rotation de la Terre est la ligne invisible autour de laquelle tourne notre planète, avec les pôles nord et sud à ses extrémités. L’axe et ses pôles se déplacent en fonction de la répartition des masses à la surface de la Terre. La fonte des glaciers a suffisamment modifié cette répartition au cours des 25 dernières années pour faire de déplacer la Terre sur son axe. Ainsi, depuis 1980, les pôles nord et sud ont chacun dérivé d’environ 4 mètres.

La conclusion de l’étude intitulée ”Polar Drift in the 1990s Explained by Terrestrial Water Storage Changes” [«La dérive polaire dans les années 1990 expliquée par les changements de stockage de l’eau sur Terre»] nous apprend que l’axe de rotation de la Terre a commencé à se déplacer rapidement en 1995, à tel point que la direction de cette dérive polaire a changé et s’est considérablement accélérée. C’est la fonte de la glace qui est responsable de ce changement. En effet, la fonte des glaces modifie la répartition du poids de la Terre.

On peut imaginer que la Terre tourne comme une toupie. Si le poids de la toupie est uniformément réparti, elle tourne parfaitement sur elle-même. En revanche, si une partie du poids se déplace d’un côté ou de l’autre, le centre de masse se trouve modifié, de même que l’axe de rotation de la toupie, ce qui la pousse à pencher vers le côté le plus lourd lorsqu’elle tourne. C’est la même chose pour la Terre lorsque la masse se déplace d’une zone vers une autre.

Parfois, les changements peuvent être provoqués par la répartition de la roche fondue dans le noyau externe de la Terre. Cela peut modifier la répartition de la masse de la planète. La façon dont l’eau est répartie à la surface de la Terre joue également un rôle important. Donc, si la glace stockée dans les glaciers et la banquise des régions polaires fond et devient de l’eau qui se jette dans l’océan, le poids de cette eau se déplace dans une zone différente.

Les auteurs de l’étude expliquent que la nouvelle répartition des masses est le principal moteur de la dérive polaire observée au cours des dernières décennies. La tendance a commencé vers 1995. Avant le milieu des années 1990, les données satellitaires montraient que les pôles se déplaçaient lentement vers le sud. Ensuite, ils ont tourné à gauche et ont commencé à se déplacer vers l’est à un rythme accéléré, à raison d’environ 2,5 millimètres par an. La vitesse moyenne de dérive des pôles entre 1995 et 2020 a été 17 fois plus rapide qu’entre 1981 et 1995. Cette accélération est parfaitement parallèle à l’accélération de la fonte de la glace au niveau des pôles nord et sud, provoquée par la hausse des températures à la surface des océans de la planète. La masse de glace perdue par le Groenland depuis 1992 a fait monter le niveau global de la mer d’un centimètre. La vitesse de la fonte de la glace a été multipliée par sept ; elle est passée de 36 milliards de tonnes par an dans les années 90 à 280 milliards de tonnes par an au cours de la dernière décennie. La fonte des glaciers de l’Antarctique s’accélère elle aussi. Dans les années 1980, l’Antarctique a perdu 40 milliards de tonnes de glace par an alors que dans la dernière décennie on est passé à une moyenne de 252 milliards de tonnes par an.

La nouvelle étude montre que les changements dans la quantité d’eau douce stockée sous terre affectent également la dérive polaire. Une fois que ces eaux souterraines sont pompées vers la surface pour être utilisées comme eau potable ou pour l’agriculture, elles finissent par s’écouler dans les rivières et les océans, ce qui redistribue ce poids d’eau à la surface de la Terre.

L’axe de rotation de la Terre est différent de ceux de Mercure ou de Jupiter car l’axe de notre planète est incliné à un angle de 23,5 degrés. C’est la raison pour laquelle les hémisphères nord et sud reçoivent des quantités variables de lumière solaire à différentes périodes de l’année, avec pour conséquences des saisons différentes. Le récent changement d’orientation de l’axe de la Terre n’affectera pas notre vie quotidienne, mais il se pourrait qu’il modifie légèrement la durée de nos jours. La Terre met 24 heures pour effectuer une rotation, mais le mouvement de son axe, et donc de ses pôles, pourrait ajouter quelques millisecondes à ce temps de rotation, allongeant ainsi un peu la durée de nos journées !

Source: Business Insider.

Vous pourrez lire l’étude complète en cliquant sur ce lien :

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2020GL092114

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A recent study published in March 2021 suggests that melting ice from polar glaciers has shifted Earth’s axis, which means it has changed where the north and south poles are located.

Earth’s axis is the invisible line around which it spins, with the the north and south poles at its ends. The axis, and thus the poles too, shift depending on how weight is distributed across Earth’s surface. Melting glaciers have changed that distribution over the last 25 years, enough to knock Earth off its axis. Since 1980, Earth’s north and south poles have each drifted about 4 metres.

The conclusion of the study entitled ”Polar Drift in the 1990s Explained by Terrestrial Water Storage Changes” tells us that Earth’s axis started shifting so drastically in 1995 that the direction of that polar drift changed and sped up considerably. The culprit behind that shift is the melting glaciers. Indeed, melting ice changes how Earth’s weight is distributed

One can imagine the Earth as a spinning top: If the top’s weight is evenly distributed, it whirls perfectly. But if some of weight happens to shift to one side or the other, this changes the top’s centre of mass and axis of rotation, leading it to lean toward the heavier side as it spins. The same thing happens to the Earth when weight moves from one area to another.

Sometimes, the changes can be caused by the distribution of molten rock in Earth’s outer core. This can alter how the planet’s mass is distributed. The way water is distributed on Earth’s surface also plays a big role. So if water that was frozen in glaciers in the planet’s polar regions melts and joins the ocean, the weight of that water gets spread across a different area.

The authors of the study explain that redistribution is the main driver of the polar drift scientists have observed in the last few decades.

The trend started around 1995. Before the mid-1990s, satellite data showed the poles were moving slowly south. But then they turned left and started shifting to the east at an accelerated rate, moving by about 2.5 millimetres per year. The poles’ average drift speed between 1995 and 2020 was 17 times faster than that from 1981 to 1995.

That acceleration aligns with accelerated melting around the north and south poles, which has been driven by the planet’s rising surface and ocean temperatures. The mass of ice lost by Greenland since 1992 has raised global sea levels by 1 centimetre. The rate of that melt increased seven-fold, from 36 billion tons per year in the 1990s to 280 billion tons per year in the last decade. Antarctica’s glacial melting is also speeding up. In the 1980s, Antarctica lost 40 billion tons of ice annually whereas in the last decade, that number jumped to an average of 252 billion tons per year.

The new study suggests that changes in how much fresh water is stored underground affects polar drift. Once this groundwater is pumped up to the surface for use as drinking water or for agriculture, it eventually flows into rivers and oceans, redistributing that water weight on Earth’s surface

Earth’s axis of rotation is different from the axes of Mercury or Jupiter as our planet’s axis is tilted at an angle of 23.5 degrees. It is the reason why the northern and southern hemispheres get varying amounts of sunlight at different times of the year, which is why we have seasons.

The recent change to Earth’s axis won’t affect our everyday lives, but it could slightly tweak the length of our days. Earth takes 24 hours to complete one rotation. But the movement of its axis, and therefore its poles, could add milliseconds to that spin time, making our days a tiny bit longer.

Source: Business Insider.

You can read the complete study by clicking on this link :

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2020GL092114

 

L’angle d’inclinaison de l’axe de la Terre est d’environ 23°4 par rapport à la verticale (Source: Wikipedia). Pour être précis, il est actuellement  de 23,43651°.