Réchauffement climatique, glaciers et volcans islandais // Global warming, Icelandic glaciers and volcanoes

drapeau francaisC’est un phénomène bien connu: avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, la croûte terrestre a tendance à se soulever. Ce phénomène a été confirmé par une équipe de chercheurs de l’Université de l’Arizona dans une étude financée par la National Science Foundation et le Centre Islandais pour la Recherche. Les chercheurs ont découvert que la croûte sous l’Islande se soulève au fur et à mesure que le réchauffement climatique fait fondre les vastes calottes glaciaires de l’île.
Quelque 300 glaciers couvrent environ 10% de la surface de l’Islande et ces glaciers perdent environ 11 milliards de tonnes de glace par an. Avec cette perte de poids, la terre sous-jacente décompresse peu à peu. Les résultats de l’étude, à paraître dans un prochain numéro de la Geophysical Research Letter, montrent pour la première fois que « le rapide soulèvement actuel de la croûte islandaise est le résultat de la fonte accélérée des glaciers de l’île. »
Selon les chercheurs, le soulèvement coïncide avec le début de réchauffement climatique il y a une trentaine d’années. Ils ont d’abord utilisé la technologie GPS pour mesurer le soulèvement en 2006. Ils ont ensuite installé 62 stations GPS à travers l’Islande et ont regardé à quelle vitesse ces stations GPS se soulevaient à travers le temps. Ils ont été vraiment surpris par la vitesse à laquelle certains sites islandais se soulevaient. Non seulement les sites en Islande centrale et méridionale se soulevaient très rapidement, mais le déplacement s’accélérait d’année en année. Certains sites connaissaient une hausse atteignant 3,5 centimètres par an.
Le résultat de cette étude est important car des recherches précédentes ont montré une correspondance directe en Islande entre ce soulèvement de la croûte et l’activité volcanique. En effet, au fur et à mesure que les glaciers fondent, la pression exercée sur les roches sous-jacentes diminue. Des roches à très hautes températures peuvent demeurer dans leur phase solide si la pression est suffisamment élevée. Quand la pression diminue, leur température de fusion fait de même. La charge qui pèse sur le réservoir magmatique se trouve alors allégée et les forces qui s’exercent sur lui se relâchent, provoquant des éruptions. Cependant, rien ne prouve qu’il existe un lien entre l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010 ou l’éruption dans Holuhraun et le soulèvement de la croûte terrestre en Islande.
Sources: Fox News & Daily Kos.

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drapeau anglaisIt is a well-known story : with global warming and the melting of glaciers, the Earth’s crust is rising. This phenomenon has been confirmed by a University of Arizona research team in a study financed by the National Science Foundation and the Icelandic Center for Research. The researchers discovered that the crust under Iceland is rebounding as global warming melts the island’s great ice caps.

About 10% of Iceland’s surface area is covered by about 300 different glaciers which are losing an estimated 11 billion tons of ice per year. As that weight flows away, the underlying land decompresses a bit. The team’s paper, which can be found in an upcoming issue of Geophysical Research Letter, is the first to show “the current fast uplift of the Icelandic crust is a result of the accelerated melting of the island’s glaciers.”

According to the research, the rising coincides with the onset of warming that began about 30 years ago. The scientists first began using GPS technology to measure the uplift in 2006. They used 62 GPS stations located all across Iceland and looked at how fast those GPS stations were moving upward through time. What really surprised them was the speed at which some sites in Iceland were rising. They were not only moving upward very rapidly in the central and southern part of the island, but they were moving faster and faster each year. Some sites were rising as much as 3.5 centimetres a year.

This is important because previous research has shown a direct correspondence in Iceland between this motion upward and volcanic activity. Indeed, as the glaciers melt, the pressure on the underlying rocks decreases. Rocks at very high temperatures may stay in their solid phase if the pressure is high enough. As you reduce the pressure, you effectively lower the melting temperature. The pressure on the magma chamber decreases and causes eruptions. However, there is nothing to prove there exists a link between the 2010 Eyjafjallajökull eruption and the Holuhraun eruption, and the uplift of the Earth’s crust in Iceland.

Sources: Fox News & Daily Kos.

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Vue du Vatnajökull  (Photo:  C. Grandpey)

En route pour un 21ème siècle de chaleur? // On the way to a warm 21st century?

drapeau francaisCette semaine, deux titres de l’Alaska Dispatch News, le journal le plus lu en Alaska, ont attiré mon attention : « 2014 a été l’année la plus chaude de tous les temps pour une grande partie de l’Alaska » et « 2014 la deuxième année la plus chaude dans l’histoire de la Finlande ».

Beaucoup de gens me diront que cela ne paraît guère possible dans une région du monde où les températures sont capables de plonger à -40°C, voire moins.  Je leur ferai remarquer que ce ne sont pas les relevés ponctuels qu’il faut prendre en compte pour apprécier l’évolution du climat, mais les données globales telles qu’elles ont été fournies tout au long de l’année.

En Alaska, 2014 a été l’année la plus chaude de tous les temps pour un grand nombre de localités situées à l’ouest d’une ligne allant d’Anchorage à Barrow, à commencer par la capitale Anchorage. Dans l’intérieur et le sud-est de l’Etat, les stations météo ont relevé des températures parmi les plus élevées de leur histoire.

Certains climatologues font toutefois remarquer que l’Alaska couvre une superficie de 1 717 854 km² et que certaines régions ne sont pas couvertes par les stations météo ; il est donc impossible d’en connaître les variations de température. Malgré cela, il ne fait aucun doute que la température globale de l’Alaska en 2014 fait partie des plus chaudes jamais relevées et rejoint les années 1926,1940 et 1993.

De nos jours, afin de mieux couvrir l’Alaska, l’Institut Géophysique Universitaire et le National Weather Service ont divisé l’Etat en 13 régions climatiquement homogènes. Avec cette nouvelle méthode, 2014 arrive en deuxième position après 1940. De son côté, la National Oceanic and Atmospheric Administration a indiqué que 2014 était, selon ses calculs, l’année la plus chaude de tous les temps.

En Finlande, le Finnish Meteorological Institute indique que 2014 arrive en deuxième position après 1938 dans le classement des années les plus chaudes, avec 0,15°C de moins que cette dernière. Le classement complet est le suivant : 1938, 2014, 1989, 2011 et 2000. Les météorologues finlandais font remarquer que les mois les plus chauds ont été février, mars, juillet et août 2014, ainsi que début décembre. Le pays a connu une période de chaleur de 50 jours, soit 14 jours de plus que la normale, avec une pointe à 32,8°C le 4 août à Pori, dans l’ouest. La journée la plus froide a été observée dans le nord, à Kevojärvi, avec -40,7°C.

Le réchauffement climatique n’est peut-être pas lié aux volcans – même si certaines éruptions volcaniques majeures peuvent l’atténuer ponctuellement – mais il nous concerne tous. Mes déplacements à travers la planète m’ont permis d’observer des changements alarmants en particulier dans l’univers glaciaire. C’est pour cela qu’à mon modeste niveau je tire la sonnette d’alarme. Comme l’a écrit Saint Exupéry en faisant écho à un vieux proverbe amérindien: « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».

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drapeau anglaisThis week, two headlines of the Alaska Dispatch News, the most widely read newspaper in Alaska, caught my attention: « 2014 was warmest year on record for much of Alaska » and « 2014 the second hottest year in Finnish history. »
Many people will tell me that this hardly seems possible in a region where temperatures can dip to -40 ° C or less. I will answer them that one-time readings should not be taken into account to value climate change, but the overall data that were provided throughout the year.
In Alaska, 2014 was the warmest year of all time for a large number of communities to the west of a line from Anchorage to Barrow, starting with Anchorage, the capital. In the interior and the southeast of the State, the weather stations have recorded temperatures among the highest in their history.
Some climatologists, however, notice that Alaska covers an area of 1,717,854 km² and certain areas are not equipped with weather stations; so it is impossible to know their temperature changes. Despite this, there is no doubt that the global temperature of Alaska in 2014 was one of the hottest ever recorded together with the years 1926.1940 and 1993.
Nowadays, to better cover Alaska,  the Geophysics Institute and the National Weather Service have divided the State into 13 climatically homogeneous regions. With this new method, 2014 ranks second after 1940. For its part, the National Oceanic and Atmospheric Administration reports that 2014 was, according to its calculations, the warmest year of all time.

In Finland, the Finnish Meteorological Institute says that in 2014 ranked second after 1938 in the list of the warmest years, with 0.15 ° C less than its predecessor. The complete ranking is as follows: 1938, 2014, 1989, 2011 and 2000. The Finnish meteorologists point out that the warmest months were February, March, July and August 2014 and early December. The country experienced a heat of 50 days, 14 days longer than normal, with a peak of 32.8 ° C on August 4th in Pori, western Finland. The coldest day was observed in the north, at Kevojärvi, with -40.7 ° C.

Global warming may not be linked to volcanoes, even though major volcanic eruptions may sometimes alleviate the phenomenon, but we should all feel concerned. My journeys across the planet allowed me to observe dramatic changes, mostly in the universe of glaciers. This is the reason why, at my modest level, I alert people to the emergency of the situation. As Saint Exupéry put it, copying an old Indian proverb:   « We do not inherit the earth from our ancestors, we borrow it from our children. »

…et, pendant ce temps, les glaciers fondent, en Alaska…

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…ou au Canada!

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(Photos: C.  Grandpey)

Ma Transcanadienne de Vancouver à Toronto: 2) L’Alberta

Une fois la Colombie Britannique traversée, la route a commencé à s’élever en s’approchant des premiers contreforts des Montagnes Rocheuses. J’avais hâte de retrouver les paysages glaciaires que j’avais eu l’occasion d’admirer en 2005 lors d’un précédent voyage dans cette région. Le recul des glaciers sous l’effet du réchauffement climatique est aussi visible dans les Rocheuses qu’en Alaska. La comparaison des photos ne laisse aucun doute. Le recul est particulièrement visible sur le glacier d’Athabasca qui a perdu plusieurs centaines de mètres pendant les 9 années écoulées. En 2005, j’avais pu marcher sur la langue glaciaire, ce qui est tout à fait impossible maintenant. Une dépression s’est creusée devant le glacier et le cours d’eau qui l’emprunte interdit tout passage. Une zone de sécurité avec un cordon de protection a d’ailleurs été mise en place pour empêcher tout accident.

La neige a fait son apparition à Jasper et à Banff pendant que je séjournais dans ces deux localités, avec une belle couche de 20 centimètres à Banff et dans les environs. Sous le soleil et le ciel bleu qui ont fait suite à cette perturbation hivernale, les paysages présentaient une grande beauté, que ce soit les sommets ou les lacs Louise, Peyto ou Moraine. Je comptais rencontrer quelques ours, mais ils n’ont pas daigné sortir de la forêt pour me saluer. Par contre, les mouflons et surtout les wapitis étaient souvent visibles le long des routes. C’est actuellement l’époque du rut chez les elk et les mâles sont particulièrement agressifs comme j’ai pu m’en rendre compte en approchant d’un peu trop près une bête aux bois superbes…!

L’évolution du glacier Athabasca au fil des ans:

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Le glacier aujourd’hui:

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D’autres glaciers suivent la même voie:

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Lac Peyto:

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Lac Moraine:

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Lac Louise:

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Après la neige…:

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Rencontres le long de la route:

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Monsieur est de mauvaise humeur ! :

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(Photos:  C.  Grandpey)

Les volcans font fondre les glaciers de l’Antarctique // Volcanoes are melting Antarctic glaciers

drapeau francaisDans une note publiée le 17 mai 2014, j’expliquais que la fonte des glaciers de l’Ouest Antarctique est en train de s’accélérer. Aujourd’hui, une nouvelle étude montre que les volcans sous-glaciaires et d’autres «points chauds» géothermiques contribuent à la fonte du glacier Thwaites. Des parties du glacier situées à proximité de zones géologiques d’origine volcanique fondent plus vite que les régions qui sont plus éloignées des points chauds. Cette fonte pourrait affecter de manière significative la perte de glace dans l’Ouest Antarctique.
Les chercheurs savent depuis longtemps que des volcans se cachent sous la glace de l’Antarctique occidental. Il s’agit d’une région sismiquement active, où l’Est et l’Ouest s’écartent l’un de l’autre. En 2013, une équipe scientifique a même découvert un volcan sous la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest (voir ma note du 21 Novembre, 2013).
L’ouest de l’Antarctique est également en train de perdre sa glace à cause du changement climatique et des études récentes ont suggéré qu’il n’existe aucun moyen d’inverser le recul des glaciers de cette région du globe. Toutefois, le délai de leur disparition est incertain: des centaines d’années? Des milliers d’années? Il est important de connaître la réponse, étant donné que l’eau de fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest contribue directement à l’élévation du niveau de la mer.
Les scientifiques utilisent des modèles informatiques pour tenter de prédire l’avenir de la couche de glace mais, jusqu’à présent, ils n’avaient pas réussi à comprendre le processus qui anime l’énergie géothermique sous-glaciaire. En effet, le volcanisme n’est pas uniforme et les points chauds géothermiques font fondre certaines régions plus rapidement que d’autres.
Pour essayer de comprendre le comportement de l’énergie géothermique sous-glaciaire, les chercheurs se sont appuyés sur une étude publiée en 2013 qui avait cartographié le système de chenaux sous le glacier Thwaites. En utilisant les données radar fournies par les satellites en orbite, ils ont pu déterminer les zones où ces flux sous-glaciaires étaient trop importants pour être expliqués par le seul flux en provenance de l’amont. Ils ont ensuite analysé la géologie sous-glaciaire de la région et ont constaté que les points où la glace fondait le plus vite se situaient essentiellement près des volcans connus ou supposés connus de l’Ouest Antarctique, ou à proximité d’autres points chauds. L’un d’eux se trouve à côté du Mont Takahe, un volcan qui émerge de la couche de glace.
Le flux thermique moyen minimum sous le Glacier Thwaites est de 114 milliwatts par mètre carré, avec quelques zones où l’on relève 200 milliwatts par mètre carré ou plus. En comparaison, le flux de chaleur moyen du reste des continents est de 65 milliwatts par mètre carré.
La fonte de la glace produite par les volcans sous-glaciaires pourrait accélérer l’écoulement de l’eau dans la mer. Pour comprendre à quel point les volcans sont responsables de cet écoulement et ce que cela signifie pour l’avenir de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest, les glaciologues et les climatologues devront inclure dans leurs modèles ces nouveaux paramètres qui sont plus précis que ceux en leur possession jusqu’à présent.

Source : Fox News.

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drapeau anglaisIn a note released on May 17th, 2014, I explained that the melting of West Antarctica glaciers was accelerating. Now, a new study finds that subglacial volcanoes and other geothermal « hotspots » are contributing to the melting of Thwaites Glacier. Areas of the glacier that sit near geologic features thought to be volcanic are melting faster than regions farther away from hotspots. This melting could significantly affect ice loss in the West Antarctic.

Researchers have long known that volcanoes are hiding under the ice of West Antarctica. This is a seismically active region, where East and West Antarctica are rifting apart. In 2013, a team of scientists even found a volcano beneath the West Antarctic Ice Sheet (see my note of November 21st, 2013).

West Antarctica is also losing its ice because of the climate change, and recent studies have suggested there is no way to reverse the retreat of West Antarctic glaciers. However, the timing of this retreat is still in question : Hundreds of years? Thousands of years? It is important to understand which, given that meltwater from the West Antarctic Ice Sheet contributes directly to sea level rise.

Scientists use computer models to try to predict the future of the ice sheet, but up to now, they had failed to understand the process of subglacial geothermal energy. Indeed, volcanism isn’t uniform as geothermal hotspots influence melting more in some areas than in others.

To try and understand subglacial geothermal energy, the researchers built on a previous study published in 2013 that mapped out the system of channels that flows beneath the Thwaites Glacier. Using radar data from satellites, they were able to figure out where these subglacial streams were too full to be explained by flow from upstream. Next, they checked out the subglacial geology in the region and found that fast-melting spots were disproportionately clustered near confirmed West Antarctic volcanoes, suspected volcanoes or other presumed hotspots. One of them is next to Mount Takahe, which is a volcano that sticks out of the ice sheet.

The minimum average heat flow beneath Thwaites Glacier is 114 milliwatts per square metre, with some areas giving off 200 milliwatts per square metre or more. In comparison, the average heat flow of the rest of the continents is 65 milliwatts per square metre.

The melt caused by subglacial volcanoes could lubricate the ice sheet from beneath, hastening its flow toward the sea. To understand how much the volcanic melt contributes to this flow and what that means for the future of the West Antarctic Ice Sheet, glaciologists and climate scientists will have to include the new, more accurate findings in their models.

Source : Fox News.

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Source:  British Antarctic Survey.