Glaciers : Chronique d’une mort annoncée // Glaciers : The chronicle of a death foretold

drapeau-francaisCe n’est un secret pour personne : Sous l’effet du réchauffement climatique, les glaciers fondent à une vitesse vertigineuse à travers le monde. Pendant qu’il en est encore temps, des scientifiques ont commencé à prélever des carottes de glace dans le glacier du col du Dôme, dans le massif du Mont-Blanc. Ces échantillons vont servir à constituer un patrimoine pour les générations scientifiques futures.

Selon Jérôme Chappellaz, glaciologue et directeur de recherche au laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement, « d’ici la fin du 21ème siècle, tous les glaciers en dessous de 3 500 mètres d’altitude auront disparu » en raison du réchauffement climatique. Ce projet de prélèvement d’échantillons de glace a été mis sur pied car « la mémoire glacée de la planète est en danger » alors qu’elle recèle « énormément d’informations », notamment sur « l’évolution du climat, la composition de l’atmosphère, l’évolution des gaz à effet de serre ».

Cette collecte de carottes de glace va se poursuivre à travers le monde et sera achevée, selon le glaciologue, d’ici une vingtaine d’années.

Source : France Info.

Je ne peux que confirmer les propos de Jérôme Chappellaz. J’ai eu l’occasion d’exprimer mon inquiétude après avoir visité le Glacier des Bossons et survolé les autres glaciers de nos Alpes. A mon modeste niveau, je tire la sonnette d’alarme de manière répétée. Au cours de mes pérégrinations à travers la planète, j’ai eu l’occasion d’observer les preuves de la catastrophe qui se profile dans les prochaines décennies. Mettant quelque peu les volcans entre parenthèses, je retourne prochainement en Alaska où cette fonte est spectaculaire. J’espère pouvoir rapporter des clichés afin de sensibiliser les visiteurs de mon blog aux problèmes qui nous guettent. Qui dit fonte des glaciers dit problèmes d’alimentation en eau, en électricité et en irrigation des cultures, etc. Sans parler des stations de sport d’hiver qui ne pourront même plus avoir recours à la neige artificielle pour compenser l’absence de neige naturelle…

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drapeau-anglaisIt is no secret: Under the effect of global warming, glaciers are melting at high speed around the world. While there is still time, scientists have started to collect ice cores from the glacier du col du Dôme, in the Mont-Blanc. These ice samples will be used as a testimony for future generations of scientists.
According to Jerome Chappellaz, a glaciologist and research director at the Laboratory of Glaciology and Geophysics of the Environment, « by the end of the 21st century, all glaciers below 3,500 metres will have disappeared » due to the warming climate. The proposed collection of ice samples was decided because « the ice memory of the planet is in danger » when it contains « a lot of information, » including « climate change, the composition of the atmosphere, changing greenhouse gases.  »
This collection of ice cores will continue around the world and will be completed according to the glaciologist, by twenty years.
Source: France Info.

I can only confirm what Jerome Chappellaz said on the radio. I had the opportunity to express my concern after visiting the Glacier des Bossons and flying over the other glaciers of the Alps. At my modest level, I have repeatedly sounded the alarm. During my journeys across the world, I had the opportunity to observe the evidence of the disaster that will take place in the coming decades. Putting aside volcanoes for a few weeks, I will soon return to Alaska where glacier melting is dramatic. I hope to bring back photos to sensitize visitors to my blog to the problems to come. Glacier melting means water supply and electricity problems, no more crop irrigation, etc. Not to mention the winter sports resorts that will no longer be able to resort to artificial snow to make up for the lack of natural snow …

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Glacier des Bossons (Alpes françaises) : Une espèce en voie de disparition.

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Glacier Worthington (Alaska) : Un recul spectaculaire.

(Photos: C. Grandpey)

La Nature peut sourire ! // Nature can smile !

drapeau-francaisCes jours-ci, on voit passer en boucle sur les réseaux sociaux une image du petit cratère situé dans la partie ouest du Pu’uO’o à Hawaii. Réalisée depuis un hélicoptère de l’agence Paradise Helicopters, elle donne l’impression que le volcan est en train de sourire.

Personnellement, j’ai pris une photo assez semblable du glacier Worthington, près de Valdez en Alaska. Là aussi, la Nature avait l’air de se réjouir de ma présence…

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drapeau-anglaisThese days, one can see on social networks an image of the small crater located in the western part of Pu’uO’o volcano on Hawaii Big Island. Taken from a helicopter of the Paradise Helicopters agency, it gives the impression that the volcano is smiling.

Personally, I took a fairly similar picture of the Worthington Glacier near Valdez, Alaska. Again, Nature seemed pleased to see me…

Sourire 2

Image extraite d’une vidéo Paradise Helicopters.

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Glacier Worthington (Alaska) [Photo: C. Grandpey]

La fonte des glaciers menace le Pérou // Peru under the threat of its melting glaciers

drapeau francaisA cause du réchauffement climatique, la glace fond, modifiant les paysages et faisant apparaître bien des problèmes. Les célèbres neiges du Kilimandjaro ont perdu plus de 80 pour cent de leur surface depuis 1912. Dans certaines régions de l’Himalaya indien, les glaciers reculent si vite que les chercheurs pensent que la plupart des glaciers du centre et de l’est de la chaîne himalayenne pourraient avoir quasiment disparu en 2035. La banquise arctique s’est amincie de manière significative au cours du demi-siècle écoulé et son étendue a diminué d’environ 10 pour cent au cours des 30 dernières années. Les mesures à l’altimètre laser effectuées par la NASA montrent un rétrécissement des bordures de la calotte glaciaire du Groenland. Au printemps, la débâcle des rivières de l’hémisphère Nord se produit en moyenne neuf jours plus tôt qu’il y a 150 ans, et à l’automne l’embâcle intervient environ dix jours plus tard. Nous avons eu récemment un exemple de cela avec l’évacuation de la glace sur le Yukon et la Nenana en Alaska où la fonte du pergélisol a fait s’affaisser le sol de plus de 4 mètres dans certaines parties de l’Etat. De l’Arctique au Pérou, d’immenses champs de glace et de vastes étendues de glace de mer disparaissent à grande vitesse.
Selon les glaciologues, les plus hauts glaciers du monde, dans les Andes péruviennes, pourraient disparaître d’ici 40 ans. Le phénomène est susceptible d’entraîner des pénuries d’eau et des inondations catastrophiques qui menaceront les villes de ces montagnes.
Plus de 2500 glaciers ornent les sommets des Andes péruviennes. Environ 660 d’entre eux se trouvent dans la Cordillera Blanca. Les scientifiques font remarquer que le recul des glaciers menace le mode de vie de 2 millions de personnes vivant dans les vallées et dans les villes côtières qui dépendent de l’eau des glaciers. Au cours des 40 dernières années, les glaciers péruviens ont reculé d’au moins 34 pour cent.
Le changement climatique a fait apparaître un double problème: la pénurie d’eau et la menace des glaciers. En effet, l’avancée des glaciers déclenche des avalanches qui terminent leur course dans les lacs en aval, propulsant des vagues d’eau, de débris et de sédiments dans toute la vallée. Avec le changement climatique, avalanches et inondations glaciaires sont devenues plus fréquentes. La Laguna Pallqaqucha, un lac glaciaire (voir photos ci-dessous), atteint actuellement 34 fois son volume normal. Si la moraine qui le retient se rompt, 18 millions de mètres cubes d’eau et de débris inonderont  Huaraz, la capitale provinciale, et sa population de 120 000 habitants. On a recensé 10 à 14 lacs aussi dangereux dans toute la région. Il serait urgent d’y installer des systèmes d’alerte.
En dépit du fait que Huaraz a été inondée par le même lac en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.
La capitale Lima et sa population de 10 millions d’habitants dépendent de la fonte des glaciers andins pour  leur alimentation en eau. Lima est l’une des capitales les plus sèches au monde, avec seulement neuf millimètres de pluie par an. Plus de 1,5 millions d’habitants ne sont pas reliés à un système d’eau potable et certains quartiers ne reçoivent qu’une heure d’eau chaque jour.  La baisse de l’approvisionnement en eau en provenance des montagnes conjuguée à une augmentation de la population ont fait naître de graves préoccupations pour l’alimentation en eau à Lima dans les années à  venir.
Afin de trouver une solution au problème de l’eau, le gouvernement péruvien a proposé la construction d’une série de barrages sur la rivière Maranon, la principale source de l’Amazone, dans le cadre d’un grand projet hydroélectrique. Il a également suggéré de détourner l’eau vers Lima via un tunnel sous les Andes. Mais à cause de l’importance du Maranon pour le bassin de l’Amazone, le projet a suscité de vives critiques de la part des groupes environnementaux.
Sources: ABC News et journaux péruviens.

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drapeau-anglaisBecause of global warming, the ice is melting, changing landscapes and causing problems. The famed snows of Kilimanjaro have melted more than 80 percent since 1912. Glaciers in some parts of the Indian Himalayas are retreating so fast that researchers believe that most central and eastern Himalayan glaciers could virtually disappear by 2035. Arctic sea ice has thinned significantly over the past half century, and its extent has declined by about 10 percent in the past 30 years. NASA’s repeated laser altimeter readings show the edges of Greenland’s ice sheet shrinking. Spring freshwater ice breakup in the Northern Hemisphere now occurs nine days earlier than it did 150 years ago, and autumn freeze-up ten days later. We recently had an example of this with the record breakup of the Yukon and Nenana rivers in Alaska. Thawing permafrost has caused the ground to subside more than 4 metres in parts of Alaska. From the Arctic to Peru, massive ice fields and sea ice are fast disappearing.

According to glaciologists, the world’s highest glaciers, in the Peruvian Andes, might disappear within 40 years. In the process, the phenomenon is likely to deliver water shortages and catastrophic floods to towns in these mountains.

More than 2,500 glaciers slice through the mountain peaks of Peru. Around 660 of them lie in the Cordillera Blanca. Scientists warn the glacial retreat threatens the livelihoods of 2 million people living in the valleys below and in the desert coastal cities that rely on the glaciers’ water. In the last 40 years the glaciers have retreated at least 34 per cent.

Actually, climate change brings two types of problems: water shortages and hanging glaciers. Indeed, these glaciers slide and produce avalanches into the lakes below and push out the water, carrying debris, sediment and everything down the valley. With climate change, glacial avalanches and floods have become more frequent. Laguna Pallqaqucha, a glacial lake (see photos below), is currently 34 times its normal volume. If it bursts, 18 million cubic metres of water and debris will flood the provincial capital Huaraz and its population of 120,000. There are 10 to 14 similar dangerous lakes across the region. Early warning systems are urgently needed.

Despite the city being flooded by the same lake in 1941 and an avalanche destroying the nearby town of Yungay in 1970 with 23,000 casualties, monitoring systems have not been installed to alert the region’s towns of pending disaster.

Peru’s capital Lima and its population of 10 million people rely on the Andean glacial melt for the city’s water. Lima is one of the driest capitals in the world, receiving just nine millimetres of rainfall a year. More than 1.5 million people in the city are not connected to water and some districts receive only an hour’s supply each day. Less water supply coming from the mountains, plus an increasing population, give quite severe concern about water in Lima in the future.

As a solution to the potential water crisis, the Peruvian government has proposed a series of dams on the Maranon River, the main source of the Amazon, as part of a large hydropower scheme and also the diversion of water to Lima via a tunnel under the Andes.

But because of the Maranon’s importance to the Amazon, the project has drawn strong criticism from environmental groups.

Sources : ABC News and Peruvian newspapers.

Palcacocha_1939

La Laguna Pallqaqucha en 1939.

Palcacocha_2002

La Laguna Pallqaqucha en 2002

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Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

La glace de mer en Antarctique et dans l’Arctique // Sea ice in the Antarctic and the Arctic

drapeau-francaisUne nouvelle étude conduite par une équipe scientifique sous l’égide de la NASA et de la NOAA a identifié les causes des différences de comportement entre la glace de mer de l’Arctique et son homologue de l’Antarctique.

L’étendue de glace de mer au pôle nord a atteint sa surface la plus faible de tous les temps au cours des dernières années et elle s’est amincie de 65 pour cent entre 1975 et 2012. Dans le même temps, l’Antarctique a augmenté sa couverture de glace en dépit des inquiétudes qui sont apparues quant à la fonte de ses glaciers.
En utilisant des données thermiques, topographiques, et bathymétriques, l’équipe scientifique a identifié les raisons de la préservation de la glace de mer en Antarctique. Ils ont découvert que la profondeur de l’océan dans la région et certaines caractéristiques à la surface du continent avaient un impact sur la circulation des vents et des courants océaniques, de telle manière que la production et la protection de la glace de mer n’étaient pas affectées. Dans le même temps, des conditions très différentes dans l’Arctique entraînaient la fonte de la glace de mer.
En utilisant les données fournies par le satellite QuikScat de la NASA, lancé en 1999, les scientifiques ont analysé la formation et la trajectoire suivie par la glace de mer en Antarctique, ainsi que les différents types de couverture de glace dans l’Océan Austral. La conclusion de l’étude est que les vents poussent et installent la glace de mer autour du continent pendant sa période de formation entre Juin et Septembre, ce qui entraîne la formation d’une Grande Zone Bouclier (Great Shield Zone / GSZ) qui protège la jeune glace qui se trouve à l’intérieur.
La GSZ ainsi formée s’étend sur une largeur de 100 à 1000 kilomètres et empêche que la nouvelle glace soit brisée par les éléments. La situation géographique de la GSZ correspond également au front sud du courant circumpolaire antarctique qui marque la frontière qui entre les eaux froides et les eaux chaudes près du continent austral. Le contact avec des eaux plus froides favorise la stabilité de la GSZ et permet à la nouvelle glace de se développer rapidement.
La Grande Zone Bouclier (GSZ) offre des conditions pratiquement opposées à celles de la zone où se forme la glace de mer dans l’Arctique. Dans les hautes latitudes, on a affaire à une zone de formation glace peu épaisse, facilement perturbée par le vent et les vagues et soumise à des eaux plus chaudes que la GSZ. La distribution des vents de l’Arctique peut également faire se déplacer la glace en cours de formation vers des secteurs plus chauds de l’océan, où elle va forcément fondre.
En dépit de ces explications sur la formation de la glace de mer en Antarctique, les scientifiques sont inquiets quand ils observent les températures record enregistrées à travers le monde et la fonte continue des grands glaciers. Ils se posent des questions sur le comportement de la glace en Arctique et en Antarctique dans les années à venir et sur son impact sur l’élévation du niveau des océans. Selon un chercheur australien, «les glaciers de l’Antarctique sont susceptibles de perdre une importante masse de glace et, conjointement avec le changement climatique, ils pourraient contribuer à une élévation de plusieurs mètres du niveau de l’océan à proximité du continent. »
Source: Alaska Dispatch News and The Christian Science Monitor.

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drapeau-anglaisA new study by a NASA- and NOAA-backed team has identified the causes of the stark contrast between Arctic and Antarctic sea ice change.

The northern pole’s sea ice extent has been recorded at all-time lows in recent years and thinned by 65 percent between 1975 and 2012, while the southern continent has seen gains in its ice coverage despite concerns over glacier melting.

Using temperature, topographical, and bathymetric data, the research team identified the cause behind the preservation of Antarctica’s ice. They found local ocean depth and continental surface features impact the region’s wind and ocean currents in such a way that the production and protection of sea ice is sustained. Meantime, dissimilar conditions in the Arctic have led to the ongoing melt of the sea ice.

Using data from NASA’s QuikScat satellite, launched in 1999, the scientists analyzed the formation and routes of Antarctic sea ice, as well as the different types of ice coverage in the Southern Ocean. The conclusion of the study is that winds push building ice out and around the continent during the sea ice growth season from June to September, forming a Great Shield Zone (GSZ) that shelters young interior ice.

The established GSZ stretches from 100 to 1,000 kilometres wide and keeps the new ice from being broken up by the elements. The zone’s path also corresponds with the the southern Antarctic Circumpolar Current front, a boundary that marks a separation of cooler and warmer waters near the southern continent. The contact with colder waters maintains the GSZ and allows for new ice to grow quickly.

The southern GSZ provides conditions nearly opposite to those of the Arctic’s marginal ice zone, a boundary of thin, new ice easily disturbed by wind and waves and subjected to warmer waters than the GSZ. Arctic wind patterns can also move developing ice toward warmer sections of the ocean, where it melts.

Even with evidence and an explanation for sea ice growth in Antarctica, record high global temperatures and the ongoing melting of major glaciers have some scientists worried about the future of both Arctic and Antarctic ice features and their impact on sea level rise. According to an Australian researcher, “Antarctic glaciers may be at risk of substantial ice loss, and could contribute to a multi-metre response to climate change near the continent.”

Source: Alaska Dispatch News and The Christian Science Monitor.

Antarctic sea ice 2012

Etendue de la glace de mer en Antarctique en 2012 (Source: NASA)

Groenland-blog

Vue de la glace de mer dans l’Arctique (Photo: C. Grandpey)