C’est à désespérer. Pauvre société ! // It’s hopeless. What a poor society !

J’ai publié plusieurs notes sur ce blog pour mettre en garde contre les dangers de la plage de sable noir de Reynisfjara, dans le sud de l’Islande. La mer y est particulièrement dangereuse, avec des vagues traîtresses et des lames de fond qui surprennent régulièrement les visiteurs, causant parfois des décès.

Les autorités islandaises ont tenté de sécuriser la zone en mettant en place un système de feu vert / feu rouge en fonction du niveau de danger. Une barrière a également été installée pour bloquer, ou du moins limiter, l’accès à la plage lorsque le feu est rouge et que les conditions sont dangereuses. Le feu rouge s’allume désormais plus tôt qu’auparavant, mais tous les touristes ne tiennent pas compte des avertissements et ne respectent pas la barrière. Le système semble désespérément inefficace et incapable d’empêcher certains comportements dangereux, voire inconscients.

Une vidéo récemment diffusée sur TikTok illustre l’imprudence de deux touristes sur la plage de Reynisfjara. Malgré le feu rouge allumé, ils courent près du rivage et échappent de justesse aux vagues, regagnant la terre ferme avec de l’eau jusqu’aux genoux. Malgré les nombreux accidents mortels au pied des falaises, les touristes continuent de sous-estimer le danger. De nombreux exemples sur les réseaux sociaux montrent des visiteurs ignorant les avertissements et se mettant gravement en danger.

Que faire d’autre ? Rien, malheureusement. La verbalisation ne fait pas partie de l’état d’esprit islandais qui donne priorité à la prévention, mais cette dernière a visiblement ses limites. Une personne a suggéré sur les réseaux sociaux d’informer les touristes qu’ils ne seront pas secourus s’ils pénètrent dans la zone lorsque le feu rouge est allumé. « Il faudrait un panneau indiquant : “Secours impossibles lorsque le feu rouge est allumé – vous accédez à la plage à vos risques et périls.” »
Source : Iceland Monitor. Photos: C. Grandpey.

Comme je l’écrivais dans une note précédente (14 décembre 2025), nous vivons dans une société de records et d’extrêmes. Certains ont peut-être besoin de se rassurer en accomplissant ce qu’ils pensent être un exploit… qui peut vite se transformer en catastrophe. Tant que ces imbéciles mettent leur vie en danger sans impliquer personne d’autre, tout va bien. Mais si des sauveteurs doivent risquer leur vie pour leur porter secours, le problème prend une autre dimension. Personnellement, je pense que la première chose à faire est d’obliger ces personnes à payer le sauvetage. Il en va de même pour les skieurs hors-piste lorsque le risque d’avalanche est élevé. Après avoir déboursé des centaines, voire des milliers d’euros, je pense qu’elles y réfléchiront à deux fois avant de recommencer !

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I have published several posts on this blog warning againt the dangers of Reymisfjara black beach in southern Iceland. The sea is particularly dangerous with treacherous waves and rip currents that regualarly caught visitors by surprise, killing some of them.

Icelandic authorities have tried to make the area safer and implemented a system of green and red lights according to the danger. A gate has also been installed to block or at least limit access to the beach when the red warning light is on and conditions are dangerous. The red warning light is now activated earlier than before, but as the video shows, not all tourists heed the warnings or respect the barriers. The system looks desperately useless and unable to stop some people’s behaviour.

A recent TikTok video shows the reckless behavior of two tourists at Reynisfjara beach, who stood dangerously close to the shoreline despite a red warning light being illuminated, narrowly escaping the waves. The tourists turned away from the surf and managed to run back to dry land just in time after a wave crashed in and reached up to their knees.

Despite the fact that the sea below the cliffs has claimed many lives, tourists continue to underestimate the danger. Numerous examples on social media show visitors ignoring warnings and putting themselves at serious risk.

What else could be done ? Nothing I’m afraid. One person has suggested on the social networks that tourists should be told they will not be rescued if they enter the area while the red warning light is on. “There should be a notice saying: ‘Rescue is not possible when the red light is on — enter the beach at your own risk.’”

Source : Iceland Monitor.

As I put it in a previous post (14 December 2025), we are living in the society of records and extremes. Maybe some people need to reassure themselves by showing they have performed a feat of strength ;..which may become a feat of stupidity. As long as these persons put their lives at risk without involving anybody else, it’s ok. But if rescuers are putting their lives at risk for helping them, the problem is diferent.I personally think that the first thing to do is to force these persons to pay for the rescue. The same applies to off-piste skiers when the risk of avalanche is high. After paying hundreds or thousands of euros, they’ll probably think twice before doing it again !

L’Ouest des États Unis ravagé par le feu et les records de température continuent de tomber ! // Western US ravaged by fire and temperature records are still broken !

Pour l’instant, aucune véritable canicule n’a touché la France cet été. L’actualité est essentiellement envahie par la politique et les Jeux Olympiques. Aucune mention n’est vraiment faite de fortes vagues de chaleur et de sécheresses comme celles qui ravagent l’ouest des États-Unis. Des températures record ont été enregistrées en Arizona ou dans la Vallée de la Mort, provoquant la mort de plusieurs personnes.
Les vagues de chaleur et la sécheresse entraînent inévitablement des incendies de forêt. Plusieurs États de l’ouest des États-Unis, dont la Californie et l’Utah, luttent contre les flammes au moment où des millions d’Américains dans la région suffoquent sous des températures difficilement supportables.

En Californie, des ordres d’évacuation ont été émis à l’est de Los Angeles, dans le comté de Riverside, où des incendies ont détruit plusieurs bâtiments et brûlé plus de 800 hectares de terrain. L’agence gouvernementale Cal Fire indique que dans toute la Californie, les pompiers combattaient encore 21 incendies le 22 juillet 2024. Leurs efforts sont compliqués par les températures torrides qui ont frappé l’ouest des États-Unis au cours du week-end. Plus de 30 millions de personnes ont reçu des alertes de chaleur et ont été invitées à se protéger en Californie, en Arizona, au Nevada, en Oregon et dans l’État de Washington. La saison des feux de forêts est à nouveau très active dans la région, après deux années de répit grâce à des hivers pluvieux. Les vagues de chaleur à répétition depuis début juin 2024 ont asséché une grande partie de la végétation, facilitant ainsi la propagation des incendies. Depuis le mois de janvier, les incendies de forêt ont ravagé quelque 84 000 hectares en Californie, soit bien plus que les 4 000 hectares enregistrés au cours de la même période l’année dernière, et bien au-dessus de la moyenne quinquennale de 15 600 hectares brûlés.
La Californie a envoyé ses pompiers dans l’Oregon voisin, où la saison des incendies de forêt a connu un « début très agressif », selon les termes du gouverneur. Une vingtaine d’incendies sont en cours dans cet État du nord-ouest. L’un d’entre eux, l’incendie de Cow Valley, a été qualifié de « méga-incendie » la semaine dernière après avoir ravagé plus de 41 000 hectares dans une zone rurale heureusement peu peuplée. Les autorités affirment qu’il est désormais contenu à 80 pour cent.
L’Utah a également été touché par un incendie de forêt le 20 juillet. Il a éclaté près de la capitale, Salt Lake City et a donné lieu à des ordres d’évacuation pour une quarantaine de maisons situées dans les collines au nord de la ville. Le feu a semé la panique parmi les habitants qui ont vu les flammes s’approcher de leurs maisons.
Les scientifiques s’accordent à dire que tous ces phénomènes météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents à mesure que notre planète se réchauffe, en grande partie à cause de la dépendance humaine aux combustibles fossiles.

 Source  : médias d’information américains.

Comme je l’ai déjà écrit, juin 2024 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans le monde, après six mois de conditions météorologiques destructrices, avec notamment des inondations et des vagues de chaleur. Le mardi 23 juillet 2024, l’agence climatique Copernicus a indiqué que le dimanche 21 juillet avait été la journée la plus chaude jamais enregistrée,
La température moyenne de l’air à la surface de notre planète a atteint 17,09 degrés Celsius (et non pas 17,9°C comme l’on dit beaucoup de journalistes français!), légèrement au-dessus du précédent record établi en juillet 2023 de 17,08 °C, alors que les vagues de chaleur affectaient de vastes étendues des États-Unis, de l’Europe et de la Russie.
L’agence ajoute que le début de cette semaine pourrait éclipser le record de dimanche car des vagues de chaleur continuent de sévir à travers le monde.
Depuis juin 2023, chaque mois écoulé est le plus chaud depuis le début des relevés.

Image d’incendie en Californie (Crédit photo : US Forest Service)

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For the moment, no real heat wave has affected France this summer. The news is about politics and the Olympic Games. No mention is really made of the severe heatwaves and droughts that ravage the western part of the United States. Record temperatures have been registered in Arizona or the Death Valley, causing the deaths of several persons.

Heatwaves and drought inevitably mean wildfires. Several western US states including California and Utah are battling the flames as millions of Americans in the region were once again under heat alerts.

In California, evacuation orders were issued east of Los Angeles in Riverside County, where fires destroyed several buildings and burned through more than 800 hectares of land. The government agency Cal Fire.indicates that across California, firefighters were still battling 21 blazes of various sizes on July 22nd, 2024. Their efforts were complicated by baking temperatures that hit the western United States over the weekend, with more than 30 million people affected by heat warnings in California, Arizona, Nevada, Oregon and Washington state. The wildfire season is again very active in the region, after two years of respite thanks to rainy winters. Repeated heat waves since the beginning of June 2024 have dried out much of the vegetation, making it easier for fires to spread. Since January, forest fires have ravaged some 207,415 acres in California—well above the 10,080 acres recorded during the same period last year, and exceeding the five-year average of 38,593 acres burned.

California has sent its firefighters to neighboring Oregon, where the wildfire season has had a « very aggressive start, » in the governor’s words Around 20 fires are being battled in the northwestern state. One of them, the Cow Valley Fire, was called « megafire » last week after it tore through more than 100,000 acres in a rural, largely unpopulated area. Authorities say it is now 80 percent contained.

Utah was also hit by a wildfire on on July 20th. It broke out near state capital Salt Lake City. It prompted evacuation orders for around 40 homes in the hills north of the city, and spread panic among some who saw the flames up close.

Scientists agree to say that all these extreme weather events are becoming increasingly common as our planet warms, largely due to human reliance on fossil fuels.

Source : US news media.

As I put it before, June 2024 saw the hottest June on record across the globe, capping half a year of wild and destructive weather, including floods and heat waves.

On Tuesday, July 23rd, 2024, the European Union Climate agency Copernicus indicated that Sunday, July 21st was the hottest day ever recorded,

The global average surface air temperature on Sunday reached 17.09 degrees Celsius, slightly higher than the previous record set last July of 17.08 C, as heatwaves scorched large swathes of the United States, Europe and Russia.

The agency added that the beginning of this week could eclipse Sunday’s record as heatwaves continue to sizzle across the world.

Every month since June 2023 has now ranked as the planet’s hottest since records began.

Feu rouge à La Fossa de Vulcano (Iles Eoliennes)

Comme je l’ai indiqué précédemment, la réouverture de l’accès au cratère de La Fossa à Vulcano est soumise à certaines conditions, la première étant, bien sûr, le comportement du volcan et des panaches de gaz sur la lèvre nord. La direction du vent est également à prendre en compte et l’accès au volcan sera fermé si les gaz sont rabattus sur le nouveau sentier. Un système de caméras et de feux rouge / vert a été mis en place..

Le 29 avril 2023, le feu s’est mis au Rouge – accès interdit – car le vent poussait le panache de gaz vers le sentier. Des touristes qui s’apprêtaient à effectuer l’ascension du volcan au petit matin se sont retrouvés face au feu rouge, décision prise par la Protection civile.

L’accès étant contrôlé par des caméras, je déconseille fortement de braver l’interdiction. Il est bon de rappeler que plusieurs touristes ont reçu des amendes salées pour avoir atteint le cratère malgré l’interdiction qui avait été décrétée précédemment.

Source : La Sicilia.

Feu rouge = accès interdit (Crédit photo: La Sicilia)

Pour une meilleure sécurité sur la plage de Reynisfjara (Islande) // For a better safety at Reynisfjara Beach (Iceland)

Comme de nombreux touristes européens visitent l’Islande, j’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur les dangers de la plage de Reynisfjara dans le sud de l’île. Au cours des derniers mois, plusieurs accidents se sont produits, impliquant des visiteurs imprudents qui n’ont pas prêté attention aux mises en garde affichées à l’entrée de la plage.
J’ai expliqué dans plusieurs articles que de puissantes vagues et des lames de fond peuvent mettre les touristes en danger. Au début de l’été 2022, cinq d’entre eux avaient perdu la vie sur la plage de Reynisfjara depuis 2013.

Face à ces drames, une réunion de concertation a eu lieu parmi les autorités compétentes l’été dernier afin de mieux assurer la sécurité des visiteurs. A l’issue de la réunion, il a été décidé l’installation d’une signalisation d’information sur la plage. En plus des panneaux existants, une chaîne de 300 mètres de long a été tendue le long du parking afin de guider les visiteurs le long d’un chemin les obligeant à passer devant les panneaux. Des caméras ont été installées sur un mât sur le point haut de la plage. elles enverront en direct des images de la plage aux autorités policières de Selfoss.
Le nouvel ensemble de panneaux rédigés en trois langues vise à rendre l’information accessible et intéressante. On peut y lire ce qui est autorisé sur la plage, plutôt que de souligner ce qui est interdit. On remarque en particulier :
1) un panneau lumineux qui relaie les informations fournies par le système islandais de prévision des vagues;
2) trois grands panneaux informatifs dont l’un met en évidence les dangers du ressac;
3) six panneaux de signalisation ont également été installés.
A noter également que la plage de Reynisfjara ne sera jamais fermée au public. La plage sera divisée en zones, qui serviront à guider les visiteurs en fonction des conditions : un feu jaune clignotant indique que les visiteurs ne doivent pas entrer dans la zone jaune, et un feu rouge clignotant indique que les visiteurs ne doivent pas entrer dans la zone rouge, la plus proche du rivage. Les visiteurs sont invités à rester sur la partie haute de la plage où ils seront en sécurité pour admirer le paysage.
Aucun secouriste ne sera présent, au moins pour le moment. Cependant, il se pourrait que les secouristes fassent partie de la prochaine étape et soient présents les jours où les conditions de mer seront mauvaises avec le feu clignotant rouge. Afin de financer de telles mesures, les propriétaires fonciers percevraient une redevance; autrement dit, la plage deviendrait payante.
Les autorités islandaises espèrent que les nouvelles mesures de sécurité permettront aux visiteurs de la plage d’être davantage conscients des dangers et de se comporter en conséquence. Malgré tout, des panneaux, aussi bien conçus soient-ils, n’empêcheront personne de s’aventurer trop près des vagues. Leur seul but est de maintenir la plupart des visiteurs dans une zone sûre.
Source : médias d’information islandais.

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As many Europezn tourists are visiting Iceland, I have drawn attention several times to the dangers at Reynisfjara beach in southern Iceland. In the past months, sevral accidents happened, involving careless visitors who did not pay attention to the warnings posted at the beach entrance.

I have explained in several posts that the waves can creep quickly upon travellers and put them at risk. As of last summer, five travellers had died on Reynisfjara beach since 2013. In response to these tragedies, a consultation team was established last summer in order to better ensure the safety of visitors. The consultation team recommended the installation of informatory signage on the beach, which has now been installed. In addition to the signs, a 300-metre-long chain has been strung along the parking lot, guiding visitors along a path and past the signs. Cameras, which have been installed on a mast on the beach ridge, will also stream live video from the beach to the police authorities in Selfoss.

A set of signs is aiming to make the information accessible and interesting, explaining what can be done in the area, as opposed to simply highlighting what is prohibited :

1) One illuminated sign which relays information from the Icelandic wave-prediction system;

2) three big informatory signs, one of which highlights the dangers of the undertow; and

3) six guiding signs have been installed.

It should also be noted that the Reynisfjara beach will never be closed to the public. Instead, the beach will be divided into zones, which will serve to guide visitors based on conditions: a flashing yellow light indicates that visitors should not enter the yellow zone, and a flashing red light indicates that visitors should not enter the red zone (i.e. not past the illuminated sign). Visitors are encouraged to stay on the beach ridge, which affords a safe view of the beautiful scenery.

No lifeguards will be employed at this time. However, they might prove a logical next step during those days when conditions are labelled ‘red.’ In order to finance such measures, landowners would need to collect fees from visitors.

Lastly, the parties affiliated with the consultation team hope that the new safety measures will mean that visitors to the beach will become more mindful of hazards and behave accordingly. Signs, no matter how well designed, will not stop anyone from venturing near the tide; they are, however, useful in keeping most visitors within a safe zone.

Source: Icelandic news media.

Vagues traitresses sur la plage de Reynisfjara (Photo: C. Grandpey)

Des panneaux montraient déjà le danger (Photo: C. Grandpey)

Nouveaux panneaux et feux de signalisation (Source: Iceland Tourist Board)