Dans les instants qui ont précédé mon intervention sur France 3 Limousin le 30 octobre 2021, Jérôme Piperaud, préposé à la présentation du 12/13, m’a demandé pourquoi je ne me rendais pas à La Palma pour assister à l’éruption. Je lui ai expliqué que ma décision était motivée par plusieurs raisons.
Dès le début de l’événement, j’ai vite compris que la lave vomie par le Cumbre Vieja allait causer de gros dégâts aux zones habitées. En constatant l’ampleur de l’évacuation de la population (plus de 6000 personnes ont dû quitter leur domicile), j’ai également vite compris qu’un périmètre de sécurité serait mis en place, avec interdiction d’accès, afin de protéger les biens des personnes évacuées, et éviter vandalisme et autre pillage. Il faudrait donc que je me contente d’observer l’éruption depuis un belvédère situé à 2 ou 3 km du volcan. Très peu pour moi qui suis habitué à aller sur le terrain volcanique.
Suite à cette évacuation en masse, de nombreux établissements (hôtels et appartements) étaient réquisitionnés pour héberger les victimes de l’éruption et ne ne voulais pas occuper une chambre d’hôtel dans ces circonstances. J’ai considéré que je ne faisais pas partie des priorités d’hébergement.
Il n’était pas question pour moi, non plus, d’essayer de tromper la vigilance de la police espagnole pour essayer de m’approcher ‘en douce’ des coulées de lave. En présentant les travaux que j’ai déjà effectués sur les volcans (voir les résumés sur ce blog), j’aurais peut-être obtenu l’autorisation de pénétrer dans la zone d’exclusion, en sachant que l’approche du cône éruptif était beaucoup trop dangereuse. J’ai effectué une telle démarche avec succès à Hawaii et à Stromboli, mais ma flamme volcanique a perdu de sa vigueur depuis cette époque et je n’ai pas eu le courage de me lancer dans une telle démarche.
Une fois auprès des coulées, je n’aurais pas eu grand-chose à faire, si ce n’est les voir progresser et poursuivre leur travail de destruction. Quant à la prise de vue des maisons en train de se faire détruire par la lave, je laisse ces clichés aux magazines en mal de sensations. Ce genre de voyeurisme morbide ne fait pas partie de mon approche d’une éruption volcanique.
Les scientifiques espagnols ont procédé aux analyses nécessaires et celle des échantillons de lave récoltés à plusieurs kilomètres de la source n’apporte rien en matière de prévision, et donc de prévention.
Tout comme en Islande ces derniers mois, les webcams dirigées vers le Cumbre Vieja ont permis de faire de bonnes observations sans avoir besoin d’être à La Palma. Leurs puissants zooms ont fourni une meilleure vue des fontaines de lave que celle que pouvaient avoir les touristes depuis les différentes terrasses d’observation. De plus, les organismes scientifiques espagnols (IGN, INVOLCAN, Pevolca) n’ont pas été avares d’informations, bien relayées par la presse ibérique.
C’est pour cela que j’ai suivi attentivement le déroulement de cette éruption depuis mon fauteuil…



Quelques captures d’écran des webcams
Les scientifiques estiment que le Cumbre Vieja a vomi plus de 10 000 millions de mètres cubes de cendre. Les gaz propulsent cette cendre à des milliers de mètres dans le ciel, mais les particules les plus lourdes finissent par subir les effets de la gravité. Elles retombent, s’accumulent et recouvrent lentement les maisons, entrent par les fenêtres et font s’affaisser les toits. Certaines particules sont si grosses qu’elles ressemblent à de la grêle ; elles martèlent les frondes des bananiers et rendent les fruits invendables.
Cumbre Vieja is thought to have ejected over 10,000 million cubic meters of ash. The ash is propelled thousands of meters into the sky, but the heaviest, thickest particles eventually give way to gravity. They accumulate and slowly cover doors, pour into windows, make roofs sag. Some particles are so big that they look like hail; they hammer the fronds of a banana trees making the fruit unvendable.

