Evénements climatiques extrêmes en 2017 // Extreme weather events in 2017

Selon les agences météorologiques, 2017 a été la deuxième ou troisième année la plus chaude de l’histoire et, sans aucun doute, la plus chaude sans l’influence d’El Niño. 2017 a également été remarquable par le nombre de phénomènes climatiques extrêmes. Ainsi, l’année s’est achevée sur un typhon meurtrier en Inde et une vague de froid sans précédent aux Etats-Unis qui viennent s’ajouter à d’autres phénomènes météorologiques très intenses survenus ailleurs dans le monde.

Des événements d’une intensité extrême ont été observés dans la seconde moitié de l’année 2017.

Alors que les moussons les plus violentes de ces deux dernières décennies ont fait en août près d’un millier de morts au Népal, au Bangladesh et en Inde, un épisode d’inondations sans précédent a plongé le Sierra Leone dans le chaos, avec plus de 400 morts et 600 disparus.

C’est surtout dans l’Atlantique que la saison cyclonique a été exceptionnelle, avec l’ouragan Harvey, le plus violent des quinze dernières années aux Etats-Unis, suivi de près par Irma qui a balayé les Caraïbes et s’est maintenu en catégorie 5 – la plus sévère – pendant une période record. Un autre ouragan de catégorie 5, Maria, a dévasté quelques jours plus tard la Dominique et les Iles Vierges. Jamais un tel enchaînement ne s’était produit dans l’Atlantique Nord.

L’histoire se souviendra que l’année où Donald Trump a décidé de se retirer de l’accord de Paris sur le climat fut aussi l’une des années les plus extrêmes sur le plan climatique pour les Etats-Unis. 2017 s’est ouverte sur l’un des pires épisodes hivernaux de tornades de son histoire, puis la fin de l’été a été marquée par le passage dévastateur de trois ouragans (Harvey, Irma et Maria), alors même qu’aucun ouragan majeur n’avait touché terre aux Etats-Unis depuis 12 ans ! Puis ce fut au tour des incendies de ravager la Californie, les pires depuis 80 ans, avant que l’année ne se termine par une vague de froid inédite, avec des températures de -40°C enregistrées près de la frontière canadienne !

Moins médiatisées et pourtant bien plus menaçantes que toutes les autres catastrophes réunies, la sécheresse et la famine qu’elle entraîne ont fait rage cette année dans la Corne de l’Afrique. Les régions centrales de la Somalie ont connu leur pire déficit de pluie depuis 35 ans.

Le coût cumulé de cette succession de fléaux atteint 306 milliards de dollars, selon l’assureur Swiss Re, contre 188 milliards en 2016 et 90 milliards en 2015 ! Si ces chiffres se confirment, 2017 sera la troisième année la plus chère de l’histoire en termes de catastrophes naturelles, alors même qu’aucun cataclysme majeur n’a eu lieu !

Toutes les catastrophes naturelles ne sont pas liées au réchauffement climatique. C’est notamment le cas pour les événements géophysiques comme les séismes. Malgré tout, certains désastres, et notamment ceux qui ont marqué 2017, portent la marque du dérèglement climatique. C’est le cas de la sécheresse et des feux de forêt qui naissent souvent d’impacts de foudre et durent d’autant plus longtemps que les saisons sèches s’allongent. Quant aux ouragans, leur gestation est encore largement méconnue, mais l’augmentation des températures de l’atmosphère et de la surface des océans ne peut qu’accroître la puissance des cyclones tropicaux. De la même manière, la montée du niveau des océans décuple les ravages causés par l’onde de tempête au passage de ces événements majeurs.

Grâce à son climat tempéré, l’Europe est généralement protégée de ces fléaux. Pourtant, l’une des plus incontestables catastrophes liées au réchauffement climatique s’est déroulée à la fin du mois d’août, en Suisse. Deux glissements de terrain successifs, causés par le dégel du permafrost, ont causé la mort de huit personnes ! Dans ce pays, comme ailleurs dans les Alpes, les glaciers fondent à une vitesse impressionnante. Tout va bien !

Source : Presse internationale.

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According to meteorological agencies, 2017 was the second or third hottest year in history and, without a doubt, the hottest without the influence of El Niño. 2017 was also remarkable for the number of extreme weather events. Thus, the year ended with a deadly typhoon in India and an unprecedented cold spell in the United States, in addition to other extreme weather events elsewhere in the world.
Events of extreme intensity have been observed in the second half of 2017.
While the most violent monsoons of the past two decades killed nearly 1,000 people in Nepal, Bangladesh and India in August, unprecedented flooding plunged Sierra Leone into chaos, with 400 dead and 600 missing.
It was in the Atlantic that the hurricane season was exceptional, with Hurricane Harvey, the most violent of the last fifteen years in the United States, followed closely by Irma which swept the Caribbean and remained in category 5 – the most severe – for a record period. Another category 5 hurricane, Maria, devastated Dominica and the Virgin Islands a few days later. Never had such a sequence occurred in the North Atlantic.
History will remember that the year when Donald Trump decided to withdraw from the Paris climate agreement was also one of the most extreme climatic years for the United States. 2017 opened on one of the worst winter episodes of tornadoes in its history, and the end of the summer was marked by the devastating passage of three hurricanes (Harvey, Irma and Maria), even though no major hurricane had hit the United States for 12 years! Then, wildfires ravaged California, the worst in 80 years. The year ended with an unprecedented cold snap, with temperatures of -40 ° C recorded near the Canadian border!
Less publicized and yet much more threatening than all the other disasters combined, the drought and the famine it brings have raged this year in the Horn of Africa. The central regions of Somalia have had their worst rainfall deficit in 35 years.
The cumulative cost of this succession of disasters reaches 306 billion dollars, according to the Swiss Re reinsurer, against 188 billion in 2016 and 90 billion in 2015! If these figures are confirmed, 2017 will be the third most expensive year in history in terms of natural disasters, even though no major cataclysm has occurred!
All natural disasters are not related to global warming. This is particularly the case for geophysical events such as earthquakes. Nevertheless, some disasters, especially those that marked 2017, bear the mark of climate change. This is the case of drought and wildfires that are often caused by lightning strikes and last longer as the dry seasons get longer. As for hurricanes, their gestation is still largely unknown, but the increase in temperatures of the atmosphere and the surface of the oceans can only increase the power of tropical cyclones. In the same way, the rise of the level of the oceans multiplies the ravages caused by the surge of the storm at the passage of these major events.
Thanks to its mild climate, Europe is generally protected from these scourges. Yet one of the most indisputable global warming-related disasters occurred at the end of August in Switzerland. Two successive landslides, caused by the melting of permafrost, caused the death of eight people! In this country, as elsewhere in the Alps, glaciers are melting at an impressive speed. No doubt, everything is fine !
Source: International Press.

Mer de Glace (France) [Photo: C. Grandpey]

Glacier Aletsch (Suisse) [Photo: C. Grandpey]

Quelques détails supplémentaires sur le climat de l’année 2017 // Some more details about the climate in 2017

L’année 2017 a été l’une des plus chaudes de l’histoire, classée en deuxième position par la NASA et en troisième par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).
Les températures confirment la tendance de réchauffement de la planète, avec l’activité humaine et ses émissions de dioxyde de carbone comme cause principale.
Comme je l’ai écrit précédemment, l’année la plus chaude reste 2016, alors que 2015 se classe deuxième selon la NOAA et troisième selon la NASA, ce qui signifie que les trois dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées. Les six années les plus chaudes se trouvent toutes depuis 2010 et 17 des 18 années les plus chaudes ont eu lieu depuis 2001.
Selon la NASA, en 2017 la température moyenne de notre planète – terre et océan – a été de 0,9°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle. Cela se situe à plus de la moitié de l’objectif ambitieux de limiter le réchauffement à 1,5°C fixé dans l’accord de Paris en 2015.
La légère baisse des températures cette année s’explique en partie par la présence de La Niña, qui a débuté fin 2016 et a duré jusqu’en 2017, alors qu’un important épisode El Niño a prévalu au cours des années 2015 et 2016.
La NASA et la NOAA indiquent avec beaucoup d’inquiétude que la glace de mer continue son déclin, à la fois dans l’Arctique et l’Antarctique. L’Antarctique, qui atteignait des niveaux records il y a quelques années, a connu une baisse de glace record en 2017, avec près de 400 000 kilomètres carrés de moins que le record de déficit précédent établi en 1986.
Dans l’Arctique en 2017, l’étendue de la glace de mer a été la deuxième plus faible depuis le début des relevés en 1979, juste derrière 2016. A noter que la glace de mer a connu son plus bas niveau jamais observé pendant les mois d’hiver de janvier à mars 2017.
Les températures plus chaudes que la normale à travers la planète ne signifient pas qu’il y a eu un manque de neige. Dans l’hémisphère nord en 2017, l’étendue moyenne de la couverture neigeuse a été la plus grande depuis 1985 et la huitième plus grande depuis le début des relevés en 1968.
L’année 2017 a également été marquée par un certain nombre d’événements météorologiques extrêmes, notamment un nombre record d’ouragans majeurs qui ont frappé les États-Unis et les Caraïbes. Ce fut l’année la plus coûteuse de toute l’histoire des États-Unis.en matière de catastrophes météorologiques. Une prochaine note développera ce sernier point
Sources: NASA et NOAA.

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2017 was one of the hottest years on record, ranked as the second-warmest by NASA and third-warmest by the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Thus, the findings continue the planet’s long-term warming trend that is driven predominately by human activity through carbon dioxide emissions.

As I put it before, the hottest year on record remains 2016, while 2015 ranks second according to NOAA and third by NASA, which means the top three years have been the most recent three. The six hottest years have all occurred since 2010 and 17 of the 18 hottest years on record have occurred since 2001.

According to NASA, the globally averaged temperature of the land and ocean was 0.9˚C above the 20th century average. This puts us well over halfway to the ambitious target of limiting warming to 1.5˚ C set in the 2015 Paris Climate Agreement.

The slight downturn in temperatures this year can be partially explained by the presence of La Niña, which began in late 2016 and lasted into 2017 and returned late in the year, whereas a significant El Niño was in place during portions of 2015 and 2016.

Both NASA and NOAA warn that sea ice continues its declining trend, both in the Arctic and Antarctic. The Antarctic, which was trending at record high levels just a few years ago, reached a record low during 2017, with ice covering nearly 400,000 fewer square kilometres than the previous record low set in 1986.

In the Arctic, sea ice extent was the second-lowest since records began in 1979, behind only 2016, though record low sea ice was observed during the winter months of January-March.

Temperatures significantly warmer than normal around the planet did not mean there was a lack of snow, however. In the northern hemisphere, the average snow cover extent was the largest since 1985 and the eighth largest since records began in 1968.

2017 also featured a number of extreme weather events, most notably the record number of major hurricanes impacting the US and Caribbean, which led to the costliest year for weather disasters in US history. A next post will develop this point.

Sources: NASA & NOAA.

Anomalie de température en 2017 par rapport à la moyenne 1981-2010 (Source : NOAA)

2017 : année la plus chaude sans El Niño ! // 2017 : The hottest year without El Niño !

L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) vient de confirmer ce que j’écrivais officieusement le 14 janvier 2018 : Les années 2015, 2016 et 2017 ont été les plus chaudes jamais enregistrées. L’année 2016 a été la plus chaude des trois, avec une température moyenne de surface du globe qui a dépassé de 1,2°C celle de l’époque préindustrielle. 2017 arrive en deuxième position et devance légèrement 2015. La température moyenne a excédé de 1,1°C celle de l’époque préindustrielle (1880-1900).

Toutefois, l’année 2017 est l’année la plus chaude jamais observée sans le phénomène naturel El Niño dans l’Océan Pacifique qui se traduit par une hausse de la température à la surface de l’eau (sur une dizaine de mètres d’épaisseur) dans l’est de l’océan Pacifique, autour de l’équateur. El Niño contribue ainsi la hausse la moyenne mondiale des températures.

Il faut noter que 17 des 18 années les plus chaudes appartiennent au 21ème siècle, avec un rythme du réchauffement exceptionnel ces trois dernières années. Comme je l’ai fait remarquer à plusieurs reprises, c’est dans l’Arctique que la hausse de températures a été particulièrement marquée. Selon l’OMM, cela aura « des répercussions durables et de grande ampleur sur le niveau de la mer.

Source : France Info.

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The World Meteorological Organization (WMO) has just confirmed what I wrote informally on January 14th 2018 : The years 2015, 2016 and 2017 were the hottest ever recorded. The year 2016 was the warmest of the three, with an average surface temperature of the globe that exceeded by 1.2°C that of the pre-industrial era. 2017 arrives second, slightly before 2015. The average temperature exceeded by 1.1°C that of the pre-industrial era (1880-1900).
However, the year 2017 is the hottest year ever observed without the El Niño natural phenomenon in the Pacific Ocean which results in a rise in the temperature at the surface of the water (about ten metres deep) in the eastern Pacific Ocean, around the equator. El Niño contributes to pushing up the global average temperatures.
It should be noted that 17 out of the 18 hottest years belong to the 21st century, with an exceptional rate of warming over the past three years. As I have pointed out on a number of occasions, the rise in temperatures in the Arctic has been particularly dramatic. According to WMO, this will have « long-lasting and far-reaching impacts on the sea level. »
Source: France Info.

Source: NCEP-NCAR

Les eaux chaudes océaniques font fondre la glace antarctique par en dessous // Warm ocean waters melt Antarctic ice from below

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Geoscience confirme ce que nous savions déjà, à savoir que les plates-formes glaciaires de l’Antarctique fondent sous l’effet du réchauffement des eaux océaniques, même pendant la saison où la neige s’accumule à leur surface. Cet étrange paradoxe est susceptible de s’accentuer à cause du phénomène El Niño. En se basant sur 23 années de données satellitaires concernant les plates-formes glaciaires de l’Antarctique occidental, l’étude révèle qu’un fort épisode El Niño fait perdre aux plates-formes davantage de glace qu’elles n’en récupèrent avec les chutes de neige à leur surface.
Le phénomène El Niño provoque une augmentation des chutes de neige, en particulier dans le secteur de la mer d’Amundsen. Bien que cette neige augmente l’épaisseur des plates-formes glaciaires, les différents épisodes El Niño donnent naissance à des vents qui poussent les eaux océaniques plus chaudes vers les plates-formes, ce qui entraîne leur fonte par en dessous

Selon l’étude, les données satellitaires de 1994 à 2017 ont révélé que la hauteur de glace a diminué de 20 centimètres par an en raison de la fonte provoquée par l’eau océanique. Cependant, lors de l’événement El Niño en 1997 et 1998, cette hauteur a augmenté de 25 centimètres. Malgré tout, la neige fraîche a une densité beaucoup plus faible que celle de la glace qui compose la majeure partie de la plate-forme. La masse, qui est le paramètre le plus important en termes d’élévation du niveau de la mer, a continué à diminuer malgré l’augmentation de la hauteur pendant les épisodes neigeux. L’apport constitué par le manteau neigeux était minime par rapport à la fonte de la glace par en dessous. Les plates-formes glaciaires ont perdu cinq fois plus de glace par le bas qu’elles n’en ont gagné par les chutes de neige fraîche à leur surface.
Les événements El Niño devraient s’intensifier avec le changement climatique et pourraient affecter la rapidité de la fonte de la glace. Il est urgent de prendre en compte ce facteur dans les modèles d’élévation du niveau de la mer. .
Les relevés satellitaires effectués depuis deux décennies ont permis aux chercheurs de se pencher sur les processus qui influent sur les plates-formes glaciaires et de mieux comprendre leur fonte dans les prochaines années. Cela pourrait aider à déterminer avec quelle rapidité le niveau de la mer augmentera. Il est toutefois utile de rappeler que les plates-formes glaciaires ne provoquent pas d’élévation du niveau de la mer car elles flottent déjà sur l’eau de mer comme un glaçon dans un verre d’eau. Elles jouent un rôle important en retenant les glaciers et en contrôlant la vitesse à laquelle ils viennent vêler dans l’océan. C’est la fonte de ces glaciers qui contribue à l’élévation du niveau de la mer.
Source: Newsweek.

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A new study published in Nature Geoscience confirms that Antarctica’s ice shelves are melting from warming ocean waters below, even during seasons when snowfall on top of them is increasing. This strange paradox could worsen because of El Niño. Based on 23 years of satellite data from the West Antarctic ice shelves, the study reveals that a strong El Niño event causes the shelves to lose more ice from melting beneath than they gain back from snowfall on top of it.

The El Niño phenomenon causes snowfall to increase, especially in the Amundsen Sea sector. Though the snowfall increases the actual height of this ice shelf, El Niño events cause wind patterns in Antarctica to push warmer ocean waters towards the ice shelf, which results in the basal melting.

According to the study, the satellite data from 1994 to 2017 revealed the height of the ice decreased by 20 centimetres per year overall from ocean melting. However, during the El Niño event in 1997 and 1998, the height increased by 25 centimetres. The fresh snowfall, however, is much less dense than the solid ice that makes up most of the shelf. The mass, which is the most important measurement in terms of sea level rise, was decreasing although the height increased during the event. The extra snowpack was minimal compared to how much solid ice melted from below. Ice shelves lost five times more ice from below than they gained back from fresh snowfall.

El Niño events are expected to worsen and intensify in the wake of climate change and could affect how quickly ice shelves melt. That factor needs to be integrated into sea level rise models.  .

Satellite records over two decades allowed researchers to look at the processes that affect ice shelves, which helps scientists better understand how ice sheets may melt in the future. Understanding the processes behind the melting of ice shelves could help pinpoint how soon and how much sea levels will rise. Ice shelves don’t cause sea level rise on their own as they are already floating on sea water like an ice cube in a glass of water. The ice shelf, rather, plays an important role in holding back the glaciers and controlling the speed at which they discharge ice. It is the melting of these glaciers that would contribute to increasing sea level rise.

Source : Newsweek.

Glacier Thwaites dont la fonte provoquerait inévitablement une hausse du niveau des océans (Crédit photo: NASA)