Les Hawaïens et la hausse de niveau de l’océan // Hawaiians and ocean level rise

Dans la mesure où ils vivent dans un archipel entouré par l’océan Pacifique, les Hawaïens sont de plus en plus préoccupés par la montée des eaux. Ils se sentent impuissants lors des tempêtes, lorsqu’ils voient les vagues s’écraser sur leurs côtes et envahir leur territoire. La hausse de niveau de l’océan à Hawaï est estimée à 10 pouces (environ 25 centimètres) depuis 1950.
Une nouvelle étude menée par l’Organisation de recherche économique de l’Université d’Hawaï (University of Hawaiʻi Economic Research Organization) révèle que les Hawaïens sont inquiets de la montée des eaux et de ses impacts actuels et futurs sur le 50ème État américain. Il s’agit de la première étude représentative mesurant les opinions, la perception des risques et les préférences politiques du public concernant la montée des eaux dans les quatre comtés de l’archipel.

Le rapport, intitulé « Opinions du public sur la montée des eaux à Hawaï », compile les réponses de 1 314 adultes interrogés durant l’été 2025 et offre l’aperçu le plus complet à ce jour de la façon dont les habitants perçoivent la montée des eaux et les choix politiques qu’elle soulève.
Les résultats de l’enquête montrent que la grande majorité des Hawaïens sont conscients de la réalité de la montée des eaux. Un large consensus se dégage quant à la nécessité d’agir. La question la plus complexe n’est pas de savoir s’il faut agir, mais comment structurer l’adaptation de manière crédible, équitable et durable. Voici les principaux résultats de l’étude :

– 89 % des habitants estiment que la montée du niveau de la mer est une réalité, notamment une large majorité de démocrates (97 %), d’indépendants (90 %) et de républicains (80 %).

– Près de la moitié affirment que la montée du niveau de la mer affecte déjà la population d’Hawaï, et plus de 80 % s’attendent à des impacts dans les 25 prochaines années.

– 83 % pensent que la montée du niveau de la mer aura des conséquences catastrophiques pour l’État d’ici 50 ans.

– Environ 90 % sont favorables à la limitation de l’aménagement dans les zones inondables, et plus de 80 % privilégient le développement à l’intérieur des terres plutôt que la poursuite de expansion côtière.

– 81 % seraient prêts à quitter les zones à haut risque si une juste compensation leur était offerte.

– Seuls 45 % se disent prêts à payer des impôts ou des taxes plus élevés pour financer des projets de protection au niveau de leur zone d’habitation.

La population est clairement consciente des risques et soutient une nouvelle politique côtière, avec notamment des limitations de l’aménagement, et une aide publique au relogement. Dans le même temps, de nombreux habitants se disent mal informés sur la montée du niveau de la mer et doutent que les agences gouvernementales soient pleinement préparées.

L’enquête révèle également un fort soutien à l’aide gouvernementale aux propriétaires fonciers dans les zones vulnérables, notamment un accès élargi à l’assurance inondation, des incitations à surélever ou à protéger les bâtiments contre les inondations, et un financement public pour soutenir le relogement volontaire.

Les avis sont plus partagés concernant la protection du littoral : une courte majorité se prononce en faveur des digues privées, tandis qu’un soutien beaucoup plus important est apporté aux digues protégeant les infrastructures publiques telles que les routes et les réseaux d’eau et d’électricité.
Le rapport complet est disponible sur le site web de l’UHERO : https://uhero.hawaii.edu/

Source : Big Island Now.

 

Les vagues de l’océan Pacifique viennent frapper le côtes hawaïennes (Photo : C. Grandpey)

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Because they are living in an archipelago surrounded by the Pacific Ocean, Hawaiians feel more and more concerned by ocean level rise. They feel powerless during the storms when the see the waves crash on the shores and invade their territory. The rise in ocean level in Hawaii is estimated at 10 inches (about 25 centimeters) since 1950.

A new study by the by the University of Hawaiʻi Economic Research Organization shows that Hawaii residents are concerned over sea level rise and its current and future impacts on the 50th State of the Union. It is the first representative study to measure public beliefs, risk perceptions and policy preferences related to sea level rise across all four counties.

The report – Public Views on Sea Level Rise in Hawaii – includes the responses from 1,314 adults surveyed in summer 2025, and provides the most comprehensive snapshot to date of how residents view sea level rise and the policy choices it raises.

The results of the survey show that Hawaii residents overwhelmingly accept that sea level rise is happening. There is broad agreement that action is needed. The harder question is not whether to act, but how to structure adaptation in a way that is credible, fair and sustainable over time.

Here are the study’s key findings :

– 89% of residents believe sea level rise is happening, including large majorities of Democrats (97%), Independents (90%) and Republicans (80%).

– Nearly half say sea level rise is already affecting people in Hawaiʻi, and more than 80% expect impacts within the next 25 years.

– 83% believe sea level rise will have catastrophic consequences for the state within 50 years.

– About 90% support restricting development in flood-prone areas, and more than 80% favor prioritizing inland development over continued coastal expansion.

– 81% would be willing to relocate from high-risk areas if offered fair compensation.

– Only 45% say they would be willing to pay higher taxes or fees to fund neighborhood-level protection projects.

People clearly recognize the risks and support major shifts in coastal policy, including limits on development and public assistance for relocation. At the same time, many residents report feeling poorly informed about sea level rise and doubt that government agencies are fully prepared.

The survey also finds strong support for government assistance to property owners in vulnerable areas, including expanded access to flood insurance, incentives to elevate or flood-proof buildings, and public funding to support voluntary relocation. Residents are more divided on shoreline armoring, with narrow majority support for private seawalls but much stronger backing for seawalls protecting public infrastructure such as roads and utilities.

The full report is available on the UHERO website : https://uhero.hawaii.edu/

Source : Big Island Now.

Puissant séisme à la frontière Alaska / Yukon le 6 décembre 2025 // Powerful earthquake at the Alaska / Yukon border on December 6, 2025

En l’absence de victimes, les médias européens n’en ont pas parlé. Pourtant, un puissant séisme de magnitude M7,0 s’est produit le 6 décembre 2025 le long de la chaîne de montagnes Saint-Élie (St Elias mountain range), à la frontière entre le Yukon (Canada) et l’Alaska (États Unis), une région que j’apprécie particulièrement pour la beauté de ses paysages.

Photos: C. Grandpey

Selon l’USGS, l’épicentre du séisme se situait à environ 370 km au nord-ouest de Juneau (Alaska) et à 250 km à l’ouest de Whitehorse (Yukon, Canada). Des centaines de répliques ont été enregistrées après la secousse initiale ; la plus forte d’entre elles atteignait une magnitude de M5,7.
Aucune alerte tsunami n’a été émise et, heureusement, aucun dégât ni blessé n’a été signalé. Cependant, des habitants jusqu’à Whitehorse ont ressenti la secousse. Les localités les plus proches de l’épicentre du séisme sont Haines Junction, au Yukon (130 km), et Yakutat, en Alaska (90 km), qui regroupent respectivement un peu plus de 1 000 et 662 habitants.
Bien qu’aucune catastrophe n’ait été déplorée dans les localités voisines, le séisme a eu des répercussions sur la chaîne de Saint-Élie. Il a été provoqué par un décrochement, phénomène géologique bien connu, lorsque les deux côtés d’une faille glissent horizontalement l’un par rapport à l’autre. Dans le cas précis, le mouvement s’est produit à l’extrémité nord de la faille de Fairweather, une zone où l’activité sismique est peu documentée.
L’hypocentre du séisme a été localisé à 10 km sous le glacier Hubbard, le plus grand glacier d’Amérique du Nord à terminer sa course dans l’océan.

Les photos aériennes prises par le YGS à proximité de l’épicentre du séisme du 6 décembre, près du glacier Hubbard, montrent d’importants glissements de terrain, des avalanches et les dégâts subis par la glace.

Le vendredi 12 décembre, le Yukon Geological Survey (YGS) s’est rendu sur le site du séisme afin de répertorier les glissements de terrain et les avalanches provoqués par la secousse et déterminer si la faille avait fracturé la surface du sol. Certains débris étaient répandu sur une zone de cinq kilomètres de long sur un kilomètre et demi de large.
Le YGS n’a toutefois trouvé aucun signe de fracture en surface, bien qu’il soit possible que cela ait été masqué par la glace. Le séisme a néanmoins déclenché de nombreux glissements de terrain, principalement sur les pentes du mont King George.
Des glissements ont également été observés sur les pentes voisines du mont Logan, du mont Vancouver et d’autres sommets environnants. Plus loin de l’épicentre du séisme, les avalanches de neige et de glace ont été observées plus fréquemment que les glissements de terrain. Des restes d’effondrements de séracs ont également été fréquemment observés.

Les images partagées par YGS montrent des glissements de terrain et des avalanches du mont King George et des sommets environnants, avec des coulées de débris atteignant 6 km de long et 1 800 mètres de large.

Selon des témoins locaux, c’est une chance que cet événement ne se soit pas produit pendant la saison d’alpinisme, car les chutes de séracs et les avalanches déclenchées par les secousses ont déjà causé des décès. Une alpiniste argentine qui se trouvait dans le secteur au moment su séisme n’a pas compris ce qui se passait. Elle a  cru à des avalanches en cascade. Elle a toutefois pu être mise en sécurité.

Dans les prochains mois, les dégâts causés à la glace dans la région et la poursuite des chutes de pierres pourraient constituer de nouveaux dangers pour les expéditions d’alpinisme et de ski dans la zone. Les chaînes de Wrangell-St. Elias et de Chugach, situées à proximité, sont deux destinations de ski de randonnée réputées en Alaska, connues pour leurs nombreux sommets, et leurs longues descentes à ski du sommet jusqu’à à la mer.
Source : Yukon Geological Survey.

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As there were no casualties, European news media did not even mention it, but a powerful M7.0 earthquake occurred on December 6, 2025 along the St. Elias mountain range on the Canadian Yukon/ Alaska border, an area I particularly appreciate for the beauty of its landscape. .

According to the U.S.G.S., the quake’s epicenter was roughly 370 km northwest of Juneau, Alaska, and 250 km west of Whitehorse, Yukon, Canada. Hundreds of aftershocks were recorded following the initial quake, with the largest measuring M5.7.
There was no Tsunami warning with the quake and, luckily, no immediate reports of damage or injury, but folks as far as Whitehorse reportedly felt it. The closest communities to the earthquake’s epicenter are Haines Junction, Yukon (130 km), and Yakutat, Alaska (90 km), which have small populations of just over 1,000 and 662 people, respectively.
Despite no catastrophic outcomes to the nearby communities, the earthquake certainly didn’t leave the St. Elias range unscathed. The earthquake was caused by a strike-slip event, a well-known geological one, when the two sides of a fault slide past one another horizontally. In this case, movement occurred on the northernmost end of the Fairweather Fault, which does not have much previously recorded seismic activity.
The earthquake’s hypocenter was recorded to be 10 km below the Hubbard Glacier, which is North America’s largest tidewater glacier.

On Friday, December 12th, the Yukon Geological Survey (YGS) flew to the site of the earthquake to document landslide and avalanche activity caused by the quake, and to determine if the fault ruptured the ground surface. Some of the debris was dispersed over a five-kilometer-long by one and a half-kilometer-wide area.

However, YGS didn’t find any evidence of surface rupture, although it’s possible a rupture was hidden by glacial ice. The earthquake did, however, trigger numerous landslides, largely on the slopes of Mt. King George.
There were also slides observed on the nearby slopes of Mt. Logan, Mt. Vancouver, and other surrounding sub-peaks. Further from the quake’s epicenter, snow and ice avalanches were observed more frequently than landslides. Seracs and ice falls were also frequently seen toppled and broken, and the earthquake caused widespread damage to glacial ice.

Local observers say it is fortunate that this event did not occur during mountaineering season, as earthquake-triggered serac falls and avalanches have caused fatalities in the past. In the future, the damage to ice in the region and persistent rockfall from landslides scars may pose new additional hazards for mountaineering and skiing expeditions in the area. The Wrangell- St. Elias range and nearby Chugach range are both famous ski mountaineering destinations in Alaska, known for having numerous massive peaks, remote access, and length peak-to-sea ski descents.

Source : Yukon Geological Survey.

Climat : ça va mal, très mal // Climate : it’s getting worse and worse

Le 16 octobre 2025, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations Unies a publié son dernier Greenhouse Gas Bulletin, un rapport sur les émissions de gaz à effet de serre sur Terre. Sans surprise, ce rapport est extrêmement pessimiste. Vous le trouverez à l’adresse suivante :

https://wmo.int/publication-series/wmo-greenhouse-gas-bulletin-no-21

Le rapport explique que les concentrations moyennes de dioxyde de carbone à l’échelle mondiale ont augmenté de 3,5 parties par million (ppm) entre 2023 et 2024, soit la plus forte augmentation depuis le début des mesures en 1957. Même entre 2011 et 2020, l’augmentation moyenne n’était que de 2,4 parties par million par an. Les concentrations de CO2 sont actuellement mesurées à plus de 424 ppm sur le Mauna Loa (Hawaï), un niveau jamais observé auparavant.

 Source: Scripps Institution of Oceanography

Les résultats du rapport brossent un tableau de l’avenir de notre planète, soulignant une fois de plus l’empreinte environnementale dévastatrice laissée par l’Homme. Selon le Secrétaire général adjoint de l’OMM, « la chaleur emprisonnée par le CO2 et les autres gaz à effet de serre accélère notre climat et entraîne des phénomènes météorologiques plus extrêmes. Réduire les émissions est donc essentiel, non seulement pour notre climat, mais aussi pour notre sécurité économique et le bien-être des populations.»
Le dernier rapport de l’OMM fait suite aux conclusions des scientifiques, publiées début 2025, selon lesquelles il sera très probablement impossible d’atteindre l’objectif de l’Accord de Paris sur le climat visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Si cela devait se confirmer, l’humanité se trouverait en « territoire inconnu » et nous condamnerait probablement à un avenir marqué par des phénomènes météorologiques encore plus extrêmes, que ce soient les incendies de forêt et les vagues de chaleur meurtrières, ou encore les tempêtes dévastatrices et les inondations destructrices.

Un problème majeur réside dans le fait que la hausse des températures entraîne une diminution de l’absorption de CO2 par les océans. Même les grandes surfaces terrestres ne sont plus en mesure d’absorber autant de gaz qu’auparavant, ce qui accroît le risque de sécheresses sévères et plus persistantes. Le rapport met en garde contre une perte d’efficacité des puits de CO2 terrestres et océaniques, ce qui augmentera la quantité de CO2 restant dans l’atmosphère et accélérera le réchauffement climatique.

Selon l’OMM, le niveau record des concentrations de CO2 entre 2023 et 2024 est probablement dû aux très importantes émissions causées par les feux de forêt et à un puissant phénomène climatique El Niño, qui ont entraîné ensemble une réduction importante de l’absorption de CO2 terrestre et océanique. Le CO2 a une durée de vie extrêmement longue dans l’atmosphère terrestre, ce qui signifie que la planète en ressentira les effets durables pendant des siècles. Comme je l’ai déjà expliqué, à supposer que nous arrêtions les émissions de CO2 aujourd’hui d’un coup de baguette magique, il faudrait des décennies pour que ces concentrations diminuent et finissent par disparaître de notre atmosphère.

En plus du CO2, les concentrations de méthane (CH4) et d’oxyde nitrique (NO) ont également atteint des niveaux records. En 2024, l’OMM précise que les concentrations moyennes de méthane ont atteint 338 parties par milliard, soit une augmentation de 25 % par rapport au niveau préindustriel. La réaction du monde face à ces chiffres dévastateurs reste très insuffisante. Ainsi, les États-Unis, deuxième plus gros contributeur aux émissions de gaz à effet de serre après la Chine, mettent un frein à la réglementation visant à réduire la pollution et le gouvernement américain nomme en priorité des personnes liées au secteur des énergies fossiles. Début 2025, le président Donald Trump a annulé une décision historique qui autorisait uniquement l’Agence de protection de l’environnement (EPA) à fixer des normes d’émissions. Une telle décision compromet forcément la capacité du gouvernement à lutter contre le réchauffement climatique.
Ce n’est pas tout. L’administration Trump tente également activement de masquer la crise climatique en mettant à mal notre capacité à surveiller la situation qui se détériore rapidement. La Maison-Blanche a drastiquement réduit les moyens d’importants centres de recherche en sciences de la Terre. Par exemple, elle a ordonné à la NASA de supprimer deux satellites fournissant aux agriculteurs des informations détaillées sur la répartition des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, dont le CO2. Résultat : une très violente tempête n’a pas été anticipée et a détruit de nombreuses maisons dans l’ouest de l’Alaska le week-end dernier, faute d’instruments (principalement de ballons-sondes) suite aux restrictions imposées par l’administration Trump. Des centaines d’habitants ont été évacués par avion et réinstallés à quelque 800 km de chez eux. L’État d’Alaska est particulièrement exposé à la montée des eaux océaniques provoquée par le réchauffement climatique.
Par ailleurs, l’administration Trump vient d’annuler Esmeralda 7, le plus grand projet solaire américain au Nevada:

https://edition.cnn.com/2025/10/14/climate/trump-solar-project-nevada-electricity

Pendant ce temps, la Chine, premier pollueur mondial, redouble d’efforts pour produire de l’énergie propre. Cela s’est traduit par une baisse de ses émissions de CO2 pour la première fois cette année. Cependant, cette baisse des ÉMISSIONS n’a eu aucun impact, du moins jusqu’à présent, sur les CONCENTRATIONS de ce gaz dans l’atmosphère.
Source : Rapport de l’OMM.

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On 16 October 2025, the United Nations’ World Meteorological Organization (WMO) has released its latest Greenhouse Gas Bulletin, a report on global greenhouse gas emissions. Unsurprisingly, it is looking extremely pessimistic. You will find the report at this address :

https://wmo.int/publication-series/wmo-greenhouse-gas-bulletin-no-21

The report explains that the global average concentrations of carbon dioxide spiked by 3.5 parts per million (ppm) between 2023 and 2024, the biggest increase since modern measurements began in 1957. Even between 2011 and 2020, the average increase was a mere 2.4 parts per million per year. CO2 concentrations are currently measured at more tha 424 ppm on Mauna Loa (Hawaii), a level never seen before.

The results in the report paint a dire picture of our planet’s future, highlighting once again our species’ devastating environmental footprint. According to WMO deputy secretary-general, “the heat trapped by CO2 and other greenhouse gases is turbo-charging our climate and leading to more extreme weather. Reducing emissions is therefore essential not just for our climate but also for our economic security and community well-being.”

The news comes after scientists found earlier this year that meeting the Paris climate agreement goal of restricting global warming to 1.5 degrees Celsius will very probably not be feasible, putting us in ‘uncharted territory’, and likely doomed to a future filled with more extreme events, from severe wildfires and deadly heatwaves to devastating storms and destructive floods.

One major issue is that rising global temperatures are causing the Earth’s oceans to absorb less CO2. Even major land masses are unable to take in as much of the gas as before, resulting in a higher potential for severe and more persistent droughts. The report warns that “there is concern that terrestrial and ocean CO2 sinks are becoming less effective, which will increase the amount of CO2 that stays in the atmosphere, thereby accelerating global warming.”

According to WMO, the record growth in CO2 concentration between 2023 and 2024 was likely due to the major wildfire emissions and a strong El Niño climate pattern leading to major reductions in land and ocean CO2 uptake. It’s all cumulative. CO2 tends to have an extremely long lifetime in the Earth’s atmosphere, which means that the planet will feel lasting impacts for hundreds of years. As I put it before, even if we stopped CO2 emissions today with a magic wand, it would take concentrations decades to disappear from our atmosphere.

Beyond CO2, concentrations of methane and nitrous oxide have also increased to record levels. In 2024, global methane average concentrations reached 338 parts per billion, an “increase of 25 percent over the pre-industrial level,” per the WMO.

How the world will act in light of these devastating numbers remains to be seen. For one, the United States, the second biggest greenhouse gas emissions contributor after China, is actively putting the brakes on regulations to curb pollution and is instead nominating and appointing people with ties to the fossil fuel sector. Earlier this year, president Donald Trump scrapped a landmark finding that only allowed the Environmental Protection Agency to set emissions standards, effectively kneecapping the government’s ability to fight global warming.

The Trump administration is also actively attempting to obscure the climate crisis by undercutting our ability to monitor the rapidly deteriorating situation. The White House has focused its efforts on gutting important Earth sciences research, for instance, instructing NASA to scrap two satellites that provide farmers with detailed information about the distribution of planet-warming greenhouse gases including CO2. One result was that a storm destroyed scores of houses in western Alaska in during the past weekend because of a shortage of instruments (mostly balloons) because of the restrictions imposed by the Trump Administration. Hundreds of residents had be be airlifted to be evacuated.

Moreover, the Trump administration has just cancelled Esmeralda 7, the largest U.S. Solar project in Nevada.

https://edition.cnn.com/2025/10/14/climate/trump-solar-project-nevada-electricity

Meanwhile, China – the world’s largest polluter – is doubling down on clean power generation. This has caused its CO2 emissions to fall for the first time ever this year. However, this has not had any impact, at least until now, on the concentrations of this gas in the atmosphere.

Source : WMO Report.

Les courants de l’Atlantique Nord inquiètent les scientifiques // North Atlantic currents worry sciantists

J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur ce blog sur l’impact du réchauffement climatique sur les courants océaniques, et plus particulièrement sur la circulation méridionale de retournement de l’Atlantique (AMOC). Si ce système cessait de fonctionner, cela aurait des conséquences majeures sur le climat en Europe.

Une nouvelle étude publiée dans Science Advances en octobre 2025 informe le public qu’un système de courants océaniques en rotation dans l’Atlantique Nord – le gyre subpolaire nord-atlantique – se comporte de manière extrêmement étrange, probablement parce qu’il s’approche d’un point de basculement, voire de non-retour. Le gyre subpolaire nord-atlantique joue un rôle clé dans le transport de la chaleur vers l’hémisphère Nord et fait partie de l’AMOC. De nouvelles données montrent que le gyre subpolaire perd de sa stabilité depuis les années 1950, ce qui signifie que sa circulation pourrait s’affaiblir considérablement dans les décennies à venir.

 Les auteurs de l’étude écrivent : « C’est très inquiétant. Le gyre subpolaire a récemment été reconnu comme un élément de basculement. Nous devons encore mieux comprendre les impacts d’un affaiblissement brutal de ce gyre. Mais ce que nous savons à ce jour, grâce aux quelques études publiées, c’est qu’il entraînerait une foule d’événements météorologiques extrêmes, notamment en Europe… et des modifications des régimes de précipitations à l’échelle mondiale. »
Le gyre subpolaire de l’Atlantique Nord est une branche de l’AMOC, mais il peut franchir un point de basculement indépendamment de ce dernier. Les conséquences climatiques pour l’Europe, en particulier, seraient semblables à celles provoquées par un arrêt de l’AMOC, même si elles pourraient être moins intenses en raison de sa taille beaucoup plus importante de ce dernier.
Des recherches antérieures montrent que l’AMOC pourrait cesser de fonctionner prochainement en raison de la défaillance de son principal moteur – une cascade d’eau dense provenant de la surface des océans Atlantique Nord et Arctique et qui s’enfonce vers les fonds marins. Cette cascade, jusqu’à présent constituée d’eau extrêmement froide et salée, est aujourd’hui diluée par l’eau de fonte et réchauffée par la hausse des températures de la planète. Par conséquent, l’eau, à certains endroits, n’est plus suffisamment dense pour circuler correctement.
On s’attend à un sort similaire pour le gyre subpolaire de l’Atlantique Nord, qui dépend également de la descente des eaux de surface vers le plancher océanique. Une cascade d’eau plus dense au cœur du gyre maintient les courants en rotation, mais les scientifiques font remarquer que le système est également en partie entraîné par le vent ; son arrêt complet est donc peu probable.
Le gyre subpolaire de l’Atlantique Nord est une branche de l’AMOC ; un arrêt de ce dernier implique donc nécessairement un affaiblissement important du gyre. Inversement, un affaiblissement du gyre subpolaire ne signifie pas automatiquement l’arrêt de l’AMOC. Le gyre subpolaire peut s’affaiblir brutalement sans que l’AMOC ne cesse de fonctionner. C’est ce qui s’est produit lors de la transition vers le Petit Âge Glaciaire, aux 13ème et 14ème siècles.
Le Petit Âge Glaciaire, qui a duré d’environ 1250 à la fin du 19ème siècle, a été l’une des périodes les plus froides jamais enregistrées dans l’hémisphère Nord depuis la fin de la dernière période glaciaire. Les températures moyennes ont chuté d’environ 2 °C. La glace a paralysé les rivières et les ports d’Europe et d’Amérique du Nord en hiver, déclenché des crises agricoles et plongé la société médiévale dans le chaos. Bien que des facteurs tels que les éruptions volcaniques et la baisse de l’activité solaire aient contribué au déclenchement du Petit Âge Glaciaire, le gyre subpolaire de l’Atlantique Nord aurait joué un rôle majeur dans son intensification.
Avec le réchauffement climatique actuel, les conditions sont radicalement différentes de celles du 13ème siècle, de sorte que les scientifiques ignorent si un autre Petit Âge Glaciaire est possible. Néanmoins, cela illustre certains des impacts climatiques qui pourraient survenir.
Source : Live Science via Yahoo News.

 Les courants du gyre subpolaire de l’Atlantique Nord font également partie de l’AMOC, mais le gtre peut se déstabiliser et franchir des points de bascule indépendamment de l’AMOC. (Source : Beatriz Arellano Nava / Science Advances).

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Several times on this blog, I have drawn attention to the impact of global warming on ocean currents and more particularly the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC). Should this system collapse, it would have major consequences on climate in Europe.

A new study published in Science Advances in October 2025 informs the public that a massive system of rotating ocean currents in the North Atlantic – the North Atlantic subpolar gyre – is behaving extremely strangely, possibly because it is approaching a tipping point. The North Atlantic subpolar gyre plays a key role in transporting heat to the Northern Hemisphere, and it is a part of the AMOC. New evidence suggests the subpolar gyre has been losing stability since the 1950s, meaning the gyre’s circulation could weaken substantially in the coming decades.

The authors of the study write that « it’s highly worrying. The subpolar gyre was recently acknowledged as a tipping element. We still need to understand more of the impacts of a subpolar gyre abrupt weakening. But what we know so far with the few studies that have been published is that it would bring more extreme weather events, particularly in Europe … and also changes in global precipitation patterns. »

The North Atlantic subpolar gyre is a limb of the AMOC, but it can cross a tipping point independently from the giant network of currents. The climate outcomes for Europe, in particular, would be similar to those that would be triggered by a collapse of the AMOC, although they may be less intense because the AMOC is much bigger.

Previous research suggests the AMOC could collapse in the near future because its main engine – a cascade of dense water from the surface of the North Atlantic and Arctic oceans to the seabed is failing. This cascade, which until now was made of extremely cold and salty water, is being diluted by meltwater and warmed by rising global temperatures, meaning the water in some places is no longer dense enough to sink properly.

A similar fate is expected for the North Atlantic subpolar gyre, which also relies on surface water sinking to the ocean floor. A cascade of dense water at the core of the gyre keeps the rotating currents moving, but the system is also partly driven by wind, so a complete collapse is unlikely.

The North Atlantic subpolar gyre is a branch of the AMOC, so an AMOC collapse necessarily involves a dramatic weakening of the gyre. Conversely, a weakening of the subpolar gyre does not automatically mean that the AMOC has collapsed. The subpolar gyre can weaken abruptly without the AMOC collapsing. This is what happened during the transition into the Little Ice Age, in the 13th and 14th centuries.

The Little Ice Age, which lasted from about 1250 to the late 1800s, was one of the coldest periods on record in the Northern Hemisphere since the end of the last ice age. Average temperatures dropped by about 2 degrees Celsius, freezing rivers and harbors across Europe and North America solid in the winter, triggering agricultural crises and broadly throwing medieval society into chaos. Although factors like volcanic eruptions and reduced solar activity contributed to the initiation of the Little Ice Age, the North Atlantic subpolar gyre is thought to have played a major role in strengthening it.

With the current global warming, conditions are dramatically different now than they were in the 13th century, so scientists don’t know if another Little Ice Age is possible. Nonetheless, it illustrates some of the climate impacts that could be coming our way.

Source : Live Science via Yahoo News.