Hawaii : Les dangers sur le site de Kamokuna (rappel) // The dangers of the Kamokuna lava entry (a reminder)

Un nouvel article écrit par les scientifiques du HVO et publié dans les journaux hawaïens rappelle aux visiteurs les dangers liés à l’entrée de lave sur le site de Kamokuna.
L’entrée de la lave dans l’océan comporte de nombreux dangers. J’ai écrit plusieurs notes à ce sujet, en particulier le 3 février 2017. Les dangers comprennent les explosions qui projettent des débris incandescents, les gaz toxiques contenus dans le panache de vapeur, l’effondrement de la banquette littorale nouvellement créée et de la falaise qui se trouve à proximité. Des effondrements répétés depuis le 31 décembre 2016 ont souligné ce dernier danger.
Les deltas de lave sont extrêmement instables. Ils reposent généralement sur des accumulations de fragments de roche sans aucune solidité. Au fur et à mesure que le delta de lave grandit, cette mauvaise assise ne peut plus supporter le poids de matériaux qui s’ajoute en permanence et un effondrement partiel ou total expédie cette banquette littorale dans la mer. C’est ce qui s’est passé le 31 décembre 2016 lorsque la quasi-totalité du delta de lave ainsi que des portions de la falaise la plus ancienne ont glissé les unes après les autres dans l’océan au cours de l’après-midi et dans la soirée.
De petites explosions ont accompagné plusieurs de ces effondrements lorsque la roche à très haute température est entrée en contact avec de l’eau de mer froide. Ces explosions ont expédié dans l’air des roches, de la vapeur et des lambeaux de lave. De puissantes vagues ont également déferlé lorsque des parties du delta de lave et des falaises avoisinantes se sont effondrées dans l’eau. Certaine vagues ont projeté de l’eau jusqu’à 10 mètres au-dessus des falaises de 15 mètres de hauteur à l’est du delta.
Après les événements du 31 décembre, la zone a continué d’être instable et de profondes fractures ont été observées dans la partie supérieure de la falaise, derrière l’entrée de la lave dans l’océan. Au début du mois de février, des membres du HVO qui travaillaient dans ce secteur ont remarqué un mouvement horizontal du sol jusqu’à une distance de 200 mètres de l’entrée de lave. On ne connaît pas la cause exacte de ce mouvement du sol à une telle distance, mais c’est un signe incontestable de l’instabilité dans ce secteur. Le 2 février 2017, les géologues du HVO ont vu une grande partie de la falaise littorale derrière l’entrée de lave s’effondrer dans l’océan. Heureusement, ils étaient suffisamment loin pour ne pas être blessés.
La nouvelle caméra installée sur le site a enregistré une vidéo spectaculaire de l’événement. Plusieurs heures plus tard, un autre morceau de la falaise s’est également effondré. Cette falaise près de l’entrée de la lave dans l’océan reste instable et d’autres effondrements peuvent se produire à tout moment. Les visiteurs ne doivent pas franchir la corde installée par le Parc des Volcans et les bateaux doivent officiellement maintenir une distance de sécurité. La loi les oblige à rester au moins 300 mètres de l’entrée de lave, mais il semble que cette distance soit rarement respectée, malgré les amendes distribuées par les rangers. Comme je l’ai signalé auparavant, les contrôles ont été renforcés sur les zones les plus dangereuses du Kilauea, comme le site de Kamokuna, le cratère del’Halema’uma’u et le Pu’uO’o sur l’East Rift Zone.

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A new article by HVO scientists released in the Hawaiian newspapers reminds visitors of the dangers related to the lava entry at Kamokuna.

The ocean entry conceals many dangers. I have written several posts about this topic, especially on February 3rd 2017. The dangers include explosions that send debris and molten spatter into the air, toxic gasses in the steam plume and collapse of the newly created land and adjacent sea cliff. Repeated collapses around the ocean entry since New Year’s Eve of 2016 have underscored this last danger.

Lava deltas are inherently unstable. They are typically built on top of loose rock fragments. As the lava delta grows, this poor foundation cannot support the added weight, and partial or wholesale collapse sends chunks sliding into the sea. This is what happened on December 31st 2016 when almost the entire lava delta and portions of the older sea cliff slid into the ocean piece by piece over the course of the afternoon and into the evening.

Small explosions accompanied many of these collapses when newly exposed hot rock came into contact with cold seawater. These sent rocks, steam, and molten lava fragments flying into the air. Large waves were also generated when sections of the lava delta and adjacent sea cliff crashed into the water; some were reported to have splashed as much as 10 metres above the 15-metre cliffs east of the delta.

Since the events of New Year’s Eve, the area has continued to be unstable and large cracks have been observed on top of the cliff behind the ocean entry. In early February, HVO staff working in the area noted gentle swaying of the ground a distance of up to 200 metres away from the entry. The exact cause of this ground motion felt so far away is not known, but it was a clear warning of instability. On February 2nd 2017, HVO geologists witnessed a large section of the sea cliff behind the ocean entry falling into the ocean. Fortunately, they were far enough away to be unharmed.

The newly placed camera recorded a dramatic video of the event.  Several hours later, another piece of the sea cliff also collapsed. The sea cliff near the ocean entry remains unstable and further collapses could occur at any time. Visitors should heed the rope line established by Hawaii Volcanoes National Park at all times and maintain a safe distance when viewing by boat. The raft should stay at least 300 metres from the entry, but it seems this distance is rarely respected, despite the fines distributed by the rangers. As I put it before, controls have been reinforced on the most dangerous areas on Kilauea Volcano, including the Kamokuna lava entry, Halema’uma’u Crater and Pu’uO’o on the East Rift Zone.

Exemple de fracture de la falaise littorale sur le site de Kamokuna (Photo : USGS / HVO)

Belle vidéo de l’éruption du Kilauea (Hawaii) // Nice video of the Kilauea eruption (Hawaii)

drapeau-francaisLa société Paradise Helicopters a mis en ligne une très bonne vidéo (utilisez l’option plein écran) réalisée le 5 janvier dernier pour illustrer l’éruption en cours du Kilauea. En outre, il y a une belle musique hawaïenne en arrière-plan. La vidéo commence par une vue générale de Big Island avec une grande nappe de «vog» (volcanic fog = brouillard volcanique) provoquée principalement par le panache de gaz qui issu du cratère de l’Halema’uma’u.
Pour commencer, la vidéo nous montre les images d’un lac de lave très actif dans le cratère du Pu’uO’o. Cette lave est d’une part la source de la coulée qui avance péniblement sur environ 1,6 km vers nord-est du cratère ; d’autre part, elle alimente la coulée 61g beaucoup plus active qui parcourt 12 km vers  le sud jusqu’à l’Océan Pacifique.
Ensuite, la vidéo montre des images de la nouvelle entrée de lave sur le site de Kamokuna après le spectaculaire du delta le jour de la Saint-Sylvestre. On voit parfaitement la zone effondrée qui dessine un croissant le long de la côte
On observe toujours des lucarnes dans la coulée à la base du Pulama Pali, avec la lave qui coule à l’intérieur d’un réseau de tunnels en direction de la côte.
L’hélicoptère n’a pas été autorisé à s’approcher à moins de 300 mètres de l’entrée de lave dans l’océan. Le pilote a été surpris de voir les bateaux d’agences de voyages continuer à s’approcher très près du site malgré les interdictions.
Voici le lien vers la vidéo:
Https://youtu.be/MBQuzAZswvs

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drapeau-anglaisThe Paradise Helicopters company has released a very good video (use the full screen option) shot on January 5th to illustrate the current Kilauea eruption. Besides, there is a nice Hawaiian music in the background. The video begins with a general view of Big Island and a large blanket of “vog” mainly caused by the gas plume that comes out of Halema’uma’u Crater.

The video begins with images of a very active lava lake within the Pu’uO’o. This lava is the source of the sluggish lava flow that has travelled about 1.6 km to the north-east of the vent and the far more active 61g flow that travels 12 km south down to the Pacific Ocean.

Next, the video shows images of the new lava entry on the Kamokuna site after the huge collapse of the lava delta on New Year’s Eve. One can perfectly see the crescent left by the collapse along the coast.

Skylights can still be seen at the base of Pulama Pali, with lava flowing through the tube system to the coast.

The helicopter was restricted to 300 metres from the ocean entry, but the pilot was surprised to see tour boats continuing to go very close to it.

Here is the link to the video:

 https://youtu.be/MBQuzAZswvs

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Photo: C. Grandpey

 

Kilauea (Hawaii): Effondrement du delta de lave // Collapse of the lava delta

drapeau-francaisComme je l’ai écrit précédemment, des fractures avaient été observées dans le delta construit par l’entrée de lave la plus à l’est sur le site de Kamokuna, avec un risque d’effondrement.
Un tel effondrement a eu lieu la veille du Nouvel An quand tout un pan du delta de 11 hectares formé par la coulée de lave 61g a disparu dans l’océan vers 14h45, avec abondance de projections incandescentes et la formation de grosses vagues qui ont érodé une partie de la falaise littorale et du point d’observation aménagé pour les touristes. Les rangers en service le Jour de l’An ont indiqué que des craquements continuaient à émaner de toute la zone instable.
En conséquence, le site de Kamokuna a été fermé le temps que les rangers et les scientifiques du HVO contrôlent la situation.

En dépit de la fermeture, cinq visiteurs se sont glissés sous la corde de sécurité et ont parcouru la falaise côtière vers 19 heures le jour de la Saint-Sylvestre. Les rangers ont dû les poursuivre pour les obliger à faire demi-tour. Un quart d’heure plus tard, la partie de la falaise où se trouvaient ces personnes s’est effondrée dans l’océan!
Le point d’observation restera fermé tant que la situation ne se sera pas stabilisée. L’accès au Parc des Volcans côté Kalapana a été fermé aussi. Heureusement, il n’y avait pas d’avions ou de bateaux dans le secteur au moment de l’effondrement, ni de visiteurs sur le delta proprement dit, malgré son interdiction d’accès. Comme l’a dit un ranger: «Si quelqu’un avait été à proximité de l’effondrement, que ce soit sur terre, en mer ou en l’air, il y aurait sûrement eu des morts. Une restriction de vol temporaire de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer a été mise en place sur le site de Kamokuna.
Source: Big Island Now, avec des photos de l’événement :

http://bigislandnow.com/2017/01/01/delta-collapse-closes-kamokuna-ocean-entry/

Voici une petite vidéo:

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drapeau-anglaisAs I put it before, cracks had been observed in the lava delta built by the easternmost Kamokuna entry, with the risk of collapses.

This collapse happened on New Year’s Eve when a large section of the 11-hectare lava delta formed by the 61g lava flow disappeared into the ocean around 2:45 p.m. on December 31st 2016, launching showers of volcanic rock into the air and creating a flurry of large waves that eroded away a portion of the older sea cliff and viewing area. Rangers on duty New Year’s Day reported that loud cracks continue to be heard throughout the unstable area.

As a result, the Kamokuna ocean entry was closed as park rangers and HVO scientists survey the area. Despite the closure, five visitors ducked beneath the white rope closure line and made a beeline for the coastal cliffs around 7 p.m. on New Year’s Eve. Rangers had to chase after them before they turned around. Within 15 minutes, the section of cliff where the visitors were standing crashed into the ocean!

The lava viewing area will remain closed until it is determined safe to reopen. The Kalapana access to the park was closed too. Fortunately, there were no aircraft or boats in the area at the time of the collapse, nor were any visitors on the delta itself, which is closed for public safety. As one ranger said: “Had anyone been close by on land, water or air, lives would have surely been lost.”

There is a temporary flight restriction of 300 metres above ground level at the Kamokuna ocean entry.

Source : Big Island Now, with photos of the event :

http://bigislandnow.com/2017/01/01/delta-collapse-closes-kamokuna-ocean-entry/

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Photo: C. Grandpey

 

Effondrement d’un glacier au Tibet // Glacial collapse in Tibet

drapeau-francaisEn juillet 2016, plus de 70 millions de mètres cubes de glace et de roches ont dégringolé du Glacier Aru, dans l’ouest du Tibet. L’avalanche n’a duré que cinq minutes. Les dégâts ont été très importants. Par endroits, les dépôts de glace avaient 10 mètres d’épaisseur. L’avalanche a recouvert une surface de 10 kilomètres carrés. Elle a frappé au passage le village de Dungru, tuant neuf éleveurs. Plus de 100 yaks ont péri, ainsi que 350 moutons. La NASA, qui a diffusé des images satellitaires de la catastrophe, a expliqué que l’effondrement était l’un des plus importants de l’histoire.

L’événement a tout d’abord étonné les climatologues, mais une équipe internationale de scientifiques a désigné le coupable probable: une accumulation inhabituelle d’eau de fonte sous le glacier, provoquée par des températures exceptionnellement chaudes.
Les glaciers avancent habituellement de quelques mètres, même si la vitesse de progression est parfois plus spectaculaire. Ainsi, en 2002, une section de 2,5 km du Glacier Kolka en Russie a parcouru 18 km en six minutes, tuant plus d’une centaine de personnes. Les scientifiques ont d’abord pensé que le Glacier Aru s’était comporté comme son homologue russe. Cependant, les glaciers qui avancent de cette manière ont tendance à être longs et larges alors que le Glacier Aru est un petit glacier accroché à la montagne. De plus, ces avancées glaciaires sont cycliques alors que l’histoire du Glacier Aru ne donne aucune indication d’un tel comportement.
Les climatologues pensent que le Glacier Aru adhère normalement à son substratum grâce à des températures inférieures à zéro, ce qui en fait un type de glacier « à base froide.» Ces glaciers sont généralement assez stables, grâce à de faibles précipitations locales, des températures froides et un déplacement lent. Le glacier tibétain est le premier exemple de l’effondrement brutal d’un glacier à base froide dans une région non volcanique.
En se référant aux données GPS et à la modélisation mathématique, couplées aux données climatiques de la région, les chercheurs émettent l’hypothèse que le Glacier Aru avait commencé à devenir un glacier « polythermique », c’est-à-dire avec une association de glace dont la température est inférieure à zéro et de glace portée à son point de fonte. Il est donc possible que l’eau de fonte se soit accumulée à la base du glacier, formant un lubrifiant qui a favorisé son avancée et son effondrement rapides.

La cause de la fonte, si elle existe, reste inconnue, mais les chercheurs ont remarqué que la région est en cours de réchauffement. La station météorologique la plus proche du glacier a révélé que la température a augmenté de 2 degrés Celsius pendant les 50 dernières années. Un tel réchauffement peut sembler insignifiant, mais il est suffisant pour que la neige fondue s’infiltre sous le glacier. La station météorologique a également enregistré des niveaux élevés de précipitations dans les 40 jours précédant l’avalanche. Cela signifie que ce glacier à base froide a réagi au réchauffement climatique.
L’effondrement du Glacier Aru soulève des inquiétudes car de tels événements sont susceptibles de se reproduire et peuvent représenter un danger réel pour les habitants de cette région. Si le réchauffement climatique est la cause principale de l’effondrement du Glacier Aru, il est fort à parier que ce ne sera pas le dernier.
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisIn July 2016, at least 70 million cubic metres of glacial ice and rock plummeted from the Aru Glacier in western Tibet. The avalanche lasted no longer than five minutes. The devastation within such a short time was immense. In places, the ice deposits ran 10 metres deep. The avalanche buried 10 square kilometres. Debris struck Dungru village, killing nine herders. More than 100 yaks perished, as did 350 sheep. NASA, which documented the debris field via satellite, described the collapse as one of the largest recorded avalanches in history.

The collapse, at first, left climatologists perplexed, but an international team of scientists has fingered the most likely culprit: an unusual slick of meltwater beneath the glacier, created by unusually warm temperatures.

Certain glaciers surge, usually advancing a matter of metres in short bursts of speed, although the surge may sometimes be more dramatic. In 2002, a 2.5 km-long section of the Kolka Glacier in Russia broke free, travelling 18 km in six minutes and killing more than a hundred people. Scientists first thought the Aru Glacier was acting like its Russian precursor. However, glaciers that surge tend to be lengthy and wide whereas the Aru Glacier was a small, frigid glacier that clung to the mountaintop. Moreover, glacial surges are cyclical. There was no indication the Aru Glacier had surged in remote sensing data.

Climatologists had assumed the Aru Glacier was frozen to mountain bedrock at sub-zero temperatures, making it a type of glacier known as « cold-based. » Such glaciers are usually quite stable, with low local precipitation, low glacier movement and cold temperatures. The Tibetan Glacier is the first known occurrence of an unexpected, instantaneous collapse of a cold-based glacier in a nonvolcanic region.

Based on GPS imagery and mathematical modeling, coupled with the climate data in the region, the researchers hypothesize the Aru Glacier had begun the process of becoming a polythermal glacier, that is, a mixture of sub-zero ice as well as ice warmed to the melting point. It was possible that meltwater pooled at the bottom of the glacier, forming a lubricant that enabled the swift collapse.

The source of the meltwater, if it existed, remained unknown, but researchers noted that the area has steadily warmed. The weather station closest to the glacier reported the temperature increased 2 degrees Celsius over 50 years. Such warming may seem insubstantial, but it was enough for melted snow to seep below the glacier. The weather station also recorded high levels of precipitation in the 40 days leading up to the avalanche. This means the cold-based glacier responded to the climate warming.

This situation at the Aru Glacier raises concerns that future events are possible and may pose risks for inhabitants of this region. If the climate warming in the region is the primary cause of the Aru Glacier collapse, then it will not be the last one.

Source: The Washington Post.

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Le Glacier Aru avant et après l’effondrement (Crédit photo: NASA)