Rapport de la NOAA sur le climat pour l’année 2017 // NOAA’s global climate report for 2017

La NOAA vient de publier son rapport annuel sur l’état du climat dans le monde en 2017. Ce rapport de 300 pages a été compilé par plus de 450 scientifiques originaires d’une soixantaine de pays. Vous trouverez la version originale en cliquant sur le lien ci-dessous. Le bilan général n’est pas bon et est particulièrement inquiétant.

https://www.ncdc.noaa.gov/sotc/global/201713

Le rapport confirme la hausse des températures et le classement de 2017 à la 3ème place des années les plus chaudes, derrière 2016 et 2015. A noter qu’El Niño n’était pas présent en 2017 – remplacé par son équivalent froid La Niña – mais son retour est prévu en 2019, ce qui ne va pas arranger les choses.

Le rapport indique que les gaz à effet de serre ont atteint des niveaux record partout dans le monde en 2017, année marquée par des températures anormalement élevées et une fonte des glaces sans précédent dans l’Arctique.

Comme je l’ai indiqué précédemment sur ce blog, le taux de concentration annuel de CO2 à la surface de la Terre a atteint ou dépassé 405 parties par million (ppm), et a presque été multiplié par quatre depuis le début des années 1960.

Le record de l’année la plus chaude de l’époque moderne a été battu en 2016 mais 2017 n’en est pas loin avec « des températures bien plus élevées que la moyenne » sur une bonne partie de la planète. L’année dernière, des températures record ont été enregistrées en Argentine, en Uruguay, en Espagne et en Bulgarie. Quant au Mexique, il a « battu son record de chaleur pour la quatrième année consécutive ».

En 2017, le niveau de la mer a également affiché un record pour la 6ème année consécutive. Le niveau moyen de la mer est désormais plus élevé de 7,7 centimètres qu’en 1993.

Source : NOAA.

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NOAA has just published its annual report on the state of the world’s climate in 2017. This 300-page report has been compiled by more than 450 scientists from over 60 countries. You will find the original version by clicking on the link below. The overall outcome is not good and is particularly worrying.
https://www.ncdc.noaa.gov/sotc/global/201713

The report confirms the rise in temperatures and the ranking of 2017 to the 3rd place of the hottest years, behind 2016 and 2015. Note that El Niño was not present in 2017 – replaced by its cold equivalent La Niña – but his return is expected in 2019, which is not good news

The report explains that greenhouse gases reached record levels around the world in 2017, a year of unusually high temperatures and unprecedented ice melting in the Arctic.
As I put it earlier on this blog, the annual concentration of CO2 on the Earth’s surface has reached or exceeded 405 parts per million (ppm), and has almost quadrupled since the early 1960s.
The record for the hottest year of modern times was beaten in 2016 but 2017 is not far off with « much higher temperatures than average » on a large part of the planet. Last year, record temperatures were recorded in Argentina, Uruguay, Spain and Bulgaria. As for Mexico, it « broke its heat record for the fourth year in a row ».
In 2017, sea level also reached a record for the sixth year in a row. The average sea level is now 7.7 centimeters higher than in 1993.

Source: NOAA.

Source: NOAA

Nouvelles du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) // News of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

Frère de point chaud, il semblerait que le Piton de la Fournaise sur l’Ile de la Réunion brûle d’envie d’imiter le Kilauea à Hawaii. Depuis le début de mois de juillet, une inflation de l’édifice volcanique est de nouveau observée par l’Observatoire. Ainsi depuis le 1er juillet une élongation de 0,5-1 cm de la zone sommitale (voir figure ci-dessous) et une élongation de 0,5-1,2 cm de la base du cône terminal sont enregistrées.

L’OVPF précise que cette reprise de l’inflation est synonyme d’une pressurisation du réservoir magmatique superficiel par une réalimentation profonde en magma. Les fortes concentrations en CO2 dans le sol en champ lointain (Plaine des Cafres et Plaine des Palmistes) qui se maintiennent depuis la fin de l’éruption le 1er juin dernier, coïncident avec une remontée profonde de magma. La reprise de l’inflation observée depuis le 1er juillet atteste d’un possible transfert vers de plus faibles profondeurs. A noter que pour l’éruption du 27 Avril – 1er juin 2018, cette phase de pressurisation avait duré trois semaines environ avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompe, avec une injection de magma vers la surface et une éruption.

Le niveau d’alerte est maintenu à Vigilance. Les sentiers de la partie haute de l’Enclos Fouqué sont ouverts avec certaines restrictions.

Source : OVPF.

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Located on a hot spot, it seems that the Piton de la Fournaise on Reunion Island is eager to imitate Kilauea in Hawaii. An inflation of the volcanic edifice has again been observed since the beginning of July. For instance, since July 1st, a 0.5-1-cm elongation of the summit zone (see figure below) and a 0.5-1.2-cm elongation of the base of the terminal cone have been recorded.
OVPF states that this resumption of inflation is synonymous with a pressurization of the shallow magma reservoir by a deep magma recharge. The high CO2 concentrations in the far-field soil (Plaine des Cafres and Plaine des Palmistes), which have been regular since the end of the eruption on June 1st, coincide with a deep magma ascent. The new inflation episode observed since July 1st corresponds with a possible magma transfer to lower depths. One can remember that for the eruption of April 27th – June 1st, 2018, this pressurization phase lasted about three weeks before the roof of the reservoir got weakened and broke, with an injection of magma to the surface and an eruption.
The alert level is kept at Watch. The trails in the upper part of the Enclos Fouqué are open with some restrictions.
Source: OVPF.

Vue de l’inflation de la zone sommitale (Source: OVPF)

« La Glace et le Ciel » : L’aventure glaciaire de Claude Lorius

Si je demandais aux personnes autour de moi si elles connaissent Claude Lorius, la plupart ouvriraient de grands yeux car ce monsieur ne fait pas partie des people ou des personnalités médiatisées. Pourtant, Claude Lorius est un éminent scientifique qui a apporté autant à la glaciologie que Haroun Tazieff à la volcanologie ou le Commandant Cousteau à l’océanographie.

L’excellente chaîne de télévision Ushuaia TV diffuse en ce moment (dates des programmes en suivant ce lien : https://www.ushuaiatv.fr/programmes/entre-ciel-et-terre-le-cambodge-%C3%A0-ciel-ouvert-59548) un documentaire intitulé La Glace et le Ciel réalisé par Luc Jacquet bien connu pour son film La Marche de l’Empereur.

Dans La Glace et le Ciel, le réalisateur met en scène l’aventure de Claude Lorius qui est parti en 1957 étudier les glaces de l’Antarctique. Il nous raconte « l’histoire d’une vie extraordinaire consacrée à percer au plus profond des glaces de l’Antarctique les secrets bien gardés du climat. »

Claude Lorius, chercheur au laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement de Grenoble, dut affronter pendant presque vingt ans mépris, moqueries et railleries quand il abordait le thème du dérèglement climatique et la responsabilité de Homme dans ce phénomène naturel. Il eut à subir les foudres du Commandant Cousteau et de Claude Allègre à la fin des années 80 suite à la publication dans la revue Nature de trois articles qui prouvaient la corrélation entre la concentration de gaz carbonique et l’élévation moyenne des températures du globe.

La Glace et le Ciel raconte en détail la vie du chercheur, du premier hivernage dans la base Charcot en 1957, un an d’isolement sous la glace pour trois scientifiques sur un continent encore inconnu, jusqu’aux carottages de Vostok dans les années 80, qui allaient apporter les preuves tant attendues. En particulier, les analyses des bulles d’air emprisonnées dans les carottes de Vostok ont mis en évidence la relation étroite entre les concentrations en gaz carbonique et en méthane et la température. Les climats interglaciaires sont caractérisés par des teneurs en CO2 de 280 ppmv (partie par million en volume) alors qu’en période glaciaire, l’atmosphère n’en contenait que 180 ppmv. Le méthane, issu des fermentations en zones inondées (marais, rizières), lui oscille entre 650 et 350 ppbv (partie par milliard) entre les périodes chaudes et froides respectivement.

La bande-annonce du film se trouve à cette adresse: https://youtu.be/maLCce3dF2U

Courbes de Vostok : Variations des températures (en rouge), du méthane (en vert) et du CO2 (en bleu) au cours des 400 000 dernières années.

Il est intéressant de mettre en parallèle la courbe de Keeling qui montre les variations de CO2 avant 1958 par le biais des carottes de glace, et après 1958, au vu des relevés effectués au sommet du Mauna Loa (Hawaii). On remarquera que les quantités de CO2 sont en constante augmentation et qu’elles atteignent actuellement plus de 411 ppm (parties par million) !! Le Président Trump a sûrement raison : il faut donner le champ libre à la production et à la combustion des combustibles fossiles. Notre planète le remerciera un jour à sa façon !

Courbe de Keeling actualisée le 23 mai 2018

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Dans son dernier bulletin du 23 avril 2018, l’OVPF indique que « depuis le 21 avril l’activité sismique à l’aplomb de la zone sommitale du Piton de la Fournaise a repris, avec notamment 24 séismes volcano-tectoniques enregistrés le 22 avril. Ces séismes superficiels (à moins de 2 km de profondeur) ont été enregistrés sous la zone sommitale. »

Cette reprise de la sismicité fait suite à la poursuite de l’inflation de l’édifice observée suite à la fin de l’éruption des 3 et 4 avril, synonyme d’une réalimentation profonde en magma et d’une pressurisation du réservoir magmatique superficiel.

On observe également une forte augmentation de la concentration en CO2 dans le sol observée en champ lointain suite à la fin de l’éruption du 3-4 avril, suivie, à partir du 19 avril, par une très forte chute des concentrations. Cette évolution met, elle aussi, en évidence une poursuite de la réalimentation profonde et un possible transfert vers de plus faibles profondeurs depuis la mi-avril.

La conclusion du bulletin de l’OVPF est la suivante : « L’accélération de la sismicité observée hier montre que la pressurisation du réservoir s’accélère et que ce dernier se fragilise. »

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In its last bulletin of April 23rd, 2018, OVPF indicates that « since April 21st, seismic activity has resumed in the summita area of the Piton de la Fournaise, including 24 volcano-tectonic earthquakes recorded on April 22nd . These sshallow earthquakes (less than 2 km deep) were recorded below the summit area. »
This resumption of seismicity follows the continued inflation of the edifice that has been observed following the end of the eruption of April 3rd and 4th, synonymous with a deep recharge and the pressurization of the shallow magma reservoir .
There is also a significant increase in CO2 concentrations in the ground observed in the far field following the end of the eruption of April 3-4, followed, from April 19th, by a very strong drop in concentrations. This evolution also highlights a continuation of the deep recharge and a possible magma transfer to lower depths since mid-April.
The conclusion of the OVPF bulletin is as follows: « The acceleration of seismicity observed yesterday shows that the pressurization of the reservoir is accelerating and that the latter is getting more fragile. « 

Crédit photo: Wikipedia