L’année 2022 encore trop chaude // 2022 was still too hot

En ce début d’année 2023, les agences climatiques ont dressé un bilan des températures sur l’ensemble de la Terre pour 2022. Sans surprise, elles restent supérieures à la normale, même si des variations peuvent exister selon les régions. Ce qui est le plus inquiétant, comme le font remarquer les différentes agences, c’est que ces températures élevées se sont produites alors que la Terre se trouvait à l’intérieur d’un épisode de refroidissement La Niña qui est en voie d’atténuation. Avec le retour probable d’El Niño dans le courant de l’année 2023, le réchauffement climatique risque fort de prendre une tournure beaucoup plus sévère.

Selon les archives ERA5, avec +0,494°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, l’année 2022 est la 5ème plus chaude de l’histoire. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de 0,30°C. Des records de chaleur ont été battus dans plusieurs pays à travers le globe, notamment en Europe.

Comme en 2021, l’ampleur du réchauffement climatique a été freinée par les conditions La Niña dans le Pacifique oriental.

L’année 2022 a été plus chaude que certaines années El Niño comme 2010. Si on remonte encore dans le temps, on constate que 2022 est nettement au-dessus de 1983 et de 1998, années pourtant marquées par deux des trois plus gros événements El Niño jamais observés. La tendance de fond est à un réchauffement de 0,192°C par décennie depuis 1980 et 0,238°C par décennie sur les vingt dernières années.

[NDLR : La Niña est prévue neutre début 2023, avec ensuite un retour probable à les conditions El Niño que l’on peut raisonnablement redouter au vu de ce qui vient d’être écrit.]

L’année 2022 s’est terminée avec un mois de décembre affichant une anomalie de +0,47°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, ce qui en fait le 7ème mois de décembre le plus chaud des annales ERA5.

Les huit années les plus chaudes des archives ERA5 sont toutes des années post-2015. C’est d’autant plus remarquable que l’on se trouvait dans des conditions La Niña depuis 2015 (hivers 2016-2017, 2017-2018, 2020-2021, 2021-2022, 2022-2023).

Les pays d’Europe de l’Ouest ont connu des températures record en 2022. Des records de chaleur ont été battus en France, au Royaume-Uni, en Irlande, en Allemagne, en Espagne, en Suisse et en Italie. En France, l’année écoulée se solde par un record de température moyenne avec 14,51°C, nettement devant le précédent maximum de 14,07°C en 2020.

Source : global-climat.

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Selon la NOAA, l’année 2022 a été la sixième année la plus chaude depuis le début des relevés à l’échelle de la planète en 1880, avec 0,86°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle qui est de 13,9°C.
Parmi les 143 années d’archives de la NOAA, les 10 plus chaudes se situent toutes depuis 2010. Les neuf dernières années (2014-2022) sont les neuf plus chaudes jamais enregistrées.
La NOAA fait elle aussi remarquer que, comme en 2021, l’année 2022 a commencé par un épisode de refroidissement La Niña qui a persisté tout au long de l’année. Bien que les deux dernières années (2021 et 2022) ne se classent pas parmi les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées, la température annuelle de la Terre a augmenté à raison de 0,08°C par décennie depuis 1880 et plus du double (0,18°C) depuis 1981.
La température de surface de l’hémisphère Nord en 2022 a, elle aussi, été la sixième plus chaude jamais enregistrée, avec +1,10 °C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle.
Dans le même temps, l’hémisphère sud a connu sa septième année la plus chaude de tous les temps avec une température supérieure de 0,61 °C à la moyenne du 20ème siècle.
L’année 2022 a été marquée par des températures bien supérieures à la moyenne dans une grande partie du globe, avec des températures annuelles record dans certaines parties de l’Europe, du sud de l’Asie, du nord et du sud-ouest de l’océan Pacifique, de l’Atlantique et du sud-est du Pacifique. Dans le même temps, les températures plus basses que la moyenne se sont limitées au centre et à l’est de l’océan Pacifique tropical, ce qui correspond à l’épisode La Niña qui a persisté tout au long de l’année.
Source : NOAA.

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At the start of 2023, climate agencies have released temperature reports on the whole of the Earth for the past year. Unsurprisingly, they remain higher than normal, even if variations may exist depending on the region. What is most concerning, as the various agencies point out, is that these high temperatures occurred while the Earth was inside a La Niña cooling episode that is becoming neutral. With the likely return of El Niño in the course of 2023, global warming will probably take a much more severe turn.

According to the ERA5 archives, with +0.494°C above the 1981-2010 average, the year 2022 was the 5th hottest in history. Compared to the new reference period 1991-2020 used by ERA5, the anomaly is 0.30°C. Heat records have been broken in several countries across the globe, particularly in Europe.
As in 2021, the magnitude of global warming was curbed by La Niña conditions in the eastern Pacific.
The year 2022 was warmer than some El Niño years such as 2010. If we go back further in time, we see that 2022 was clearly above 1983 and 1998, years that were nevertheless marked by two of the three largest El Niño events Niño ever observed. The underlying trend is for a warming of 0.192°C per decade since 1980 and 0.238°C per decade over the last twenty years.
[Editor’s note: La Niña is forecast to be neutral in early 2023, with then a likely return to El Niño conditions that we can reasonably fear in view of what has just been written.]
The year 2022 ended with a month of December showing an anomaly of +0.47°C above the 1981-2010 average, making it the 7th hottest month of December in the ERA5 archives.
The eight hottest years in the ERA5 archive are all post-2015 years. This is all the more remarkable as they had been in La Niña conditions since 2015 (winter 2016-2017, 2017-2018, 2020-2021, 2021-2022, 2022-2023).
Western European countries experienced record temperatures in 2022. Heat records were broken in France, the United Kingdom, Ireland, Germany, Spain, Switzerland and Italy. In France, the past year ended with an average temperature record of 14.51°C, well ahead of the previous maximum of 14.07°C in 2020.
Source: global-climat.

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According to NOAA, the year 2022 was the sixth warmest year since global records began in 1880 at 0.86°C above the 20th century average of 13.9°C.

The 10 warmest years in the NOAA 143-year record have all occurred since 2010, with the last nine years (2014–2022) ranking as the nine warmest years on record.

Similar to 2021, the year 2022 began with a cold La Niña episode that persisted throughout the year. Despite the last two years (2021 and 2022) not ranking among the five warmest years on record, the global annual temperature increased at an average rate of 0.08°C per decade since 1880 and over twice that rate (0.18°C) since 1981.

The 2022 Northern Hemisphere surface temperature was also the sixth highest on record at +1.10°C above the 20th century average.

Meanwhile, the Southern Hemisphere had its seventh-warmest year on record, with a temperature that was 0.61°C above the 20th century average.

The year was characterized by much-warmer-than-average temperatures across much of the globe, with record-high annual temperatures across parts of Europe, southern Asia, the North and southwestern Pacific Ocean, the Atlantic, and southeastern Pacific oceans. Meanwhile, cooler-than-average temperatures were limited to the central and eastern tropical Pacific Ocean, consistent with the episode of La Niña that persisted throughout the year.

Source : NOAA.

Evolution des températures terrestres et océaniques (Source: NOAA)

Deux tiers des glaciers auront disparu en 2100 // Two thirds of the glaciers will have disappeared by 2100

Selon une nouvelle étude publiée le 5 janvier 2023 dans la revue Science, les glaciers reculent et disparaissent plus rapidement que prévu à travers le monde. Les deux tiers d’entre eux auront probablement complètement fondu d’ici la fin du siècle compte tenu de la tendance actuelle du réchauffement climatique. Cette projection pourrait être revue à la baisse si le monde limitait le réchauffement futur à seulement quelques dixièmes de degré de plus. [NDLR : Il faut toutefois garder à l’esprit qu’il faudra beaucoup de temps à l’atmosphère pour se débarrasser des concentrations de gaz à effet de serre].
La plupart des petits glaciers sont en voie d’extinction. Dans le pire des scénarios qui suppose plusieurs degrés de réchauffement, 83 % des glaciers disparaîtraient probablement d’ici 2100. L’étude a examiné l’ensemble des 215 000 glaciers terrestres dans le monde, mais n’a pas pris en compte ceux des calottes glaciaires du Groenland. et de l’Antarctique. Les scientifiques ont utilisé des simulations informatiques pour calculer, selon différents niveaux de réchauffement, combien de glaciers disparaîtraient, combien de milliards de tonnes de glace fondraient et dans quelle mesure cela contribuerait à l’élévation du niveau des océans.
Les climatologues pensent que le monde sera confronté à une hausse de température de 2,7°C par rapport à l’époque préindustrielle. Cela signifierait une perte de 32% de la masse glaciaire globale d’ici 2100. Cela ferait monter le niveau de la mer d’environ 11,5 centimètres en plus de l’eau provenant de la fonte des calottes glaciaires et de la dilatation des mers causée par l’eau plus chaude.
Les auteurs de l’étude expliquent que la perte de glace prévue en 2100 varie de 38,7 x 1012 tonnes à 64,4 x 1012 tonnes selon le réchauffement de la planète et la quantité de charbon, de pétrole et de gaz brûlée. Toute cette fonte de la glace ajoutera de 9 centimètres (dans le meilleur des cas) à 16,6 centimètres (dans le pire des cas) au niveau de la mer dans le monde, soit entre 4% et 14% de plus que les projections précédentes. Une telle élévation du niveau de la mer signifierait que plus de 10 millions de personnes dans le monde, et plus de 100 000 personnes aux États-Unis, vivraient en dessous du niveau de marée haute.
La disparition des glaciers aura d’autres conséquences que la montée des mers. Elle entraînera aussi une diminution de l’approvisionnement en eau pour une grande partie de la population sur Terre, un risque accru d’inondations dues à la fonte des glaciers et la perte de sites historiques auparavant couverts de glace en Alaska ou dans les Alpes, et même autour du camp de base de l’Everest. Le tourisme sera forcément impacté car dans les Alpes ou en Islande, par exemple, les glaciers font partie de l’attrait des paysages.
J’ai visité plusieurs fois le glacier Columbia en Alaska. Il possédait 216 milliards de tonnes de glace en 2015. Avec un réchauffement de seulement quelques dixièmes de degré, il se réduira de moitié. Avec un réchauffement climatique atteignant 4 degrés Celsius, le glacier Columbia perdra les deux tiers de sa masse d’ici 2100.
Les glaciers sont essentiels à la vie des gens dans une grande partie du monde car ils fournissent de l’eau potable, de l’eau pour agriculture, l’hydroélectricité et d’autres services dont dépendent des milliards de personnes,
Le monde subit actuellement un réchauffement de 1,1°C comparé à l’époque préindustrielle. La nouvelle étude indique que si nous parvenons d’une manière ou d’une autre à limiter le réchauffement à 1,5 °C, ce qui correspond à l’engagement de la COP 21 en 2015, la Terre perdra probablement 26 % de la masse glaciaire d’ici la fin du siècle. Les estimations précédentes avaient prévu seulement 18 % de perte de masse glaciaire. La différence montre à quelle vitesse le réchauffement climatique se propage à travers le monde.
Source : médias d’information internationaux.

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According to a new study published on January 5th, 2023 in the journal Science, the world’s glaciers are shrinking and disappearing faster than expected. Two-thirds of them are likely to completely melt by the end of the century at current climate change trends. This projection could be reduced if the world could limit future warming to just a few more tenths of a degree. However, one should keep in mind that it would take the atmosphere a very long time to get rid of its greenhouse gas concentrations.

Mostly small glaciers are marching to extinction. In a worst-case scenario of several degrees of warming, 83% of the world’s glaciers would likely disappear by the year 2100. The study examined all of the globe’s 215,000 land-based glaciers but did not take into account those on ice sheets in Greenland and Antarctica. Scientists then used computer simulations to calculate, according to different levels of warming, how many glaciers would disappear, how many trillions of tons of ice would melt, and how much it would contribute to sea level rise.

Climatologists think that the world will be confronted with a 2.7°C temperature rise since pre-industrial times. This would mean a loss of 32% of the world’s glacier mass by 2100. That would increase sea level rise by abiout 11.5 centimeters in addition to seas already getting larger from melting ice sheets and dilatation caused by warmer water.

The authors of the study explain that the projected ice loss by 2100 ranges from 38.7 x 1012 tons to 64.4 x 1012 tons, depending on how much the globe warms and how much coal, oil and gas is burned. All that melting ice will add from 9.0 centimeters in the best case to 16.6 centimeters in the worst case to the world’s sea level, This is between 4% and 14% more than previous projections. Such a sea level rise would mean more than 10 million people around the world, and more than 100,000 people in the United States, would be living below the high tide line.

The loss of glaciers will have other major consequence than rising seas. It means shrinking water supplies for a large part of the world’s population, more risk from flood events from melting glaciers and the loss of historic ice-covered spots from Alaska to the Alps and even to Mount Everest’s base camp. As a consequence, tourism will be affected as in places like the Alps or Iceland, glaciers are part of what makes the landscapes so special.

I visited several times the Columbia Glacier in Alaska. It had 216 billion tons of ice in 2015, but with just a few more tenths of a degree of warming, it will be half that size. What is more, if there is a global warming reaching 4 degrees Celsius, the Columbia Glacier will lose two-thirds of its mass.

Glaciers are crucial to people’s lives in much of the world because they provide drinking water, agricultural water, hydropower, and other services that support billions of people,

The world is currently going through 1.1°C of warming since pre-industrial times. The new study says that if we can somehow limit warming to the global goal of 1.5°C as defined by COP 21 in 2015, Earth will likely lose 26% of total glacial mass by the end of the century. Previous estimates had that level of warming melting translating to only 18% of total mass loss. The difference shows how fast global warming is spreading around the world.

Source : International news media.

Le glacier Columbia vu par les satellites entre 1986 et 2021 (Source: NASA)

 

2023 sera une autre année chaude // 2023 will be another hot year

D’après le Met Office, l’année 2023 sera l’une des plus chaudes jamais observées. La température moyenne à l’échelle de la planète devrait se situer entre 1,08°C et 1,32°C, avec une estimation centrale de 1,20°C au-dessus de la moyenne de la période préindustrielle (1850-1900). Il s’agirait alors de la dixième année consécutive avec des températures atteignant au moins 1°C au-dessus des niveaux préindustriels. L’estimation centrale de 1,20°C pour 2023 représenterait la 4ème anomalie la plus élevée des annales. L’année 2022, quant à elle, est en passe d’être la 5ème ou 6ème année la plus chaude sur la planète. On sait d’ores et déjà (voir la note du 7 décembre 2022) que ce sera l’année la plus chaude jamais enregistrée en France.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution de la température globale de 1880 à 2022 (données provisoires pour 2022) par rapport à la période préindustrielle (moyenne 1850-1900) :

 

Sources : NOAA, NASA, ERA5, Berkeley Earth

Un phénomène doit être pris en compte dans les prévisions climatiques globales. La température mondiale au cours des trois dernières années a été influencée par l’effet de refroidissement généré par un long épisode La Niña dans le Pacifique oriental.

Pour l’année 2023, le modèle climatique du Met Office indique la fin des trois années consécutives avec La Niña et un retour à des conditions relativement plus chaudes dans certaines parties du Pacifique tropical. Il y aura une première transition entre l’épisode La Niña et une phase neutre, elle même suivie d’une épisode El Niño. Ce changement conduira très probablement à une hausse de la température mondiale.

Jusqu’à présent, 2016 et 2020 ont été les années les plus chaudes depuis le début des observations en 1850. 2016 a été une année El Niño où la température mondiale a été dopée par des eaux plus chaudes dans certaines parties du Pacifique tropical lors de l’hiver 2015-2016. 2020 a été stimulée par les conditions relativement chaudes du Pacifique en 2019, mais dans une bien moindre mesure que l’épisode majeur de 2016.

Sans épisode El Niño significatif, 2023 ne sera peut-être pas une année record. Malgré tout, avec l’augmentation en cours des émissions mondiales de gaz à effet de serre, il est probable que l’année prochaine sera une autre année remarquablement chaude. Certains modèles prévoient l’émergence de conditions El Niño dans la 2ème partie de l’année 2023 mais les effets devraient principalement se faire sentir fin 2023 et surtout en 2024.

Il faut noter que les prévisions du Met Office sont basées sur les principaux moteurs du climat mondial, mais elles n’incluent pas les événements imprévisibles tels que les grandes éruptions volcaniques qui provoqueraient un refroidissement temporaire.

D’après une analysée publiée par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) début 2022, il est extrêmement probable que l’une des cinq prochaines années soit la plus chaude jamais enregistrée, battant le record de 2016, avec un dépassement de 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.

Dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015 (COP 21), les pays ont convenu de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, et de préférence de le limiter à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. D’après l’OMM, c’est désormais du 50/50 pour qu’au moins une année dépasse 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici 2026. Une seule année de dépassement de 1,5°C ne signifie pas que la planète a dépassé officiellement le seuil emblématique de l’Accord de Paris. Elle révèle que nous nous rapprochons de plus en plus d’une situation où une température de 1,5°C pourrait être dépassé sur une période prolongée.

Source : Met Office, global-climat.

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According to the Met Office, 2023 will be one of the hottest years on record. The average global temperature is projected to be between 1.08°C and 1.32°C, with a central estimate of 1.20°C above the average for the pre-industrial period (1850-1900 ). It would then be the tenth consecutive year with temperatures reaching at least 1°C above pre-industrial levels. The central estimate of 1.20°C for 2023 would represent the 4th highest anomaly on record. 2022, meanwhile, is on track to be the 5th or 6th hottest year. We already know (see my post of December 7th, 2022) it will be the hottest year ever in France.
The graph above shows the evolution of global temperature from 1880 to 2022 (provisional data for 2022) compared to the pre-industrial period (average 1850-1900).
A phenomenon should be taken into account in global climate forecasts. Global temperature over the past three years has been influenced by the cooling effect generated by a long La Niña episode in the eastern Pacific.
For the year 2023, the Met Office climate model indicates the end of three consecutive years with La Niña and a return to relatively warmer conditions in parts of the tropical Pacific. There will be a first transition between the La Niña episode and a neutral phase, itself followed by an El Niño episode. This change will most likely lead to a rise in global temperatures.
So far, 2016 and 2020 have been the warmest years since observations began in 1850. 2016 was an El Niño year where global temperature was boosted by warmer waters in parts of the tropical Pacific during winter 2015-2016. 2020 was boosted by relatively warm Pacific conditions in 2019, but to a much lesser extent than the major episode of 2016.
Without a significant El Niño episode, 2023 may not be a record year. Even so, with the ongoing increase in global greenhouse gas emissions, next year is likely to be another remarkably hot year. Some models predict the emergence of El Niño conditions in the second half of 2023, but the effects should mainly be felt at the end of 2023 and especially in 2024.
It should be noted that the Met Office forecasts are based on the main drivers of global climate, but they do not include unpredictable events such as large volcanic eruptions which would cause temporary cooling.
According to an analysis published by the World Meteorological Organization (WMO) in early 2022, it is extremely likely that one of the next five years will be the hottest on record, breaking the record of 2016, with an overshoot of 1.5 °C above pre-industrial levels.
Under the 2015 Paris Agreement (COP 21), countries agreed to keep global warming well below 2°C, and preferably limit it to 1.5°C above pre-industrial levels. According to WMO, it is now 50/50 for at least one year to exceed 1.5°C above pre-industrial levels by 2026. Only one year exceeding 1.5°C does not mean that the planet has officially crossed the emblematic threshold of the Paris Agreement. It reveals that we are getting closer and closer to a situation where a temperature of 1.5°C could be exceeded for an extended period.
Source: Met Office, global-climat.

Les glaciers n’ont pas fini de fondre….

Aérosols et réchauffement de l’Europe // Aerosols and global warming in Europe

Le réchauffement pendant les mois d’été en Europe est beaucoup plus rapide que la moyenne mondiale. Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Stockholm suggère qu’en plus des émissions de gaz à effet de serre, une part substantielle de la hausse des températures est liée à la diminution des aérosols en Europe centrale et orientale.

La température moyenne à la surface du globe sur la période 2011-2020 est supérieure de 1,1 °C environ par rapport à 1850-1900, avec des augmentations plus importantes à la surface des terres (1,59 °C) que des océans (0,88 °C). Cette augmentation est principalement due aux gaz à effet de serre. Une partie du réchauffement a cependant été masquée par les aérosols. Les particules d’aérosols affectent le rayonnement solaire entrant, c’est-à-dire qu’elles dispersent une partie de la lumière du soleil vers l’espace, provoquant un effet de refroidissement. Lors des éruptions volcaniques majeures, on a observé que les aérosols contenus dans les gaz émis par un volcan pouvaient faire s’abaisser de quelques dixièmes de degré, voire quelques degrés, la température de la partie du globe concernée. Les particules d’aérosols ont en moyenne une durée de vie d’environ une semaine, ce qui signifie qu’elles refroidissent principalement le climat localement ou régionalement et à court terme.

Les gaz à effet de serre ont une longue durée de vie dans l’atmosphère. Le cumul des émissions anthropiques de dioxyde de carbone peut affecter le climat pendant des centaines d’années. Les gaz à effet de serre se propagent uniformément sur toute la planète.

Les aérosols anthropiques sur de grandes parties de l’Europe ont temporairement masqué, jusque vers 1980, une partie du réchauffement dû à l’augmentation des gaz à effet de serre. Un renversement de tendance, avec diminution des aérosols au cours de la période 1979-2020, a entraîné une augmentation du rayonnement solaire atteignant la surface du continent européen.

Parallèlement à la diminution des aérosols, la température en Europe s’est élevée considérablement au cours de la période 1991-2021, à raison d’environ +0,5 °C par décennie. Cela représente deux fois la moyenne mondiale et il s’agit du réchauffement le plus rapide de toutes les régions de l’OMM. Seules certaines régions polaires connaissent un réchauffement plus rapide.

Le réchauffement rapide en Europe centrale et orientale est d’abord et avant tout une conséquence des émissions humaines de gaz à effet de serre. Mais comme les émissions de particules d’aérosol, notamment celles des centrales au charbon, ont considérablement diminué au cours des quatre dernières décennies, l’effet combiné a conduit à une augmentation extrême de la température de plus de 2°C au lieu d’environ 1,1°C pour la moyenne mondiale.

La diminution des aérosols a moins joué en revanche dans le sud de l’Europe et notamment la péninsule ibérique où le réchauffement est amplifié en raison d’un sol plus sec et d’une diminution de l’évaporation. La couverture nuageuse a été réduite sur de grandes parties de l’Europe, probablement en raison de la moindre vapeur d’eau dans l’air.

Si les concentrations d’aérosols diminuent à l’avenir, d’autres régions de la Terre où la charge d’aérosols anthropiques est actuellement élevée connaîtront probablement un réchauffement accéléré quand le forçage des aérosols diminuera. La situation en Europe pourrait être un signe avant-coureur du réchauffement attendu dans les zones où les émissions d’aérosols sont aujourd’hui élevées. L’Inde était en 2019 le premier émetteur de SO2 anthropique de la planète avec 15% du total.

Source: global-climat.

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Warming during the summer months in Europe is much faster than the global average. A study by researchers at Stockholm University suggests that in addition to greenhouse gas emissions, a substantial part of the rise in temperatures is linked to the decrease in aerosols in central and eastern Europe.
The average temperature on the surface of the globe over the period 2011-2020 was approximately 1.1°C higher than in 1850-1900, with greater increases on the surface of the land (1.59°C) than in the oceans (0.88°C). This increase is mainly due to greenhouse gases. Some of the warming, however, was masked by aerosols. Aerosol particles affect incoming solar radiation, i.e. they scatter some of the sunlight out to space, causing a cooling effect. During major volcanic eruptions, it has been observed that the aerosols contained in the gases emitted by a volcano could lower the temperature by a few tenths of a degree, or even a few degrees. Aerosol particles have an average lifespan of a bout a week, which means that they mainly cool the climate locally or regionally and in the short term.
Greenhouse gases have a long lifetime in the atmosphere. The cumulative anthropogenic emissions of carbon dioxide can affect the climate for hundreds of years. Greenhouse gases spread evenly across the planet.
Anthropogenic aerosols over large parts of Europe temporarily masked, until around 1980, part of the warming due to the increase in greenhouse gases. A reversal of the trend, with a decrease in aerosols during the period 1979-2020, led to an increase in solar radiation reaching the surface of the European continent.
In parallel with the decrease in aerosols, the temperature in Europe has risen considerably over the period 1991-2021, at an average rate of about +0.5°C per decade. This is twice the global average and is the fastest warming of any WMO region. Only some polar regions are experiencing faster warming.
Rapid warming in Central and Eastern Europe is first and foremost a consequence of human greenhouse gas emissions. But as aerosol particulate emissions, especially from coal-fired power plants, have declined dramatically over the past four decades, the combined effect has led to an extreme temperature increase of more than 2°C instead of about 1.1°C for the world average.
The decrease in aerosols, on the other hand, played less of a role in southern Europe and in particular the Iberian Peninsula, where the warming is amplified due to drier soil and a decrease in evaporation. Cloud cover has been reduced over large parts of Europe, likely due to less water vapour in the air.
If aerosol concentrations decline in the future, other regions of the Earth where anthropogenic aerosol loading is currently high will likely experience accelerated warming as aerosol forcing declines. The situation in Europe could be a harbinger of expected warming in areas where aerosol emissions are now high. India was in 2019 the first anthropogenic SO2 emitter on the planet with 15% of the total.
Source: global-climat.

 

Graphique montrant l’évolution des émissions de SO2 anthropiques par région. (Source : Smith et Al. (2011)