Fonte et recul des glaciers islandais // Melting and retreat of Icelandic glaciers

Selon une nouvelle étude publiée dans Frontiers in Earth Science, les glaciers islandais ont perdu environ quatre milliards de tonnes de glace en moyenne au cours des 130 dernières années. La moitié de cette perte s’est produite au cours du dernier quart de siècle.

Des scientifiques islandais du Met Office et de différents organismes des Sciences de la Terre ont retracé l’évolution des glaciers depuis leur plus grande étendue de la fin du 19ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Au total, les glaciers ont perdu entre 410 et 670 milliards de tonnes de glace entre 1890 et 2019. Ils ont reculé rapidement au cours de la première partie du 20ème siècle, mais les fluctuations naturelles du modèle climatique ont ralenti leur recul des années 1960 aux années 1990. Aujourd’hui, ils fondent de plus en plus rapidement en raison du réchauffement climatique.

Environ la moitié de la perte de masse de glace des glaciers islandais s’est produite entre l’automne 1994 et l’automne 2019, avec une perte d’environ 220 à 260 milliards de tonnes, soit environ 10 milliards de tonnes par an. Ainsi, les glaciers ont perdu près de 16% de leur volume au cours de cette période. Le changement climatique est tenu responsable de ces changements rapides.

Selon la dernière étude, les glaciers islandais rétrécissent plus rapidement que leurs homologues ailleurs dans le monde, en dehors des calottes polaires. C’est l’un des effets  les plus évidents du réchauffement climatique. Même si les pays réussissaient à contenir leurs émissions de gaz à effet de serre et à empêcher une accélération du réchauffement climatique, les glaciers continueraient de fondre pendant des décennies.

Cependant, le réchauffement climatique n’est probablement pas le seul facteur qui explique  la fonte des glaciers islandais. Les scientifiques ont découvert que le glacier Vatnajökull a perdu 3,7 milliards de tonnes de glace lors de l’éruption volcanique de Gjálp en octobre 1996 et au cours de l’été 2010 – soit deux fois la perte de glace habituelle – en raison de l’éruption de l’Eyjafjallajökull. L’activité géothermique, le vêlage dans les lagons glaciaires et le frottement de la calotte glaciaire sur le substrat rocheux ont également contribué à la perte de masse de la glace.

Si l’on considère les glaciers individuellement, on constate que le Vatnajökull a perdu 45 mètres, le Langjökull 66 mètres et le Höfsjökull 56 mètres au cours des 130 dernières années. Dans le même temps, le Vatnajökull a perdu 12% de son volume, le Langjökull 29% et le Höfsjökull 25%.

Les glaciers ne reculent pas de façon linéaire et leur volume fluctue chaque année. Malgré une perte générale de glace au cours des dernières décennies, les glaciers ont repris de la vigueur au cours de l’hiver 2014-2015. Durant cette période, plusieurs systèmes de basse pression ont apporté des précipitations abondantes et ont été suivis d’un été relativement frais. C’est la dernière fois que les glaciers islandais ont pris de la masse pendant l’hiver et le seul hiver de ce type au cours des 25 dernières années.

Le rapport de 2018 de l’Icelandic Science and Technology Council prévoit que les glaciers islandais disparaîtront dans les siècles à venir à cause du réchauffement climatique si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. À l’échelle de la planète, la fonte des glaciers pourrait entraîner une hausse moyenne d’un mètre du niveau des océans au cours de ce siècle. Cette hausse est plus difficile à prévoir en Islande. En raison du rebond isostatique que j’ai mentionné précédemment (élévation des terres en raison de la masse plus faible de la glace), la hausse du niveau de la mer pourrait être moins significative autour de l’Islande, voire être inversée en certains endroits. De plus, certains scientifiques pensent que l’élévation des terres due à la fonte des glaciers pourrait augmenter la fréquence des éruptions volcaniques, mais cela reste à prouver. Pour mémoire, les dernières ont eu lieu en 2010 et 2014.

Source: Iceland Review.

———————————————–

According to a new study published in Frontiers in Earth Science, Iceland’s glaciers have lost about four billion tonnes of ice on average over the past 130 years, and about half the loss of volume has occurred in the past 25 years.

Icelandic scientists from the Met Office and Earth Sciences organisations have traced the glaciers’ development from their largest extent at the end of the 19th century to now. In total, the glaciers have lost between 410-670 billion tonnes of ice between 1890 and 2019. They receded quickly during the first part of the 20th century but natural climate pattern fluctuations slowed their recession from the sixties to the nineties. Since then, they have receded quicker than before due to global warming.

About half of the ice mass loss on Icelandic glaciers happened from autumn 1994 to autumn 2019, with a loss of about 220-260 billion tonnes of ice, which amounts to about 10 billion tonnes per year. The glaciers have lost close to 16% of their volume in this period. Climate change is held responsible for these swift changes.

The result of the research is that on average, Icelandic glaciers shrink faster than most glacial areas in the world, outside the polar ice caps. This is one of the most evident results of global warming in the world. Even if people managed to contain their emission of greenhouse gasses and prevent further global warming, glaciers would continue to melt for decades.

However, global warming is probably not the only factor in Icelandic glaciers melting. Scientists found that Vatnajökull glacier lost 3.7 billion tonnes of ice during the Gjálp volcanic eruption in October 1996 and over the summer of 2010, twice the usual amount of ice melted due to the Eyjafjallajökull eruption. Geothermal activity, glacial lagoon calving, and ice cap friction with bedrock also added to the loss of ice mass.

Individual glaciers have thinned by dozens of metres in the last century. Vatnajökull has lost 45 metres, Langjökull 66 metres, and Höfsjökull 56 metres for the past 130 years. During that time, Vatnajökull has lost 12% of its volume, Langjökull 29% and Höfsjökull 25%.

The glaciers don’t shrink linearly, and their volume fluctuates every year. Despite an overall recession in the past decades, glaciers gained mass in the winter of 2014-2015. That winter saw several low-pressure systems arriving one after the other, bringing large amounts of precipitation and was followed by a relatively cool summer. That was the last time Iceland’s glaciers gained mass over winter and the only such winter for the past 25 years.

The science committee of the Icelandic Science and Technology Council’s 2018 report on how climate change would affect Iceland forecasted that Icelandic glaciers would disappear in the coming centuries if the emission of greenhouse gasses continues the way it has.

Globally, melting glaciers might raise ocean levels, on average, by one metre in this century. The development in Iceland is less clear. Due to the isostatic rebound I mentioned previously, ocean levels might rise less around Iceland, even drop in some places. Land rise due to glaciers melting might make volcanic eruptions more frequent, cut this remains to be proved.

Source: Iceland Review.

Au pied du Vatnajökull (Photo : C. Grandpey)

 

La Nouvelle Zélande déclare “l’urgence climatique” // New Zealand declares “climate emergency”

L’été est sur le point de commencer en Nouvelle-Zélande (le pays est dans l’hémisphère sud) et l’agence météorologique nationale vient d’annoncer que la Nouvelle Zélande a connu son hiver le plus chaud de tous les temps avec une température de 1,14°C au-dessus de la moyenne, ce qui bat le record de 2013 qui était de 1,08°C au-dessus de la moyenne. Sept des 10 hivers les plus chauds jamais enregistrés en Nouvelle-Zélande ont eu lieu depuis l’an 2000.

Au moment où l’agence météorologique diffusait cette nouvelle inquiétante, la Première Ministre Jacinda Ardern déclarait devant le Parlement le 2 décembre 2020 un état d ‘«urgence climatique». Elle a insisté sur la nécessité d’une action rapide dans l’intérêt des générations futures. Elle a ajouté: «Si nous ne faisons rien face au changement climatique, nous continuerons à vivre avec des situations alarmantes sur nos côtes».

Le programme de décarbonisation de la Nouvelle-Zélande est soutenu par un fonds public de 117 millions d’euros et comprend une élimination progressive du charbon, une obligation pour les agences gouvernementales d’utiliser des véhicules électriques et une norme verte pour les bâtiments publics,

La déclaration d’urgence climatique a été adoptée par 76 voix contre 43. Ainsi, le Parlement néo-zélandais a suivi l’exemple des parlements britannique et irlandais qui furent les premiers à déclarer une «urgence environnementale et climatique». Une douzaine de parlements les ont imités, ainsi que 1 800 communautés locales à travers le monde. Cependant, la déclaration de la Première Ministre n’a pas fait l’unanimité au Parlement. Pour le Parti National néo-zélandais (opposition de centre-droit), cette déclaration peut prêter à confusion, «en faisant croire aux gens que quelque chose d’anormal s’est passé, alors que ce n’est pas le cas»

La Nouvelle-Zélande fait partie des pays qui se sont engagés à atteindre l’objectif de neutralité carbone pour les gaz à effet de serre d’ici 2050. Le pays, qui compte moins de cinq millions d’habitants, s’est également engagé à produire une énergie 100% renouvelable d’ici 2035.

Le gouvernement néo-zélandais est accusé par certains de ne pas en faire assez pour affirmer sa réputation de pays «propre et vert». En particulier, le groupe Climate Action Tracker estime que les politiques climatiques de la Nouvelle-Zélande sont « insuffisantes » pour atteindre les objectifs définis par l’Accord de Paris de 2015 sur le climat. Greenpeace pour sa part note que l’objectif de neutralité carbone pour 2050 n’inclut pas le méthane, l’une des principales sources d’émissions de gaz à effet de serre dans le pays. L’organisation affirme que le gouvernement veut préserver le secteur agricole qui est vital pour l’économie néo-zélandaise.

Source: New Zealand Herald.

———————————————–

Summer is about to start in New Zealand and the weather service has just announced that the country has just experienced its warmest winter on record with the global temperature 1.14°C above average, which breaks the 2013 record of 1.08°C. Seven of the 10 warmest winters on record in New Zealand have occurred since the year 2000.

Coincidentally with the worrying piece of news, Prime Minister Jacinda Ardern declared before Parliament on December 2nd, 2020 a state of « climate emergency. » She insisted on the need for rapid action for the benefit of future generations. She added: “If we do not respond to climate change, we will continue to experience these emergencies on our shores.”.

New Zealand’s decarbonization program is supported by a 117-million-euro state fund and includes a phase-out of coal, a requirement for government agencies to use electric vehicles and a green standard for public buildings,

The declaration of climate emergency was adopted by 76 votes to 43. Thus, the Kiwi Parliament followed the example of the British and Irish parliaments which had become the first in the world to declare an “nvironmental and climate emergency.”. A dozen parliaments have done the same,           as well as 1,800 local communities around the world.

However, not everybody in the New Zealand Parliament approved the Prime Minister’s declaration. For the New Zealand National Party (center-right opposition), this statement can hurt, “by making people believe that something has happened, when it has not”

New Zealand is among the countries that have pledged to achieve the goal of carbon neutrality for greenhouse gases by 2050. The country, which has less than five million inhabitants, has also pledged to produce 100% renewable energy by 2035.

As usual in politics, the NZ government is also accused by some of not doing enough to strengthen its reputation of a “clean, green “ country. In particular, the Climate Action Tracker group believes that New Zealand’s climate policies are « insufficient » to achieve its objectives under the 2015 Paris agreement on the climate.

Greenpeace for its part notes that the objective of carbon neutrality for 2050 does not concern methane, one of the main sources of greenhouse gas emissions in the country. The organisation says the government wants to preserve a vital agricultural sector.

Source: New Zealand Herald.

La Première Ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern au cours de sa déclaration sur la Covi-19. Sa gestion de la crise sanitaire l’a rendue très populaire (Source : Presse néo-zélandaise)

On ne s’amuse pas avec le climat ! // Please don’t play with the climate !

Ces derniers mois, l’Amérique Centrale a été particulièrement été exposée aux événements extrêmes. Le treizième ouragan de la saison s’est formé dans l’Atlantique Nord et Iota a frappé le Nicaragua. Suite à l’ouragan Eta, près de 200 morts ou disparus ont été dénombrés dans sept pays d’Amérique centrale, dont au moins 150 personnes au Guatemala. Les météorologues avaient prévenu que cette saison serait extrêmement active. La NOAA avait même prévu au moins 25 tempêtes cette saison.

Tous les ingrédients étaient réunis pour augmenter la puissance des tempêtes : des eaux plus chaudes à la surface de l’Océan Atlantique, une mousson accrue en Afrique, et des alizés plus faibles.

Les climatologues ont observé un phénomène inquiétant. Normalement en touchant la terre, les ouragans perdent de leur puissance, mais avec le réchauffement des eaux océaniques ils ont tendance à ralentir et à maintenir leur puissance quand ils touchent les côtes.

Comme je l’ai indiqué précédemment, au lieu d’essayer de faire disparaître les causes du réchauffement climatiques, certains préfèrent jouer les apprentis sorciers et trouver des solutions pour modifier le climat. C’est ainsi que la société norvégienne Ocean Therm pense pouvoir freiner la vigueur des ouragans dans l’Atlantique en installant un rideau de bulles. Le projet consisterait à poser une sorte de tuyau percé à 150 mètres de profondeur. Grâce à un système d’air comprimé, il renverrait à la surface des bulles d’eau plus froide. Des tests sont actuellement en cours dans un fjord norvégien, où la société est parvenue à refroidir de 0,5°C les eaux de surface. Le problème, c’est que la superficie d’un fjord norvégien n’a rien à voir avec les 100 millions de km2 de l’Atlantique ! La société norvégienne envisage tout de même de poser son tuyau entre la Floride et Cuba, notamment en se servant des différentes plateformes pétrolières situées dans le golfe du Mexique. Une idée qui risque fort…de tomber à l’eau !

Source : France Info.

—————————————–

In recent months, Central America has been particularly exposed to extreme events. The thirteenth hurricane of the season formed in the North Atlantic and Iota hit Nicaragua. Hurricane Eta killed nearly 200 people in seven Central American countries, including at least 150 in Guatemala. Meteorologists had warned that this season would be extremely active. NOAA even forecast at least 25 storms this season.

All the ingredients were there to increase the power of the storms: warmer waters on the surface of the Atlantic Ocean, an increased monsoon in Africa, and weaker trade winds.

Climate scientists have observed a disturbing phenomenon. Normally when making landfall, hurricanes lose their power, but as ocean waters warm, they tend to slow down and maintain their power when they hit the coast.

As I put it before, instead of trying to fight the causes of global warming, some people prefer to play sorcerer’s apprenticeship and find solutions to change the climate. For instance, the Norwegian company Ocean Therm believes it can curb the strength of hurricanes in the Atlantic by installing a curtain of bubbles. The project would consist in laying a drilled pipe 150 metres deep. Using a compressed air system, it would send bubbles of cooler water to the surface. Tests are currently underway in a Norwegian fjord, where the company has managed to cool the surface water by 0.5°C. The problem is that the size of a Norwegian fjord has nothing to do with the 100 million square kilometres of the Atlantic! The Norwegian company still plans to lay its pipe between Florida and Cuba, in particular by using the oil platforms located in the Gulf of Mexico. An idea that is very likely to fall apart!

Source: France Info.

 

Image satellitaire de l’ouragan Eta (Source: NASA)

Le méthane, le poison de l’Arctique // Methane, the Arctic poison

Une expédition scientifique internationale a passé 40 jours à bord du navire de recherche Akademik Keldysh et parcouru une distance de près de 6 000 milles marins dans les mers de Laptev et de Sibérie orientale. Pour la première fois, les scientifiques ont réussi à prélever des échantillons de sédiments de fond dans un champ de percolation de méthane près du delta de la Lena, l’un des grands fleuves de Sibérie. La région représente le plus grand gisement mondial de pergélisol sous-marin et d’hydrates de méthane à faible profondeur.

Les zones d’émission de méthane occupent de plus en plus de surface le long de la plateforme océanique arctique de Sibérie orientale, avec une concentration atmosphérique de méthane qui atteint 16 à 32 ppm, ce qui est jusqu’à 15 fois supérieur à la moyenne planétaire de 1,85 ppm.

L’équipe de 69 scientifiques en provenance de dix pays a observé et analysé des ensembles ​​de bulles remontant d’une profondeur d’environ 300 mètres le long d’une pente sous-marine de 150 km dans la Mer de Laptev. Les centaines d’analyses chimiques effectuées à bord du navire de recherche ont confirmé des concentrations élevées de méthane.

L’expédition scientifique a aussi permis de découvrir des petites cavités et des cratères enfouis profondément dans les sédiments de la plateforme qui borde les mers de Laptev et de Sibérie orientale. Ces cratères émettent en abondance des bulles et de forts signaux de méthane. Les chercheurs ont en particulier découvert un champ de cratères dans le plancher de la partie peu profonde de la mer de Laptev. Certains d’entre eux présentent un diamètre d’une trentaine de mètres. Ils ont l’apparence de trous dans le pergélisol et ils ont été formés par de puissantes émissions de méthane. Deux autres zones de percolation intense de méthane ont été découvertes en mer de Sibérie orientale dans les sillons tracés par les icebergs en se déplaçant.

L’expédition a cartographié plus de 1000 grands champs de percolation de méthane. Les chercheurs pensent que les émissions de gaz à ce stade n’ont pas encore d’impact important sur le méthane atmosphérique et le climat de la planète, mais ces énormes sources de carbone et autres gaz à effet de serre sont bien actives.

Dans la conclusion de leur rapport d’observation, les scientifiques expliquent qu’ils doivent maintenant déterminer exactement dans quelles proportions évoluent ces champs d’émission de méthane.

Source: The Siberian Times.

———————————————

An international scientific expedition spent 40 days on board the Akademik Keldysh research vessel, covering a distance of nearly 6,000 nautical miles in the Laptev and the East Siberian seas.. For the first time the scientists managed to take samples of bottom sediments in a methane seep near the delta of River Lena, one of Siberia’s giant waterways. The region is the world’s largest deposit of subsea permafrost and shallow methane hydrates.

Fields of methane discharge continue to grow all along the East Siberian Arctic Ocean Shelf, with concentration of atmospheric methane above the fields reaching 16-32 ppm. This is up to 15 times above the planetary average of 1.85 ppm.

The team of 69 scientists from ten countries documented bubble clouds rising from a depth of around 300 metres along a 150-km undersea slope in the Laptev Sea, and confirmed high methane concentrations by hundreds of onboard chemical analysis.

A second discovery included pockmarks and craters sunk deep in shelf sediments of both the Laptev and East Siberian seas, actively venting bubbles and strong methane signals.

One of the new discoveries was a field of sea bottom craters in the shallow part of the Laptev Sea, some of them 30 metres in diameter. They look like holes in the permafrost and they were formed by massive methane discharge. Two more powerful seeps emitting methane through iceberg furrows were discovered in the East Siberian Sea.’

The expedition mapped over 1,000 large seep fields. The researchers think these emissions at this stage have not yet any large impact on global atmospheric methane and climate, yet these huge carbon/greenhouse gas capacitors are clearly active.

In the conclusion of their observation report, the scientists explain that they need to figure out exactly how much the fields of methane discharge are growing.

Source: The Siberian Times.

Zone explorée par la mission scientifique (Source : Tomsk Polytechnic University)

Emission de méthane dans la mer de Laptev (Source : TPU)