Les feux de forêts au Canada font fondre la banquise // Wildfires in Canada are melting the ice sheet

Les forêts canadiennes sont en feu, avec 9000 km2 ravagés par les flammes depuis le début de l’année 2017 en Colombie-Britannique. Ces incendies, ainsi que d’autres au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest ont envoyé de la fumée dans l’atmosphère, parfois jusqu’à 13 kilomètres de hauteur.
Une fois dans l’atmosphère, cette fumée forme une couverture si épaisse qu’elle fait disparaître le soleil dans le nord du Canada. Elle se dirige ensuite vers l’Arctique où elle est susceptible d’accélérer la fonte de la glace en mer et sur terre.
Selon la NASA, la fumée a établi un record d’épaisseur cette année et a été particulièrement dense dans les provinces des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut.
Selon l’Observatoire Terrestre de la NASA, il y a en ce moment une énorme quantité d’aérosols dans l’air. Les aérosols sont de petites particules, telles que la suie ou la cendre volcanique, qui renvoient la lumière du soleil. Le 15 août 2017, l’Ozone Mapping and Profiler Suite (OMPS) à bord du satellite Suomi NPP a enregistré des valeurs d’indice aérosol jusqu’à 49,7. C’est plus de 15 points au-dessus du record précédent établi en 2006 par des incendies en Australie. D’autres records d’indice aérosol ont également été enregistrés les 13 et 14 août. Bien que le satellite Suomi NPP soit relativement récent, l’indice aérosol par satellite remonte au satellite Nimbus-7 en 1978, ce qui permet aux scientifiques de comparer les données sur une longue période.
Selon la NASA, le Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS), radiomètre infrarouge à bord du satellite Suomi NPP, a détecté une fumée particulièrement dense qui obscurcissait une vaste zone du nord du Canada à partir du 15 août 2017.
Une autre image satellite, en provenance du satellite Aqua, montre un nuage de fumée au nord des zones situées près du lac Athabasca. Les feux de forêts en Colombie-Britannique ont été suffisamment intenses pour produire de nombreux pyrocumulus semblables aux cumulonimbus qui se développent pendant les orages. De tels nuages ​​peuvent propulser la fumée très haut dans l’atmosphère, jusque dans la stratosphère où elle peut rester pendant des jours ou plus.
Les incendies canadiens sont inquiétants pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ils signalent la transition vers un avenir où il y aura de plus en plus de feux de forêts dans le Grand Nord, car le changement climatique rend les conditions plus propices à de tels phénomènes. Ensuite, ils sont idéalement situés pour envoyer directement la fumée vers la glace de mer arctique et la calotte glaciaire du Groenland, particulièrement vulnérables en ce moment. En plus de perturber l’équilibre thermique de l’atmosphère, la fumée dépose des particules de suie de couleur sombre sur la glace, ce qui accélère sa fonte en abaissant le pouvoir réfléchissant de la glace et en lui faisant absorber davantage les rayons du soleil.
Des études ont lié le nombre croissant d’incendies de forêts dans certaines régions du Canada et des États-Unis au réchauffement climatique. En fait, selon une étude publiée en 2013, le nombre d’incendies dans les forêts boréales, entre l’Alaska et le Canada d’une part, et entre la Scandinavie et la Russie d’autre part, est le plus important jamais enregistré au cours des 10 derniers millénaires.
Source: Mashable.com.

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Forests in Canada are ablaze, with 2.2 million acres going up in flames so far this year in British Columbia alone. These fires, and others in the Yukon and Northwest Territories, have been belching smoke into the air, in some cases up to 13 kilometres high.

Once in the atmosphere, weather patterns are causing the wildfire smoke to converge into a blanket so thick it’s blotting out the sun across northern Canada. This smoke is working its way to the high Arctic, where it could speed up the melting of sea and land ice.

According to NASA, the smoke has set a record for its thickness, and has been especially dense across the Northwest Territories, Yukon, and Nunavut provinces.

According to NASA’s Earth Observatory, there is a huge quantity of aerosols in the air. Aerosols are small particles, such as soot or volcanic ash,  that reflect incoming sunlight. On August 15th 2017, the Ozone Mapping and Profiler Suite (OMPS) on the Suomi NPP satellite recorded aerosol index values as high as 49.7. This was more than 15 points higher than the previous record, which was set in 2006 by fires in Australia. Aerosol index records were also set on August 13th and 14th. Although the Suomi NPP satellite is quite new, the satellite aerosol index dates back to the Nimbus-7 satellite in 1978, giving scientists a longer data set.

According to NASA, the Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS) on the Suomi NPP satellite captured particularly heavy smoke obscuring a wide swath of northern Canada as of August 15th, 2017.

Another satellite image, from the Aqua satellite, shows smoke billowing north from areas near Lake Athabasca. The fires in British Columbia were intense enough to produce numerous pyrocumulus clouds that tower into the sky, resembling thunderstorms. Such clouds can vault smoke high into the atmosphere, all the way to the stratosphere, where it can linger for days or longer.

The Canadian fires are important for several reasons. First, they signal the transition to a more combustible future in the Far North, as climate change makes conditions more conducive to large wildfires. Second, they are ideally located to directly feed smoke toward vulnerable Arctic sea ice and the Greenland Ice Sheet. In addition to altering the heat balance of the atmosphere, the smoke can deposit dark soot particles on the ice, which hastens melting by lowering the reflectivity of the ice and causing it to absorb more incoming sunlight.

Studies have tied the increasing number of large fires in parts of Canada and the U.S. to global warming. In fact, the level of fire activity across the boreal forests, which stretch from Alaska to Canada and around the top of the world to Scandinavia and Russia, is unprecedented in the past 10,000 years, according to a study published in 2013.

Source: Mashable.com.

Concentrations d’aérosols au Canada entre le 10 et le 15 août 2017

(Source : NASA)

 

Pas de hausse de la sismicité au Canada à cause du changement climatique // No increase in seismicity in Canada because of climate change

drapeau-francaisAvec le changement climatique, certains scientifiques pensent que l’on observera une intensification de l’activité sismique au Canada. Selon eux, la hausse des températures provoque la fonte de grosses masses de glace et des pluies plus abondantes, ce qui pourrait entraîner une activité sismique plus fréquente. Les séismes n’ont rien d’exceptionnel au Canada. Un séisme de M 5,8 a déjà secoué le Nunavut, un événement de M 5.1 a été enregistré au large de la Colombie-Britannique et un tremblement de terre de M 2,7 a secoué la Nouvelle-Écosse.
Toutefois, même si de nombreuses régions du Canada sont sujettes à une activité sismique, la plupart des scientifiques affirment que les Canadiens ne devraient pas trop s’inquiéter car la ville où ils habitent ne deviendra pas subitement un foyer sismique en raison de la hausse de la température. Des séismes sont enregistrés au Canada des milliers de fois chaque année. Grâce à Internet, aux réseaux sociaux et aux applications pour smartphones, les gens peuvent maintenant être tenus informés de l’activité sismique en temps réel. C’est pourquoi beaucoup pensent qu’il y a une augmentation de cette activité, mais ce n’est pas vrai.
En fait, le changement climatique ne devrait pas provoquer davantage de séismes. La plupart des schémas sismiques que nous connaissons appartiennent au 20ème siècle et ont donc été observés pendant une période de changement climatique. Il faut cependant remarquer que dans le nord, les transformations apportées au paysage glaciaire par la hausse des températures se sont accompagnées d’une certaine activité sismique. Le climat plus chaud a provoqué la fonte des glaciers et l’allègement de leur poids de sorte que le sol s’est soulevé lentement. Une  certaine sismicité est susceptible d’accompagner ce phénomène. Il y a quelques semaines, j’ai écrit un article sur l’Islande où une élévation du sol a été observée en suite à la fonte des glaciers, sans sismicité induite par ce phénomène.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/01/les-glaciers-islandais-et-le-rechauffement-climatique-icelands-glaciers-and-global-warming/

En raison de la présence d’une zone de subduction le long de la côte ouest du Canada  – et non en raison du changement climatique – la Colombie-Britannique peut être secouée par de puissants séismes. De tels événements se produisent avec des intervalles de quelques siècles. Le dernier à a eu lieu le 26 janvier 1700. Selon la Commission Géologique du Canada, il y a 30% de chances pour que le Colombie Britannique connaisse un séisme assez fort pour provoquer des dégâts importants dans les 50 prochaines années.

Source: Médias canadiens.

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drapeau-anglaisWith climate change, some scientists believe seismic activity will become more frequent. They think that warmer temperatures prompting heavy masses of ice to melt, and heavier rains to fall, could trigger that activity. An M 5.8 earthquake has already rattled Nunavut, an M 5.1 event was recorded off the coast of British Columbia, and an M 2.7 magnitude quake shook Nova Scotia.

However, even though many parts of Canada are prone to seismic activity, most experts say Canadians should not worry about their town suddenly becoming a earthquake hot spot due to a warmer atmosphere. Earthquakes rattle Canada thousands of times every year. Thanks to the Internet, social media and applications, people are now more aware of the activity that has always commonly occurred. A lot of people think there is suddenly an increase but it is not the case; it is just because they are getting a lot more coverage than they used to.

Climate change should not cause more earthquakes to happen. All the earthquake patterns that we know of are basically from the last century. So the patterns that we know of are already happening in the climate changing world. However, in the North, adjustments to the changing landscape have prompted some seismic activity. With higher temperatures causing the melting of the glaciers, the weight of those receding glaciers has been lifted so that the ground is slowly moving up, and earthquakes may occur because of that phenomenon. I wrote an article about Iceland where ground uplifting has been observed due to glacier melting but no seismicity was induced by this phenomenon.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/01/les-glaciers-islandais-et-le-rechauffement-climatique-icelands-glaciers-and-global-warming/

Because of a subduction zone along the coast – and no because of  climate change – British Columbia is prone to large earthquakes. Those massive earthquakes happen every few hundred years. The last one to strike along the British Columbia coast was on January 26th, 1700. According to the Geological Survey of Canada, there is a 30% chance that B.C. will see an earthquake strong enough to cause significant damage in the next 50 years.

Source: Canadian news media.

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Athabasca: glacier canadien à la fonte et au recul impressionnants.

(Photo: C. Grandpey)

Le caribou américain en voie de disparition // The American caribou has become an endangered species

drapeau-francaisQuand on voyage sur les routes du Canada et de l’Alaska, il n’est pas rare de rencontrer des caribous sur son chemin. Le caribou est même l’un des emblèmes du Canada. Or, d’après un comité d’experts scientifiques, sa population a atteint des niveaux “historiquement bas”, notamment dans l’est de l’Arctique. Depuis le 5 décembre 2016, l’animal est classé en “voie de disparition”, de même que le papillon monarque.

Pour les scientifiques, la cause de la diminution du nombre de caribous est double : les animaux sont très sensibles aux perturbations humaines (exploitation forestière et minière, par exemple), des facteurs de stress qui semblent interagir de manière complexe avec le réchauffement climatique, plus prononcé en Arctique.

Un phénomène identique est observé en Alaska où la population de caribous dans la partie centrale de l’Arctique alaskien a chuté de 69% ; elle est passée de 70 000 têtes en 2010 à 50 000 en 2013 et 22 000 en 2016.

La partie occidentale de l’Arctique alaskien est affectée elle aussi. Le troupeau de caribous est passé de 490 000 animaux en 2003 à 201 000 aujourd’hui.

Les scientifiques font remarquer qu’il y a toujours eu des fluctuations dans l’ampleur des troupeaux de caribous et qu’il n’est pas impossible que la perte d’animaux ne soit que passagère. Malgré tout, le réchauffement climatique observé depuis plusieurs années en Alaska est un obstacle majeur à la reproduction du caribou. Les biologistes ont recommandé de  modifier les règles de chasse, avec moins de colliers accordés et il est demandé aux chasseurs d’éviter le prélèvement de femelles.

Source : Presse canadienne et alaskienne.

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drapeau-anglaisWhen traveling along the roads of Canada and Alaska, it is not uncommon to encounter caribou on one’s way. Caribou are even one of Canada’s emblems. However, according to a committee of scientific experts, its population has reached « historically low » levels, particularly in the eastern Arctic. Since December 5th, 2016, the animal is classified as « disappearing », as is the monarch butterfly.
For scientists, the cause of the decline in caribou numbers is two-fold: animals are very sensitive to human disturbances (forestry and mining, for example), stress factors that seem to interact in complex ways with global warming, more pronounced in the Arctic.
An identical phenomenon is observed in Alaska where the caribou population in Central Arctic has dropped by 69%; It has dropped from 70,000 head in 2010 to 50,000 in 2013 and 22,000 in 2016.
Western Arctic is affected as well. The caribou herd dropped from 490,000 animals in 2003 to 201,000 today.
Scientists point out that there have always been fluctuations in the size of caribou herds and the loss of animals may be temporary. Despite this, the global warming observed for several years in Alaska is a major obstacle to the reproduction of the caribou. Biologists have recommended a change in hunting rules with fewer bags and hunters are being asked to avoid harvesting females.
Source: Canadian and Alaskan Press.

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Caribous dans la toundra de l’Alaska (Photo: C. Grandpey)

Réveil du Mont Meager (Canada)? // Is Mount Meager waking up in Canada?

drapeau-francaisLes volcanologues de Natural Resources Canada (NRC) surveillent le Mont Meager après avoir découvert que le volcan montre certains signes d’activité. Cependant, les autorités locales indiquent qu’il n’y a actuellement aucune raison de s’inquiéter.
Le NRC a publié un rapport qui a été transmis aux autorités locales le 19 septembre. Le plus grand risque pour le public se situe en ce moment au niveau du Job Glacier, qui montre d’importantes fumerolles d’environ 15 à 20 mètres de profondeur et une trentaine de mètres de diamètre. Bien que l’on sache que le champ fumerolle existe depuis une quarantaine d’années, en juillet un pilote d’hélicoptère spécialisé en géologie a remarqué les fumerolles sur le glacier. De plus, tout au long de l’été, le NRC a reçu des rapports faisant état d’une odeur de soufre dans la vallée au pied du Mont Meager.
En août, des responsables locaux ont survolé le glacier en hélicoptère et ont recueilli des données scientifiques, mais il n’y avait pas de SO2 ou de CO sur le site, ce qui aurait été un signe d’ascension du magma. Par ailleurs, il y aurait aussi des centaines de petits séismes si une éruption devait se produire dans le court terme. Entre janvier 2011 et février 2016, on a enregistré seulement 92 séismes de M 1 à M 2 dans le secteur du volcan.
Le principal danger au Mont Meager est la longue histoire de glissements de terrain. Ainsi, la montagne, qui abrite les populaires Meager Creek Hot Springs, a connu un énorme glissement de terrain en 2010.

Le Mont Meager, initialement connu sous le nom de Meager Mountain, est un massif volcanique dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique au Canada. Situé sur l’arc volcanique des Cascades et sur la ceinture volcanique de Garibaldi, il se dresse à 150 km au nord de Vancouver, à l’extrémité nord de la vallée de Pemberton où il atteint une altitude maximale de 2680 mètres.
La ceinture volcanique de Garibaldi a une longue histoire d’éruptions. Bien que le Mont Meager ne se soit pas manifesté depuis plus de 2000 ans, il pourrait connaître une éruption majeure. Il a produit la plus grande éruption volcanique au Canada au cours des 10 000 dernières années. Il y a environ 2400 années, une éruption explosive a formé un cratère sur le flanc nord-est et envoyé des coulées pyroclastiques sur le flanc nord du volcan. L’activité volcanique la plus récente se manifeste sous forme de sources chaudes et séismes. Le Mont Meager a également été à l’origine de plusieurs grands glissements de terrain, comme l’avalanche de débris qui a déferlé en 2010 dans les vallées de la Meager Creek et de la Lillooet.
Source: Journaux locaux et la Smithsonian Institution.

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drapeau-anglaisVolcanologists with Natural Resources Canada (NRC) are monitoring Mount Meager after discovering that the mountain shows signs of low-level volcanic activity. However, officials say there is currently no cause for alarm.

NRC released a situation report that was forwarded to local officials on September 19th. The biggest risk to the public right now is on Job Glacier, which has large fumaroles measuring about 15 to 20 metres deep and about 30 metres in diameter. While there is some indication that the fumarole field has been around for the last 40 years, in July a helicopter pilot who is trained as a geologist noticed the fumaroles on the glacier. On top of that, throughout the summer NRC received reports of a sulphuric smell around the valley of Mount Meager.

In August, various officials toured the glacier by helicopter and collected data but there was no SO2 or CO detected at the scene, which would be an indicator of magma ascent. Besides, there would also be hundreds of small earthquakes before an eruption. Between January 2011 and February 2016, only 92 earthquakes with magnitudes varying from one to two were recorded around the mountain.

The main hazard at Mount Meager, which has been known for quite a long time, is its long history of landslides. The mountain, which is home to the popular Meager Creek Hot Springs, experienced a massive landslide in 2010.

Mount Meager, originally known as Meager Mountain, is a volcanic massif in southwestern British Columbia, Canada. Part of the Cascade Volcanic Arc and the Garibaldi Volcanic Belt, it is located 150 km north of Vancouver, at the northern end of the Pemberton Valley and reaches a maximum elevation of 2,680 m.

The Garibaldi Volcanic Belt has a long history of eruptions. Although Mount Meager has not erupted for more than 2,000 years, it could produce a major eruption. It produced the largest volcanic eruption in Canada in the last 10,000 years. About 2,400 years ago, an explosive eruption formed a crater on its northeastern flank and sent avalanches of hot ash, rock fragments and volcanic gases down the northern flank of the volcano. Evidence for more recent volcanic activity has been documented at the volcano, such as hot springs and earthquakes. Mount Meager has also been the source of several large landslides in the past, including a massive debris flow in 2010 that swept down Meager Creek and the Lillooet River.

Source: Local newspapers and Smithsonian Institution.

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Photo: C. Grandpey