Etude des Champs Phlégréens en regardant le passé // Studying the Phlegrean Fields while looking at the past

On trouve ces jours-ci dans la presse de nombreux articles sur les Champs Phlégréens – Campi Flegrei – la zone volcanique active située près de la ville italienne de Naples. Un article publié sur le site Live Science s’intitule « Le sol sous le ‘supervolcano’ s’est soulevé de 66 pieds avant la dernière éruption ». Il convient toutefois de noter que les Campi Flegrei n’appartiennent pas vraiment à la catégorie des supervolcans car l’éruption de l’Ignimbrite Campana il y a 39 000 ans n’a reçu qu’un VEI 7, contrairement au Yellowstone, par exemple, qui a atteint un VEI 8 et qui, à ce titre, peut être qualifié de supervolcan.
Quoi qu’il en soit, tout le monde sait qu’une éruption des Champs Phlégréens pourrait extrêmement destructrice car ce site volcanique se trouve à proximité d’une zone densément peuplée.
Selon une nouvelle étude publiée le 16 juin 2023 dans la revue Geophysical Research Letters, le sol autour des Campi Flegrei s’est élevé de 20 mètres avant l’éruption de 1538. L’inflation a atteint un point de rupture qui a déclenché l’éruption. Elle a enseveli le village romain de Tripergole sous un déferlement de cendres boueuses et de lave qui a donné naissance à une nouvelle montagne baptisée Monte Nuovo.

Cratère actuel du Monte Nuovo (Photo: C. Grandpey)

Les auteurs de la nouvelle étude ont cherché à mieux comprendre ce qui s’est passé lors de cette éruption historique. Ils expliquent qu’aujourd’hui, les déformations du sol associées à l’activité volcanique sont surveillées à la fois par des satellites et par des réseaux de détection au sol. On peut lire dans l’étude que « nous savons encore très peu de choses sur le comportement des volcans et leurs éruptions du passé, avant l’arrivée des nouveaux instruments de mesure ».
La zone des Campi Flegrei englobe un ensemble de 24 cratères et autres édifices à la limite ouest de Naples, dans le Golfe de Pouzzoles. Plus de 1,5 million de personnes vivent au-dessus de ce vaste complexe volcanique, et un demi-million de personnes habitent à l’intérieur de la caldeira de 11 kilomètres de diamètre qui s’est formée après l’énorme éruption d’il y a 39 000 ans.

Pouzzoles, une zone à forte densité de population (Photo: C. Grandpey)

Le volcan montre des signes d’activité depuis le milieu du 20ème siècle, avec des pics dans les années 1950, 1970 et 1980. Une nouvelle période d’activité a débuté en 2005 et se poursuit encore aujourd’hui. Au cours de cette période, le sol sous la région de Pouzzoles s’est élevé d’environ 10 centimètres chaque année, ce qui représente une hausse de 4 mètres depuis les années 1950. Ce phénomène, appelé bradysisme, est bien connu et typique de la région qui connaît également une sismicité persistante. Plus de 600 événements mineurs ont été détectés en avril 2023, ce qui représente le plus grand nombre de séismes jamais enregistrés dans la région.

Pouzzoles: Temple de Sérapis et traces de l’activité bradysismique (Photo: C. Grandpey)

Pour mieux comprendre l’activité actuelle du volcan, les scientifiques se sont tournés vers son passé. Ils ont introduit des données provenant de sources géologiques, archéologiques et historiques dans un modèle mathématique qui a estimé les flux de magma sous la surface des Campi Flegrei. Il en ressort que l’éruption de 1538 a été précédée d’une intense déformation du sol qui a d’abord concerné la région de Pouzzoles, puis a migré vers la zone de la future éruption, avec un soulèvement atteignant une vingtaine de mètres. Les gaz volcanique se sont infiltrés dans la croûte sous la surface du Campi Flegrei, ce qui a provoqué son étirement et déclenché des séismes. Une fois qu’une quantité suffisante de gaz s’est accumulée, la croûte s’est rompue, faisant jaillir une colonne de magma dont la source se trouvait à 6,4 km de profondeur.
Les chercheurs expliquent que l’éruption a été suivie d’une période d’affaissement du sol, puis d’un nouveau soulèvement, avant que le volcan entre dans une phase de repos jusqu’au 20ème siècle.
Si les Campi Flegrei devaient entrer en éruption connue il y a 39 000 ans, il se pourrait que l’événement envoie des roches en fusion et des gaz volcaniques très haut dans la stratosphère, avec des tsunamis de plus de 30 mètres de haut, et un panache de gaz et de cendres qui pourrait plonger la Terre dans un hiver volcanique pendant des années, avec anéantissement des récoltes et extinctions de masses.
Mais nous n’en sommes pas encore là ! Les chercheurs ont découvert que les explosions des Campi Flegrei ne sont pas toujours aussi cataclysmiques. Ils ont en particulier découvert qu’un centième seulement du magma accumulé à l’intérieur du volcan avant l’éruption de 1538 était remonté à la surface, ce qui signifie que les éruptions peuvent arriver à leur terme sans que le volcan n’exploite toute sa puissance destructrice.
Source : Yahoo Actualités.

Vue de la Solfatara, l’une des zones les plus actives des Champs Phlégréens (Photo: C. Grandpey)

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There are many articles in the media these days about the Phlegrean Fields, the volvanic field close to the Italian city of Naples. An article published ion the Live Science website is entitled « Ground beneath Italy’s ‘supervolcano’ rose 66 feet before its last eruption. » However it should be noted that the Campi Flegrei do not really belong to the category of supervolcanoes as the Ignimbrite Campana eruption 39.000 years ago only was classified as VEI 7, unlike the Yellowstone that reached a VEI 8 and, as such, can be called a supervolcano.

Anuway, evrybody knows that an eruption of the Phlegrean Fields would be highly destructive as the volcanic field lies close to a densely populated area.

According to a new studypublished on June 16th, 2023 in the journal Geophysical Research Letters, , the ground around the Campi Flegrei rose by up to 20 meters before the 1538 eruption, It swelled to a breaking point then burst, burying the Roman-era village of Tripergole beneath a torrent of muddy ash and lava that became a new mountain named Monte Nuovo.

The authors of the new study sought to better understand what happened during that historical eruption. They explain that today the ground deformations associated with volcanic activity are monitored both with satellites and with detection networks installed on the ground.  » However, we still know very little about the behaviour of volcanoes and their eruptions that took place in the past, before the advent of the instrumental age. »

The Campi Flegrei include a network of 24 craters and edifices that stretch at the western edge of Naples, into the nearby Gulf of Pozzuoli. More than 1.5 million people live above the vast volcano complex, and half a million people have their homes inside the 11 kilometer-wide caldera, which was formed after the enormous eruption 39,000 years ago.

The volcano has been stirring since the mid-20th century, with bursts of heightened activity in the 1950s, 1970s and 1980s. Another period of unrest began in 2005 and is still ongoing. Since then, the ground below Pozzuoli has risen by about 10 centimeters each year, adding up to a 4-meter change in elevation since the 1950s. The phenomenon, called, braduseism, is typical of the area. Campi Flegrei is also experiencing persistent small earthquakes, with more than 600 detected in April 2023, breaking its largest monthly total ever recorded in the region.

To better understand the volcano’s current unrest, scientists turned to its past; feeding data from geological, archaeological and historical sources into a mathematical model that estimated the flows of magma below Campi Flegrei’s surface. It emerged that the 1538 eruption was preceded by an intense deformation of the ground which first concerned the area of Pozzuoli, then localized in the area of the future eruptive vent, reaching an elevation of 20 meters..Volcanic gas seeped into the crust deep beneath Campi Flegrei’s surface, causing it to stretch, triggering earthquakes. Once enough gas had accumulated, the crust ruptured, sending a column of magma from 6.4 km deep bursting to the surface.

The researchers also explain that the eruption was followed by a period of ground subsidence and another of renewed uplift, before the volcano finally grew dormant until the 20th century.

If Campi Flegrei were to reenact its largest known eruption 39,000 years ago, it could send molten rock and volcanic gases high into the stratosphere, unleash tsunamis more than 30 meters high and spread a plume of gas and ash that could plunge Earth into global winter for years, killing crops and causing mass extinctions.

Yet the researchers have found that blasts from Campi Flegrei are not always so cataclysmic. They discovered that just one hundredth of the magma that had accumulated inside the volcano prior to the 1538 eruption burst to the surface; meaning that eruptions can easily peter out without the volcano tapping into its full destructive power.

Source : Yahoo News.

Secousses sismiques dans la région de Pouzzoles (Campanie / Italie) // Earthquakes in the Pozzuoli area (Campania / Italy)

La Campanie, et Pouzzoles en particulier, sont depuis quelques jours le théâtre de séismes liés à l’activité volcanique des Champs Phlégréens. Une secousse de magnitude M 3,5 a été enregistrée à 15h14 le 16 mars, avec son épicentre à Pouzzoles. C’est la plus forte des 40 dernières années. L’hypocentre de l’événement avait une profondeur de seulement 2,7 km et a été ressenti par la population.
Suite à ce premier séisme, deux autres de moindre intensité se sont produits, mais dans la même zone. Le premier a été enregistré par les sismographes de l’INGV à 15h31, avec une magnitude de M 1,4 et une profondeur de 2,2 ; le second s’est produit à 15h39, avec une magnitude de M 1,1 et une profondeur de 2,5 km.
Les secousses sont liées au phénomène de bradyséisme bien connu dans les Champs Phlégréens. Rappelons que les épisodes bradysismiques se manifestent par des soulèvements et abaissements périodiques du sol. Les colonnes du temple de Serapis à Pouzzoles, avec leurs incrustations de coquillages, sont les témoins de ce phénomène.

Sur le site de l’Observatoire du Vésuve, un séisme de magnitude M 3,6 a été enregistré à 19h45 le 29 mars 2022. L’épicentre a été localisé à une courte distance le la Solfatara, à une profondeur de 2,7 kilomètres.
Les différents séismes n’ont causé aucun dommage aux personnes ou aux biens. Leur faible profondeu (un peu moins de 3 km) est la raison pour laquelle ils ont été autant ressentis par la population, malgré des magnitudes relativement modestes. De plus, la zone où la sismicité s’est produite est très peuplée, facteur qui explique l’inquiétude généralisée.
L’Osservatorio Vesuviano précise que, pour le moment, les autres paramètres – tout en continuant à être anormaux car une phase bradysismique est en cours – n’ont pas montré d’anomalies particulières. Le sol se soulève actuellement de 13 mm par mois et on observe des anomalies typiques dans les flux et les émissions fumeroliennes.
L’activité volcanique des Champs Phlégréens est surveillée en permanence par les réseaux de surveillance de l’Osservatorio Vesuviano, en contact étroit avec le Département de la Protection Civile. Les paramètres géophysiques et géochimiques analysés indiquent la persistance des tendances enregistrées les mois précédents. A l’heure actuelle, aucun élément ne laisse présager d’évolutions significatives à court terme, en sachant que toute variation future des paramètres suivis (déformations, sismicité, géochimie, etc.) peut conduire à une évolution différente des scénarios d’aléa.

Sources : Osservatorio Vesuviano, INGV, presse italienne.

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Campania, and Pozzuoli in particular, have been the scene of earthquakes for several days linked to the volcanic activity of Campi Flegrei. A tremor of magnitude M 3.5 was recorded at 3:14 p.m. on March 16th, with its epicenter in Pozzuoli. It is the most significant event of the last 40 years. The hypocenter was only 2.7 km deep and was felt by the population.
Following this first earthquake, two others of less intensity occurred, but in the same area. The first was recorded by INGV seismographs at 3:31 p.m., with a magnitude of M 1.4 and a depth of 2.2; the second occurred at 3:39 p.m., with a magnitude of M 1.1 and a depth of 2.5 km.
The tremors are linked to the well-known phenomenon of bradyseism in the Phlegraean Fields. Bradyseismic episodes are periodic uplifts and subsidences of the ground. The columns of the temple of Serapis at Pozzuoli, with their shell encrustations, bear witness to this phenomenon.
An earthquake with a magnitude M 3.6 was recorded at 7:45 p.m. on March 29th, 2022. The epicenter was located a short distance from the Solfatara, at a depth of 2.7 kilometers .
The various earthquakes did not cause any damage to persons or property. The shallow depth of the earthquakes (a little less than 3 km) is the reason why they were felt so much by the population, despite relatively modest magnitudes. Additionally, the area where the seismicity occurred is heavily populated, a factor that has influenced widespread seismic resentment.
The Osservatorio Vesuviano specifies that, for the moment, the other parameters – while continuing to be abnormal because a bradyseismic phase is in progress – have not shown any particular anomalies. The ground is currently uplifting 13 mm per month and typical anomalies are observed in fumarolic flows and emissions.
The volcanic activity of the Phlegraean Fields is constantly monitored by the surveillance networks of the Osservatorio Vesuviano, in close contact with the Department of Civil Protection. The geophysical and geochemical parameters indicate the persistence of the trends recorded in the previous months. At present, there is no element suggesting significant changes in the short term, although any future variation in the parameters monitored (deformation, seismicity, geochemistry, etc.) may lead to a different evolution of the hazard scenarios.
Sources: Osservatorio Vesuviano, INGV, Italian press.

Pouzzoles : temple de Serapis et traces de l’activité bradysismique

(Photo : C. Grandpey)

Séisme dans le secteur des Champs Phlégréens // Earthquake in the Phlegrean Fields area

19 décembre 2020, 23h30.

On vient de m’informer qu’un séisme vient de secouer le secteur des Champs Phlégréens à proximité de Naples. La secousse a notamment été ressentie à Pouzzoles. Une séquence sismique de basse magnitude avait déjà été enregistrée dans l’après-midi. Plus d’informations demain après une bonne nuit de sommeil.

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Mise à jour du 20 décembre 2020.

La secousse que je signalais le 19 décembre au soir fait partie d’un essaim sismique qui a affecté la zone des Champs Phlégréens. D’une magnitude de M 2,4, elle a été enregistrée à 22h54. L’épicentre a été localisé à Pouzzoles et l’hypocentre à une profondeur de seulement 2 km. L’événement, s’il n’a pas provoqué de dégâts matériels, a déclenché un moment de panique à Pouzzoles et dans la banlieue ouest de Naples dans des localités comme Agnano, Bagnoli, Fuorigrotta où la population a bien senti la terre trembler. Certaines personnes ont affirmé avoir entendu un rugissement.   .

On sait que les crises sismiques sont relativement fréquentes dans cette région qui est connue pour les événements bradysismiques qui font varier le niveau du sol. L’Osservatorio Vesuviano indique qu’au cours du mois de novembre 2020, 225 séismes basse énergie ont été enregistrés dans la caldeira des Campi Flegrei, avec une magnitude maximale égale à M 1,1 ± 0,3. 204 événements (91%) avaient une magnitude inférieure à M 1,0. Sur 17 autres événements, il n’a pas été possible de déterminer la magnitude en raison de la faible amplitude du signal qui ne se distinguait pas clairement du bruit de fond. Au total, 124 événements ont été localisés (55% de ceux enregistrés) situé principalement entre Pouzzoles et la région de Solfatara-Pisciarelli avec des profondeurs ne dépassant pas 2,5 km.

S’agissant de la déformation du sol, l’Observatoire explique que les instruments détectent « une géométrie radiale de soulèvement du sol centrée dans la région de Pozzuoli avec une vitesse moyenne d’environ 10 mm / mois. Le soulèvement enregistré à la station GPS de Rione Terra (Rite) à partir de janvier 2016, est d’environ 39 cm.

Les mesures de température montrent des tendances relativement stables avec une légère tendance à la baisse.

Les paramètres géochimiques confirment les tendances à la hausse observées précédemment. »

Source : La Repubblica, Osservatorio Vesuviano.

Le séisme du 19 décembre 2020 n’a donc rien de vraiment inquiétant. Il nous rappelle seulement que cete région de la Campanie est très active d’un point de vue géologique et qu’il faut la surveiller attentivement. Elle fait partie de la conurbation napolitaine et rassemble des dizaines de milliers d’habitants.

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Update December 20, 2020.

The earthquake that was recorded in the evening of December 19th was part of a seismic swarm that affected the area of ​​the Phlegrean Fields. With a magnitude of M 2.4, it occurred at 22:54. The epicentre was located in Pozzuoli and the hypocentre at a depth of only 2 km. The event, if it did not cause material damage, triggered a moment of panic in Pozzuoli and in the western suburbs of Naples in places like Agnano, Bagnoli, Fuorigrotta where the population felt the earth tremble. Some people claimed to have heard a roar.

Seismic crises are known to be relatively frequent in this region which is known for bradysismic events which cause the ground level to fluctuate. The Osservatorio Vesuviano indicates that during the month of November 2020, 225 low-energy earthquakes were recorded in the Campi Flegrei caldera, with a maximum magnitude equal to M 1.1 ± 0.3. 204 events (91%) had a magnitude less than M 1.0. For 17 other events, it was not possible to determine the magnitude due to the low amplitude of the signal which was not clearly distinguishable from the background noise. In total, 124 events were located (55% of those recorded) located mainly between Pozzuoli and the region of Solfatara-Pisciarelli with depths not exceeding 2.5 km.

Regarding soil deformation, the Observatory explains that the instruments detect « a radial geometry of soil uplift centered in the Pozzuoli region with an average velocity of around 10 mm / month. The uprising recorded at the GPS station of Rione Terra (Rite) from January 2016, is approximately 39 cm.

Temperature measurements show relatively stable trends with a slight downward trend.

The geochemical parameters confirm the upward trends observed previously.”

Source: La Repubblica, Osservatorio Vesuviano.

The earthquake of December 19th, 2020 is therefore not really worrying. It only reminds us that this region of Campania is geologically very active and needs to be carefully monitored. It is part of the Neapolitan conurbation that gathers tens of thousands of inhabitants.

Dernières nouvelles des Champs Phlégréens (Campanie / Italie) // Latest news of the Phlegraean Fields (Campania / Italy)

Les Champs Phlégréens, c’est un peu comme le monstre du Loch Ness, ça ressort périodiquement dans la presse générale et scientifique. La différence, c’est que cette zone volcanique à la périphérie de Naples est plus menaçante que le monstre écossais. Les volcanologues nous rappellent régulièrement les risques qu’une éruption de ce volcan ferait courir à la région qui est fortement peuplée.

Un article paru dans la revue italienne Rivista della Natura fait le point sur la situation dans les Champs Phlégréens, Campi Flegrei en italien. L’article s’attarde en particulier sur la fumerolle de Pisciarelli, l’un des sites les plus surveillés. Une étude récente de l’INGV et de l’Université de Palerme a mis en évidence les modifications significatives intervenues dans les paramètres géochimiques et géophysiques, avec une extension de la zone de dégazage. Ces derniers paramètres devraient conduire à une mise à niveau du système de surveillance.
Depuis quelques années, on observe une augmentation simultanée de tous les paramètres géochimiques et géophysiques avec un seul moment de stabilité survenu en juin 2017, mais qui a été suivi d’une nouvelle intensification de l’activité. En particulier, les émissions de CO2 ont été multipliées par 3 depuis 2012, de même que l’hydrogène sulfuré (H2S) qui a connu une hausse constante au cours de la même période. Les paramètres gazeux vont de pair avec la pression du système hydrothermal, qui a montré une tendance à la hausse de 2012 à 2017, puis une légère baisse et enfin une nouvelle hausse entre 2018 et 2019.La pression du système hydrothermal des Champs Phlégréens est d’environ 44 bars et augmente rapidement.

Parallèlement à cette augmentation de pression du système hydrothermal, on a observé une élévation continue du sol de l’ordre de 8,5 cm / an et une augmentation de l’activité sismique (environ 448 événements sismiques pendant la seule année 2018). Il faut toutefois noter que les phénomènes bradysismiques sont fréquents dans la région des Champs Phlégréens. À cela, il faut associer une augmentation visible de la surface de la mare de boue dont la surface est agitée par les gaz ; elle est passée d’environ 40 m2 à une centaine de mètres carrés.
La fumerolle de Pisciarelli, ainsi que la Solfatara de Pouzzoles qui se trouve à proximité, constituent le point de rejet en surface des fluides volcaniques qui remontent le long de la croûte par des failles et des fractures. Contrairement à la Solfatara, située au fond d’un grand cratère, la région de Pisciarelli se trouve dans une vallée étroite sur les flancs de la structure volcanique et se caractérise par la présence de grandes mares de boue atteignant une température d’environ 90°C au niveau d’un point d’émission appelé « Soffione » (le Soufflard) qui s’est ouvert en 2009, et à partir duquel le gaz sort à une température d’environ 115ºC.
L’augmentation des paramètres géochimiques et géophysiques observés à Pisciarelli s’inscrit dans le contexte des « crises volcaniques » des Champs Phlégréens qui se caractérisent par des épisodes cycliques de mise sous pression du système hydrothermal par des fluides magmatiques venant des profondeurs, et pouvant causer parfois des dégâts

A la longue, ces « crises volcaniques » pourraient accroître l’instabilité thermique ou mécanique de la couche superficielle du système d’alimentation des Campi Flegrei, et créer des conditions favorables au développement d’une activité phréatique dans la région de Pisciarelli. Pour cette raison, les auteurs de l’étude soulignent la nécessité de poursuivre la mise en œuvre du système de surveillance de cette zone.

Actuellement, le niveau d’alerte des Champs Phlégréens est à la couleur Jaune, sur une échelle qui va du Vert au Rouge, en passant par le Jaune et l’Orange, selon le risque estimé par les autorités compétentes (INGV, Protection Civile, etc). Selon le dernier rapport disponible, en date du mois de mai 2019, l’activité sismique a été marquée par des événements à faible énergie avec un hypocentre situé à une profondeur d’environ 2 km, à la verticale de la zone de Pouzzoles-Accademia-Pisciarelli.
En résumé,  malgré une tendance globalement en hausse, la situation des Champs Phlégréens n’est pas plus préoccupante que précédemment et le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune, comme c’est le cas depuis décembre 2012.
Source : Rivista della Natura.

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The Phlegrean Fields is a bit like the Loch Ness monster: they come out periodically in the general and scientific press. The difference is that this volcanic area on the outskirts of Naples is more threatening than the Scottish monster. Volcanologists regularly remind us of the risks that an eruption of this volcano would cause to the region which is densely populated.
An article in the Italian magazine Rivista della Natura sums up the situation in the Phlegraean Fields, Campi Flegrei in Italian. The article focuses on the Pisciarelli fumarole, one of the most monitored sites. A recent study by INGV and the University of Palermo highlighted significant changes in the geochemical and geophysical parameters, with an extension of the degassing area. These latter parameters should lead to an upgrade of the surveillance system.
In recent years, there has been a simultaneous increase in all geochemical and geophysical parameters with a single moment of stability in June 2017, but this has been followed by a further intensification of activity. In particular, CO2 emissions have been multiplied by 3 since 2012, as has hydrogen sulphide (H2S), which has been steadily increasing over the same period. The gas parameters go hand in hand with the pressure of the hydrothermal system, which has shown an upward trend from 2012 to 2017, then a slight decrease and finally a new increase between 2018 and 2019.The pressure of the hydrothermal system of the Phlegrean Fields is about 44 bars and is growing rapidly.
In parallel with this pressure increase of the hydrothermal system, a continuous elevation of the soil of about 8.5 cm / year and an increase of the seismic activity (about 448 seismic events during the year 2018) were observed. It should be noted, however, that bradyismic phenomena are frequent in the Phlegrean Fields region. To this, we must associate a visible increase in the surface of the mud pool whose surface is agitated by the gases; it extended from about 40 to about 100 square metres.
The Pisciarelli fumarole, along with the nearby Solfatara in Pozzuoli, is the point of discharge of volcanic fluids up the crust through faults and fractures. Unlike the Solfatara, located at the bottom of a large crater, the region of Pisciarelli is located in a narrow valley on the flanks of the volcanic structure and is characterized by the presence of large pools of mud reaching a temperature of about 90°C at a point of emission called « Soffione » (the Blower) which opened in 2009, and from which the gas escapes at a temperature of about 115ºC.
The increase in the geochemical and geophysical parameters observed at Pisciarelli is in the context of the « volcanic crises » of the Phlegrean Fields, which are characterized by cyclic episodes of pressurisation of the hydrothermal system by magmatic fluids coming from the depths, and which can sometimes cause damage
In the long run, these « volcanic crises » could increase the thermal or mechanical instability of the surface layer of the Campi Flegrei feeding system, and create favorable conditions for the development of phreatic activity in the Pisciarelli region. For this reason, the authors of the study stress the need to continue the implementation of the surveillance system in this area.

Currently, the alert level of the Phlegraean Fields is yellow, on a scale that goes from Green to Red, via Yellow and Orange, depending on the risk estimated by the competent authorities (INGV, Civil Protection, etc.). According to the latest available report, dated May 2019, the seismic activity was marked by low-energy events with a hypocenter located at a depth of about 2 km, vertically beneath the area of Pozzuoli-Accademia-Pisciarelli.
In brief, despite an overall increasing trend, the situation of the Phlegraean Fields is no more worrying than previously and the alert level is maintained at Yellow, as it has been since December 2012.
Source: Rivista della Natura.

                                                Bouche active dans la Solfatara
                       Pouzzoles: Temple de Sérapis et traces de l’activité bradysismique

(Photos: C. Grandpey)