Islande: Une éruption remarquable // Iceland: A remarkable eruption

drapeau francaisPlusieurs mois après le début de l’éruption dans Holuhraun – et sa source sous le volcan Bárðarbunga – on peut se poser la question suivante: L’éruption aurait-elle pris une tournure différente si elle avait eu lieu dans un pays autre que l’Islande bien connu pour être l’émergence d’un rift?
Lorsque le Bárðarbunga s’est réveillé en août 2014, les scientifiques ont eu l’occasion unique de voir le magma s’écouler le long de fractures pour finalement ressortir loin du volcan. Grâce au GPS et aux mesures satellitaires, ils ont été en mesure de suivre le cheminement du magma sur 45 km avant qu’il se décide à percer la surface et donner naissance à l’éruption qui se poursuit à l’heure actuelle.

L’observation de la formation d’un dyke en temps réel est un événement exceptionnel. Dans le cas qui nous intéresse, la vitesse de propagation du dyke a été variable, avec un ralentissement du magma quand il rencontrait des obstacles naturels. Le magma a tendance à suivre le chemin de moindre résistance, ce qui explique pourquoi le dyke a parfois changé de direction lors de sa progression. Au début, il a été guidé principalement par le relief assez pentu mais, par la suite, l’influence du mouvement des plaques tectoniques est devenue tout à fait évidente. La sismicité et la déformation du sol ont permis de voir que le dyke progressait par à-coups et avançait par un effet d’accumulation de pression.
Habituellement, la croûte naît là où deux plaques tectoniques s’éloignent l’une de l’autre. Généralement, cela se passe sous les océans, où le phénomène est difficile à observer. Cependant, en Islande cela se produit sous une terre émergée. Les événements qui ont conduit à l’éruption d’août 2014 sont un moment rare ; c’est probablement la première fois qu’un tel épisode d’ouverture de rift est observé avec des outils modernes comme le GPS et le radar par satellite.
Un autre événement intéressant s’est produit pendant l’éruption. On a observé la formation de chaudrons, dépressions peu profondes dans la glace, parcourues de crevasses circulaires, sous l’effet de la fonte de la base du glacier par le magma. Les mesures radar ont montré que la glace à l’intérieur du cratère du Bárðarbunga s’était enfoncée de 16 mètres en même temps que le plancher du volcan s’effondrait. Un affaissement de 55 m a été mesuré pour l’ensemble de la caldeira.
Note inspirée d’un article de Science 2.0.

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drapeau anglaisSeveral months after the start of the eruption in Holuhraun – and its source beneath Barðarbunga volcano – we may ask a question: Would the eruption have taken a different turn had it not occurred in a country like Iceland which is an emergence of a rift?

Indeed, when Barðarbunga reawakened in August 2014, scientists got an opportunity to monitor how the magma flowed through cracks in the rock away from the volcano.
Using GPS and satellite measurements, scientists were able to track the path of the magma over 45 kilometres before it reached a point where it began to erupt, and continues to do so to this day. Observing the real-time formation of a dyke is an exceptional event. The rate of dyke propagation was variable, slowing as the magma encountered natural barriers. Magma flows along the path of least resistance, which explains why the dyke changed direction as it progressed. At the beginning, it was influenced mostly by the lie of the land, but as it moved away from the steeper slopes, the influence of plate movements became quite obvious..

Seismicity and ground deformation allowed to see that the dyke was growing in segments, breaking through from one to the next by the build up of pressure.

Usually, new crust forms where two tectonic plates are moving away from each other. Mostly this happens beneath the oceans, where it is difficult to observe. However, in Iceland this happens beneath dry land. The events leading to the eruption in August 2014 are a rare moment – probably the first time – that such a rifting episode has been observed with modern tools, like GPS and satellite radar.

Another interesting event was the formation of cauldrons – shallow depressions in the ice with circular crevasses, where the base of the glacier had been melted by magma. Radar measurements showed that the ice inside Bárðarbunga’s crater had sunk by 16 metres, as the volcano floor collapsed. A 55-metre subsidence was measured for the whole caldeira.

Note written after an article in Science 2.0.

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L’éruption dans l’Holuhraun  (Crédit photo:  Wikipedia)

Islande: Ralentissement de l’éruption? // Iceland: Is the eruption slowing down?

drapeau francaisSelon les scientifiques islandais, on observe une légère diminution de l’activité volcanique et sismique sur le site de l’éruption qui dure depuis plus de trois mois dans l’Holuhraun.
Ils indiquent que l’éruption a connu des « modifications non significatives » au cours des dernières semaines et que la lave semble maintenant s’écouler essentiellement à l’intérieur des chenaux fermés.
L’activité sismique sur le site reste élevée. Le plus fort séisme (M 5,4) a été enregistré lundi sur la lèvre nord de la caldeira du Bárðarbunga. Près de 20 événements supérieurs à M4 ont été détectés depuis vendredi dernier. Au total, environ 200 séismes ont été enregistrés sur le Bárðarbunga depuis vendredi à midi.
Cependant, les données recueillies depuis le début de l’activité sismique sur le Bárðarbunga montrent un déclin constant de l’intensité et du nombre de séismes de forte magnitude.
Les mesures GPS effectuées à proximité de la partie nord du Vatnajökull révèlent un affaissement lent vers le Bárðarbunga, mais la vitesse de l’affaissement a tendance à diminuer lentement.
Source: Met Office islandais.

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drapeau anglaisAccording to Icelandic scientists, there is a slight decrease in volcanic and seismic activity at the site of the Holuhraun eruption which has been going on for over three months.

They say that there have been “insubstantial changes” in the eruption over the last few weeks and that indications show lava is now mainly flowing inside closed channels.

Seismic activity at the site remains strong. The strongest earthquake (M 5.4) took place on Monday at the northern rim of the Bárðarbunga caldera. About 20 earthquakes larger then M4 have been detected since last Friday. In total about 200 earthquakes were detected in Bárðarbunga since noon on Friday.

However, the data collected since the beginning of seismic activity in Bárðarbunga show a steady decline in the strength and number of large earthquakes.

GPS measurements near northern Vatnajökull glacier show continuing slow subsidence towards Bárðarbunga but the rate of the subsidence has slowly decreased.

Source: Icelandic Met Office.

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Source: Icelandic Met Office.

L’éruption dans l’Holuhraun (Islande): Déjà 100 jours! // 100 days already!

drapeau francaisHier lundi 9 décembre marquait le centième jour de l’éruption dans l’ Holuhraun. Les scientifiques islandais indiquent qu’il n’y a pas eu de changements importants sur le site de l’éruption au cours des dernières semaines mais que l’activité sismique reste forte. Ils sont persuadés que l’éruption se poursuivra jusqu’au moment où la caldeira du Bárðarbunga aura fini de s’affaisser. Cela signifie que la lave pourrait continuer à circuler vers la plaine de l’Holuhraun pendant encore plusieurs mois.
Jusqu’à présent, l’éruption a donné néissance à la plus grande coulée de lave jamais observée depuis des siècles et à la dispersion de gaz toxiques à travers toute l’Islande. Cependant, il n’y a pas eu d’émission de cendre volcanique et donc pas de perturbations du trafic aérien.
Depuis le début de l’éruption, les scientifiques envisagent plusieurs scénarii dont plusieurs se sont révélés inexacts. Leur imagination est encore très active, mais tout le monde sait que seul le volcan décidera de la suite des événements. Comme dit le proverbe anglo-saxon: Wait and see! Attendre et voir !

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drapeau anglaisYesterday December 9th marked the hundredth day of the ongoing volcanic eruption in Holuhraun.

Icelandic scientists indicate there have been no significant changes at the eruption site in recent weeks, but that seismic activity remains strong. They believe the eruption will probably continue until the subsistence at Bárðarbunga ceases, which means lava could keep flowing for several more months.

So far the eruption has caused the biggest lava flow for centuries and the dispersal of poisonous gas on the wind around Iceland. However, there has been no ash and no disruption to flights.

Since the start of the eruption, scientists have envisaged several scenarios, several of which proved wrong. Their imagination is still quite active but everybody knows that the volcano will decide by himself. As the saying goes : Wait and see !

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(Crédit photo: Icelandic Met Office)

La lave et les gaz de l’Holuhraun (Islande) // Lava and gases from Holuhraun (Iceland)

drapeau francaisL’éruption se poursuit dans l’Holuhraun sans changement significatif. L’affaissement de la caldeira du Bárðarbunga continue et la sismicité reste élevée sur le volcan. La zone couverte par la lave mesure maintenant 70 kilomètres carrés, soit 7 km carrés de plus qu’il y a deux semaines et demi. A titre de comparaison, la calotte glaciaire de l’Eyjafjallajökull mesure 78 kilomètres carrés et le Þingvallavatn, le deuxième plus grand lac du pays a une superficie de 82 kilomètres carrés.
La lave récemment émise a été baptisée Nornahraun ou «lave des sorcières» à cause de l’abondance de filaments semblables à ceux que l’on trouve sur le Kilauea à Hawaii où ils sont appelés « cheveux de Pélé ». En Islande, ces fibres sont connues sous le nom de nornahár ou « cheveux des sorcières. »
L’un des principaux problèmes causés par l’éruption de l’Holuhraun est la pollution de l’air qui peut affecter différentes régions de l’Islande, selon la direction du vent. Par exemple, les enseignants ont récemment gardé à l’intérieur de l’établissement les enfants de l’école maternelle de Graenuvellir près d’Husavik pour les mettre à l’abri du SO2 que le vent avait poussé vers le nord. Comme l’a dit le maire de Norðurþing: «Il n’y a absolument rien que l’on puisse faire, à part rester à l’intérieur. Les personnes les plus sensibles doivent éviter l’effort physique à l’extérieur, essayer de rester chez elles et chauffer leurs maisons pour empêcher le gaz d’y pénétrer. »
D’une manière générale, le gouvernement a émis des alertes sur les risques pour la santé. L’exposition au dioxyde de soufre peut provoquer une irritation des yeux, de la gorge et des poumons. Des niveaux élevés peuvent conduire à des difficultés respiratoires. Les enfants sont les plus vulnérables. La plupart des Islandais espèrent seulement que le vent souffle dans le bon sens et aussi qu’il pleuve pour réduire les effets des nuages de gaz.

Source : Iceland Review.

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drapeau anglaisThe Holuhraun eruption continues with no significant changes. The subsidence of the Barðarbunga caldera is going on as well and seismicity is still high on the volcano. The area covered in new lava from the Holuhraun eruption now measures 70 square kilometres, a 7-square-km larger than two and a half weeks ago.

For comparison, the Eyjafjallajökull icecap, is 78 square kilometres and Þingvallavatn, the country’s second largest lake, 82 square kilometres.

The new lava has been dubbed Nornahraun or ‘Witches’ Lava’ after the abundance hair-like similar to the ones to be found on Hawaii’s kilauea where they are called Pele’s hair. In Icelandic the fibers are known as nornahár or ‘witches’ hair.’

One of the main problems caused by the Holuhraun eruption is the air pollution that may affect different regions of Iceland according to the wind direction. For instance, the kids at the Graenuvellir kindergarten in Husavik  were recently kept inside to protect them from the SO2 that had been blown to the north. Said the mayor of Nordurthing: “There’s exactly nothing you can do, aside from going inside. People that are more sensitive than others need to avoid physical exertion outside and try to stay inside and warm up their houses to prevent the gas from getting inside.”

Globally, the government has issued warnings on the health risks. Exposure to sulfur dioxide can cause irritation in the eyes, throat and lungs. High levels can lead to breathing difficulties. Children are the most vulnerable. So most Icelanders are just hoping the wind blows the right way and also for rain to damp the gas clouds.

Source : Iceland Review.

Holuhraun-blog
Le champ de lave de l’Holuhraun vu par l’ Institut des  Sciences de la Terre.