0°C au Pôle Nord ! // 32°F at North Pole !

drapeau-francaisUne balise météorologique située à environ 140 km au sud du pôle Nord a enregistré une température de 0°C jeudi en début de matinée. Les données fournies par cette balise montrent que la température de l’air a augmenté de plus de 22 degrés Celsius au cours des deux derniers jours alors qu’elle était déjà supérieure à la normale. L’Arctique pris dans son ensemble au nord du 80ème parallèle a connu une hausse de température de près de 17 degrés Celsius.
L’énorme flux de chaleur qui a envahi la région a fait fondre la glace de mer à une époque où elle se régénère habituellement. Près de l’archipel François Joseph à l’est du Svalbard, les images satellites montraient mercredi qu’une vaste surface de glace étaient en train de disparaître. Les données du National Snow and Ice Data Center indiquent que l’Arctique a perdu environ 148 000 kilomètres carrés de glace au cours de la journée de jeudi, soit environ la taille de l’Etat du Michigan.
Tandis que les températures augmentent anormalement dans l’Arctique, l’air froid qui envahit habituellement la région a migré vers le sud et atteint la Sibérie où la température a chuté d’environ 33 degrés Celsius en dessous de la normale, avec la température de l’air qui avoisine -50° C.
Une analyse de l’agence Climate Central a révélé qu’une montée en chaleur comparable à celle du mois de novembre «aurait été extrêmement improbable il y a un siècle,» avant que les gaz à effet de serre dans l’atmosphère aient atteint leur niveau actuel. « Si rien n’est fait pour ralentir le changement climatique, lorsque le réchauffement aura atteint 2 degrés Celsius, des événements comme celui de cet hiver deviendront fréquents au pôle Nord. »
Source: The Washington Post

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drapeau-anglaisA weather buoy about 140 km south of the North Pole registered a temperature at the melting point of 0°C early Thursday. Data from the buoy show that air temperatures have risen by more than 22 degrees Celsius in the last two days when they hovered near minus 24 Celsius which, even then, was above average. The entire Arctic north of 80 degrees has witnessed a sharp temperature spike of nearly 17 degrees Celsius.

The huge flux of warmth into the region has contributed to the loss of sea ice at a time when the region is usually gaining ice. Near the Franz Joseph Islands east of Svalbard, satellite imagery showed a large mass of ice vanishing over the last day. Data from the National Snow and Ice Data Center indicate the Arctic lost about 148,000 square kilometres of ice in the past day, which is roughly the size of Michigan.

While the Arctic witnesses abnormal temperature rises, the cold air normally positioned there has sloshed southward into Siberia. Temperatures there have crashed to about 33 degrees Celsius below normal, with air temperatures flirting with -50°C.

An analysis from Climate Central found that a warm event of comparable intensity to what occurred in November « would have been extremely unlikely in a climate of a century ago » before greenhouse gases in the atmosphere had grown to current levels. Said one climate scientist: « If nothing is done to slow climate change, by the time global warming reaches 2 degrees Celsius, events like this winter will become common at the North Pole. »

Source : The Washington Post

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Carte montrant l’anomalie thermique sur l’Arctique

 (Source: Climate Change Institute at the University of Maine)

Arctique: La glace de mer diminue, la population d’ours blancs aussi // Arctic: The sea ice declines and so does the polar bear population

drapeau-francaisLa hausse des températures et la fonte de la glace de mer dans l’Arctique vont probablement faire chuter d’un tiers la population d’ours blancs au cours des prochaines décennies et la même tendance au réchauffement risque de faire décliner également la population de rennes, espèce qui a été déclarée en voie de disparition au Canada (voir ma note du 8 décembre 2016). Les dernières recherches scientifiques ont été présentées au cours de la réunion de l’American Geophysical Union à San Francisco.
Les recherches sur l’ours polaire s’appuient sur de nouvelles données satellitaires montrant une perte de glace de mer arctique de 1979 à 2015 ; elles permettent de faire des projections sur la réduction de la glace et de la population ursine au cours des prochaines décennies.
Les ours polaires sont actuellement environ 26 000, mais leur population devrait diminuer de quelque 8 600 animaux au cours des 35 à 40 prochaines années. Les ours polaires ont été déclarés espèce menacée en 2008, année où une étude prévoyait qu’ils pourraient disparaître des deux tiers de leur aire de répartition au milieu du 21èmesiècle. Les données les plus récentes permettent de mieux analyser la situation.
Les ours polaires utilisent les glaces flottantes comme plates-formes pour toutes leurs activités, que ce soit l’accouplement et l’élevage des oursons, ou encore la chasse au phoque qui reste leur nourriture préférée.
L’étude pointe une région au nord de l’Alaska où le nombre d’ours a chuté brusquement au moment où l’on observait une forte diminution de la glace de mer. Une autre population à l’ouest de l’Alaska semble avoir moins subi cet impact, mais cette région est capable d’accepter des populations plus importantes et plus saines de phoques et autres proies susceptibles de servir de nourriture à l’ours blanc.
Le réchauffement du climat est également tenu pour responsable du déclin rapide des rennes sauvages en Sibérie et des caribous, leurs voisins au Canada et en Alaska. La population de rennes sauvages à Taimyr, dans le nord de la Russie, a chuté à environ 600 000 animaux, contre 1 million en 2000. La population de Taimyr, qui représente environ 24 pour cent de tous les rennes sauvages, est confrontée à des facteurs tels que la mort des jeunes au cours des migrations perturbées par le réchauffement climatique.

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drapeau-anglaisRising temperatures that melt sea ice in the Arctic will probably reduce the polar bear population by a third over the next few decades, and the same warming trend is likely to worsen the decline of wild reindeer which has been declared an endangered species in Canada (see my note of 8 December 2016).

The new findings by researchers were presented during a meeting of the American Geophysical Union in San Francisco.

The polar bear research is drawn from new satellite data documenting a loss of Arctic sea ice from 1979 to 2015, and forming the basis of projections in further declines of both ice and bears over the coming decades.

Polar bears currently number about 26,000, but their population is expected to diminish by some 8,600 animals over the next 35 to 40 years. At the time polar bears were declared a threatened species in 2008 when one study predicted they could vanish from two-thirds of their native range by mid-century. The latest data better quantifies such an outcome.

Polar bears use floating sea ice as platforms for everything from mating and rearing their young to hunting their preferred prey of ringed seals.

The study points to a region north of Alaska where the number has dropped sharply amid significant sea ice losses. Another population west of Alaska appears to have experienced less impact, but that area may sustain larger, healthier populations of seals and other polar bear prey.

A warmer climate also is thought to be a primary culprit in the rapid decline of wild reindeer and their close cousins, caribou. The population of wild reindeer in Taimyr in northern Russia has fallen to about 600,000 animals, from 1 million in 2000. The Taimyr population, accounting for about 24 percent of all wild reindeer, is challenged by such factors as loss of young because of migration patterns hampered by a warming climate.

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Photo: C. Grandpey

 

2016: L’Arctique se réchauffe, la glace et la neige diminuent // 2016: The Arctic is warming up, the ice and the snow are melting

drapeau-francaisSelon le Bulletin Annuel de l’Arctique (Artic Report Card) publié le 13 décembre 2016, la fonte de l’Arctique a connu une évolution sans précédent au cours de l’année écoulée. Le Bulletin, présenté par la NOAA à la conférence de l’American Geophysical Union à San Francisco, a mis en avant les changements rapides observés dans cette région du globe en 2016 où plusieurs records ont été battus. Le Bulletin de l’Arctique est publié par la NOAA depuis 2006. Il rassemble les données fournies par 61 scientifiques de 11 pays. Plusieurs nouveaux records ou quasi-records ont été enregistrés en 2016, et la tendance générale s’oriente vers un cycle d’accélération du réchauffement dans une région où la température augmente déjà deux fois plus vite que sur le reste de la planète. Le Bulletin de cette année montre clairement un  réchauffement plus prononcé et d’une durée plus longue que les années précédentes. Les températures de l’air et de la surface de la mer sont plus élevées, la glace de mer se fait plus rare et est plus fragile, tandis que les eaux océaniques absorbent plus de carbone, ce qui modifie leur composition chimique en les faisant devenir plus acides. La toundra se réchauffe elle aussi et envoie maintenant dans l’atmosphère plus de carbone qu’elle en absorbe.

Mois après mois, l’étendue moyenne de la glace de mer bat de nouveaux records de faiblesse. La surface couverte en septembre est la deuxième plus faible depuis que sont effectuées les observations satellitaires. Le gel automnal a été très lent, avec des niveaux record entre la mi-octobre et la fin novembre. La glace vieille de plusieurs années (qui subsiste en permanence) ne représentait que 22% de la masse totale cette année, alors que ce pourcentage était de 45% en 1985.

La température moyenne de l’air sur terre en 2016 a été la plus élevée jamais enregistrée et de 6,3 degrés supérieure aux relevés de 1900. La température à la surface des mers des Tchouktches et de Barents et sur les côtes est et ouest du Groenland a grimpé à 9 degrés au-dessus des moyennes de 2010.

La couverture de neige au printemps dans l’Arctique nord-américain a atteint un niveau record et, en mai, se situait en dessous de 3,8 millions de kilomètres carrés pour la première fois depuis que le début des observations satellitaires il y a 50 ans.

Au fur et à mesure que l’Arctique se réchauffe et que la différence de température entre cette région et le reste du monde diminue, les vents du jet stream – qui soufflent d’ouest en est – ralentissent et se mettent à onduler. Cela a probablement affecté la météo plus au sud cette année. Cette ondulation du jet stream – qui fait remonter vers le nord  l’air plus chaud et l’humidité du sud – pourrait perpétuer le cycle.

En conséquence, il faut s’attendre à la mise en place d’un nouveau régime climatique et écologique dans l’Arctique au cours des années à venir. Un changement semblable s’est produit en 2007, année où la glace de mer pendant l’été a brillé par son absence. L’événement le plus remarquable de l’année écoulée a été le réchauffement observé à l’automne. Les observations du passé se sont concentrées sur l’été. Aujourd’hui, on observe un déplacement du réchauffement persistant vers les mois d’hiver.

Le Bulletin de l’Arctique de cette année est publié alors que des menaces planent sur la climatologie. Malgré cet environnement politique, les climatologues continueront à diffuser le Bulletin Annuel de l’Arctique et les données scientifiques qui s’y rattachent, y compris les observations de la NASA, même si un conseiller de Donald Trump voudrait empêcher cette administration de poursuivre les recherches sur le changement climatique.

Voici une illustration du bulletin de l’Arctique 2016.
Https://youtu.be/G0rp6-BEur8

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drapeau-anglaisAccording to the annual Arctic Report Card released on December 13th 2016, during 2016, the meltdown of the Arctic proceeded at an unprecedented clip over the past year. The Report Card, presented by the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) at the American Geophysical Union conference in San Francisco, documented rapid changes in the region in 2016, including several records. The Arctic Report Card is an annual, peer-reviewed summary that has been issued by NOAA since 2006. This year’s report gathers information from 61 scientists across 11 nations. Several new records or near-records were posted in 2016, and the overall trend is feeding into a cycle that is speeding warming in a region already heating up at twice the global pace. The Report Card this year clearly shows a stronger and more pronounced signal of persistent warming than in any previous year. Air and sea-surface temperatures are higher, sea ice is sparser and more fragile and ocean waters are absorbing more carbon, changing their chemistry to more acidic levels, while warming tundra is now expelling more carbon that it is drawing in from the atmosphere.

Month after month, average sea-ice extent hit new lows. The minimum extent reached in September tied for the second-lowest extent on the satellite record, and freeze-up after that was slow, with record-low fall levels persisting from mid-October to late November. Thick multiyear ice made up only 22 percent of the pack this year, compared to 45 percent of the 1985 ice cover.

The average air temperature over land in 2016 was the highest on record and 6.3 degrees warmer than in 1900. August sea-surface temperatures in the Chukchi and Barents seas and off the east and west coasts of Greenland soared to levels 9 degrees above the 1982-2010 average for those regions.

Spring snow cover in the North American Arctic hit a record low, and in May dropped below 1.5 million square miles for the first time since satellite observations began five decades ago.

As the Arctic warms and the temperature difference between it and the rest of the world diminishes, the jet stream winds that blow from west to east are slowed and become wavy and meandering. That has likely skewed southern weather this year. And wavy jet streams that pull more warm southern air and moisture into the north could be perpetuating the cycle.

As a consequence, another big shift into a new Arctic ecological regime is to be expected in the coming years. A previous big shift happened in 2007, when summer sea ice hit what was then a record low. The striking development of the past year was the big warmup in the fall. Past stories have focused on the summer. Now we are seeing the persistent warming carrying over into the winter months.

This year’s Arctic Report Card comes amid new threats to climate science. Despite that political environment, climate scientists plan to continue the Report Card and the science that goes into it, including observations from NASA, an agency where at least one Trump adviser wants to halt climate-change research.

Here is an illustration of the Arctic Report Card 2016.

https://youtu.be/G0rp6-BEur8

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Photo: C. Grandpey

 

Etats Unis: La nomination de Tex Tillerson au poste de Secrétaire d’Etat : Une catastrophe écologique ! // United States: Rex Tillerson’s appointment to Secretary of State : An environmental disaster !

drapeau-francaisLe président élu Donald Trump a annoncé, mardi, la nomination de Rex Tillerson, le patron du géant pétrolier ExxonMobil, à la tête de la diplomatie américaine. Ce Texan de 64 ans est réputé pour ses liens étroits avec la Russie. C’est probablement pour sa proximité avec ce pays et ses bonnes relations avec Vladimir Poutine que Rex Tillerson a été préféré aux autres prétendants, y compris des figures du parti républicain comme Mitt Romney ou l’ancien maire de New York, Rudy Giuliani.

L’entente cordiale de longue date entre Tillerson et Poutine s’est traduite en 2011 par un accord bilatéral de prospection et d’extraction pour la Sibérie et l’Arctique. Nul doute que les projets vont aller bon train dans ce domaine au cours des prochaines années. La fonte de la banquise et de la glace de mer va permettre d’accéder à des ressources pétrolières et gazières restées inexploitées jusqu’à présent, sans parler de la pêche industrielle. Les efforts fournis par Barack Obama en Alaska seront vite anéantis. De plus, il est fort à parier que Rex Tillerson donne rapidement le feu vert à la construction – mise à l’arrêt par l’administration Obama – de l’oléoduc Keystone XL prévu pour acheminer le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta au Canada vers le Texas dont Tillerson est originaire. De bien tristes jours en vue pour l’environnement de la planète…

Révélateur de l’ambiance qui règne actuellement chez les climatologues américains, ces scientifiques redoublent d’efforts depuis l’élection de Donald Trump pour sauvegarder sur des serveurs indépendants toutes les données précieuses susceptibles d’être mises à mal par la nouvelle administration. Celles en possession de la NASA et de la NOAA semblent les plus menacées.

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drapeau-anglaisPresident-elect Donald Trump announced Tuesday the appointment of Rex Tillerson, the boss of oil giant ExxonMobil, as head of US diplomacy. This 64-year-old Texan is known for its close ties with Russia. It was probably because of his closeness to this country and his good relations with Vladimir Putin that Rex Tillerson was preferred to other contenders, including Republican party figures such as Mitt Romney or former New York mayor Rudy Giuliani.
The longstanding cordial relationship between Tillerson and Putin resulted in 2011 in a bilateral exploration and extraction agreement for Siberia and the Arctic. Undoubtedly, the projects will continue in this area over the next few years. The melting of the icefield and sea ice will provide access to untapped oil and gas resources, not to mention industrial fisheries. Barack Obama’s efforts in Alaska will soon be annihilated. Moreover, it is likely that Rex Tillerson quickly gives the go-ahead to the building of the Keystone XL pipeline to transport oil from the Alberta oil sands in Canada to Texas where Tillerson is coming from. This announces sad days for the environment of the planet …

An evidence of the current atmosphere among American climatologists since the election of Donald Trump, these researchers are making feverish efforts to safeguard on independent severs all the precious data that could be damaged by the new administration. Those in possession of NASA and NOAA appear to be the most threatened.