Fer et algues en Antarctique, et réchauffement climatique // Iron and algae in Antarctica, and global warming

Concentrations de CO2 : 429,79 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Les algues, comme toutes les plantes, absorbent le CO2 et rejettent de l’oxygène, sur le principe de la photosynthèse, ce qui rend les forêts et les océans si indispensables. Et sur ce terrain-là, les algues marines sont imbattables, car elles absorbent cinq fois plus de carbone que les forêts. Les plus fortes en absorption sont les algues microscopiques que l’on trouve dans le plancton.

Certains scientifiques avaient expliqué que la hausse des températures et la fonte des glaciers de l’Antarctique permettraient de libérer du fer et ainsi d’alimenter la prolifération de ces algues microscopiques susceptibles de capter du CO2 et donc de ralentir quelque peu le réchauffement anthropique.

Toutefois, cette théorie vient d’être mise à mal par des chercheurs de l’université Rutgers-New Brunswick aux États-Unis. Ils ont étudié la plateforme de glace de Dotson, dans la mer d’Amundsen en Antarctique occidental. Selon ces scientifiques, l’eau de fonte de cette plateforme apporte beaucoup moins de fer aux eaux environnantes que ne le pensaient leurs collègues qui affirmaient que la fonte des glaciers sous les plateformes de glace contribuait de manière significative à la biodisponibilité du fer dans ces eaux, par un processus de fertilisation naturelle induite par les glaciers.

La dernière étude semble montrer d’une part que la quantité de fer présente dans l’eau de fonte des glaces de l’Antarctique est plusieurs fois inférieure à ce que les modélisations avaient annoncé ; d’autre part, que la majeure partie de ce fer semble provenir d’ailleurs.

Dans la revue Communications Earth and Environment, les chercheurs racontent comment, en 2022, ils ont embarqué à bord d’un brise-glace américain, le Nathaniel B. Palmer, pour rejoindre la barrière de glace de Dotson et prélever de l’eau de fonte glaciaire à la source. De retour au laboratoire, ils ont analysé leurs échantillons pour déterminer leur teneur en fer et identifier les sources de ce fer.

Pour comprendre leurs résultats, il faut savoir que dans la mer d’Amundsen – responsable de la majeure partie de l’élévation du niveau de la mer due à la fonte des glaces antarctiques – l’eau de fonte provient de sous les plateformes glaciaires. La fonte y est principalement causée par la sape sous-glaciaire par les eaux plus chaudes de l’océan Austral. C’est sur une de les cavités générées par cette fonte que les chercheurs se sont concentrés.

La nouvelle étude révèle qu’ « environ 90 % du fer dissous qui s’échappe de la cavité de la plateforme glaciaire provient des eaux profondes et des sédiments situés à l’extérieur de cette cavité, et non de l’eau de fonte. » Selon les chercheurs, la majeure partie du fer transporté par l’eau de fonte provient du broyage et de la dissolution de la roche-mère dans la couche liquide située entre la roche-mère et la calotte glaciaire, et non de la glace elle-même qui est à l’origine de la montée du niveau de la mer.

Ces résultats demandent à être confirmés par des recherches supplémentaires qui pourraient éclairer le rôle des processus sous-glaciaires dans le phénomène. Malgré tout, cela remet en question les hypothèses actuelles concernant les sources de fer dans l’océan Austral dans un contexte de réchauffement climatique.

Source : Futura Sciences.

Nuage de phytoplancton en Antarctique (Source: NASA)

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Algae, like all plants, absorb CO2 and release oxygen through photosynthesis, which is what makes forests and oceans so essential. And in this respect, marine algae are unbeatable, absorbing five times more carbon than forests. The most efficient absorbers are the microscopic algae found in plankton.
Some scientists had explained that rising temperatures and the melting of Antarctic glaciers would release iron, thus fueling the proliferation of these microscopic algae capable of capturing CO2 and therefore slowing anthropogenic warming.
However, this theory has just been challenged by researchers from Rutgers University-New Brunswick in the United States. They studied the Dotson Ice Shelf in the Amundsen Sea in West Antarctica. According to these scientists, the meltwater from this ice shelf contributes far less iron to the surrounding waters than previously thought by their colleagues, who had asserted that the melting of glaciers beneath the ice shelves significantly contributed to the bioavailability of iron in these waters through a natural fertilization process induced by the glaciers.
The latest study appears to show, firstly, that the amount of iron present in Antarctic ice meltwater is several times lower than predicted by models. Secondly, most of this iron seems to originate from elsewhere.
In the journal Communications Earth and Environment, the researchers recount how, in 2022, they embarked on an American icebreaker, the Nathaniel B. Palmer, to reach the Dotson Ice Shelf and collect glacial meltwater at its source. Back in the laboratory, they analyzed their samples to determine their iron content and identify the sources of this iron. To understand their findings, it’s important to know that in the Amundsen Sea—responsible for most of the sea-level rise caused by Antarctic ice melt—meltwater originates from beneath the ice shelves. Melting there is primarily caused by subglacial erosion from the warmer waters of the Southern Ocean. Researchers focused on one of the cavities created by this melting.
The new study reveals that « approximately 90% of the dissolved iron escaping from the ice shelf cavity comes from deep waters and sediments located outside this cavity, and not from meltwater. » According to researchers, most of the iron transported by meltwater comes from the crushing and dissolution of the bedrock in the liquid layer between the source rock and the ice sheet, and not from the ice itself, which is the primary cause of sea-level rise.
These results require confirmation through further research that could shed light on the role of subglacial processes in this phenomenon. Nevertheless, this challenges current assumptions regarding iron sources in the Southern Ocean in the context of climate change.
Source: Futura Sciences.

Antarctique : séismes océaniques profonds et prolifération du phytoplancton // Antarctica : deep ocean earthquakes and phytoplankton bloom

Des scientifiques de l’Université Stanford (Californie) ont analysé des données satellitaires sur la prolifération du phytoplancton et des données sismiques à l’échelle de la planète. Ils ont découvert que lorsque les fonds marins proches de l’Antarctique subissent des séismes plus intenses durant l’hiver, les efflorescences  – ou blooms – phytoplanctoniques estivales deviennent nettement plus denses et étendues dans l’océan Austral. Ces efflorescences couvrent une vaste zone et jouent un rôle essentiel dans l’absorption du dioxyde de carbone atmosphérique.

Efflorescence phytoplanctonique en Antarctique (Source : NASA)

L’étude, publiée en décembre 2025 dans Nature Geoscience, démontre que l’activité sismique en profondeur peut influencer la productivité de la vie en surface. Elle montre également que les processus physiques au sein de la croûte terrestre peuvent avoir un impact sur la régulation climatique. L’océan Austral, qui entoure l’Antarctique, absorbe près de la moitié du carbone océanique dans le monde. Tout facteur affectant son activité biologique est donc susceptible de modifier le stockage global du carbone et l’équilibre climatique.
L’océan Austral abrite l’un des écosystèmes les plus productifs, mais aussi les moins étudiés, de la planète. Dans certains secteurs, d’importantes efflorescences phytoplanctoniques apparaissent chaque été, mais leur ampleur varie considérablement d’une année à l’autre. En 2014, des scientifiques ont observé une importante prolifération d’algues au-dessus de la dorsale antarctique australienne et ont entrepris d’étudier les causes de ces fluctuations.

Dorsale Pacifique-Antarctique (Source : USGS)

En analysant des images satellites remontant à 1997, les chercheurs ont constaté que cette même prolifération se répétait chaque année au même endroit, mais qu’elle s’étendait parfois sur une superficie de la taille de la Californie et d’autres fois sur une surface aussi réduite que celle du Delaware. La température de surface, la couverture de glace de mer et l’ensoleillement ne permettaient pas d’expliquer cette variabilité.
L’équipe scientifique a émis l’hypothèse que des facteurs géologiques pourraient en être la cause. Les chercheurs ont pensé que l’activité sismique le long de la dorsale pouvait modifier le comportement des sources hydrothermales qui émettent une eau riche en minéraux. Ces sources libèrent du fer, un nutriment essentiel à la croissance du phytoplancton. Lors de séismes, les secousses peuvent ouvrir de nouvelles fractures ou débloquer des conduits à l’intérieur des sources, libérant ainsi de plus grandes quantités de fer dans les eaux environnantes.

Source hydrothermale en Antarctique (Crédit photo: PloS Biology – Oxford University)

Les chercheurs ont comparé les données sismiques avec les schémas de prolifération et ont constaté une forte corrélation. Lorsque des séismes de magnitude M5,0 ou plus se produisent dans les mois précédant l’été, les proliférations sont beaucoup plus intenses. Cette étude révèle que les événements tectoniques en eaux profondes peuvent moduler directement l’activité biologique en surface.
Les sources hydrothermales situées le long de la dorsale libèrent de l’eau chaude chargée de fer et d’autres métaux dissous. Dans l’océan Austral, où le fer est rare, cet apport peut déterminer la prolifération du phytoplancton. La proportion de fer est déterminante ; même une faible augmentation de sa concentration peut déclencher d’importantes efflorescences.
La nouvelle étude montre que les séismes augmentent non seulement la libération de fer, mais influencent également sa dispersion. À l’aide de modèles informatiques, les scientifiques ont suivi le trajet des panaches hydrothermaux le long des courants océaniques. Ils ont découvert que lorsque les eaux de surface transportent le fer plus en aval, celui-ci se dilue et devient moins efficace pour stimuler les efflorescences de phytoplancton. Les zones proches des sources hydrothermales restent plus riches, tandis que celles qui sont plus éloignées présentent une productivité plus faible.
Le résultat le plus surprenant de cette étude est sans doute la vitesse du transport du fer depuis le fond marin vers la surface. Les sources hydrothermales étudiées se situent à environ 1 800 mètres sous la surface de l’océan, et pourtant, leur influence sur les efflorescences de surface a été observée en quelques semaines ou quelques mois. Traditionnellement, les scientifiques pensaient que le fer hydrothermal mettait une décennie, voire plus, à atteindre la surface. La remontée rapide observée ici remet en question cette hypothèse et suggère qu’un processus physique inconnu pourrait être à l’origine de cette remontée plus rapide que prévu des eaux riches en métaux.
Pour mieux comprendre ce processus, des chercheurs ont recueilli de nouvelles données lors d’une expédition en décembre 2024. Les premiers résultats de cette mission devraient permettre de comprendre la rapidité de cette remontée des émissions hydrothermales et de déterminer si un transport aussi rapide se produit ailleurs dans les océans du globe.
Cette découverte dépasse le cadre de la biologie pour s’inscrire dans celui de la climatologie. Les efflorescences phytoplanctoniques absorbent d’immenses quantités de dioxyde de carbone atmosphérique par photosynthèse. Lorsque ces organismes microscopiques meurent, une partie de leur carbone s’enfonce dans les profondeurs océaniques et y reste stockée pendant des siècles. Cette « pompe biologique » naturelle contribue à la régulation du climat de la planète.
Comme l’océan Austral représente près de la moitié de l’absorption totale de carbone par les océans, tout facteur influençant sa productivité revêt une importance mondiale. Les séismes qui stimulent temporairement l’activité hydrothermale pourraient favoriser la séquestration du carbone en fertilisant le phytoplancton. À l’inverse, des périodes de faible sismicité pourraient l’atténuer.

Les observations de terrain ont également révélé un impact écologique direct. La prolifération récurrente de phytoplancton sur la dorsale favorise la croissance de bancs de krill et d’autres petits crustacés qui nourrissent à leur tour les manchots, les phoques et les baleines.

Source: Wikipedia

Des chercheurs ont même observé des baleines à bosse en train de fréquenter la zone de prolifération lors des pics de productivité. Bien que ces liens soient fondés sur l’observation plutôt que sur des mesures directes, ils illustrent l’interconnexion étroite entre les écosystèmes profonds de la Terre et les écosystèmes marins.
Source : The Watchers ; Deep ocean earthquakes drive Southern Ocean’s massive phytoplankton blooms, study finds – Stanford DOERR – December 17, 2025.

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Scientists from Stanford University (California) have analyzed satellite records of phytoplankton growth and global earthquake data. They discovered that when the seafloor near Antarctica experienced stronger shaking during the winter months, summer phytoplankton blooms became significantly denser and more extensive across the Southern Ocean. These blooms cover a huge area and play a key role in removing carbon dioxide from the atmosphere. The study, published in December 2025 in Nature Geoscience, provides the first direct evidence that seismic activity deep in the ocean can influence the productivity of life at the surface. It also shows that physical processes in Earth’s crust may have an unexpected impact on climate regulation. The Southern Ocean, which encircles Antarctica, absorbs nearly half of all the carbon taken up by the world’s oceans. Any factor that affects its biological activity could alter global carbon storage and climate balance.

The Southern Ocean is home to one of the planet’s most productive but least understood ecosystems. In certain regions, dense blooms of phytoplankton appear every summer, yet their size varies greatly from year to year. In 2014, scientists observed a large bloom over the Australian Antarctic Ridge and began investigating what caused these fluctuations.

By reviewing satellite images dating back to 1997, researchers noticed that the same bloom recurred annually in the same location but sometimes expanded to the size of California and other times shrank to the size of Delaware. Surface temperature, sea ice cover, and sunlight levels could not explain this variability.

The scientific team hypothesized that changes below the surface were to blame. Seismic activity along the ridge might alter the behavior of hydrothermal vents that emit mineral-rich water. These vents release iron, a nutrient critical for phytoplankton growth. When earthquakes occur, shaking can open new fractures or unblock channels within the vents, releasing larger quantities of iron into surrounding waters.

The researchers compared seismic records with bloom patterns and found a strong correlation. When magnitude M5.0 or larger earthquakes struck in the months before summer, blooms were far more intense. This revealed that tectonic events in the deep ocean can directly modulate the amount of biological activity at the surface.

Hydrothermal vents along the ridge release heated water loaded with iron and other dissolved metals. In the Southern Ocean, where iron is scarce, this supply can determine how much phytoplankton grows. Iron acts as a limiting nutrient, meaning that even small increases can trigger large blooms.

The new study found that earthquakes not only boost iron release but also influence how that iron spreads. Using computer models, scientists traced how vent plumes travel through ocean currents. They discovered that when surface waters carry the iron farther downstream, it becomes diluted and less effective in stimulating local blooms. Areas closer to the vents remain richer, while distant regions see weaker productivity.

Perhaps the most surprising result of the research was the apparent speed of iron transport from the seafloor to the surface. The hydrothermal vents studied lie about 1 800 m below the ocean surface, yet their influence on surface blooms was seen within weeks to months.

Traditionally, scientists believed that hydrothermal iron would take a decade or more to reach surface waters, traveling thousands of kilometers through deep ocean circulation. The rapid ascent observed here challenges that view and suggests an unknown physical process may be driving the metal-rich water upward more quickly than expected.

To better understand this process, researchers collected new data during an expedition in December 2024. Early results from that mission are expected to shed light on how hydrothermal emissions rise so fast and whether similar rapid transport occurs elsewhere in the world’s oceans.

The discovery extends beyond biology and into climate science. Phytoplankton blooms absorb vast amounts of atmospheric carbon dioxide through photosynthesis. When these microscopic organisms die, some of their carbon sinks into the deep ocean, effectively locking it away for centuries. This natural “biological pump” helps regulate the global climate.

Because the Southern Ocean accounts for nearly half of all oceanic carbon uptake, any factor that influences its productivity is globally significant. Earthquakes that temporarily boost hydrothermal activity could enhance carbon sequestration by fertilizing phytoplankton. Conversely, periods of lower seismicity might reduce it.

Field observations also revealed a direct ecological impact. The recurring bloom on the ridge supports swarms of krill and other small crustaceans, which in turn feed penguins, seals, and whales. Researchers even documented humpback whales visiting the bloom region during peak productivity. While these links are based on observation rather than direct measurement, they illustrate how tightly the deep Earth and marine ecosystems are connected.

Source : The Watchers ; Deep ocean earthquakes drive Southern Ocean’s massive phytoplankton blooms, study finds – Stanford DOERR – December 17, 2025.

Ice Memory Sanctuary (Antarctique) : la mémoire glaciaire de la Terre // Ice Memory Sanctuary (Antarctica) : Earth’s glacial memory

Tout comme certaines bibliothèques conservent précieusement des ouvrages datant de plusieurs siècles, la base de recherche franco-italienne Concordia en Antarctique va devenir le premier sanctuaire glaciaire de la planète. L’Ice Memory Sanctuary a été inauguré le 14 janvier 2026. On va pouvoir y conserver de précieux extraits des glaciers en voie de disparition sous l’effet du réchauffement climatique.

Les carottes de glace conservent la la mémoire climatique et environnementale de la Terre (Crédit photo : NISDC)

Creusée dans la glace, la grotte où seront entreposées les carottes de glace mesure 35 mètres de long et cinq de haut. Pour aménager le sanctuaire, on a creusé une tranchée jusqu’à environ une dizaine de mètres de profondeur dans la glace. On a ensuite installé un énorme ballon gonflable d’environ 5 mètres de diamètre et 30 mètres de long. Ce ballon a été gonflé et la neige a été ré-usinée de surface pour recouvrir le ballon couche par couche.Une fois que cette neige a durci, le ballon a été dégonflé et on a ainsi obtenu une cave naturelle. A une température constante de -52°C, elle accueille désormais et préserve pour les décennies à venir des carottes de glace forées dans les glaciers des montagnes ou dans les zones polaires du monde entier.

 Vue du couloir de stockage des carottes de glace (Crédit photo : Gaetano Massimo Macri _ PNRA-IPEV)

Ce projet, baptisé « Ice Memory », est mené par sept institutions scientifiques françaises, italiennes et suisses. Selon la fondation qui pilote le projet, c’est l’une des installations scientifiques de conservation les plus innovantes et les plus isolées jamais construites.

Le sanctuaire abrite déjà deux premières carottes de glace : l’une a été prélevée dans le massif du Mont-Blanc et une seconde a été forée au Grand Combin, en Suisse. Pesant 1,7 tonne, les deux cylindres sont partis mi-octobre 2025 de Trieste, en Italie, à bord d’un navire brise-glace. Ils ont ensuite traversé la Méditerranée, l’Atlantique, le Pacifique puis l’océan Austral et enfin la mer de Ross. Une fois arrivée, l’expédition a continué en avion jusqu’à Concordia, avec les carottes toujours maintenues à -20°C. Des dizaines d’autres suivront dans les prochaines années, issues de glaciers d’autres régions du monde (Andes, Caucase, Elbrouz, Spitzberg…).

Pour les membres du projet, il s’agit de préserver la « mémoire climatique et environnementale » pour « les futures générations de scientifiques ». En effet, les glaciers contiennent des informations sur notre passé. Au fil du temps, la glace a capturé des bulles d’air qui sont autant d’extraits de l’atmosphère des siècles passés.

 

Bulles d’air dans la Mer de Glace (Photo: C. Grandpey)

En les analysant, les chercheurs ont notamment pu étudier l’évolution de la température sur Terre et dater des éruptions volcaniques. Plus la glace est prélevée en profondeur, plus les scientifiques remontent dans le temps. Toutefois, sous l’effet du réchauffement climatique, les glaciers fondent de plus en plus vite. Selon une étude publiée en décembre 2025 dans la revue scientifique Nature Climate Change, au rythme du réchauffement actuel, autour de 80% des glaciers du monde auront disparu en 2100. Certains ont même déjà disparu, comme le glacier de Sarenne, dans les Alpes françaises. Depuis 1975, les glaciers ont perdu plus de 9 000 milliards de tonnes. Il est donc urgent de conserver des échantillons de ceux qui restent.

Source : presse française et italienne.

Il faut juste espérer que ce sanctuaire glaciaire résistera mieux au réchauffement climatique que la Réserve mondiale de semences au Svalbard:

claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/05/le-rechauffement-climatique-menace-la-reserve-mondiale-de-semences-du-svalbard-climate-change-threatens-the-svalbard-global-seed-vault/

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Just as some libraries carefully preserve books dating back centuries, the Franco-Italian Concordia research station in Antarctica is becoming the world’s first glacial sanctuary. The Ice Memory Sanctuary was inaugurated on January 14, 2026. It will house precious samples from glaciers threatened by global warming.
Carved into the ice, the cave where the ice cores will be stored is 35 meters long and five meters high. To create the sanctuary, a trench was excavated to a depth of about ten meters in the ice. A huge inflatable balloon, approximately 5 meters in diameter and 30 meters long, was then installed. This balloon was inflated, and the surface snow was re-machined to cover the balloon layer by layer. Once this snow had hardened, the balloon was deflated, creating a natural cavern. At a constant temperature of -52°C, it now houses and preserves for decades to come ice cores drilled from mountain glaciers and polar regions around the world.

This project, called « Ice Memory, » is being conducted by seven French, Italian, and Swiss scientific institutions. According to the foundation leading the project, it is one of the most innovative and isolated scientific conservation facilities ever built.
The sanctuary already houses two ice cores: one taken from the Mont Blanc massif and the other drilled from the Grand Combin in Switzerland. Weighing 1.7 tons, the two cylinders departed in mid-October 2025 from Trieste, Italy, aboard an icebreaker. They then crossed the Mediterranean, the Atlantic, the Pacific, the Southern Ocean, and finally the Ross Sea. Once they arrived, the expedition continued by plane to Concordia Airport, with the cores still maintained at -20°C. Dozens more will follow in the coming years, collected from glaciers in other regions of the world (the Andes, the Caucasus, Mount Elbrus, Svalbard, etc.).
For the project members, the goal is to preserve « climate and environmental memory » for « future generations of scientists. » Indeed, glaciers contain information about our past. Over time, the ice has trapped air bubbles, each a fragment of the atmosphere from centuries past.
By analyzing these fragments, researchers have been able to study the evolution of Earth’s temperature and date volcanic eruptions. The deeper the ice is extracted, the further back in time scientists can trace. However, due to global warming, glaciers are melting at an increasingly rapid pace. According to a study published in December 2025 in the scientific journal Nature Climate Change, at the current rate of warming, around 80% of the world’s glaciers will have disappeared by 2100. Some have already disappeared, such as the Sarenne Glacier in the French Alps. Since 1975, glaciers have lost more than 9 trillion tons. It is therefore urgent to preserve samples of those that remain.
Source: French and Italian press.

We can only hope that this glacial sanctuary will withstand global warming better than the Svalbard Global Seed Vault:

claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/05/le-rechauffement-climatique-menace-la-reserve-mondiale-de-semences-du-svalbard-climate-change-threatens-the-svalbard-global-seed-vault/

Antarctique : La triste marche de l’Empereur // Antarctica : The Emperor’s sad march

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications: Earth & Environment révèle que la plus grande espèce de manchots au monde a vu sa population diminuer de 22 % au cours des 15 années de suivi de 16 colonies en Antarctique. Les populations de manchots empereurs en Antarctique ont diminué de près d’un quart car le réchauffement climatique a transformé leur habitat. L’étude alerte sur le fait que ces pertes sont bien plus importantes qu’on ne le pensait.

Crédit photo : Wikipedia

Les scientifiques ont utilisé des satellites pour étudier 16 colonies situées dans la Péninsule Antarctique, la mer de Weddell et la mer de Bellingshausen. Ces 16 colonies représentent près d’un tiers de la population mondiale de manchots empereurs. Les conclusions des scientifiques sont affolantes et beaucoup plus inquiétantes que les estimations les plus pessimistes des populations actuelles qui avaient été établies par modélisation informatique. Les chercheurs savaient que le réchauffement climatique était à l’origine de ces pertes, mais la rapidité du déclin est particulièrement préoccupante.
L’étude explique que le nombre de manchots a diminué de 22 % entre 2020 et 2024 dans les colonies observées. Ce chiffre est à comparer avec une estimation précédente faisant état d’une réduction de 9,5 % sur l’ensemble de l’Antarctique entre 2009 et 2018.
La hausse des températures amincit et déstabilise la glace sous les pattes des manchots dans leurs zones de reproduction. Ces dernières années, certaines colonies ont perdu tous leurs poussins car la glace avait cédé sous leur poids, précipitant les nouveau-nés dans la mer avant qu’ils soient assez âgés pour survivre à l’eau glacée de l’océan.
La nouvelle étude montre que le nombre de manchots est en déclin depuis le début des observations en 2009. Et ce, avant même que le réchauffement climatique ait un impact majeur sur la banquise, qui se forme le long des côtes de la région. Le réchauffement climatique reste toutefois le principal responsable de la réduction de la population de manchots, sans oublier d’autres défis tels que l’augmentation des précipitations ou la prolifération des prédateurs.
L’un des auteurs de l’étude a déclaré que les manchots empereurs constituent probablement l’exemple le plus flagrant des effets concrets du réchauffement climatique. En effet, il n’y a ni pêche ni destruction de leur habitat. Ce n’est pas, non plus, la pollution qui est à l’origine du déclin de leurs populations. C’est uniquement la température de la banquise sur laquelle ils se reproduisent et vivent qui est en cause, et c’est un signe évident du réchauffement climatique.
Selon une étude de 2020, la population de manchots empereurs compte environ 250 000 couples reproducteurs, tous situés en Antarctique. À sa naissance, le poussin manchot empereur sort d’un œuf maintenu au chaud pendant l’hiver par le mâle, tandis que la femelle part pour une expédition de pêche de deux mois. À son retour à la colonie, elle nourrit le petit par régurgitation, puis les deux parents se relaient pour se nourrir. Pour être capables de survivre seuls, les poussins doivent développer un plumage imperméable, processus qui commence généralement à la mi-décembre. La nouvelle étude a utilisé des images satellites à haute résolution prises durant les mois d’octobre et de novembre, avant que la région soit plongée dans l’obscurité hivernale.
Les prochaines études pourraient utiliser d’autres types de surveillance satellitaire, comme l’imagerie radar ou thermique, pour étudier les populations durant les mois les plus sombres, et étendre les observations aux autres colonies. Il est en effet nécessaire d’étudier le reste de la population pour vérifier si ce résultat inquiétant se généralise sur le continent. Il faut néanmoins noter que les colonies étudiées sont considérées comme représentatives de l’espèce. Les scientifiques pensent que les manchots sont susceptibles de migrer plus au sud, vers des régions plus froides dans les prochaines années, mais on ignore combien de temps ils pourront y survivre.
Selon certains modèles informatiques, l’espèce sera au bord de l’extinction d’ici la fin du siècle si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Source: Le Monde via l’AFP.

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Une catastrophe majeure s’est produite en 2025 lorsqu’un immense iceberg a bloqué l’accès à la plus grande colonie de manchots empereurs connue au monde.
L’île Coulman, dans la mer de Ross en Antarctique, abrite l’une des plus importantes colonies de manchots empereurs au monde. Un iceberg de plus de 13 km de long s’est détaché de la plateforme glaciaire de Nansen au début du printemps 2025 et a dérivé lentement vers le nord. Fin juillet, il s’est immobilisé sur le passage emprunté par les manchots adultes pour rejoindre leurs zones de reproduction depuis le large.
C’était le pire moment pour les manchots. En juin, les femelles avaient pondu leurs œufs et étaient parties chasser en mer, laissant les mâles s’occuper des nids durant le rude hiver antarctique. Lorsque les mères ont tenté de revenir quelques semaines plus tard, l’iceberg avait bloqué leur passage. Résultat : environ 70 % des poussins n’ont pas survécu.

Source: Presse australienne.

La Marche de l’Empereur : le très beau documentaire de Luc Jacquet pourrait bien devenir le témoignage d’une époque révolue…

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New research published in the journal Nature Communications: Earth & Environment shows that the world’s largest penguin species declined 22% in the 15 years that scientists monitored 16 colonies in Antarctica.

Emperor penguin populations in Antarctica have shrunk by almost a quarter as global warming transforms their icy habitat. The study warns that the losses are far worse than previously imagined.

Scientists used satellites to assess 16 colonies in the Antarctic Peninsula, Weddell Sea and Bellingshausen Sea, representing nearly a third of the global emperor penguin population. What they found was probably about 50% worse than even the most pessimistic estimate of current populations using computer modeling. Researchers know that global warming is driving the losses but the speed of the decline is a particular cause for alarm.

The study explains that numbers declined 22% in the 15 years to 2024 for the colonies monitored. This compares with an earlier estimate of a 9.5% reduction across Antarctica as a whole between 2009 and 2018.

Rising temperatures are thinning and destabilizing the ice under the penguins’ feet in their breeding grounds. In recent years, some colonies have lost all their chicks because the ice has given way beneath them, plunging hatchlings into the sea before they were old enough to cope with the freezing ocean.

The new research suggests penguin numbers have been declining since the monitoring began in 2009. That is even before global warming was having a major impact on the sea ice, which forms over open water adjacent to land in the region. However, the culprit is still likely to be global warming, with other challenges for the penguins, such as higher rainfall or increasing encroachment from predators.

One of the authors of the study said that emperor penguins are probably the most clear-cut example of where global warming is really showing its effect. There’s no fishing. There’s no habitat destruction. There’s no pollution which is causing their populations to decline. It’s just the temperatures in the ice on which they breed and live, and these are obvious signs of global warming.

Emperor penguins number about a 250,000 breeding pairs, all in Antarctica, according to a 2020 study. A baby emperor penguin emerges from an egg kept warm in winter by a male, while the female in a breeding pair embarks on a two-month fishing expedition. When she returns to the colony, she feeds the hatchling by regurgitating and then both parents take turns to forage.To survive on their own, chicks must develop waterproof feathers, a process that typically starts in mid-December. The new research uses high resolution satellite imagery during the months of October and November, before the region is plunged into winter darkness.

Future research could use other types of satellite monitoring, like radar or thermal imaging, to capture populations in the darker months, as well as expand to the other colonies. It is necessary to look at the rest of the population to see if this worrying result transfers around the continent, although the colonies studied were considered representative. Scientists say there is hope that the penguins may go further south to colder regions in the future, but it is not clear how long they are going to last out there.

Computer models have projected that the species will be near extinction by the end of the century if humans do not reduce greenhouse gas emissions.

Source : Le Monde through AFP.

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A catastrophic breeding failure unfolded in 2025 after a massive iceberg blocked access to the largest known emperor penguin colony of its kind.

Coulman Island, located in Antarctica’s Ross Sea, hosts one of the world’s most significant emperor penguin colonies. An iceberg more than 13 km long broke off from the Nansen Ice Shelf in early spring 2025 and slowly drifted north. By late July, it had wedged itself directly in the path adult penguins rely on to travel from open water to their breeding grounds.

The timing couldn’t have been worse. By June, female emperor penguins had laid their eggs and gone to sea to hunt, leaving the males to tend the nests through the harsh Antarctic winter. When the mothers tried to return weeks later, the iceberg blocked the path and roughly 70% of the chicks didn’t survive.

Source: Australian news media.