Disparition des plateformes glaciaires et hausse du niveau des océans // Collapse of glacial ice shelves and ocean rise

Tous les rapports scientifiques s’accordent pour dire que les plateformes glaciaires de l’Arctique et de l’Antarctique fondent très rapidement et entraîneront inévitablement une hausse importante du niveau des océans dans les années à venir. En juillet 2020, la dernière plateforme glaciaire encore intacte du Canada a largué les amarres et la calotte du Groenland a perdu une quantité record de glace en 2019, ce qui confirme la crainte d’une fonte plus rapide que prévu. De plus, on sait déjà que l’ancienne calotte glaciaire du Groenland contient suffisamment d’eau pour faire s’élever d’au moins six mètres le niveau de la mer si elle devait fondre entièrement.
Une nouvelle étude conduite par des climatologues de l’Université de Columbia, publiée le 26 août 2020 dans la revue Nature, explique que l’eau de fonte risque fort de miner les parois de glace qui retiennent les glaciers de l’Antarctique, avec le risque d’une élévation significative du niveau de la mer.
Comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises, les plateformes glaciaires qui se sont édifiées au cours des millénaires servent de barrages empêchant la neige et de la glace continentale située en amont de prendre le chemin de l’océan. Les scientifiques ont découvert qu’une surface représentant environ 60% des plateformes glaciaires est sujette à l' »hydrofracturation » (à ne pas confondre avec la fracturation hydraulique!). Au cours de ce processus, l’eau de fonte s’infiltre dans les crevasses des plateformes dont certaines présentent des centaines de mètres de profondeur, et provoque leur effondrement. Les auteurs de l’étude expliquent que cette eau de fonte est plus lourde que la glace, elle peut donc, tel un couteau, s’enfoncer à travers toute son épaisseur.

Les chercheurs ont utilisé l’intelligence artificielle pour analyser la fracturation de la glace sur quelque 260 images satellites de 50 plateformes glaciaires sur tout le continent antarctique. Ces plateformes entourent environ 75% de la côte antarctique. Les scientifiques ont été surpris de constater à quel point ces plateformes qui retiennent les glaciers étaient vulnérables. Ils pensaient qu’elles pourraient être sujettes à l’hydrofracturation dans certaines zones, mais pas avec une telle ampleur. Ils craignent maintenant que la disparition des plateformes au cours de ce processus autorise d’énormes portions de l’Antarctique à prendre la direction de l’océan, avec à la clé une hausse du niveau de l’eau. Un autre fait qui inquiète les auteurs de l’étude est que ces plateformes glaciaires n’auront plus la possibilité de se reformer si le réchauffement climatique ne ralentit pas.
Les derniers rapports du GIEC prévoient que le niveau des océans augmentera de plus d’un mètre d’ici 2100. Cependant, les scientifiques craignent que la disparition soudaine des plateformes glaciaires fasse augmenter le niveau de la mer de façon spectaculaire et bien plus que ce que le prévoit le GIEC. En effet, plus de la moitié de l’eau douce du globe est enfermée dans la glace de l’Antarctique.

Source: Yahoo News.

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All scientific reports agree to warn that polar ice shelves are melting very rapidly, triggering a significant ocean rise in the coming years. In July 2020, Canada’s last intact ice shelf collapsed and Greenland’s ice sheet lost a record amount of mass in 2019, raising concerns the ice sheet is melting more quickly than anticipated. Greenland’s ancient ice sheet holds enough water to raise sea levels by at least six metres if it were to melt entirely.

A new study by climate scientists at Columbia University, released on August 26th, 2020 and published in the journal Nature warns that meltwater could undermine the walls of ice holding back Antarctica’s glaciers, with the risk for a significant sea level rise.

As I explained several times before, the ice shelves, formed over thousands of years, serve as dams to prevent much of the continent’s snow and ice from flowing toward the ocean. Scientists found that about 60% of the ice shelf area is vulnerable to hydrofracturing, in which meltwater seeps into the shelves’ crevasses, some of which are hundreds of metres deep, and triggers collapse. The authors of the study explain that this meltwater is heavier than ice, so it can penetrate through the entire ice thickness, just like a knife.

The researchers used AI to identify ice-fracture features in nearly 260 satellite images of 50 ice shelves across the continent. Those ice shelves surround about 75% of the Antarctic coastline. Finding vulnerabilities in the ice shelves buttressing the glaciers above came as a surprise to the scientists. They thought there were going to be places vulnerable to hydrofracturing (not to be mistaken with fracking), but that those places might not matter at all for the ice sheet. They now fear that losing ice shelves to hydrofracturing will leave Antarctica’s huge ice sheets a more direct pathway to the ocean. In the end, that would accelerate ice loss and contribute to sea level rise. Another fact that worries the authors of the study is that the ice shelves will not be able to form again if global warming does not slow down.

The latest IPCC reports project that future sea levels will rise by more than a metre by 2100. However, scientists worry that a sudden collapse of these ice shelves could raise future sea levels dramatically and far more than predicted by IPCC. Indeed, more than half of the world’s fresh water is locked into Antarctica’s ice.

Source: Yahoo News.

Plateformes glaciaires en Antarctique (Source : BAS)

Fracturation de la plateforme Larsen C en janvier 2017

La glace de mer en Antarctique et dans l’Arctique // Sea ice in the Antarctic and the Arctic

drapeau-francaisUne nouvelle étude conduite par une équipe scientifique sous l’égide de la NASA et de la NOAA a identifié les causes des différences de comportement entre la glace de mer de l’Arctique et son homologue de l’Antarctique.

L’étendue de glace de mer au pôle nord a atteint sa surface la plus faible de tous les temps au cours des dernières années et elle s’est amincie de 65 pour cent entre 1975 et 2012. Dans le même temps, l’Antarctique a augmenté sa couverture de glace en dépit des inquiétudes qui sont apparues quant à la fonte de ses glaciers.
En utilisant des données thermiques, topographiques, et bathymétriques, l’équipe scientifique a identifié les raisons de la préservation de la glace de mer en Antarctique. Ils ont découvert que la profondeur de l’océan dans la région et certaines caractéristiques à la surface du continent avaient un impact sur la circulation des vents et des courants océaniques, de telle manière que la production et la protection de la glace de mer n’étaient pas affectées. Dans le même temps, des conditions très différentes dans l’Arctique entraînaient la fonte de la glace de mer.
En utilisant les données fournies par le satellite QuikScat de la NASA, lancé en 1999, les scientifiques ont analysé la formation et la trajectoire suivie par la glace de mer en Antarctique, ainsi que les différents types de couverture de glace dans l’Océan Austral. La conclusion de l’étude est que les vents poussent et installent la glace de mer autour du continent pendant sa période de formation entre Juin et Septembre, ce qui entraîne la formation d’une Grande Zone Bouclier (Great Shield Zone / GSZ) qui protège la jeune glace qui se trouve à l’intérieur.
La GSZ ainsi formée s’étend sur une largeur de 100 à 1000 kilomètres et empêche que la nouvelle glace soit brisée par les éléments. La situation géographique de la GSZ correspond également au front sud du courant circumpolaire antarctique qui marque la frontière qui entre les eaux froides et les eaux chaudes près du continent austral. Le contact avec des eaux plus froides favorise la stabilité de la GSZ et permet à la nouvelle glace de se développer rapidement.
La Grande Zone Bouclier (GSZ) offre des conditions pratiquement opposées à celles de la zone où se forme la glace de mer dans l’Arctique. Dans les hautes latitudes, on a affaire à une zone de formation glace peu épaisse, facilement perturbée par le vent et les vagues et soumise à des eaux plus chaudes que la GSZ. La distribution des vents de l’Arctique peut également faire se déplacer la glace en cours de formation vers des secteurs plus chauds de l’océan, où elle va forcément fondre.
En dépit de ces explications sur la formation de la glace de mer en Antarctique, les scientifiques sont inquiets quand ils observent les températures record enregistrées à travers le monde et la fonte continue des grands glaciers. Ils se posent des questions sur le comportement de la glace en Arctique et en Antarctique dans les années à venir et sur son impact sur l’élévation du niveau des océans. Selon un chercheur australien, «les glaciers de l’Antarctique sont susceptibles de perdre une importante masse de glace et, conjointement avec le changement climatique, ils pourraient contribuer à une élévation de plusieurs mètres du niveau de l’océan à proximité du continent. »
Source: Alaska Dispatch News and The Christian Science Monitor.

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drapeau-anglaisA new study by a NASA- and NOAA-backed team has identified the causes of the stark contrast between Arctic and Antarctic sea ice change.

The northern pole’s sea ice extent has been recorded at all-time lows in recent years and thinned by 65 percent between 1975 and 2012, while the southern continent has seen gains in its ice coverage despite concerns over glacier melting.

Using temperature, topographical, and bathymetric data, the research team identified the cause behind the preservation of Antarctica’s ice. They found local ocean depth and continental surface features impact the region’s wind and ocean currents in such a way that the production and protection of sea ice is sustained. Meantime, dissimilar conditions in the Arctic have led to the ongoing melt of the sea ice.

Using data from NASA’s QuikScat satellite, launched in 1999, the scientists analyzed the formation and routes of Antarctic sea ice, as well as the different types of ice coverage in the Southern Ocean. The conclusion of the study is that winds push building ice out and around the continent during the sea ice growth season from June to September, forming a Great Shield Zone (GSZ) that shelters young interior ice.

The established GSZ stretches from 100 to 1,000 kilometres wide and keeps the new ice from being broken up by the elements. The zone’s path also corresponds with the the southern Antarctic Circumpolar Current front, a boundary that marks a separation of cooler and warmer waters near the southern continent. The contact with colder waters maintains the GSZ and allows for new ice to grow quickly.

The southern GSZ provides conditions nearly opposite to those of the Arctic’s marginal ice zone, a boundary of thin, new ice easily disturbed by wind and waves and subjected to warmer waters than the GSZ. Arctic wind patterns can also move developing ice toward warmer sections of the ocean, where it melts.

Even with evidence and an explanation for sea ice growth in Antarctica, record high global temperatures and the ongoing melting of major glaciers have some scientists worried about the future of both Arctic and Antarctic ice features and their impact on sea level rise. According to an Australian researcher, “Antarctic glaciers may be at risk of substantial ice loss, and could contribute to a multi-metre response to climate change near the continent.”

Source: Alaska Dispatch News and The Christian Science Monitor.

Antarctic sea ice 2012

Etendue de la glace de mer en Antarctique en 2012 (Source: NASA)

Groenland-blog

Vue de la glace de mer dans l’Arctique (Photo: C. Grandpey)

 

Réchauffement climatique: CO2, températures, océans et glace // Global warming: CO2, temperatures, oceans and ice

drapeau-francaisIl y a quelques jours, j’ai écrit une note indiquant que la France est toujours en train de se réchauffer, à l’image de notre planète toute entière. J’ai utilisé la courbe de Keeling pour illustrer la situation. A mes yeux, c’est l’une des meilleures références pour démontrer à quel point les activités humaines sont responsables de la situation actuelle. La courbe montre de manière incontestable que nous ajoutons des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et plus particulièrement du dioxyde de carbone. Voici les concentrations de CO2 dans l’atmosphère mesurées à l’observatoire du Mauna Loa à Hawaii:

drapeau-anglaisA few days ago, I wrote another post to indicate that France is still warming, as well as the whole planet. I used the Keeling curve to illustrate the situation. To my eyes, it is one of the best references to demonstrate the responsibility of human activities for the current situation. The curve shows in an undisputable way that we are adding greenhouse gases to the atmosphere, more specifically carbon dioxide. Here is the concentration of CO2 in our atmosphere measured at the Mauna Loa observatory in Hawaii:

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Source: Scripps Institution.
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drapeau-francaisDans notre vie quotidienne, les températures extérieures sont les principaux signes qui nous indiquent que les étés deviennent plus en plus chauds et que les hivers sont de moins en moins froids, avec disparition de la neige ou du gel dans de nombreuses régions du monde.
Voici la température moyenne à l’échelle de la planète pour chaque mois, de Janvier de 1880 à Janvier 2016, selon les données fournies par la NASA. Il s’agit des températures de surface, autrement dit celles qui nous entourent. Le point rouge marque la mesure la plus récente. Janvier 2016 est le nouveau record :

drapeau-anglaisIn our everyday life, outdoor temperatures are the main signs that indicate summers are getting hotter and hotter, while winters are less and less cold, with no more frost or snow in many areas of the world.
Here’s the global average temperature each month from January 1880 through January 2016, according to data from NASA. These are surface temperature, in other words the place where we are living. The red dot marks the most recent measurement. January 2016 is the new record:

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drapeau-francaisVoici les valeurs entre 1970 et aujourd’hui, période pendant laquelle le réchauffement de la Terre a été constant :

drapeau-anglaisHere are the same values from 1970 to now, a period during which Earth has warmed steadily:

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drapeau-francaisAprès les mesures de surface, voici celles effectuées par les satellites dans la troposphère (la couche basse de l’atmosphère), par Remote Sensing Systems. Bien sûr, il y a des fluctuations de temps à autre. Il peut y avoir un «accident» avec un hiver très froid ici et là, mais si l’on prend en compte la tendance générale (à savoir la ligne rouge) on voit parfaitement que les températures globales sont en hausse.
La plupart des climatologues s’accordent pour dire que nous sommes responsables de l’augmentation de la température mondiale. La température de notre planète a déjà dépassé de 1°C celle de l’ère «pré-industrielle». Il est généralement admis qu’un réchauffement de 1,5°C – 2°C au-dessus de la moyenne pré-industrielle représente une modification climatique dangereuse.
Au train où vont les choses, il est fort probable que nous atteindrons 2°C avant la fin du siècle. Nous sommes donc très loin des objectifs de la COP 21!

drapeau-anglaisHere is the data for the lower atmosphere – the troposphere – from satellite data according to Remote Sensing Systems. Of course, there are some fluctuations from time to time. There may be an “accident” with an occasional very cold winter, but we have to take the overall tendency (i.e. the red line) into account to realise that global temperatures are rising indeed.
Most climatologists agree to say that we are highly responsible for the global temperature increase. The world has already warmed 1°C above the “pre-industrial”era. The prevailing view is that warming by 1.5°C – 2°C above pre-industrial means dangerous climate change.
At the current rate, we are likely to reach 2°C before the end of the century, thus very far from the COP 21 promises!

drapeau-francaisLe point rouge fait référence à la dernière valeur (février 2016) qui est la plus chaude. Comme dans le graphique précédent, la ligne rouge montre la tendance mondiale qui, en dépit des fluctuations, continue à aller vers le haut.

drapeau-anglaisThe red dot refers to the latest value (February 2016), and it’s the hottest. Like in the previous graph, the red line shows the global tendency which, despite fluctuations, keeps going upward.

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drapeau-francaisLa hausse des températures ne concerne pas uniquement la surface de la Terre ou la troposphère. Elle affecte également les océans. Voici la situation pour les 700 premiers mètres de profondeur des océans :

drapeau-anglaisThe temperature increase does not only concern the Earth’s surface or lower atmosphere. It affects the oceans as well. Here what happens for the top 700 metres of the oceans:

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Source: Remote Sensing Systems

drapeau-francaisLe graphique montre les moyennes pour chaque trimestre. Là encore, la courbe est orientée vers le haut.

drapeau-anglaisThe graph shows averages for each quarter-year. Again we see the same global upward trend.

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drapeau-francaisUne crainte qui accompagne habituellement le réchauffement des océans est la montée de leur niveau, avec les conséquences que cela aurait pour les rivages et les gens qui habitent à proximité. Il y a aussi le risque de voir l’eau de mer venir se mêler aux nappes phréatiques, ce qui les rendrait impropres à la consommation et à l’agriculture
La fonte des glaciers – surtout ceux qui finissent leur course dans la mer – déverse de l’eau dans les océans, tandis que le réchauffement des océans provoque la dilatation thermique de l’eau de mer. Ces deux effets conjugués provoquent une hausse du niveau la mer. Cette hausse a été parfois rapide, parfois lente, mais elle est vraiment rapide en ce moment, et même plus rapide qu’elle ne l’a jamais été depuis au moins 2500 ans (voire beaucoup plus). Voici un graphique montrant le niveau de la mer depuis 1880, en se référant aux mesures effectuées par les marégraphes à travers le monde:

drapeau-anglaisA fear that usually accompanies ocean warming is the rise of sea level, with the consequences it would have for the sea shores and the people who live close to them. There is also the risk of seeing seawater intruding into groundwater supplies, making them unfit for drinking and agriculture
The melting of glaciers – especially tidewater ones – puts more water in the oceans, and heating the oceans causes thermal expansion of seawater. Both effects have caused the sea to rise. Sea level has risen sometimes faster, sometimes slower, but it’s faster now, and in fact is faster than it has been for at least 2500 years (perhaps a lot longer). Here is a graph showing sea level since 1880, based on measurements by tide gauges around the world:

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Source: NOAA

drapeau-francaisDepuis 1993, les scientifiques ont la possibilité de mesurer la variation du niveau des océans grâce aux satellites. Voici les résultats fournis par l’Université du Colorado :

drapeau-anglaisSince 1993 scientists have also been measuring the height of the sea surface with satellites. Here are the results released by the University of Colorado:

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Source: University of Colorado
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drapeau-francaisAlors que les courbes précédentes montrent toutes une hausse, il y en a d’autres qui vont vers le bas, comme celle montrant la quantité de glace dans le monde. Les grandes calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland perdent des milliards de tonnes de glace chaque année. Voici un graphique montrant la variation, mesurée par satellite, de la quantité de glace dans la calotte du Groenland:

drapeau-anglaisWhile the preceding curves have all been upward, there are others that go downward, like the one showing the amount of ice in the world. The great ice sheets of Antarctica and Greenland, have been losing many billions of tons of ice each year. Here is a graph showing the change in the amount of ice in the Greenland icecap, measured by satellite:

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Source: NASA
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drapeau-francaisIl n’y a pas que les grandes calottes glaciaires qui fondent. Il en va de même pour la glace de mer dont la surface se réduit comme peau de chagrin et qui est beaucoup plus mince que dans le passé (voir mes notes précédentes sur la situation de la glace de mer dans l’Arctique). Les glaciers du monde suivent la même tendance. La plupart d’entre eux reculent. J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de montrer le phénomène en Alaska ou dans les Alpes. Il y a toutefois quelques exceptions locales et certains glaciers continuent à avancer, comme sur le Mont Shasta aux États-Unis, mais la grande majorité est en train de disparaître sous nos yeux. Une récente enquête menée par le service de surveillance des glaciers dans le monde a diffusé le bilan ci-dessous pour différentes régions:

drapeau-anglaisIt’s not just the great icecaps that are melting, so is the sea ice whose surface is getting smaller and which is much thinner than in the past (see my previous posts about the situation odf sea ice in the Arctic). The world’s glaciers are following the same trend. Most of them are receding. Many times, I have had the opportunity to show the phenomenon in Alaska or in the Alps. However, there are some local exceptions and you can find a few that are actually growing, like on Mount Shasta in the U.S., but the vast majority are disappearing right before our eyes. A recent survey by the world glacier monitoring service produced this summary for different regions:

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Source: WGMS
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drapeau-francaisVoici maintenant la surface couverte par la glace de mer. Pendant de nombreuses années, le phénomène le plus spectaculaire était la faible surface couverte par la glace à la fin de l’été dans l’Arctique. Le phénomène se produit maintenant toute l’année, et 2016 présente la plus faible étendue de glace de mer jamais observée pendant les mois de janvier et février. La glace de mer atteint en général son maximum vers le mois de mars et son minimum en septembre, mais pas en 2016 ! Voici la situation depuis les années 1980 :

drapeau-anglaisHere is now the extent of sea ice in the Arctic. For many years the most dramatic phenomenon was the end-of-summer decline in September Arctic sea ice. But it is now declining year-round, and 2016 brought the lowest sea ice extent on record for the months of both January and February:
The sea ice peaks around March and bottoms out in September. Here is the situation from the 1980s:

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Source: National Snow and Ice data Center

drapeau-francaisLa situation de la glace de mer en Antarctique est différente. Le graphique ci-dessous montre que sa surface s’est accrue vers 2010, même si on observe une réduction depuis quelque temps. Il faudra attendre un peu pour avoir confirmation des dernières observations :

drapeau-anglaisThe Antarctic sea ice goes differently. This graph shows that in the early 2010s it actually increased, although it has recently come back down. We need to wait some more time to check whether the latest trend is confirmed :

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Source: National Snow and Ice data Center

Source : Tamino weather and Climate – Open mind :
https://tamino.wordpress.com/2016/01/24/weather-and-climate/

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L’acidification des océans Arctique et Antarctique // Acidification of Arctic and Antarctic oceans

drapeau-francaisUne étude récente de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) montre que l’Océan Arctique et l’Océan Pacifique Nord, ainsi que les eaux antarctiques, s’acidifient plus vite qu’ailleurs dans le monde. L’étude, qui a analysé des mesures fournies par des milliers de stations à travers le monde, révèle que les eaux de ces océans s’acidifient plus rapidement car le dioxyde de carbone absorbé dans l’atmosphère se combine avec des sources naturelles de carbone transportées par les courants marins et maintenues par les basses températures dans ces régions du globe.
L’eau plus acide dissout plus facilement le carbonate de calcium grâce auquel de nombreuses espèces marines fabriquent leurs coquilles. Cet excès d’acidité de l’eau pourrait bouleverser les écosystèmes entiers et nuire indirectement à d’autres espèces importantes comme le saumon.
La nouvelle étude utilise les données de stations d’échantillonnage permettant d’évaluer les niveaux de saturation en aragonite dans les océans du monde entier. L’aragonite est une forme de carbonate de calcium présente dans l’eau de mer que de nombreuses créatures utilisent pour façonner leurs coquilles. Lorsque l’eau est saturée, elle contient une quantité maximale d’aragonite dissoute. Quand elle est sursaturée, elle contient d’un excès d’aragonite en suspension. Tous les océans du monde, à une profondeur de 50 mètres, sont normalement sursaturés en aragonite. Pourtant, les dernières mesures montrent que les niveaux de saturation en aragonite diminuent à l’échelle mondiale.
L’étude révèle qu’à des profondeurs inférieures à 100 mètres, les niveaux de saturation en aragonite ont diminué en moyenne de 0,4 pour cent par an entre la décennie 1989-1998 et la décennie 1998-2010. De faibles niveaux de saturation en aragonite ont été constatés dans l’Océan Pacifique Nord, à des latitudes supérieures à 50 degrés. À des profondeurs de 200 mètres et au-dessous, toutes les régions de cette partie du Pacifique où ont été effectuées les mesures ont montré une sous-saturation en aragonite.
En revanche, dans l’Océan Atlantique, on a constaté que les eaux étaient sursaturées en aragonite à des niveaux beaucoup plus profonds, grâce à une teneur inférieure en carbone résiduel en provenance d’organismes en décomposition.
L’Arctique, l’Antarctique et le Pacifique Nord sont vulnérables à l’acidification en grande partie à cause de leurs eaux froides qui retiennent le dioxyde de carbone. Ces régions, ainsi que quelques autres dans le monde, comme une zone au large de la côte africaine, sont plus vulnérables parce que les flux générés par les courants océaniques en perpétuel mouvement introduisent des eaux riches en dioxyde de carbone en provenance d’autres régions du monde, ce qui fait remonter des eaux plus anciennes vers la surface.
Source: NOAA.

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drapeau-anglaisA new National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) study shows that the Arctic Ocean and the northern Pacific Ocean, along with Antarctic waters, are acidifying faster than the rest of the world’s marine waters. The study, which analyzed measurements from thousands of monitoring stations across the globe, found these bodies acidified faster as carbon dioxide absorbed from the atmosphere combines with natural sources of carbon swept into them by marine currents and held fast by low temperatures.
The increasingly acidic water more easily dissolves the calcium carbonate from which many marine species make their shells. That could upend entire ecosystems, harming other important species, including salmon.
The new study uses data from sampling stations to evaluate aragonite saturation levels in oceans worldwide. Aragonite is a form of calcium carbonate that sea creatures use to build shells, is held in the water. When water is saturated, it holds the maximum amount of dissolved aragonite. When it is supersaturated, it holds excess suspended aragonite. All the world’s oceans, measured down to a depth of 50 meters, are supersaturated with aragonite. Still, those measurements show that aragonite saturation levels have slipped globally.
The study found that at depths shallower than 100 meters, aragonite saturation levels declined by an average rate of 0.4 percent a year from the decade 1989-1998 to the decade 1998-2010. Low levels of aragonite saturation were pronounced in the North Pacific Ocean at latitudes above 50 degrees north, according to the study. At depths of 200 meters and below, all the sections measured in that part of the Pacific showed undersaturated states for aragonite.
In contrast, the Atlantic Ocean was found to have aragonite-supersaturated waters down to much deeper levels, thanks to a lower level of lingering carbon from decaying organisms.
The Arctic, Antarctic and North Pacific are vulnerable to acidification in part because of their cold waters, which hold in carbon dioxide. Those regions, along with some other marine areas in the world, such as a region off the coast of Africa, are more vulnerable because the pattern of ever-moving ocean currents brings in carbon-dioxide-rich waters from elsewhere in the world and causes that older water to rise up to shallower levels closer to the surface.
Source : NOAA.

Aragonite copie

Source: NOAA.