Hawaii: La peur du tsunami // Hawaii: the fear of tsunamis

drapeau francaisMême si les volcans sont très actifs sur la Grande Ile d’Hawaii, ils ne sont pas le principal danger pour l’ensemble de l’archipel qui se trouve aussi sous la menace de tsunamis. Les événements passés ont montré que le risque doit être pris très au sérieux. C’est la raison pour laquelle le Pacific Tsunami Warning Center (PTWC), Centre d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique, a été créé en 1949, à la suite du séisme qui a frappé les Iles Aléoutiennes en 1946 et généré un tsunami qui a tué 165 personnes à Hawaï et en Alaska. Aujourd’hui, si nous ne sommes pas en mesure de prévoir les tremblements de terre (pas plus que les éruptions volcaniques), nous sommes capables de suivre la trajectoire des vagues énormes générées par les grands tremblements de terre et d’avertir les populations. Bien sûr, cela dépend de la localisation de l’épicentre du séisme. Si l’événement se produit près de la côte – ce qui est souvent le cas en Amérique du Sud –  il sera très difficile de prendre des mesures et d’empêcher les populations d’être frappées par un tsunami.

Avril 2014 est de nouveau un mois de sensibilisation dans l’État d’Hawaï. Comme les années précédentes, des exercices et autres activités sont menés à travers tout l’Etat afin de sensibiliser et de préparer la population à d’éventuels tsunamis.
Ainsi, le 1er avril, un service a eu lieu au mémorial de Wailoa Park en souvenir des victimes du tsunami de mai 1960. Le 1er avril a également marqué le 68ème anniversaire du tsunami de 1946 qui a frappé Laupahoehoe et coûté la vie à 159 personnes à Hawaii.

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Dégâts causés à Hilo par le tsunami de 1946  (Source:  Pacific Tsunami Museum)

Ce même 1er avril, les sirènes de la Protection Civile ont été activées dans le cadre de leur test mensuel. Deux heures à peine après ce test, une alerte était déclenchée au Pacific Tsunami Warning Center  – « Séisme en Amérique du Sud ! » – venant confirmer l’importance de la campagne de sensibilisation.

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Sirènes sur la côte sud de la Grande Ile  (Photo:  C. Crandpey)

L’alerte au séisme du PTWC a été suivie de la diffusion d’une foule d’e-mails, sms, tweets, et autres pages Web dédiées à ce tremblement de terre de M 8.2 qui a frappé la côte nord du Chili, au large de la ville d’Iquique le 1er avril. Grâce aux données recueillies, le PTWC a pu déterminer la localisation préliminaire et l’ampleur du séisme moins de trois minutes après la secousse initiale.
Du fait de la localisation de l’archipel, la population d’Hawaii a besoin d’être informée sur les séismes susceptibles de déclencher des tsunamis dans l’Océan Pacifique. Les expériences tragiques du passé à Hawaï, les puissants séismes le long des îles Aléoutiennes (où un séisme a provoqué un tsunami en 1946) ou au Chili (où un séisme de magnitude 9,6 a déclenché un tsunami en1960) ont fait naître un sentiment d’inquiétude dans l’archipel hawaiien. Le séisme de 1960 au Chili a développé 30 fois plus d’énergie que celui enregistré le 1er avril de cette année.

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Effets du séisme de 1960 au Chili sur l’ensemble de la zone Pacifique (Source:  USGS)

Moins d’une demi-heure après le séisme du 1er avril de cette année, un tsunami a frappé la ville d’Iquique au Chili, et d’autres régions proches. Pour le PTWC, il fallait savoir rapidement comment les vagues allaient évoluer.

L’analyse des événements historiques offre des indices précieux pour interpréter les observations et les données du moment. Un séisme avait déjà frappé Iquique en 1877 et généré un tsunami qui avait détruit des dizaines de maisons à Hilo, tuant 5 personnes. De l’autre côté du Pacifique, des centaines de personnes avaient été tuées au Japon par ce même tsunami.
Il est difficile de comparer les deux tremblements de terre d’Iquique dans le détail. Le séisme de cette année a eu lieu essentiellement dans la même région qu’en 1877, mais l’événement de 1877 était un peu plus puissant. Le fait que la région de la source du séisme de 2014 avait déjà produit un tsunami dévastateur se devait d’être pris en compte par le PTWC pour formuler les bulletins d’alerte.

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Les séismes les plus puissants en Amérique du sud  (Source:  USGS)

Depuis le tsunami de l’océan Indien en 2004, les progrès des instruments et des moyens d’observation ont permis d’élaborer des modèles plus détaillés permettant de mieux comprendre le comportement des tsunamis. C’est ainsi qu’en contrôlant la trajectoire du tsunami du 1er avril pendant les heures qui ont suivi le séisme, le PTWC a pu établir des modèles informatiques montrant le mode de propagation des vagues à travers l’Océan Pacifique. A l’aide des données fournies par les sondes placées au fond de l’océan et de ses propres modélisations, le PTWC a pu conclure que la probabilité d’un tsunami dévastateur à Hawai’i était faible et qu’un ordre d’évacuation était inutile. Toutefois, dans le même temps, il a été recommandé à la population de ne pas fréquenter les rivages de l’île pendant plusieurs heures après l’arrivée des premières vagues. Les sirènes n’ont pas retenti.

Source : Presse hawaiienne.

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En cas de tsunami, suivez la flèche  (Photo:  C. Grandpey)

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drapeau anglaisEven if volcanoes are quite active on Hawaii Big Island, they are not the main danger to the whole archipelago which is under the threat of tsunamis. Past events have shown that the risk needs to be taken very seriously. This is the reason why a Pacific Tsunami Warning Center (PTWC) was established in 1949, following the 1946 Aleutian Island Earthquake and a tsunami that resulted in 165 casualties in Hawaii and Alaska. Today, if we are not able to predict earthquakes (and volcanic eruptions either) we are able to track the huge waves generated by major earthquakes and warn the populations. Of course, this depends on the location of the earthquake’s epicentre. If the quake occurs close to the coast – which is often the case in South America – it will be very difficult to take measures and prevent the populations from being struck by a tsunami.

April 2014 is again Tsunami Awareness Month in the State of Hawaii. As in previous years, groups across the state are conducting exercises and other activities to increase awareness of, and preparedness for, tsunami hazards.

On April 1st, at the Wailoa Park memorial, a service was held in memory of the May 1960 tsunami casualties. April 1st also marked the 68th anniversary of the 1946 tsunami that struck Laupahoehoe and claimed a total of 159 lives in Hawaii.

On that same day, the Civil Defense warning sirens were sounded as part of their monthly test. Just two hours after the siren test, however, an ominous alert flashed at the Pacific Tsunami Warning Center – “Earthquake: South America” – underscoring the importance of recognition and preparedness efforts.

The earthquake alert at PTWC was followed by the creation and dissemination of a stream of emails, text messages, tweets, and web pages relating to this M 8.2 earthquake that struck the northern coast of Chile, offshore from the city of Iquique, on April 1st. Owing to the availability of data collected in the vicinity of the earthquake, PTWC determined preliminary location and magnitude of the earthquake in less than three minutes following the initial shaking.

In Hawai‘i, people need to be informed about potential tsunami-triggering earthquakes occurring anywhere in the Pacific basin; however, because of past tragic experiences in Hawai‘i, large earthquakes along the Aleutian Islands to the north (where the earthquake occurred and produced the 1946 tsunami) or in Chile (where a magnitude 9.6 earthquake caused the 1960 tsunami) might create a little more anxiety here. The 1960 Chile earthquake released more than 30 times the energy released by this year’s April 1st earthquake.

Within half an hour of this year’s April 1st earthquake, a tsunami wave was reported to have struck Iquique, Chile, and other nearby areas. Concerns quickly shifted to how the tsunami would proceed.

Historical experience offers important clues to go along with modern observations and data. An earthquake struck Iquique in 1877 and sent a tsunami that destroyed dozens of homes in Hilo and killed 5 people. On the other side of the Pacific Ocean, hundreds of people were killed in Japan by this tsunami.

It is difficult to compare the two Iquique earthquakes in detail. This year’s earthquake occurred in essentially the same source region as the 1877 earthquake, but the 1877 earthquake was somewhat stronger. The fact that the source region of the 2014 earthquake had previously produced a devastating tsunami was also of concern to PTWC with regard to their advisories and warnings.

Since the Indian Ocean tsunami disaster in 2004, along with advances in instrumental monitoring and observation, considerable effort has been dedicated to developing more detailed and improved models of tsunami behaviour.

While monitoring the progress of the tsunami through the hours following the earthquake, PTWC also ran computer models of how the tsunami would spread across the ocean. Armed with data from deep-ocean water gauges and their model calculations, PTWC became confident that the likelihood of a devastating tsunami hitting Hawai‘i was low and decided to hold back orders to evacuate. At the same time, because they were still tracking the waves, they stood by their advisory for people to keep out of the ocean for hours after the first tsunami wave arrivals. No sirens were sounded.

Source : Hawaiian press.

Shishaldin (Iles Aléoutiennes / Alaska): Regain d’activité // Increased activity

drapeau francaisL’Alaska Volcano Observatory vient de faire passer ka couleur de l’alerte aérienne à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance pour le Shishaldin. Des températures de surface élevées ont été détectées sur les données satellitaires à partir du 18 mars et sont encore enregistrées à l’heure actuelle. L’analyse de ces données montre que les températures correspondent très probablement à une émission de lave à l’intérieur du cratère sommital. et il n’y a aucune observation de lave sur les flancs du volcan ou autour du cratère. Les images de la webcam, les données satellitaires et les observations de pilotes au cours de la semaine dernière montraient de petites émissions de vapeur au sommet du volcan. Il n’y a aucune indication d’émission de cendre.

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drapeau anglaisThe Alaska Volcano Observatory has just raised the Aviation Color Code to ORANGE and Alert Level to WATCH at Shishaldin Volcano. Elevated surface temperatures were detected in satellite data beginning on March 18th and have persisted to the present time. Analysis of this data shows that temperatures are consistent with the eruption of lava within the summit crater. The current activity appears to be confined to the deep summit crater and there have been no observations of lava on the flanks of the volcano or surrounding the summit crater. Web camera images, satellite data and pilot observations over the past week show only minor steam emissions from the mountain’s summit crater. There has been no evidence of ash emission.

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Image du satellite Landsat montrant l’anomalie thermique au sommet du Shishaldin (Source:  AVO)

Akutan (Iles Aléoutiennes / Alaska): Un potentiel géothermique à exploiter

drapeau francaisAvec l’épuisement programmé à plus ou moins long terme des énergies fossiles et leurs effets néfastes pour notre planète, de plus en plus de pays se tournent vers des sources naturelles. C’est ainsi que la géothermie a été adoptée par des pays comme l’Islande ou la Nouvelle Zélande. D’autres régions du monde suivent cet exemple.

Akutan est l’une des Iles Aléoutiennes, à 1233 km au sud-ouest d’Anchorage. La bourgade qui s’y trouve possède la plus grosse poissonnerie d’Amérique du Nord. L’île héberge également le volcan Akutan dont la dernière éruption remonte à 1992. En mars 1996, une crise sismique avec plusieurs milliers de secousses a provoqué l’ouverture de fractures dans trois secteurs de l’île.

Le volcan Akutan a donné naissance à un système géothermal qui comprend un champ fumerollien situé à une hauteur de 400 mètres sur le versant NE, ainsi que plusieurs sources chaudes à proximité du bord de mer dans la partie NE de l’île.

Les mesures effectuées sur le terrain par l’USGS en 2012 laissent supposer que les ressources géothermales disponibles sont plus importantes qu’on le pensait jusqu’à présent. (Les premières mesures avaient eu lieu au début des années 1980.) On estime que la chaleur produite actuellement par le système hydrothermal d’Akutan équivaut à 29 mégawatts, soit 10 fois plus que l’estimation des années 80. Des usines géothermiques modernes pourraient donc produire plusieurs mégawatts d’électricité, en sachant qu’un mégawatt est suffisant pour subvenir aux besoins de 750 foyers.

Les mesures de températures des gaz émis révèlent entre 200 et 240°C sous le champ fumerollien. La nappe phréatique qui alimente les sources chaudes présente une température proche de 180°C.

Transformée en électricité, cette chaleur pourrait alimenter les 44 maisons d’Akutan ainsi que d’autres bâtiments, y compris la poissonnerie qui emploie 1100 personnes.

Source : Alaska Dispatch & USGS.

drapeau anglaisWith the exhaustion of fossil fuels and their negative effects on our planet, several countries are turning to natural forms of energy. Geothermal energy is one of them and has been largely adopted by countries like Iceland and New Zealand. Other places of the world are following the example.

Akutan Island is one of the Aleutians, located 1233 km SW of Anchorage. The City of Akutan is home to the largest seafood production facility in North America. The island also hosts Akutan Volcano which is quite active with the latest eruption in 1992. In March 1996 a seismic crisis that included several thousand earthquakes produced ground cracks at three locations across the island.

Akutan Volcano shows a geothermal system that includes a fumarolic field at about 400 metres elevation on the NE flank of the volcano and several hot springs that discharge close to sea level on the NE side of the island.

USGS field studies completed in 2012 suggest that the available geothermal resource may be even larger than previously recognized. The geochemistry of the hot springs was studied in detail for the first time since the early 1980s. The current heat output of the hot spring system is estimated at 29 megawatts – nearly ten times higher than measured in the early 1980s. Modern geothermal plants could use this heat to generate several megawatts of electricity. One megawatt of electrical power would supply the needs of about 750 homes.

Gas geothermometers reveal temperatures of 200-240°C beneath the fumarolic field. Temperatures for the aquifer that feeds the hot springs have been measured at near 180°C.

Converted into electricity, the heat could produce enough electricity to power the village’s 44 homes as well as other buildings, including the seafood processing plant that employs 1,100 workers.

Sources: Alaska Dispatch and USGS.

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Vue aérienne du volcan Akutan  (Crédit photo: Burke Mees – Alaska Volcano Observatory)

 

Cleveland (Alaska / Etats Unis)

drapeau francaisL’AVO indique ce matin qu’« aucune activité n’a été observée sur le Cleveland depuis les 3 brèves explosions des 28 et 30 décembre 2013 et du 2 janvier 2014. Depuis le 2 janvier, les images satellitaires ne montrent aucune nouvelle émission de lave au sommet du volcan. En conséquence, les niveaux d’alerte ont été ramenés à « Advisory » pour le volcan et à la couleur Jaune pour l’aviation.

drapeau anglaisAVO indicates this morning that “no activity has been observed at Cleveland since the three brief explosions on December 28th, 30th 2013 and January 2nd 2014. Satellite views since January 2nd suggest that no new lava has effused at the summit crater. Thus we are lowering the Aviation Colour Code to YELLOW and the Volcanic Alert Level to ADVISORY”.