Pavlof (Iles Aléoutiennes / Alaska)

drapeau-francaisSelon un message que m’a adressé hier soir l’AVO, on observait le 28 juillet un fort dégazage du Pavlof sur les images des webcams installées à Cold Bay et Black Hills. Les images satellites et les pilotes d’aéronefs font état d’un panache de vapeur avec un peu de cendre qui monte jusqu’à 4,5 km d’altitude. La sismicité est relativement élevée, avec des épisodes de tremor.

En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange, tandis que l’alerte volcanique a été élevée à Vigilance.

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drapeau-anglaisAccording to a message I received last night from AVO, vigorous steam degassing was observed at Pavlof volcano in web camera images from Cold Bay and Black Hills on July 28th. Satellite observations and pilot reports indicate minor amounts of ash associated with the steam cloud at an altitude of less than 4.5 km. Seismicity remains elevated, with periods of volcanic tremor.

The Aviation Colour Code and the Volcano Alert Level have been raised to Orange and Watch, respectively.

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Vue du Pavlof le 28 juillet 2016 (Source: AVO/Webcam Cold Bay)

 

Fonte de la glace et arrivée du tourisme arctique // Ice melting and arrival of Arctic tourism

drapeau-francaisAvec la fonte de la banquise arctique, le trafic maritime sur les mers dépourvues de glace va augmenter et dès cet été, Crystal Serenity, un navire capable de transporter jusqu’à 1 070 passagers et 655 membres d’équipage, avec un casino, une bibliothèque, des boutiques et d’innombrables autres équipements, va naviguer dans l’Océan Arctique en empruntant le Passage du Nord-Ouest.

Un tel voyage suppose des mesures spécifiques en cas de problème. L’Alaska doit donc se préparer à affronter les pires scénarios et certaines localités ont commencé à s’y préparer.
Même si le navire ne fera pas étape à Nome, la ville se prépare depuis des mois, avec la Garde Côtière, à accueillir les flots de touristes qui ne manqueraient pas de débarquer dans cette petite localité d’environ 3200 âmes en cas de situation d’urgence. Le navire ne fera pas escale à Nome ou à Barrow, mais ces villes seraient fortement affectées si les passagers devaient débarquer à l’improviste et être acheminés vers la localité la plus proche.
La Garde Côtière a réalisé au cours des dernières années des exercices de sauvetage, des ateliers d’évacuation ou mis au point des plans d’urgence pour des villes comme Kotzebue, Nome, Barrow afin de faire face à des catastrophes d’origine humaine ou naturelle. Cette préparation fait partie de l’opération Arctic Shield.
La logistique et la communication sont les principaux obstacles dans le cadre de la navigation sur des itinéraires comme celui emprunté par le Crystal Serenity. Les passagers à bord du navire doivent être préparés, eux aussi. Il leur est demandé de souscrire à une assurance d’évacuation d’urgence de 50 000 dollars avant de participer à une croisière dans le Passage du Nord-Ouest. Le paquebot naviguera avec son propre navire d’escorte qui peut jouer le rôle de brise-glace. Ce navire aura à son bord des hélicoptères à des fins de sécurité et il rejoindra le Crystal Serenity  à Uluhaktok au Canada.
En ce qui concerne l’environnement d’un voyage à travers une telle zone sensible, le porte-parole de la compagnie a déclaré que le navire de croisière et le brise-glace utiliseront des carburants à faible teneur en soufre. Il a également déclaré que la société évacuera les eaux usées des douches, machines à laver et toilettes au moins à 20 km de la côte.
Source: Alaska Dispatch News.

NDLR : Avec la fonte de la banquise arctique, l’exemple de ce bateau de croisière marque le début d’une nouvelle ère. D’autres navires suivront. Une société allemande a déjà prévu des voyages similaires. Dans les prochaines années, l’Arctique ne sera plus le même. La question est de savoir combien de temps il arrivera à survivre.

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drapeau-anglaisAs the ice is melting in the Arctic, traffic on the open seas is increasing and this summer, Crystal Serenity, a cruise ship able to carry up to 1,070 passengers and 655 crew members, with a casino, a library, shops and countless other countless amenities will set out to travel through the waters of the Northwest Passage through the Arctic Ocean.

Such a voyage comes with specific challenges should something go wrong. Alaska is bracing for how it might handle the worst-case scenarios and some communities have been getting ready.

Although the ship won’t be stopping in Nome, the town has been planning for months to prepare itself for the largest infusion of tourists it has ever seen at once from a cruise. It is working closely with the Coast Guard to prepare for what to do in the case of an emergency. An emergency response to accommodate 1,700 people would create a chaos in the town of about 3,200. The ship won’t be stopping in Nome or in Barrow, but those areas would be affected if passengers had to unexpectedly disembark and head to the nearest community.

The Coast Guard, over the past few years, has carried out rescue operation exercises and workshops or developed emergency plans for cities like Kotzebue, Nome, Barrow and others, for what to do in the face of things like a man-made incident or natural disaster. This preparation is part of what’s called Operation Arctic Shield.

Logistics and communication are the biggest hurdles when it comes to being prepared for the worst on routes like the one Crystal Serenity will take. Passengers on board the ship need to be prepared, too. They are required to get $50,000 in emergency evacuation insurance to cruise through the Northwest Passage. The ship will also be travelling with its own escort vessel which has ice-breaking capabilities. That vessel will be complete with helicopters on board for safety purposes, and will join the cruise ship at the Canadian community of Uluhaktok.

As far as environmental concerns for travelling through such a sensitive area, the company spokesman said that both the cruise ship and the icebreaker will travel using low-sulphur fuels. He also said the company will discharge grey and black water – wastewater from showers, washing machines and toilets – no less than 20 km from shore.

Source: Alaska Dispatch News.

With the melting of Arctic sea ice, the example of this cruise ship is just the beginning of a new era. More ships will follow. A German company has already planned similar trips in the Arctic. In the coming years, the Arctic won’t be the same. The question is to know how long it will survive.

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Routes maritimes empruntant le Passage du Nord-Ouest  (Source: NASA)

Spectaculaire glissement de terrain dans le Parc National de Glacier Bay (Alaska) // Massive landslide in Glacier Bay National Park (Alaska)

drapeau francaisUn spectaculaire glissement de terrain s’est produit dans le Glacier Bay National Park en Alaska le 28 juin 2016, avec l’effondrement du pan d’une montagne haute de 1200 mètres. Les débris se sont étalés sur plusieurs kilomètres à la surface du glacier Lamplugh. A noter que ce glacier présente une longueur de 13 km et avance à une vitesse moyenne de 300 mètres par an. Son front a une cinquantaine de mètres de hauteur et l’eau y sculpte des grottes (voir image ci-dessous). Le glacier Lamplugh se termine dans le Johns Hopkins Inlet, petit fjord qui est une destination très prisée des navires de croisière. Un effondrement semblable en 2015 avait fini sa course dans le Taan Fiord, provoquant un important tsunami. Des événements tels que celui du 28 juin se produisent trois à cinq fois par an dans le monde, en particulier dans le SE de l’Alaska.

Une première analyse du glissement de Glacier Bay – qui a déclenché un séisme local de M 5.2 – laisse supposer que l’événement a commencé à 8h21 (heure locale) le 28 juin quand une paroi rocheuse d’une surface estimée à environ 1,3 kilomètres carrés s’est effondrée dans la partie haute de la montagne. Une fois sur le glacier Lamplugh Glacier, les matériaux ont continué à glisser, emportant avec eux  la glace et la neige. Un pilote, avec lequel j’ai déjà fait plusieurs survols de la région, a atterri près de l’extrémité de l’éboulement, à environ 10 km du site de l’effondrement. Il a indiqué que l’épaisseur des matériaux atteignait environ 4 mètres. Leur poids global est estimé à environ 120 millions de tonnes.
Lorsque les scientifiques ont regardé de plus près les images du Lamplugh Glacier et les parois des montagnes qui entourent cette partie de Glacier Bay, ils ont remarqué des signes d’autres glissements de terrain dans la région. Ces signes sont visibles dans le Taan Fiord. Si un tel événement se produisait un peu plus loin, près du front de vêlage, ce serait sûrement un problème pour les bateaux de croisière qui transportent des touristes dans ce secteur.
Les scientifiques ne savent pas trop ce qui déclenche ces glissements de terrain spectaculaires. Les statistiques montrent qu’ils se produisent davantage pendant les mois les plus chauds. Il se peut donc qu’ils soient liés au réchauffement de la température ou à l’eau de fonte. Ce sont quelques-unes des hypothèses que les chercheurs devront prendre en compte au cours de leur travail dans le Taan Fiord cette année. Ils ont déjà étudié la géologie du fjord et la ligne le long de laquelle la vague du tsunami a renversé les arbres comme des allumettes. Ils recherchent d’autres aspects du phénomène, comme les types de sédiments transportés par la vague et l’influence de la forme du fjord en dessous de la ligne d’eau
Glacier Bay a connu d’autres glissements de terrain spectaculaires, dont un en 2014 sur le Johns Hopkins Glacier. Selon les archives de l’USGS, un puissant séisme en 1958 a déclenché un glissement de terrain dans Lituya Bay, sur la côte. Il a généré un tsunami qui a tué deux personnes qui se trouvaient dans un bateau de pêche. En cliquant sur ce lien, vous trouverez un document du National Geographic qui explique cet événement: https://www.youtube.com/watch?v=domVjFgSGqM
Sources: Alaska Dispatch News & Lamont-Doherty Earth Observatory.

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drapeau anglaisA massive landslide hit Alaska’s Glacier Bay National Park on June 28th 2016, when a 1,200-metre-high mountain collapsed. The event spread debris over kilometres across the Lamplugh glacier below. The glacier is 13 km long and moves forward at an average rate of 300 metres per year. Its front is about 50 metres high and the water carves caves in it (see image below). The Lamplugh glacier ends in Johns Hopkins Inlet, a popular tourist stop for cruise ships. A similar sized event in 2015 landed directly in Alaska’s remote Taan Fiord, creating a massive tsunami wave. Events such as the last one happen three to five times per year around the world, and Southeast Alaska is the global hotspot.

The preliminary analysis of the Glacier Bay landslide, which triggered an M 5.2 local earthquake, suggests the collapse started at 08:21 (local time) on June 28th when a rock face estimated to have been about 1.3 square kilometres in size collapsed on a high, steep slope. Once it hit the ice of Lamplugh Glacier, the debris kept sliding, pushing up snow and ice as it moved. A pilot, with whom I flew several times in Alaska, landed near the end of the landslide, about 10 km from the collapse site. He found that the thickness of the debris there was about 4 metres. The weight of the landslide is estimated at about 120 million tons.

As the scientists zoomed in on images of Lamplugh Glacier and the inlet walls around Glacier Bay, they pointed out signs of past landslides there. Such signs were detected at Taan Fiord too. They noticed that if such an event happened a bit further over, near the calving front, that would be a very bad thing as cruise ships bring tourists in that part of the inlet.

What triggers giant landslides often isn’t clear. Statistics show there tend to be more in warmer months, which may be related to warming temperatures or meltwater. Those are some of the questions scientists hope to start answering through their work in Taan Fiord this year. The scientists have been studying the geology of the fiord and measuring the trim line along the edges where the tsunami wave stripped away the trees and scattered them like match sticks. They are looking at other aspects, including the types of sediment carried by the tsunami wave and the influence of the shape of the fiord below the water line

Glacier Bay has had other spectacular landslides, including one in 2014 on Johns Hopkins Glacier. According to USGS reports, a large earthquake in 1958 triggered a landslide in Lituya Bay, on the coast, which generated a tsunami that killed two people in a fishing boat. By clicking on this link, you will find a National Geographic document explaining this event: https://www.youtube.com/watch?v=domVjFgSGqM

Sources: Alaska Dispatch News & Lamont-Doherty Earth Observatory.

Lamplugh collapse

Crédit photo: Paul Swanstrom, remarquable pilote, que je salue ici.

Lamplugh collapse 2

Grotte dans le front du Lamplugh Glacier (Photo: C. Grandpey)

 

 

 

 

Pavlof (Alaska): Hausse de l’activité // Increased activity

drapeau francaisJe viens de recevoir un message de l’AVO indiquant que l’activité sismique s’est accrue sur le Pavlof au cours des dernières 24 heures et de petites émissions de vapeur ont été aperçues ce matin sur les images de la webcam. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune et l’alerte volcanique à Vigilance.

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drapeau anglaisI have just received a message from AVO indicating that seismicity at Pavlof Volcano has increased in the past 24 hours, and minor steam emissions were observed in web camera images this morning. This unrest prompts AVO to raise the Aviation Colour Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.