Alaska : Pas de froid en vue // Alaska : No cold temperatures in the short term

drapeau-francaisComme je l’ai écrit dans une note précédente, la glace de mer se fait rare dans l’Arctique, les eaux océaniques sont chaudes et les prochains mois devraient être plus chauds que la normale dans la plus grande partie de l’Alaska. La neige est arrivée tard à Barrow, la localité la plus septentrionale de l’Etat.

Selon les prévisions du National Weather Service, la plupart des régions de l’Alaska le mois prochain vont probablement connaître des températures plus chaudes que la moyenne, à cause de la chaleur de l’océan et du peu de glace de mer. Entre novembre et janvier, la majeure partie de l’Alaska devrait connaître un hiver plus chaud que la normale, et cette tendance sera observée en particulier le long des côtes.
La température de surface de la mer autour de l’Alaska continue à être supérieure à la moyenne, confirmant la tendance des trois dernières années. Le réchauffement est flagrant dans le Pacifique Nord, avec l’influence du « Blob », masse d’eau chaude qui s’est formée en 2013 et a persisté depuis sous diverses formes.
Au nord, la surface occupée par la glace de mer est inférieure à la normale, que ce soit dans la Mer des Tchouktches ou celle de Beaufort où l’on relève 20 pour cent de glace de moins que l’an dernier pour cette période de l’année.
Afin de ne pas saper le moral des amoureux des hivers blancs, le National Weather Service fait remarquer que les prochains mois seront sous l’influence (relativement faible) de La Nina, modèle océanique de refroidissement qui est l’équivalent inverse de El Nino. Le Service indique qu’il y a 70 pour cent de chances pour que La Nina se fasse sentir au début de l’hiver et 55 pour cent de chances pour que son influence persiste au cours de la saison. Un bémol toutefois : A Fairbanks, l’arrivée tardive de la neige pourrait être une indication des conditions à venir dans les prochains mois.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAs I put it before, Arctic sea ice is scarce, ocean waters are warm and the coming months are expected to be warmer than normal in most of Alaska. Snow is arriving late in Barrow, the northernmost municipality.

The National Weather Service forecasts that most parts of Alaska next month are likely to be significantly warmer than average, thanks to more ocean heat and less sea ice. For November through January, most of the state is expected to be warmer than normal, with that trend concentrated along the coasts.

Sea-surface temperatures near Alaska have continued to be above average as they have for the past three years. There has been a marked warming trend in the North Pacific, known as “the Blob”, the mass of warm water that developed in 2013 and has persisted in various forms since then.

Farther north, sea ice is scarce compared to normal, with extent in both the Chukchi and Beaufort seas, 20 percent lower for this time of year than it was last year.

However, in a comforting message, the National Weather Service says that fans of normal, snowy Alaska winters can take heart as this winter will bring a weak version of La Nina, an oceanic pattern of cooling that is the flip side of the Alaska-warming El Nino. The Service says there is a 70 percent chance of a La Nina developing early in the winter and a 55 percent chance of it lingering through the season. In Fairbanks, however, the late arrival of snow this winter might be a signal of conditions to come in the next months.

Source : Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

La fonte du permafrost et ses conséquences // The melting of permafrost and its consequences

drapeau-francaisUne nouvelle étude intitulée «La répartition et le stockage du carbone dans les paysages thermokarstiques circumpolaires» et publiée dans la revue Nature Communications (http://www.nature.com/articles/ncomms13043) propose une nouvelle carte du permafrost (ou pergélisol) dans l’hémisphère nord. La carte – fruit d’un projet mené par l’Université de l’Alberta et celle d’Alaska à Fairbanks – fait ressortir les zones qui sont les plus vulnérables à la fonte du permafrost et aux affaissements qui s’ensuivent. Elle montre également quelles régions du Nord circumpolaire sont les plus exposées aux «thermokarsts» (également appelés « cryokarsts »), autrement dit les zones où la surface de la terre s’effondre lorsque la glace dégèle dans le sol, avant de s’évacuer sous forme d’eau. Les caractéristiques thermokarstiques peuvent être des cavités ouvertes dans le sol, des fossés, de nouvelles zones humides ou même des lacs.
Les gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone et le méthane sont souvent tenus responsables de la hausse des températures et du changement climatique sur notre planète. Comme je l’ai souvent écrit, la fonte du pergélisol ne fera qu’accélérer le changement climatique provoqué par la combustion des combustibles fossiles.
L’étude a révélé que près de 20 pour cent du permafrost des régions nordiques est susceptible de donner naissance à un paysage thermokarstique. Environ la moitié du carbone organique souterrain est stockée dans ces zones potentiellement thermokarstiques, de sorte que le dégel des années à venir sera loin d’avoir des conséquences négligeables.
Parmi les zones les plus vulnérables figurent la région de North Slope en Alaska et le delta du Yukon. Les zones sensibles aux formations thermokarstiques sont celles qui détiennent des quantités relativement importantes de glace. L’étude n’identifie pas précisément les zones qui connaissent le plus fort réchauffement et elle ne précise pas non plus les zones qui deviendront thermokarstiques dans les prochaines années. Par contre, elle identifie les zones qui seront les plus sensibles au réchauffement.
Les thermokarsts devraient devenir de plus en plus fréquents au cours de ce siècle avec le réchauffement du climat arctique. Leur apparition sera liée à deux facteurs : d’une part le changement climatique et d’autre part les phénomènes tels que les incendies et les inondations qui accompagnent ce même changement climatique.

Source : Nature Communications.

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drapeau-anglaisA new study entitled “Circumpolar distribution and carbon storage of thermokarst landscapes” and published in the journal Nature Communications (http://www.nature.com/articles/ncomms13043) includes a new map of northern hemisphere permafrost. The map – which is the product of a project led by the University of Alberta and the University of Alaska Fairbanks – identifies the areas that are most vulnerable to thawing and slumping. It shows which regions in the circumpolar north are susceptible to the permafrost formations known as « thermokarsts, » where the land surface collapses when ice within the soil thaws and drains away. Thermokarst features can be sinkholes, gullies, new wetlands or expanded lakes.

Greenhouse gases such as carbon dioxide and methane are often blamed for rising Earth temperatures and global climate change. As I often put it before, melting permafrost is expected to accelerate climate change caused by burning fossil fuels.

The study found that about 20 percent of the world’s northern permafrost region has potential to become a thermokarst landscape. About half of the underground organic carbon is stored in those thermokarst-prone areas, making future thaw especially significant.

Among the most vulnerable areas are Alaska’s North Slope and the Yukon River delta. Areas susceptible to thermokarst formations are those that hold relatively large amounts of ice. The study does not specifically identify the areas that have the most warming nor does it predict future thermokarst. Rather, it identifies areas that will be sensitive to warming.

Thermokarsts are expected to become more prevalent as the Arctic climate warms. According to the researchers, vulnerability to thermokarst development is likely to increase this century both due to climate change and associated higher frequencies of disturbances such as wildfire and floods.

Source : Nature Communications.

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Répartition des zones thermokarstiques ou potentiellement thermokarstiques dans les régions nordiques et plus particulièrement en Alaska (Source: Nature Communications).

Début d’octobre chaud en Alaska // Warm early October in Alaska

drapeau-francaisCinq mois après une fonte de neige extrêmement précoce au printemps dernier (la neige a commencé à fondre le 13 mai, 10 jours plus tôt que le précédent record établi en 2002), Barrow, la localité la plus septentrionale de l’Alaska, vient d’établi un nouveau record pour l’arrivée tardive de la neige.
Le sol de Barrow était toujours intact le samedi 15 octobre. L’ancien record pour la dernière journée sans couverture neigeuse remonte au 12 octobre 1998. Les services météorologiques ont confirmé le nouveau record. Quelques flocons sont tombés depuis cette date, mais sans laisser une couche de neige mesurable.
Les relevés météorologiques de Barrow remontent à 1920.

La période sans neige à Barrow a été particulièrement longue cette année. Le nouveau record de manque de neige intervient après une période de températures anormalement chaudes dans le nord de l’Alaska. Les 10 premiers jours d’octobre ont été les plus chauds jamais enregistrés à Barrow pour cette période, avec des températures moyennes très largement supérieures à la normale. Un front de haute pression sur le sud-est et l’est de l’Alaska, avec un prolongement vers le nord de l’Arctique, a maintenu la trajectoire des intempéries sur le centre de la mer de Béring et bien à l’écart de l’Alaska du Sud-Est. A cette situation météorologique viennent s’ajouter des températures de surface de la mer anormalement chaudes suite à l’absence presque totale de la glace de mer à proximité de l’Alaska. En conséquence, une grande partie de l’ouest de l’Alaska a connu la première décade d’octobre la plus chaude jamais enregistrée. De plus, il n’y a pratiquement pas eu de pluie dans le sud-est alors que le mois d’octobre est, pour beaucoup d’endroits, le plus pluvieux de l’année.
Le mois de septembre avait déjà été chaud en Alaska. Au cours de mon séjour dans le 49ème Etat de l’Union, j’ai été surpris par les températures élevées, en particulier dans la région de Juneau où elles avoisinaient souvent les 20°C, ce qui m’a obligé à acheter des T-shirts!

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drapeau-anglaisFive months after a record-early spring snowmelt (snow started to melt on May 13th, 10 days earlier than the previous record set in 2002), the nation’s northernmost community has set a new record for late snow accumulation.

The ground in Barrow was barren of snow on Saturday October 15th, breaking the previous record for the latest calendar date for zero snow-cover in that community. The old record for the latest day without snow coverage was October 12th 1998. The weather service confirmed the new record. A trace of snow has fallen since then, but it is not enough to be considered measurable snow-cover.

Barrow’s weather and climate records go back to 1920.

The snowless period in Barrow has been particularly long this year. The new no-snow record comes after a stretch of unusually warm temperatures in Barrow. The first 10 days of October were the warmest on record for Barrow in that early October period, with temperatures largely above normal. High pressure over Southeast and eastern mainland Alaska, extending into the high Arctic has kept the storm track over central Bering Sea and away from Southeast Alaska. This is in addition to continued unusually warm sea surface temperatures and nearly complete lack of sea ice near Alaska. As a result, much of western Alaska has had the mildest first ten days of October of record, while there has been virtually no rain in Southeast during what for many places is the wettest month of the year.

September was equally warm in Alaska . I was surprised at the high temperatures during my stay in the last Frontier, especially in the Juneau area where the temperatures averaging 20°C forced me to buy T-shirts!

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Source: US National Weather Service Alaska.

Un nouvel hiver chaud pour l’Alaska? // Another warm winter for Alaska ?

drapeau-francaisAlors que certains météorologues européens prédisent un hiver très froid sur le Vieux Continent, les Alaskiens se demandent si les prochains mois seront une répétition de l’hiver chaud de l’année dernière.
Autrefois, une fois passé l’équinoxe d’automne et quand les jours commençaient à raccourcir, l’hiver arrivait rapidement à Barrow, la ville la plus septentrionale de l’Alaska. Cette époque est maintenant révolue ! Aujourd’hui, le mois d’octobre à Barrow fait partie d’un automne doux. L’eau de l’océan qui, dans le passé, commençait à se couvrir d’une bonne couche de glace en octobre est maintenant à l’air libre. Depuis 2001, la température de l’air est bien supérieure à la moyenne et Barrow connaît désormais des conditions automnales semblables à celles que l’on rencontre en Scandinavie.
Jusqu’à présent, l’automne 2016 à Barrow est identique à celui que la ville a connu ces dernières années. Depuis le début du mois d’octobre, les températures enregistrent de nouveaux records ou approchent les précédents, et la glace n’est toujours pas arrivée sur la mer. Rien à l’horizon !
Tout semble indiquer que cette tendance va se poursuivre. Selon le  National Snow and Ice Data Center, l’étendue minimale de la glace de mer pour 2016 correspond au record de 2007. De plus, la qualité de cette glace se détériore. Les analyses montrent que seulement 3,1% de la glace présente durant le minimum de cette année était âgés de quatre ans ou plus. Au milieu des années 1980, le tiers de cette même glace avait survécu à au moins quatre saisons de fonte.

Selon le National Weather Service, l’ensemble de l’Alaska devrait connaître un mois d’octobre et une fin d’automne, voire un début d’hiver, plus chauds que la moyenne. Après cela, le Centre de Prévision Météorologique prévoit des températures plus chaudes que la moyenne dans certaines régions du nord et de l’ouest de l’Alaska, mais le reste de l’Alaska devrait traverser un hiver plus normal dans les mois à venir. L’hiver 2016-2017 ne devrait pas être une répétition du précédent où les températures ont battu tous les records. La douceur de l’hiver dernier s’explique par la présence du phénomène El Niño. À cela s’est ajoutée la chaleur de la masse d’eau chaude du Pacifique Nord apparue à la fin de l’année 2013 – le fameux « Blob » – sans oublier l’Oscillation décennale du Pacifique, variation de la température de surface de la mer qui déplace la trajectoire des systèmes météorologiques de manière cyclique sur une période de plusieurs décennies.

Cependant, certains facteurs montrent que le réchauffement sera toujours présent l’hiver prochain. La perte de glace de mer continuera d’affecter le secteur de North Slope, et le retour du « Blob » aura un effet sur les températures du sud de l’Alaska. La masse d’eau chaude s’est renforcée au cours de l’été car un front de hautes pressions sur le nord-est du Pacifique a entraîné un ciel clair qui a permis au soleil de chauffer la surface de l’océan.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWhile some European meteorologists are predicting a very cold winter on the Old Continent, Alaskans are wondering whether the coming months will be a rerun of last year’s super warm winter.

Winter used to rush quickly into Barrow, Alaska’s northernmost town once the autumn equinox had passed and the days started getting short. No more. Now October in Barrow has become a season of mild fall weather. Ocean waters that in the past developed solid ice covers are now open in October, air temperatures since 2001 have been well above long-term averages for the month and Barrow is settling into a pattern with autumn conditions more similar to those found in Scandinavia.

So far, the autumn in 2016 is fitting right into the new normal for the town. Temperatures since late last week have hit daily records or come close, and deep freeze has yet to arrive. There’s not even any ice out on the horizon right now.

All indications are that the spiral will continue. This year’s seasonal minimum ice extent tied 2007 for the second-lowest in the satellite record, according to the National Snow and Ice Data Center. Moreover, the quality of that ice is deteriorating, too. Preliminary analysis shows that only 3.1% of the ice that remained at this year’s minimum was four years old or older.. In the mid-1980s, a third of the summer minimum ice was old enough to have survived at least four melt seasons.

All of Alaska is also expected to have a warmer-than-average October and late-fall/early winter, according to the National Weather Service. After that, the Climate Prediction Center forecasts high probabilities for warmer-than-average temperatures in parts of northern and western Alaska, but the rest of Alaska appears to be setting up for a more normal winter. The coming months should not be a rerun of last year when temperatures hit records. Last winter was warmed by a record El Nino cycle. At that, warmth was helped along by the mass of persistently warm North Pacific water that appeared in late 2013 – the so-called « Blob » – and the multiyear Pacific Decadal Oscillation pattern was in a positive (warm) phase last winter.

However, some warming factors do remain for the coming winter. Loss of sea ice will continue to affect the North Slope, and the Blob is back to influence southern Alaska. The mass of warm water was intensified over the summer because a ridge of high pressure over the northeast Pacific created clear skies that allowed solar heat to beat down on the upper ocean.

Source: Alaska Dispatch News.

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L’été 2016 a été particulièrement ensoleillé et chaud en Alaska. Le Denali se dressait majestueusement et les glaciers resplendissaient au soleil… (Photos: C. Grandpey)