Petrified Forest (Arizona)

Mon périple dans l’ouest américain m’a conduit à Petrified Forest, un extraordinaire parc national situé dans la partie nord-est de l’Arizona.

Il y a 3,4 millions d’années, le Mont Helena (rien à voir avec le Mont St Helens dans l’Etat de Washington !), un volcan dominant la région à environ 11 km au nord-est du site, est entré en éruption. Celle-ci fut particulièrement violente et le souffle fut tel que des séquoias géants furent arrachés et couchés au sol où leurs troncs gisent dans une direction SO-NE, conforme au souffle de l’éruption. Ils ont ensuite été recouverts d’une énorme épaisseur de cendre, ce qui a créé un milieu anaérobie interdisant la présence de bactéries susceptibles de décomposer la matière organique..

Par la suite, de l’eau chargée en minéraux, silice en particulier, s’est infiltrée dans la cendre et dans les troncs en décomposition. Avec le temps, au cours des millénaires, la silice a remplacé le bois ; elle s’est cristallisée jusqu’à ce que les arbres deviennent de la pierre au cours du processus de perminéralisation.

Ce n’est qu’en 1870 qu’un fermier suédois qui travaillait dans ses champs découvrit par hasard l’un de ces troncs fossilisés. Sa découverte attira nombre de scientifiques désireux d’en savoir plus sur ce site exceptionnel qui est devenu parc national le 9 décembre 1962.

Le Parc National de Petrified Forest propose un circuit passionnant au long duquel le visiteur peut voyager 3 millions d’années en arrière. Voici quelques images rapportées de cette visite.

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My journey across the American West took me to Petrified Forest, an amazing national park in the northeastern part of Arizona.
3.4 million years ago, Mount Helena (nothing to do with Mount St Helens in Washington State!), a volcano dominating the area about 11 km northeast of the site, went through a particularly violent eruption. The blast was such that giant sequoias were torn off and thrown onto the ground where they lay in a  SW-NE direction, corresponding to the blast of the eruption. They were then covered with an enormous thickness of ash, which created an anaerobic environment discouraging the presence of bacteria capable of decomposing organic material.
Subsequently, mineral-rich water, heavy with silica, percolated through the ashy deposits and decaying trunks. Over time, over the millennia, silica replaced wood; It crystallized until the trees became stone during the process of permineralization.
It was not until 1870 that a Swedish farmer who worked in his fields accidentally discovered one of these fossilized trunks. Its discovery attracted many scientists who wanted to know more about this exceptional site which became a national park on December 9th, 1962.
Petrified Forest National Park offers an exciting tour through which the visitor can travel 3 million years back. Here are some photos of this visit.

Photos: C. Grandpey

Les glaciers à Rochefort (Charente Maritime) !

Je présenterai le jeudi 8 juin 2017 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » dans le cadre de l’Université du Temps Libre de Rochefort (Charente Maritime). Elle aura lieu à 14 h 30 au Palais de Congrès– 73 rue Toufaire.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont la conséquence du changement climatique.   Lors de mes voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Cette nouvelle conférence a pour but de sensibiliser la population à une catastrophe annoncée. Elle s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer les ouvrages Terres de Feu, Mémoires Volcaniques, Dans les Pas de l’Ours, ainsi que des CD d’images. Pour rappel, Volcanecdotes et Killer Volcanoes sont épuisés.

Les conférences de l’UTL de Rochefort sont ouvertes à tous, adhérents et non-adhérents. Pour ces derniers, l’entrée est à 5 €.

Glacier Sawyer (Alaska)  [Photo: C. Grandpey]

Sunset Crater (Arizona)

Au cours de mon dernier périple à travers l’ouest des Etats-Unis, j’ai fait une halte à Sunset Crater, à quelques kilomètres au nord de Flagstaff (Arizona), ville d’une centaine de milliers d’habitants, à 2100 mètres d’altitude, parcourue par la mythique Route 66. Sunset Crater se trouve à l’intérieur du National Monument du même nom (Le pass annuel permettant l’accès aux parcs nationaux est valable ici). J’ai eu la bonne surprise de constater que le site avait été réaménagé depuis ma dernière visite il y a une dizaine d’années, avec des sentiers d’accès permettant de mieux le protéger.

Le volcan de Sunset Crater est un exemple classique de cône de scories. La dernière éruption a eu lieu entre 1040 et 1100, avec les paroxysmes en 1085. L’événement le plus important s’est situé sur le Sunset Crater proprement dit et a été à l’origine des coulées de lave Bonito et Kana’a qui ont parcouru respectivement 2,5 kilomètres vers le NO et 9,6 kilomètres vers le NE. L’éruption a saupoudré de cendre et de lapilli une superficie de plus de 2100 kilomètres carrés.

En regardant autour de soi sur la Route 66, on se rend vite compte que les cônes de scories sont assez répandus dans la région et tous se sont formés de la même façon. Au plus fort de l’activité de Sunset Crater, au moins 9 autres cônes de scories étaient actifs, ainsi que de nombreux cônes de projections plus petits, tandis que 3 coulées de lave étaient émises le long d’une fracture de 10 km. Le cône de Sunset Crater présente une hauteur d’environ 340 mètres et près de 2 km de largeur à la base; le cratère a une profondeur de 120 mètres et  un diamètre de 675 mètres.
Sunset Crater est considéré comme éteint, même si une telle affirmation peu sembler un peu présomptueuse pour un volcan dont l’activité est très récente d’un point de vue géologique.

Le site est sacré pour les Indiens ;  il héberge les esprits Hopi et symbolise le lien entre le monde sous nos pieds et l’univers au-dessus de nos têtes….

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During my last trip across the western part of the United States, I made a stop at Sunset Crater, a few kilometers north of Flagstaff (Arizona), a city of about one hundred thousand people,  2,100 metres above sea level. Sunset Crater is located inside the National Monument of the same name (The annual pass allowing access to national parks is valid here). I was pleasantly surprised to find that the site had been redesigned since my last visit a decade ago, with access paths to better protect it.
The Sunset Crater volcano is a classic example of a  cinder cone. The last eruption took place between 1040 and 1100, with the strongest phases in 1085. The most dramatic event occurred on Sunset Crater proper and produced the Bonito and Kana lava flows which travelled 2.5 kilometers to the NW and 9.6 kilometers to the NE, respectively. The eruption sprinkled ash and lapilli over an area of ​​more than 2,100 square kilometres.
While driving along Route 66, one quickly realizes that cinder cones are fairly widespread in the area and all have formed in the same way. At the peak of Sunset Crater activity, at least 9 other cinder cones were active, along with many smaller projection cones, while 3 lava flows were emitted along a 10 km-long fissure. The Sunset Crater cone is about 340 metres high and about 2 km wide at the base; The crater has a depth of 120 metres and a diameter of 675 metres.
Sunset Crater is considered to be extinct, although such an assertion may seem somewhat presumptuous for a volcano whose activity is very recent from a geological point of view. The site is sacred to many of the indigenous people. The volcano is home to one of the Hopi spirit beings, and symbolises the link between the world below and the universe above…

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Des cônes de cendre, des coulées de lave, des fractures…..

…sans oublier la mythique Route 66!

Photos: C. Grandpey

 

La malédiction de Pélé à Hawaii // Pele’s curse in Hawaii

Il y a quelques décennies, après avoir visité le volcan Kilauea à Hawaii, une amie a rencontré de très sérieux problèmes à son retour à la maison: décès de parents et d’amis proches, tracasseries financières, etc. Elle a attribué ces soucis aux morceaux de lave qu’elle avait recueillis sur le volcan et à «la malédiction de Pélé», une croyance selon laquelle la déesse des volcans de la Grande Île d’Hawaï, jette un sort sur ceux qui osent prélever de la lave sur les îles de l’archipel. Mon amie a décidé d’envoyer ses échantillons de roche à l’adresse qu’elle avait trouvée sur le site du Parc des Volcans, afin qu’ils soient restitués à la déesse. Elle m’a affirmé que sa vie était redevenue normale à partir de ce moment-là.
Chaque année, des centaines de personnes envoient de tels morceaux de lave par la poste ou reviennent à Hawaii afin de rendre la lave à la Grande Île. Ils espèrent ainsi échapper à la malédiction de Pélé en apaisant le courroux de la déesse. Les rangers reçoivent la lave en provenance, entre autres, de France, d’Allemagne, du Japon et d’Australie. Certains ‘voleurs’ de lave reviennent à Hawaii afin de déposer la lave aussi près que possible de l’endroit où ils l’ont trouvée.
Comme beaucoup de mythes, les origines de la malédiction de Pélé sont obscures. Les universitaires hawaïens estiment qu’il n’y a pas vraiment de lien avec la religion locale. Une théorie populaire affirme que dans les années 1940, les rangers qui ne supportaient plus que les touristes prélèvent des morceaux de lave, ont inventé la malédiction pour mettre fin à ce comportement. Les retours de lave ne cessent depuis cette époque et deviennent un casse-tête pour les rangers qui reçoivent des colis presque quotidiennement. Aujourd’hui, les morceaux de lave viennent s’entasser dans un lieu du Parc des Volcans où le public n’a pas accès. Il y en a des milliers, rouges et noirs, déchiquetés et lisses ; certains sont minuscules tandis que d’autres ont presque un mètre de long. Les rangers essayent de convaincre les visiteurs que la malédiction de Pélé n’existe pas et leur rappellent que prélever la lave, ou tout autre élément qui n’est pas vendu dans la boutique du Parc, est illégal.
En ce qui me concerne, je possède quelques échantillons de lave et de sable d’olivine à la belle couleur verte. Je n’ai remarqué aucune malédiction dans ma vie. Lors de ma dernière visite au Kilauea, je pense avoir rencontré Pélé et elle m’a tendu la main, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous…
Source: The Wall Street Journal.

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A few decades ago, after a trip to Kilauea Volcano in Hawaii, a friend of mine encountered a lot of very serious problems once back home: deaths of close friends or relatives, financial problems and so on. She attributed the problems to chunks of lava she had collected on the volcano and thought they were the results of “Pele’s curse”, a widespread belief that Pele, the volcano goddess of Hawaii’s Big Island, will bring bad luck to those who take lava off the islands. She decided to send the rock back. Her fortunes, she said, improved right away.

Each year, hundreds of people mail, fly or hike pieces of lava back to the Big Island, hoping that by returning rocks they snatched, they will break the curse, appease the goddess and end their bad luck. Lava is shipped back from France, Germany, Japan and Australia. Some lava thieves return to Hawaii so they can place the lava as close as possible to where they found it.

Like many myths, the origins of Pele’s curse are murky. Hawaiian scholars agree it has little basis in native Hawaiian religion. One popular theory holds that park rangers in the 1940s, frustrated by tourists who kept making off with pieces of lava, invented the curse. Lava has been flowing back toward the Big Island ever since, becoming a headache for rangers who have to deal with almost daily shipments. Lava is added to a massive pile in a part of the park off-limits to the public. There are thousands of pieces, red and black, jagged and smooth, some tiny and others almost one metre long. Rangers have tried to convince visitors the curse isn’t real and remind them that taking lava, or anything not sold in the gift shop, from the park is illegal.

As far as I am concerned, I brought some small pieces of lava and olivine-coloured sand from Hawaii Big Island. I did not notice any curse in my life. During my last visit to Kilauea Volcano, I think I met Pele and nearly shook her hand, as can be seen in this photo…

Source: The Wall Street Journal.

Photo: C. Grandpey