Eruptions du Mauna Loa (Hawaii) en 1984 et 2022 : beaucoup de points communs // Many similarities

La dernière éruption du Mauna Loa a duré du 27 novembre au 13 décembre 2022. Les scientifiques de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) ont commencé à analyser cet événement, en particulier en le comparant à l’éruption de 1984.
Malgré le développement de nouvelles techniques de surveillance volcanique, de nombreuses incertitudes ont précédé la dernière éruption et la prévision éruptive précise ne semble pas pour demain. Par exemple, le personnel du HVO n’a pas été en mesure de dire si la hausse d’activité observée à l’automne 2022 allait déboucher sur une éruption. Aujourd’hui, personne ne peut dire si un jour les signaux de surveillance modernes indiqueront qu’une éruption est imminente.
Les 33 éruptions du Mauna Loa observées jusqu’à présent ont démontré certains schémas susceptibles d’être suivis par une nouvelle éruption, mais des changements significatifs ne sauraient être exclus. Toutes les éruptions du passé ont commencé dans la caldeira sommitale, et celle de 2022 a suivi ce schéma, comme le montre cette image thermique:

La moitié des dernières éruptions du Mauna Loa sont restées dans la zone sommitale et l’autre moitié a migré vers une zone de faille ou une bouche radiale. Il reste une grande question : si l’éruption migrait hors du sommet, quelle direction prendrait-elle ? Aucune réponse n’est possible tant que l’éruption ne s’est pas déclenchée. Une éruption sur la zone de rift sud-ouest aura un impact sur les infrastructures en quelques heures, alors qu’une éruption sur la zone de rift nord-est mettra des jours, des semaines ou des mois avant d’impacter les infrastructures en aval.

Les zones de rift du Mauna Loa

Tout au long de l’automne 2022, alors que le Mauna Loa montrait de nouveaux signes d’activité, le HVO a travaillé en étroite collaboration avec la Protection Civile pour informer et sensibiliser les habitants de l’île. Les deux organismes ont tenu des réunions publiques, accordé des interviews aux médias, publié des articles «Volcano Watch», diffusé des messages officiels et des publications sur les réseaux sociaux sur les incertitudes et les certitudes d’une éruption du Mauna Loa. (Voir ma note du 25 octobre 2022 à propos de ces réunions publiques).
Les autorités locales ont encouragé les habitants vivant ou travaillant sur les flancs du Mauna Loa à se préparer à l’éventualité d’une éruption. Par précaution, le Parc national des volcans d’Hawaii a fermé les sentiers de randonnée conduisant au Mauna Loa le 5 octobre 2022.

Lorsque l’éruption a commencé, dans la nuit du 27 novembre, les événements se sont déroulés de la même manière qu’en 1984. Des signaux sismiques indiquant une éruption imminente ont été enregistrés moins d’une heure avant chaque éruption. Les deux éruptions se sont produites au milieu de la nuit, sortant les scientifiques et les habitants de leur sommeil.
En 1984 et 2022, la lueur rouge émise par des fontaines de lave dans la caldeira sommitale a été visible depuis de nombreux endroits de l’île. La nouvelle de l’éruption s’est propagée rapidement, en 1984 par le bouche à oreille, en 2022 principalement via les réseaux sociaux.

En 2022, certains habitants près de la zone de rift sud-ouest ont choisi de quitter leur maison au cas où l’éruption migrerait dans cette direction. Heureusement, les éruptions de 1984 et de 2022 ont migré en quelques heures depuis le sommet vers la zone de rift nord-est où il n’y avait aucun danger immédiat pour les personnes ou les biens.

La météo a parfois empêché une bonne observation des deux éruptions. Malgré tout, les progrès technologiques depuis 1984 ont permis au HVO de fournir des images de l’éruption de 2022 quasiment en temps réel. De plus, l’Observatoire a déployé des webcams et une vidéo en direct accessible au public.

En 2022, la technologie moderne a permis à l’Observatoire de partager, en temps quasi réel, des cartes précises des coulées de lave grâce aux images satellitaires et aux survols de l’éruption.

Les modèles des coulées de lave ont utilisé des données morphologiques numériques pour évaluer leur trajectoire et les impacts potentiels. Ces informations ont été partagées lors de points de presse quotidiens en 2022, une stratégie de communication qui a également été utilisée lors de l’éruption de 1984.
Ces observations et d’autres documents ont été présentés lors de la réunion de l’IAVCEI qui se tient tous les quatre ans. En 2023, elle a eu lieu à Rotorua, en Nouvelle-Zélande, où le personnel du HVO a été invité à présenter des rapports sur la dernière éruption. Les présentations ont décrit l’évolution de l’éruption ainsi que le système magmatique. La cartographie et la modélisation des coulées de lave, ainsi que la coordination et la communication entre les agences ont également été développées.
S’agissant des chiffres, l’éruption de 1984 a émis environ 220 millions de mètres cubes de lave qui ont couvert environ 48 kilomètres carrés. L’éruption de 2022 a produit plus de 230 millions de mètres cubes de lave et a couvert une superficie de 36 kilomètres carrés. Le volume et la zone couverte sont proches des valeurs moyennes de toutes les éruptions historiques sur la zone de rift Nord-Est. Bien qu’elle ait été spectaculaire, l’éruption de 2022 a été très classique d’un point de vue scientifique.
Au final, les éruptions de 1984 et de 2022 n’ont pas eu d’impact important sur les infrastructures de la Grande Ile d’Hawaii,
Source : USGS/HVO.

Coulées de lave 1984 (gauche) et 2022 (droite)

Crédit photo: USGS / HVO

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The 2022 Mauna Loa eruption lasted from November 27th to Devcember 13th. It is now a good time for scientists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) to reflect on this event, especially in comparison to the 1984 eruption.

Despite the development of new volcano monitoring techniques, there were many uncertainties leading to the recent eruption ansd accurate eruptive prediction is still a long way. For instance, HVO staff were unable to say whether the unrest observed during the autumn of 2022 meant an eruption would certainly occur. Nobody knows when modern monitoring signals will show signs of an imminent eruption.

33 previously observed Mauna Loa eruptions demonstrated certain patterns that a new eruption might follow if it erupted again, but significant changes cannot be excluded. All of the past eruptions began in the summit caldera, and the 2022 event followed this pattern.

Additionally, half of those previous eruptions stayed in the summit and half migrated to a rift zone or radial vent. A big question was : if the eruption migrated out of the summit, where would it go?

The question could not be answereds until the eruption happened. A Southwest Rift Zone eruption could impact infrastructure within hours, whereas a Northeast Rift Zone eruption would take days, weeks or months to impact infrastructure downslope.

Throughout the autumn of 2022, as Mauna Loa became more active, HVO worked closely with the County of Hawai‘i Civil Defense Agency to educate the island residents.  They held community meetings, gave media interviews, published “Volcano Watch” articles, official notices and social media posts about the uncertainties and certainties of a Mauna Loa eruption. (See my post of October 25th, 2022 about these meetings).

Local authorities encouraged residents living or working on the flanks of Mauna Loa to prepare for the possibility of an eruption. And as unrest continued, the Hawai‘i Volcanoes National Park closed Mauna Loa’s backcountry to hikers on October 5th, 2022.

When the eruption began, on the night of November 27th, events unfolded similarly to the 1984 eruption. Seismic signals indicating an impending eruption occurred less than an hour in advance of each eruption. Both eruptions occurred in the middle of the night, waking scientists and residents from their slumber.

In 1984 and 2022, bright glow from fountains within the summit caldera was visible around the island. Word of the eruption spread quickly, in 1984 via the coconut wireless and in 2022 mostly via social media.

In 2022, some residents living near the Southwest Rift Zone chose to self-evacuate in case the eruption migrated there. Fortunately, both the 1984 and 2022 eruptions migrated within hours from the summit to the Northeast Rift Zone, where there was no immediate danger to people or property.

Weather sometimes prevented observatory crews from making observations during both eruptions; however, technological advancements since 1984 allowed HVO to provide remote views of the 2022 eruption in near real-time. Furthermore, the observatory deployed webcams and a livestream video that were available to the public.

Modern technology allowed the observatory to share, in near real time, accurate 2022 flow maps, derived from satellite imagery and overflights.

Lava flow models used digital elevation models to evaluate lava flow paths and potential impacts. This information was shared during daily press briefings in 2022, a communication strategy that was also used during the 1984 eruption.

These observations and others were summarized at the IAVEI scientific assembly meeting that takes place every four years. In 2023, the meeting occurred in Rotorua, New Zealand, where HVO staff were invited to present talks on the recent eruption. Presentations described the buildup to the eruption, the magma system, flow mapping and modeling, and interagency coordination and messaging.

As far as figures are concerned, the 1984 eruption emitted about 220 million cubic meters of lava that covered about 48 square kilometers. The 2022 eruption produced 230 million cubic meters of lava and covered an area of 36 square kilometers. The volume and area covered was close to the average and median values for all historical Northeast Rift Zone eruptions. While it was spectacular to view, the 2022 eruption was ordinary by scientific standards.

Fortunately, both the 1984 and 2022 eruptions have not greatly impacted infrastructure on Hawaii Big Island,

Source : USGS / HVO.

Coulées de lave 1984 (gauche) et 2022 (droite)

Opération de secours risquée sur le Mayon (Philippines) // Risky rescue operation on Mt Mayon (Philippines)

Nous ne savons pas prévoir les éruptions, même à court terme, et encore moins sur les volcans actifs de la Ceinture de feu du Pacifique. Cela peut devenir un problème lorsqu’il s’agit de secourir des personnes sur l’un de ces volcans. Une telle situation est en cours sur le Mayon (Philippines) où les autorités veulent vérifier si l’épave d’un petit avion repéré près du cratère est celle d’un Cessna 340 disparu avec quatre personnes – deux pilotes philippins et deux passagers australiens – le week-end dernier. L’avion, qui était à destination de Manille, a décollé de la province d’Albay le 18 février 2023, mais n’a plus donné de nouvelles depuis. Les Australiens travaillaient pour une compagnie d’énergie géothermique.
Lors d’une recherche aérienne, les autorités ont repéré l’épave présumée à environ 350 mètres près du cratère du Mayon, sur le versant sud-ouest, mais il n’y avait aucun signe de vie. Des scientifiques et des enquêteurs veulent examiner l’épave pour déterminer s’il s’agit du Cessna et connaître le sort des quatre personnes qui se trouvaient à bord.
Une recherche au sol a été entravée par la pluie du week-end. Des dizaines de sauveteurs devaient escalader le Mayon (2462 m) – à condition que la météo le permette – le 20 février. Les équipes de recherche seraient en contact étroit avec les volcanologues et des responsables locaux, compte tenu de l’activité éruptive du Mayon, l’un des 24 volcans actifs du pays.
Le directeur du PHIVOLCS a déclaré qu’il s’agissait d’une opération très risquée. « C’est une course contre la montre et c’est une question de vie ou de mort, mais il y a aussi le risque de chutes de pierres et de lahar. » Les sauveteurs devaient entrer dans la zone de danger permanente de 6 km autour du volcan.
Le Mayon est actuellement en niveau d’alerte 2 sur 5, ce qui signifie que des séismes volcaniques, des émissions de vapeur et de gaz, des déformations du sol et des explosions de cendres et de vapeur ont été détectés sporadiquement. Le niveau d’alerte 5 signifie qu’une éruption volcanique majeure est en cours.
Source  : médias d’information philippins.

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We are not able to predict volcanic activity, even in the short term, all the less on active volcanoes of the Pacific Ring of Fire. It may become a problem when it comes to rescuing persons on one of thes volcanoes. Such a situation occurred on Mount Mayon (Philippines) where authorities wanted to verify whether the wreckage of a small plane spotted near the crater of the volcano was that of a Cessna 340 that went missing with four people – two Filipino pilots and two Australian passengers – on board over the past weekend. The plane, which was bound for Manila, took off from Albay province on February 18th, 2023, but has not been heard from since that time. The Australians were working for a geothermal power company.

During an aerial search, authorities spotted the suspected wreckage, scattered about 350 meters near the crater on the southwestern slope of Mayon but there was no indication of people. Experts and investigators wanted to examine the wreckage to determine if it was the missing Cessna plane and to determine the fate of the four people on board.

A ground search was hampered by rainy weather over the weekend and dozens of search and rescue personnelexpected to scale Mayon (2462 m) if the weather cleared on February 20th. The search teams would be closely monitored by volcano experts and local officials given the restiveness of Mayon, one of the country’s 24 active volcanoes.

The PHIVOLCS director said it was a very risky operation. “It’s a race against time and it’s a matter of life and death but there’s also the danger of rockfalls and volcanic lahar.” Rescuers would have to enter the 6-km permanent danger zone around the volcano.

Mount Mayon is currently under the second of five volcano alert levels, meaning volcanic earthquakes, steam and gas emissions, ground deformation and intermittent ash and steam blasts have been sporadically detected. Alert five means a major and deadly volcanic eruption is underway.

Source : Philippine news media.

Le cône parfait du Mayon cache un redoutable tueur (Photos: Wikipedia)

« Fire of Love » en route vers la gloire !

Fire of Love, le film de l’Américaine Sara Dosa qui raconte la vie passionnée de Katia et Maurice Krafft est en train de gravir les marches de la gloire. Il est en lice dans la catégorie ‘Documentaire’ aux Baftas, les récompenses britanniques du cinéma qui seront décernées le 19 février prochain. Le film est également nominé à la cérémonie des Oscars qui aura lieu le 12 mars à Los Angeles. Le documentaire a déjà récolté plusieurs prix, notamment celui du montage au Sundance Film Festival, festival américain de cinéma indépendant qui se tient chaque année à Park City et Salt Lake City dans l’Utah.

Après avoir été conservées près de vingt ans par une association de Nancy, les images ô combien spectaculaires prises par le couple de volcanologues ressurgissent dans Fire of Love.

Après la disparition de Katia et Maurice sur le Mont Unzen au Japon le 3 juin 1991, le « fonds Krafft » ( 300 000 diapositives prises par Katia et 800 bobines de films en 16 mm tournés par Maurice), avait été confié en 2003 par Bertrand Krafft, frère du volcanologue, à Image’Est*, une association de conservation du patrimoine cinématographique et audiovisuel située à Nancy.

Jusqu’à ce qu’une productrice canadienne décide d’exploiter ce trésor. Mathieu Rousseau – que je salue ici – chef de projet au pôle patrimoine d’Image’Est*, a pu fournir 150 heures de rushs originaux après un long travail de numérisation et de restauration.

Katia, et surtout Maurice, étaient de remarquables vulgarisateurs. La voix tonitruante de Maurice lors d’une conférence présentée à Limoges – où je l’ai rencontré pour la première fois – résonne encore dans mes oreilles. Désireux de partager leurs connaissances et de sensibiliser les autorités aux risques, les Krafft ont conçu la Maison du Volcan sur l’île de la Réunion et sont à l’origine du parc Vulcania, en Auvergne.

* A noter que le fonds Krafft a quitté Image’Est, après avoir été racheté par le producteur Julien Dumont (Titan films) qui a pour projet de créer un musée des sciences de la terre à Lyon.

Voici la bande-annonce du film :

https://youtu.be/-_7XADmKVL0

Source: Wikipedia

Photo: C. Grandpey

L’agitation de l’Askja (Islande) [suite] // Unrest at Askja Volcano (Iceland) [continued]

Dans une note publiée le 12 février 2023, j’indiquais que des images satellites de l’Askja montrent des trous dus à la fonte de la glace à la surface de l’Oskjuvatn ; ils sont plus grands que les années précédentes. Les scientifiques ont déclaré que les trous ne peuvent s’expliquer que par une augmentation de l’activité hydrothermale dans le lac.
Des scientifiques de l’Université d’Islande ont survolé l’Askja à bord d’un avion de la Garde côtière le 16 février et ont pu observer la fonte anormalement rapide de la glace sur Öskjuvatn. D’habitude, l’eau est gelée jusqu’en avril. Une image satellite du 13 février (voir ci-dessous) montre que la neige a fondu sur les pentes à l’est d’Öskjuvatn. La glace a également fondu sur la moitié du lac, qui couvre une superficie de 1 100 hectares.
Les scientifiques sont convaincus que la fonte de la glace est causée par la chaleur due à l’activité hydrothermale. Ils attendent maintenant les résultats des instruments qui étaient à bord de l’avion de la Garde côtière, tels que les données radar et de température. L’équipe scientifique a largué un appareil GPS, une balise et un thermomètre depuis l’avion dans l’Öskjuvatn. Comme je l’ai déjà écrit, la terre s’est élevée de 50 centimètres depuis août 2021 et une chambre magmatique s’est formée sous le volcan. Des chercheurs de l’Université de Cambridge pensent qu’il y a au moins dix kilomètres cubes de magma sous le volcan
Les volcanologues islandais ne s’attendent pas à une éruption à court terme, mais reconnaissent leur incapacité à prévoir un tel événement. Ils pensent qu’ils en verront les signes annonciateurs sur les sismomètres du MET Office quelques heures ou quelques jours avant qu’il se produise.
Les touristes ne visitent pas l’Askja à cette période de l’année. Il faudra intensifier la surveillance du volcan lorsque le printemps arrivera et les touristes aussi.
Source : Iceland Review.

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In a post published on February 12th, 2023, I indicated that a series of satellite images of Askja showed large thaw holes in the ice on Oskjuvatn, as compared to previous years. Scientists then said that the holes were big and could only be explained by increased geothermal heat in the water.

University of Iceland scientists flew a Coast Guard plane over Askja on February 16th and could observe the unusually quick melting of ice on Öskjuvatn. The water is normally frozen until April. A satellite image from February 13th (see below) shows that snow had melted on the slopes east of Öskjuvatn. Ice had also melted from half of the lake, which covers an area of 1,100 hectares.

Scientists are convinced that the melting is caused by geothermal heat. They are now waiting for the results from instruments on board the Coast Guard plane, such as radar and temperature data. The team also dropped a GPS device, a buoy, and a thermometer from the plane into Öskjuvatn lake. As I put it before, the land has risen by a total of 50 centimetres since August 2021, and a magma chamber has formed underneath. Researchers at Cambridge University assume that there are at least ten cubic kilometres of magma beneath the volcano

Icelanding volcanologists do not expect an eruption in the short term, but they don’t know for sure. They think they will see the signs of an eruption on the seismometers at the MET Office some hours or days before it happens.

Tourists are not visiting the Askja volcano at this time of year. It will be necessary to monitor conditions closely when spring comes and tourists arrive.

Source : Iceland Review.

 

Image satellite des zones de fonte dans l’Oskjuvatn le 13 février 2023 (Source : Iceland Review)