White Island (Nouvelle Zélande): Les recherches restent vaines // Two persons are still missing

La police a annoncé le 15 décembre que le bilan de l’éruption de White Island  est passé à 18 morts. Les recherches terrestres et en mer menées dimanche n’ont pas permis de repérer les corps des deux dernières personnes portées disparues. Les recherches vont toutefois continuer.

Vingt-six personnes sont toujours hospitalisées en Nouvelle-Zélande et en Australie, dont un grand nombre dans un état qualifié de « critique » par les médecins.

Les scientifiques affirment que l’activité du volcan n’est plus aussi importante que lundi dernier, mais que le risque d’éruption demeure. Une lueur était toujours visible dans la nuit au niveau de la cheminée volcanique, ce qui confirme la présence d’un important flux thermique. Des observations aériennes dimanche matin ont permis de constater que le cratère émettait des gaz volcaniques en grande quantité et à une température supérieure à 200°C.

Une minute de silence a été observée ce lundi en Nouvelle Zélande et en Australie en hommage aux victimes.

Source : Presse néo-zélandaise et australienne.

——————————————————

Police announced on December 15th that the death toll from the White Island eruption has risen to 18. Land and sea searches conducted on Sunday failed to locate the bodies of the last two missing persons. Research will continue, however.
Twenty-six people are still hospitalized in New Zealand and Australia, many of them in a condition described by doctors as « critical ».
Scientists say activity athe volcano is less intense than last Monday, but the risk of an eruption remains. A glow was still visible at night in the volcanic chimney, which confirms the presence of a significant thermal flux. Aerial observations on Sunday morning revealed that the crater emitted volcanic gases in large quantities and at a temperature above 200°C.
A minute of silence was observed this Monday in New Zealand and Australia in tribute to the victims.
Source: New Zealand and Australian press.

Photo: C. Grandpey

White Island (Nouvelle Zélande): A qui la faute? // Whose fault was it ?

En Nouvelle-Zélande, c’est comme en France: quand des catastrophes surviennent, on cherche des responsables. Après le drame de White Island, certains se sont demandés qui était en charge de la sécurité des touristes et, en cas de manquements, qui serait tenu pour responsable.
Certaines personnes se demandent également si les touristes auraient dû être autorisés à visiter l’île alors que le niveau d’alerte était à 2,  signe d’une activité volcanique en cours, en sachant que de telles visites sont organisées depuis des années.
Une chose est sure: les personnes qui ont été blessées lors de l’éruption ne pourront pas intenter de poursuites civiles en Nouvelle-Zélande contre les agences de voyages qui les ont conduites sur l’île ou contre toute autre personne. En effet, le régime d’indemnisation des accidents en Nouvelle-Zélande, géré par le gouvernement, couvre le coût de tous les traitements de blessures subies dans le pays, y compris pour les étrangers. Sa couverture, à laquelle les blessés ne peuvent se soustraire, leur interdit également de poursuivre autrui pour négligence.
Toutefois, le personnel d’une agence de voyages pourraient être poursuivi en vertu des lois néo-zélandaises sur la santé et la sécurité au travail si des manquements étaient constatés. Une telle poursuite serait plus probable qu’une accusation d’homicide involontaire. La loi, introduite en 2015 après l’explosion d’une mine en 2010 qui a tué 29 ouvriers sur l’île du Sud, prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et des amendes de 3 millions de dollars néo-zélandais (2 millions de dollars américains), pour quiconque ne parvient pas à assurer la sécurité des gens, y compris des visiteurs, dans un lieu de travail, bien que personne n’ait encore été condamné à une peine de prison en vertu de cette loi.
La situation de White Island est très particulière. D’une part, c’est un volcan actif dont le cratère est très accessible. D’autre part, il est privé car il appartient à une famille. De ce fait, il se trouve dans une position inhabituelle aux yeux de la loi car ses affaires quotidiennes sont administrées par un organisme gouvernemental et non par les autorités locales.
Les activités touristiques à White Island sont, depuis des années, guidées – mais non dictées – par un niveau d’alerte établi par les scientifiques qui, selon certaines personnes, doit être révisé.

Comme je l’ai écrit précédemment, le bulletin publié par GNS Science le 3 décembre 2019 indiquait que l’activité volcanique « ne présentait pas de danger direct pour les visiteurs ». La façon dont sont interprétées les informations fournies par les scientifiques varie d’un endroit à l’autre, et certains analystes disent le système devrait être plus cohérent. Par exemple, le Ruapehu est une autre destination volcanique très populaire en Nouvelle-Zélande. Il est géré par le Department of Conservation qui décide si les skieurs doivent être autorisés à accéder aux pentes les plus hautes, et donc les plus proches du cratère. Le Ruapehu est très différent de Whites Island: Sur le Ruapehu, la partie la plus haute du domaine skiable se trouve à quatre kilomètres du cratère, tandis que le débarcadère à White Island est à seulement 700 mètres du cratère.
Il existe actuellement un flou concernant les mesures sécurité à l’attention des touristes qui ont pénétré sur White Island, que se soit au niveau de la famille qui est propriétaire de l’île et délivre des autorisations d’accès aux voyagistes, ou au niveau des voyagistes eux-mêmes. [NDLR : Comme je l’ai indiqué précédemment, il semble que l’agence de voyages néo-zélandaise avait assuré la sécurité en fournissant des casques et des masques à ses clients]
Il y a déjà eu des débats sur l’accès des touristes à d’autres volcans du monde, comme le Mont Ontake au Japon, où 63 personnes sont mortes en 2014, le Yasur au Vanuatu, où il y a eu plusieurs morts ces dernières années. Les responsables du tourisme néo-zélandais ont déclaré que la notion de risque à White Island devrait être examinée attentivement.
Source: The Guardian, The New Zealand Herald.

NDLR: S’agissant de White Island, je pense qu’à l’avenir – si le volcan est de nouveau ouvert au tourisme – il faudra éviter de faire accéder autant de personnes à la fois (elles étaient 47 le 9 décembre!) dans le cratère. Quand je suis entré dans le cratère en 2009, nous étions cinq visiteurs. Avec un petit groupe, les pertes seraient moindres et les recherches plus faciles. White Island est un volcan actif potentiellement dangereux; ce n’est pas la Foire du Trône!

°°°°°°°°°°

Les plongeurs de la police continuent aujourd’hui de fouiller les eaux autour de White Island pour à la recherche des deux dernières victimes, après que six corps aient été récupérés hier dans le cratère. L’eau autour de l’île est contaminée, ce qui oblige les plongeurs à prendre des précautions supplémentaires pour assurer leur sécurité. Ils ont expliqué avoir vu un certain nombre de poissons et d’anguilles morts échoués et flottant dans l’eau. A chaque remontée, les plongeurs suivent une opération de contamination à l’eau douce.
Les sauveteurs espèrent également effectuer de nouvelles recherches dans le cratère. Huit membres des forces armées porteront des vêtements de protection dotés d’un appareil respiratoire en circuit fermé pour se prémunir contre les gaz toxiques.

Une semaine après le drame, une minute de silence sera observée dans toute la Nouvelle Zélande le 16 décembre à 14h11, heure à laquelle a débuté l’éruption de White Island.
Source: New Zealand Herald.

°°°°°°°°°°

11 h 00 (heure française) – 23 h 00 (heure néo-zélandaise): La police vient de confirmer qu’une autre personne était décédée à la suite de l’éruption sur White Island, ce qui porte le bilan officiel à 15 morts. Cette personne était soignée à l’hôpital de Waikato.
Deux autres personnes sont toujours portées disparues. La police a indiqué envisage de retourner à White Island demain pour essayer de retrouver les deux corps. L’opération se fera en fonctions des conditions météo dans la matinée.

°°°°°°°°°°

23 heures (heure française) – 11 heures le 15 décembre en NZ): La mission pour retrouver les corps des deux dernières victimes de l’éruption de White Island s’est soldée par un échec ce matin. Les hommes sont revenus sur le continent (c’est-à-dire l’île du Nord) après avoir passé 75 minutes dans le cratère. Ils étaient arrivés sur site juste après 8h30 et disposaient de 75 minutes d’oxygène. Comme pour la mission précédente, celle d’aujourd’hui était subordonnée aux risques encourus qui ont été et seront continuellement évalués.

Dans le même temps, une seizième personne est décédée à l’hôpital en Australie. Une vingtaine d’autres restent hospitalisées avec de très graves brûlures.

————————————————–

New Zealand is like France: when disasters happen, people look for those who can be held responsible for them. After the White Island eruption, questions are being asked about who was responsible for the safety of tourists and, if failings are found, who will be held accountable.

Some people wonder whether tourists should have been allowed to visit the island while the alert level was at 2, which meant volcanic unrest, knowing that such visits have been organised for years.

One thing is already clear: those injured in the eruption will be prevented from bringing civil lawsuits in New Zealand against the tour companies who took them to the island, or anyone else. Indeed, New Zealand’s accident compensation scheme, run by the government, covers the cost of all treatment for injuries sustained in New Zealand, including for foreigners. Its coverage, which the injured cannot opt out of, bars them from suing for negligence.

However, named individuals from a tour company could be prosecuted under New Zealand’s workplace health and safety laws if failings were found. Such a prosecution is more likely than a criminal manslaughter case. The law, introduced in 2015 after a 2010 mine explosion that killed 29 workers on New Zealand’s South Island, threatens penalties of up to five years in prison and fines of 3 million NZ dollars (2 million US dollars), for anyone failing to keep people, including visitors, safe in a place of work, although no one has been sentenced to a jail term under it.

White Island’s situation is quite unique. On the one hand, it is an active volcano that is highly accessible right up to its crater. On the other hand, it is privately owned by a single family and in an unusual regulatory position where its day-to-day affairs are administered by a government agency, rather than by the local council.

Its tourism operations have for years been guided, but not dictated, by a scientific alert level that some commentators say must now be reviewed.

As I put it before, the bulletin issued by GNS Science on December 3rd said the current activity “did not pose a direct hazard to visitors.” How the information provided by the science agency is enacted varies from place to place, and some analysts say the system should be more consistent. For example, Ruapehu is another popular destination in New Zealand. It is owned by the country’s Department of Conservation which decides whether skiers should be allowed on its upper slopes. Ruapehu is very different from Whites Island: On Ruapehu, the top of the ski field is four kilometres from the crater while the boat landing place at White Island is 700 metres from the crater.

It is not clear what safety decisions were made about tourists accessing White Island by the family who privately owns the island and issues leases to tour operators, or solely by the operators themselves.

While there have been debates about tourist access to other volcanoes around the world, like Japan’s Mt Ontake, where 63 people died in 2014, Mt Yasur, in Vanuatu, where there have been several deaths in recent years, tourism analysts in New Zealand said the risks of  White Island would need to be examined more closely.

Source : The Guardian, The New Zealand Herald.

Personal thought: As far as White Island is concerned, I think that in the future – provided the volcano is again open to tourism- one should reduce the number of people (they were 47 on December 9th!) in the groups allowed to visit the crater. When I entered the crater in 2009, we were 5 visitors. With a small group, the losses would be minor and the research easier. White Island is an active, potentially dangerous, volcano, not Luna Park!

°°°°°°°°°°

Police divers are continuing to search the waters around White Island for the last two missing victims after six bodies were recovered from the volcano yesterday.. The water around the island is contaminated, requiring the divers to take extra precautions to ensure their safety. They have reported seeing a number of dead fish and eels washed ashore and floating in the water. Each time they surface, the divers are decontaminated using fresh water.

The rescuers also hope to conduct new land searches. Eight Defence Force members will wear full protective clothing, including closed-circuit breathing apparatus to guard against the toxic gases.

One week after the disaster, a minute of silence will be observed all over newZealand on December 16th at 2:11 pm; it was the time when the White Island eruption started.

Source: New Zealand Herald.

°°°°°°°°°°

11:00 am (French time) – 11:00 pm (NZ time) : Police have just confirmed a further person has died following the eruption on White Island, bringing the official toll to 15. The person was earlier being treated at Waikato Hospital.

Two more bodies are still missing. Police have indicated they intend to return to White Island tomorrow for a land search for the two bodies still unaccounted for, pending conditions in the morning.

°°°°°°°°°°

23:00 (French time – 11 :00 am on December 15th in NZ)): The body recovery team has returned to the mainland (meaning the North Island) after spending 75 minutes on White Island this morning without any success. The team arrived ashore just after 8.30 am today and had enough oxygen for 75 minutes. As with the first recovery operation, today’s plan was contingent on a range of risk factors which had been, and would continually be, assessed.

Meantime, a 16th person has died in an Australian hospital. Two dozen others are still in hospital, suffering from very serious burns.

Fumerolle et lac acide à White Island (Photo: C. Grandpey)

1914: Dix mineurs périssent à White Island (Nouvelle Zélande) // Ten miners died at White Island (New Zealand)

  Quand j’ai mis le pied sur White Island en 2009, j’ai été fasciné par ce lieu désertique où les seuls bruits que l’on perçoit sont les glougloutements des mares de boue et le sifflement des jets de vapeur qui s’échappement des évents dans les falaises, signes évidents que le volcan ne dort que d’un oeil.

Dans la partie sud de l’île on peut encore voir les restes d’une structure d’exploitation du soufre abandonnée en 1934, mais qui nous rappelle que vingt années auparavant, dix mineurs ont perdu la vie en ces lieux et que leurs corps n’ont jamais été retrouvés.

Le 7 septembre 1914, dix hommes débarquent sur l’île où ils doivent séjourner plusieurs semaines afin d’exploiter les dépôts de soufre. Albert Mokomoko, le pilote du bateau qui est parti d’Opotiki avec les ouvriers à son bord, promet de revenir la semaine suivante en apportant des vivres et le courrier.

Le 10 septembre, les habitants sur la côte de la Bay of Plenty aperçoivent des nuages noirs qui montent dans le ciel au-dessus de White Island tandis que le vent du large apporte une odeur de soufre inhabituelle.

Le 15 septembre, comme promis, Albert Mokomoko quitte le petit port d’Opotiki et navigue en direction de White Island. La mer est mauvaise et il ne lui est pas possible d’accoster sur l’île. Personne ne répond aux appels qu’il lance en direction du site d’exploitation du soufre.

De retour à Opotiki, il fait par de son inquiétude à ses proches. Les jours suivants, la mer est encore trop forte pour retourner à White Island. Ce n’est que le 19 septembre qu’il peut y débarquer et il se rend compte immédiatement qu’un drame s’est produit. Une large portion de la falaise littorale s’est effondrée et a enseveli l’embarcadère, interdisant tout accostage. Il n’y a aucun signe de vie. Albert Mokomoko rentre en hâte vers Opotiki pour chercher du secours.

L’angoisse s’est emparée de la population mais il reste l’espoir que les mineurs ont eu le temps de fuir par la mer comme l’avaient fait les ouvriers qui travaillaient sur l’île dans les années 1880.

Quand des sauveteurs débarquent finalement sur White Island, ils comprennent tout de suite ce qui s’est passé. Peut-être à cause d’un petit séisme, toute une partie du cône volcanique, minée par les fumerolles,  s’est effondrée dans le lac acide d’eau bouillante à l’intérieur du cratère. L’eau du lac s’est alors transformée en une rivière de boue très chaude qui s’est dirigée vers la mer, emportant tout sur son passage. Les infrastructures de la mine de soufre sont totalement détruites. Les mineurs ont probablement été ensevelis sous plusieurs mètres de débris ou ont été emportés  par la rivière de boue et projetés dans la mer qui se trouve cinquante mètres en dessous de Troops Head. Le seul survivant de la catastrophe est le chat – Peter the Great – que l’on retrouve trois semaines plus tard, indemne mais affamé.

On pense que l’effondrement de la falaise a eu lieu pendant la nuit et que les mineurs ont été surpris pendant leur sommeil, leur interdisant toute fuite.

Source: « Killer Volcanoes » – Claude Grandpey (CéGé Editions), aujourd’hui épuisé.

°°°°°°°°°°

Dernière minute: Les autorités néo-zélandaises indiquent qu’une opération de recherche aura lieu le vendredi 13 décembre dès l’aube pour tenter de retrouver les corps des 8 personnes portées disparues à White Island. Le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 2, sur une échelle de 5.

°°°°°°°°°°

20 heures (heures française) : L’opération de police visant à retrouver les huit corps victimes de l’éruption de White Island est en cours. Elle a commencé dès l’aube. Il fait suite à des journées de grande frustration de la part des familles en deuil qui ont dû attendre plusieurs jours avant que cette délicate mission puisse avoir lieu.

°°°°°°°°°°

22h30: Six corps sont en cours d’évacuation vers le continent.

——————————————-

When I set foot on White Island in 2009, I was fascinated by this desert place where the only noises that we perceive are the gurgling mud pools and the hissing steam jets that escape from the vents in the cliffs, obvious signs that the volcano only sleeps with one eye.
In the southern part of the island we can still see the remains of a structure of exploitation of sulfur abandoned in 1934, but which reminds us that twenty years ago, ten miners lost their lives in this place and that their bodies have never been found.
On 7 September 1914, ten men landed on the island where they were expected to stay for several weeks to exploit the sulfur deposits. Albert Mokomoko, the pilot of the boat that left Opotiki with the workers on board, promised to return the next week to bring food and mail.
On September 10, people on the Bay of Plenty’s coastline saw black clouds rising in the sky above White Island while the offshore wind brought an unusual smell of sulfur.
On September 15, as promised, Albert Mokomoko left the small port of Opotiki and sailed for White Island. The sea was rough and it was not possible to land on the island. Nobody answered his calls to the sulfur mining site.
Back in Opotiki, he said to his relatives that he was worried. The following days, the sea was still too rough to return to White Island. It was only September 19 that he could disembark and he immediately realized that a tragedy had occurred. A large portion of the coastal cliff had collapsed and buried the pier, prohibiting any berthing. There was no sign of life. Albert Mokomoko hurried back to Opotiki for help.
Anguish had taken hold of the population, but there was still hope that the miners had had time to flee by the sea, as did the workers who worked on the island in the 1880s.

When rescuers finally landed on White Island, they immediately understood what had happened. Perhaps because of a small earthquake, a whole part of the volcanic cone, mined by fumaroles, had collapsed in the acid lake of boiling water inside the crater. The lake water then turned into a very hot muddy river that headed towards the sea, taking everything in its path. The infrastructure of the sulfur mine was totally destroyed. The miners were probably buried under several meters of debris or were washed away by the muddy river and thrown into the sea, which is fifty meters below Troops Head. The only survivor of the disaster was the cat – Peter the Great – which was found three weeks later, unhurt but hungry.
It is believed that the collapse of the cliff occurred during the night and that the miners were surprised during their sleep, so that they had no time to flee.
Source: « Killer Volcanoes » – Claude Grandpey (CéGé Editions), now out of print.

°°°°°°°°°°

Last minute: New Zealand officials say they’ll begin Friday, December 13th  to try and recover 8 victims’ bodies believed to remain on White Island. The alert level has been lowered to 2, on a scale of 5.

°°°°°°°°°°

20:00 (French time): The police operation to retrieve the eight bodies on White Island is under way. The retrieval operation began at first light. It follows days of growing frustration from grieving families who had to wait several days before the hazardous mission could take place.

°°°°°°°°°°

22:30: Six bodies are being airlifted to the continent.

Photo: C. Grandpey

On ne sait pas prévoir une éruption phréatique ! // A phreatic eruption can’t be predicted!

La volcanologie actuelle ne sait pas prévoir beaucoup d’éruptions; en tout cas les volcanologues ne sont pas en mesure de prévoir un événement comme celui qui s’est produit à White Island. En effet, de telles éruptions hydrothermales ou phréatiques sont soudaines; elles se produisent sans prévenir et sont déclenchées par de la vapeur et du gaz portés à haute température et soumis à de très fortes pressions. Souvent, cette vapeur et ce gaz s’accumulent derrière un bouchon de matériaux, et lorsque ce bouchon ne peut plus résister à la pression des gaz, une éruption explosive se produit.
Les scientifiques pensent que le gaz à l’origine de l’éruption provient probablement d’une source magmatique assez profonde, mais le magma proprement dit n’est pas forcément directement impliqué dans le processus éruptif. L’expansion de l’eau en vapeur se passe à très grande vitesse. Des simulations ont montré que le liquide en se dilatant peut atteindre jusqu’à 1 700 fois son volume d’origine.

La dernière éruption de White Island n’est pas exceptionnelle. L’histoire montre que plus de 60 éruptions de ce type se sont produites sur les volcans de Nouvelle-Zélande au cours du siècle dernier. Parmi les plus récentes figurent celle de 2012 au cratère Te Maari du Tongariro; l’éruption de 2007 au Mont Ruapehu, ou encore une éruption sur Raoul Island en 2006.
On pourrait citer aussi la soudaine éruption du Mt Ontake (Japon) le 27 septembre 2014, avec un panache de cendre et des projections de blocs qui ont pris par surprise des centaines de randonneurs qui se trouvaient sur les flancs du volcan. Les images diffusées sur Internet à l’époque ne laissent guère de doute sur l’origine phréatique ou phréato-magmatique de l’événement. Le bilan fut très lourd, avec une cinquantaine de morts et une quarantaine de blessés souffrant souvent de multiples fractures. L’agence météorologique japonaise a relevé le niveau d’alerte du Mont Ontake à 3 sur une échelle de 1 à 5, mais il était trop tard!

Dans une note publiée le 6 décembre 2019, j’indiquais que, selon les volcanologues de GNS Science, «une activité modérée» continuait à White Island. Des émissions de gaz, de vapeur et des projections de boue étaient observées au niveau d’une bouche situé à l’arrière du lac de cratère. Le niveau d’alerte volcanique restait à 2 et la couleur de l’alerte aérienne était maintenue au Jaune. GNS Science ajoutait que cette activité était présente depuis fin septembre 2019, même si elle était devenue plus fréquente. Aucune cendre volcanique n’était observée. Le tremor volcanique restait à des niveaux modérés, avec quelques variations périodiques correspondant à des épisodes de projections de gaz et de vapeur sous pression et une activité de geyser. La situation présentait quelques similitudes avec celle observée au cours de la période 2011-2016, époque où White Island avait connu une activité volcanique plus intense.
Ce rapport montre qu’il n’y avait donc pas d’inquiétude particulière concernant White Island début décembre et la situation semblait relativement normale. Il n’y avait absolument aucune indication d’une éruption phréatique imminente. Les projections de gaz et de vapeur sous pression semblaient au contraire prouver que cette pression s’évacuait normalement. Si j’avais été en Nouvelle-Zélande à l’époque, j’aurais probablement décidé d’aller visiter White Island!

Source : GNS Science, University of Auckland.

Dernières nouvelles : L’activité volcanique s’est intensifiée à White Island le 10 décembre 2019, ce qui a retardé les tentatives de récupération des corps des huit personnes tuées par l’éruption. GeoNet a déclaré que « le tremor volcanique avait considérablement augmenté, preuve que la pression des gaz reste élevée. » Un drone a été envoyé au-dessus de White Island pour analyser les gaz toxiques, et la police devait s’entretenir avec des scientifiques du GNS avant de décider si la sécurité était suffisante pour retourner sur l’île.

Sur les 47 personnes qui se trouvaient sur l’île au moment de l’éruption, 39 ont été évacuées. Six sont décédées. Huit autres personnes sont toujours portées disparues et sont probablement mortes. Parmi les survivants, 30 sont toujours à l’hôpital – 24 dans les unités de grands brûlés brûlés, tandis que les six autres y seront transférés dès que possible. Trois personnes sont sorties de l’hôpital.
Source: New Zealand Herald.

°°°°°°°°°°

20 heures (heure française): Comme on le redoutait, deux personnes hospitalisées suite à l’éruption de White Island viennent de décéder, portant le bilan à 8 morts.

———————————————–

Current volcanology is not able to predict many eruptions. In any case, it could not have predicted the devastating one that occurred at White Island. Indeed, such hydrothermal, or phreatic, eruptions are sudden; they occur without warning and are triggered by super-heated steam and gas. Often, this steam and gas build up behind a seal of materials, and when the strength of that seal is exceeded by the gas pressure, an explosive eruption is unleashed.

Scientists think the gas driving the eruption probably comes from a deeper source of magma, but the magma itself may not be directly involved. The expansion of water into steam is happening at very high speed. Simulations have shown that the liquid can expand to 1,700 times its original volume.

White Island’s last eruption was not exceptional. There is evidence to show that more than 60 of these blasts occurred at New Zealand volcanoes within the last century. Recent examples included the 2012 events at Mt Tongariro’s Te Maari Crater; the 2007 explosion at Mt Ruapehu, and another eruption on Raoul Island in 2006.

There is also the example of the very sudden eruption of Mt Ontake (Japan) on September 27th, 2014, with a plume of ash and blocks that  took by surprise hundreds of hikers who were on the flanks of the volcano. The images posted on the Internet left little doubt about the phreatic or phreato-magmatic origin of the event. The toll was very heavy, with about 50 dead and forty wounded, often suffering from multiple fractures. Japan’s Meteorological Agency raised the alert level for Mount Ontake to 3 on a scale of 1 to 5, but it was too late!

In a post released on December 6th, 2019, I indicated that, according to GNS Science volcanologists, “moderate volcanic unrest” continued at White Island, with substantial gas, steam and mud bursts observed at the vent located at the back of the crater lake. The volcanic alert level remained at 2, and the aviation colour code was kept at Yellow.

GNS Science added that this activity had been present since late September 2019, although it was occurring more frequently now. No volcanic ash was observed. The volcanic tremor remained at moderate levels, with some periodic variations corresponding with episodes of increased gas-steam jetting and geysering. The situation bore some similarities with the one observed during the 2011-2016 period when White Island went through stronger volcanic activity.

This report shows that there were no special worries about White Island in early December where the situation looked fairly normal. There was absolutely no indication of an upcoming phreatic eruption. The “gas-steam jetting” rather seemed to prove that pressure was evacuated normally. Had I been in New Zealand at the time, I would probably have decided to go and visit White Island!

Source: GNS Science, University of Auckland.

Latest news: Volcanic activity on White Island increased on December 10th, 2019, which delayed authorities’ attempts to retrieve the eight bodies still on the island. GeoNet said that « volcanic tremor has significantly increased, indicating that volcanic gas pressure remains high. » A drone has been sent over White Island to test for toxic gas, and police were expected to speak with GNS scientists before deciding whether it was safe to return to the island.

Of the 47 people who were on the island at the time of the eruption, 39 have been brought off the island. Six of those have been confirmed dead. A further eight people are still missing on the island and are presumed dead. Among the survivors, 30 are still in hospital – 24 in regional burns units, while the other six will be transferred as soon as possible. Three have been discharged.

Source: New Zealand Herald.

°°°°°°°°°°

20:00 (French time): As was feared, two more victims of the White Island eruption have died overnight in hospital, taking the official toll to eight.

Cette photo diffusée par le Helicopter Rescue Trust montre la violence de l’explosion qui a balayé le cratère de White Island

Vue du Mt Ontake (Japon) après l’éruption du 27 septembre 2014

[Source: JMA]