Une étude publiée dans la revue Science le 20 octobre 2023 nous apprend que l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai du 15 janvier 2022 a entraîné une perte soudaine et importante d’ozone dans la stratosphère. Les chercheurs ont découvert que l’éruption avait injecté une quantité sans précédent de vapeur d’eau dans cette même stratosphère, ce qui a provoqué des réactions chimiques en chaîne et entraîné un appauvrissement rapide de la couche d’ozone.
L’événement a en effet entraîné en seulement une semaine une réduction de 5 % de la couche d’ozone au-dessus du sud-ouest tropical du Pacifique et de l’Océan Indien. Une telle baisse en pourcentage est remarquable, étant donné que le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique connaît un appauvrissement allant jusqu’à 60 % de septembre à novembre chaque année.
Comme je l’ai écrit précédemment, l’éruption a atteint des altitudes incroyables, jusqu’à 55 km au-dessus du niveau de la mer et elle a injecté une quantité sans précédent de vapeur d’eau dans la stratosphère. De ce fait, l’éruption a représenté 10 % de la charge moyenne totale de vapeur d’eau dans la stratosphère à l’échelle de la planète. En utilisant un ensemble de mesures effectuées par des ballons et des données satellitaires, les chercheurs ont pu identifier les effets de l’éruption sur divers composants chimiques atmosphériques, notamment les compisés de brome et de chlore, l’oxyde d’azote (NO) et, plus important encore, l’ozone (O3).
Les données ont révélé que l’augmentation de la vapeur d’eau dans la stratosphère a joué un rôle crucial dans la chaîne d’événements qui a suivi. Cette vapeur d’eau a entraîné une humidité relative plus élevée et un refroidissement radiatif de la stratosphère. Cela a à ensuite permis une série de réactions chimiques à la surface des aérosols volcaniques. Ces réactions ont activé des composés chlorés tels que le monoxyde de chlore (ClO) à partir du chlore inactif (chlorure d’hydrogène, HCl). La diminution du chlorure d’hydrogène de 0,4 partie par milliard en volume (ppbv) et l’augmentation du ClO de 0,4 ppbv ont fourni des preuves irréfutables de l’activation du chlore, ce qui a finalement conduit à la destruction rapide des molécules d’ozone. Au final, on peut dire que l’injection volcanique de vapeur d’eau (H2O), de dioxyde de soufre (SO2) et de chlorure d’hydrogène (HCl), ont favorisé une conversion rapide des composés chlorés en molécule de chlore à la surface des aérosols volcaniques hydratés et une diminution de l’ozone dans la stratosphère.
L’étude met l’accent sur l’interaction complexe entre les émissions volcaniques et la chimie atmosphérique. Elle offre également des informations précieuses sur la manière dont les événements météorologiques extrêmes peuvent affecter notre compréhension de l’appauvrissement rapide de la couche d’ozone dans certains panaches volcaniques. Les caractéristiques uniques de l’éruption du Hunga Tonga, telles que son altitude d’injection élevée et les grandes quantités de vapeur d’eau, ont fourni aux chercheurs des données qui font progresser considérablement notre compréhension de ces processus complexes. Les résultats ont également des implications plus larges pour la compréhension des effets atmosphériques liés aux réchauffement climatique.
On peut voir sur le site de l’Observatoire des Sciences de l’Université de la Réunion (OSU-Réunion) un schéma illustrant le processus de destruction rapide de l’ozone à la suite de l’éruption du Hunga Tonga
L’encadré en haut à gauche de l’image montre que le profil d’ozone du 22 janvier 2022 (ligne noire) contraste avec la climatologie de La Réunion (ligne rouge), montrant un déclin notable.
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A study published in Science on October 20th, 2023 informs us that the January 15th, 2022 Hunga Tonga–Hunga Ha’apai eruption led to a sudden and significant loss of stratospheric ozone. Researchers found that the eruption injected an unprecedented amount of water vapor into the stratosphere, causing chemical reactions that resulted in rapid ozone depletion.
The event led to a 5% reduction of ozone above the tropical southwestern Pacific and Indian Ocean within just one week. Such a percentage drop is noteworthy, given that the Antarctic ozone hole experiences up to a 60% depletion from September to November each year.
As I put it before, the eruption reached altitudes of up to 55 km above sea level and injected an unparalleled amount of water vapor into the stratosphere. Specifically, the eruption accounted for 10% of the total global mean stratospheric water vapor burden. Utilizing a combination of balloon measurements and satellite data, the researchers were able to pinpoint the effects of the eruption on various atmospheric chemical components, including bromine and chlorine species, nitrogen oxide (NO), and, most significantly, ozone (O3).
Data revealed that the increase in stratospheric water vapor played a crucial role in the ensuing chain of events. The water vapor led to higher relative humidity and radiative cooling in the stratosphere. This, in turn, enabled a series of chemical reactions on the surfaces of volcanic aerosols. These reactions activated chlorine species such as chlorine monoxide (ClO) from inactive chlorine (hydrogen chloride, HCl). The decrease in hydrogen chloride by 0.4 ppbv and the increase in ClO by 0.4 ppbv provided compelling evidence for chlorine activation, which ultimately led to the rapid destruction of ozone molecules. Ultimately, one can say that the volcanic injection of water vapor (H2O), sulfur dioxide (SO2) and hydrogen chloride (HCl), favored a rapid conversion of chlorinated compounds into chlorine molecules. the surface of hydrated volcanic aerosols and a decrease in ozone in the stratosphere.
The study emphasizes the complex interplay between volcanic emissions and atmospheric chemistry. It also offers valuable insights into how extreme weather events can affect our understanding of rapid ozone depletion in certain volcanic plumes. The Hunga Tonga eruption’s unique features, such as its high injection altitude and the large amounts of water vapor, have provided researchers with invaluable data that significantly advances our understanding of these intricate processes. The findings also have broader implications for understanding the potential atmospheric effects of climate change.
L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai le 14 janvier 2022 a été l’une des plus puissantes de l’histoire moderne et a eu un impact significatif à la fois sur la terre ferme et sur l’atmosphère terrestre. Le volcan a propulsé des nuages de cendres jusqu’à 58 km dans la mésosphère, la plus haute colonne éruptive de l’histoire et la plus grande éruption jamais observée par l’instrumentation moderne.
L’éruption sur l’île principale des Tonga, Tongatapu, a pour conséquence une série de coupures de courant causées par des retombées de cendres corrosives. Le problème a commencé en septembre 2022. Tonga Power, le fournisseur d’électricité de l’île, a qualifié la situation de « crise » en raison des dégâts sans précédent causés au réseau aérien haute tension à travers l’île. Les habitants ont été confrontés à des pannes de courant à partir de septembre 2022. Les cendres corrosives ont très sérieusement endommagé les câbles haute tension. Conçu pour résister aux forts vents cycloniques, le réseau a été corrodé par les dépôts de cendres qui se sont solidifiées avant d’attaquer l’intérieur des câbles électriques.
Selon Tonga Power, cette corrosion a provoqué quatre pannes de courant notables. La région la plus touchée est le district de Nuku’alofa, où de nombreuses coupures de courant se sont produites, impactant non seulement le district, mais également les villages voisins qui dépendent de la même desserte. Le problème de corrosion est exacerbé par la chaleur du soleil et celle des câbles proprement dits, ce qui entraîne des courts-circuits sur le réseau de Tongatapu.
Lors d’une récente conférence de presse, les responsables de Tonga Power ont dressé un bilan de l’étendue des dégâts. Ils ont montré des échantillons de câbles endommagés, expliquant comment la cendre abrasive adhère aux fils et les pénètre, jusqu’à ce que l’isolation soit rongée, conduisant à un court-circuit. Les responsables de Tonga Power ont insisté sur le fait que c’est l’une des premières fois que le réseau rencontre un tel problème, notamment dû à l’impact des cendres volcaniques.
Les équipes de Tonga Power évaluent actuellement les dégâts et il faut s’attendre à d’autres pannes dans un avenir proche. Les câbles endommagés devront être remplacés. Un nettoyage méticuleux de tout le réseau électrique est indispensable pour éviter une corrosion supplémentaire et garantir une alimentation électrique fiable.
Source : The Watchers.
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The eruption of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano on January 14th, 2022 was one of the most powerful of modern history and had a significant impact both on land and in the Earth’satmosphere. It sent ash clouds as high as 58 km into the mesosphere, marking the highest-known eruption column in history and the largest ever observed eruption with modern instrumentation.
A consequence of the eruption on Tonga’s main island, Tongatapu, was a series of power outages caused by corrosive ash fallout. The problem began in September 2022. Tonga Power, the island’s electricity provider, termed the situation a “crisis” due to the unprecedented damage to the high voltage aerial network across the island. Residents have been grappling with power outages since September 2022, The corrosive ash has wreaked havoc on the high voltage electrical cabling. Designed to withstand strong cyclone winds, it has been corroded by the solidified ash, causing significant damage to the internal wiring.
According to Tonga Power, this corrosion has thus far caused four notable power outages. The most affected region is the Nuku’alofa district, where many faults have occurred, impacting not only the district but also neighboring villages connected to the same feeder. The corrosion problem is exacerbated by the heat from sunlight and the cable itself, resulting in short circuits across Tongatapu’s network.
At a recent press conference, officials from Tonga Power shed light on the extent of the damage. They exhibited damaged wires, explaining how the abrasive ash sticks to the wires, grazing them until the insulation is eaten away, leading to a short circuit. Tonga Power officiels insisted that this is one of the first times the network has experienced such a problem, especially from volcanic ash impact.
Tonga Power teams are currently surveying the damage, and more outages are anticipated in the near future. The damaged wires will need replacement, and meticulous cleaning of all power line cables is crucial to prevent further erosion and ensure a reliable power supply.
Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.
Allons nous avoir un Noël islandais? Le Met Office enregistre une rapide inflation du sol près du Fagradalsfjall, ce qui tend à indiquer la formation d’une nouvelle chambre magmatique. Le Met Office ajoute qu’il existe un risque d’une possible éruption sur la péninsule de Reykjanes dans les semaines ou les mois à venir. Il appelle à la prudence, en particulier aux personnes qui ont prévu des activités de plein air dans la région.
L’inflation du sol est comparable à celle observée avant la dernière éruption, révélant des niveaux de contraintes semblables dans la zone. Le Met Office ajoute que même s’il n’est pas certain que l’intrusion magmatique débouche sur une éruption, la possibilité existe.
La région a une histoire d’essaims sismiques précédant une activité volcanique. Ainsi, une forte hausse de la sismicité a précédé la dernière éruption.
Les scientifiques islandais déconseillent fortement de prévoir des randonnées ou d’autres activités de plein air à proximité de la zone éruptive sur la péninsule de Reykjanes. La probabilité d’une activité volcanique avant Noël ne saurait être exclue, ce qui rend nécessaire la prudence du public pendant cette période.
Image webcam de la dernière éruption
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Le KVERT fait état d’une hausse significative de l’activité volcanique du Bezymianny (Kamchatka) le 16 octobre 2023. D’importantes coulées pyroclastiques ont été observées sur le versant Est du dôme de lave. Par la suite, un panache de cendres s’est élevé à une hauteur de 3,5 km au-dessus du niveau de la mer, incitant le KVERT à faire passer la couleur de l’alerte aérienne du Jaune à l’Orange le 17 octobre.
Les coulées pyroclastiques ont persisté sur les pentes orientales du volcan le 18 octobre. Le panache de cendres s’étirait sur environ 15 km en direction du nord-est.
Le KVERT a averti qu’il existe la possibilité d’explosions accompagnées de panaches de cendres atteignant des altitudes comprises entre 10 et 15 km au cours des 1 à 3 prochains jours. Une telle activité peut constituer un risque pour le trafic aérien dans la région.
Le KVERT avait vu juste car une puissante éruption a secoué le volcan vers 4h30 (UTC) le 18 octobre. La couleur de l ‘alerte aérienne est passée au Rouge, avant d’être ramenée à l’Orange quelques heures plus tard.
Toujours au Kamtchatka, l’éruption strombolienne du Klyuchevskoy se poursuit avec des coulées de lave continues qui descendent la ravineApakhonchichsky sur le flanc SE. L’activité a augmenté la couleur de l’alerte aérienne a été relevée à Orange le 12 octobre 2023. Des matériaux incandescentes étaient éjectées jusqu’à 300 m au-dessus du cratère. Le 16 octobre, la lave sur le flanc sud-est a fait fondre la neige et la glace, provoquant des explosions phréatiques et d’importants effondrements de matériaux provenant des fronts de coulées.
Source : KVERT.
Crédit photo: KVERT
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Toujours pas d’éruption sur le Kilauea (Hawaii). Cependant, la sismicité sous la partie sud de la caldeira sommitale et en direction du sud-ouest sud-ouest a augmenté au cours des dernières heures, après une accalmie de quelques jours. Cela laisse supposer que l’événement intrusif qui a commencé la semaine dernière n’est pas terminé. Le nombre de séismes est passé de 23 par jour le 16 octobre à 136 le 17 octobre 2023. Ils se sont produits à des profondeurs de 1 à 5 km sous la surface. La sismicité devrait continuer à augmenter et à diminuer au gré des apports de magma dans le secteur. L’AVO ajoute que « le sommet du Kilauea reste à un niveau d’inflation élevé et qu’une activité éruptive est possible dans les semaines ou les mois à venir. »
Comme je l’évoquais sur mon blog il y a quelques jours, Jim Kauahikaua est décédé à l’âge de 72 ans. Il a été en charge de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii pendant 10 ans (2004-2015), et a été le premier Hawaiien de souche à accomplir cette fonction. Je l’ai rencontré au HVO en 2011 où il m’a donné de précieuses informations et des conseils dans mon travail sur processus de refroidissement de la lave sur le volcan.
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Les Services géologiques des Tonga indiquent que Home Reef est en éruption avec 11 événements explosifs détectés dans les données satellitaires entre le 12 et le 17 octobre 2023. Le 14 octobre,la couleur de l’alerte aérienne était Jaune et le niveau d’alerte volcanique était Orange. Ils ont été respectivement abaissés au Vert et au Jaune le 17 octobre. Il a toutefois été conseillé aux marins de rester à 4 km de l’île.
Les dernières mesures de l’île révèlent environ 424 m du nord au sud et 223 m d’est en ouest, avec une superficie totale d’environ 7 hectares.
Sources : Services géologiques des Tonga,
Sources: Tonga Geological Services
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L’activité n’a pas montré de changements significatifs sur les autres volcans.
Sur le Fuego (Guatemala), les explosions génèrent des panaches de cendres et de gaz qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du sommet, avec de faibles retombées de cendres dans les zones sous le vent. Des ondes de choc sont parfois détectées. Lors des périodes de fortes pluies, des lahars descendent plusieurs ravines sur les pentes du volcan.
Source : INSIVUMEH.
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Un lent épanchement de lave se poursuit au niveau du cratère sommital du Mayon avec des coulées de lave pouvant atteindre 3,4 km dans plusieurs ravines. Les effondrements du dôme et des fronts de coulées produisent des chutes de blocs incandescentes et parfois des coulées pyroclastiques. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et il est rappelé à la population de rester à l’écart de la zone de danger permanent de 6 km de rayon..
Toujours aux Philippines, le niveau d’alerte pour le Taal reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5), et lil est rappelé au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ).
Source :PHIVOLCS.
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L’éruption du Merapi (Java/Indonésie) se poursuit et la sismicité reste à des niveaux élevés. Le dôme de lave SO génère des avalanches de lave qui descendent les flancs S et SO et parcourent jusqu’à 2 km dans les ravines le long des pentes du volcan. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à une distance de 3 à 7 km du sommet, en fonction de l’emplacement.
Source : CVGHM.
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L’activité éruptive se poursuit sur le Popocatépetl (Mexique) avec des événements longues période (LP) accompagnés de panaches de vapeur et de gaz auxquels se mêlent parfois de petites quantités de cendres. Une explosion modérée a été enregistrée le 14 octobre 2023. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2 et le public est prié de rester à au moins 12 km du cratère.
Source : CENAPRED.
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L’éruption du Reventador (Équateur) se poursuit avec des explosions quotidiennes, des séismes longues période, des épisodes de tremor harmonique associés à des panaches de cendres et de gaz qui s’élèvent jusqu’à 1,3 km au-dessus du sommet. On observe une incandescence quotidienne au niveau du cratère et des matériaux incandescents sont éjectés jusqu’à 600 m au-dessus du sommet. Des avalanches de matériaux incandescents sont observées, principalement sur le flanc SE. Le niveau d’alerte est maintenu à Orange (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs)
Toujours en Equateur, une forte activité éruptive est observée sur le Sangay avec un nombre élevé d’explosions quotidiennes. Les panaches de cendres et de gaz s’élèvent jusqu’à 1,5 km au-dessus du sommet. Les images de la webcam montrent des matériaux incandescents sur le flanc SE jusqu’à 1,8 km du cratère. Une incandescence est souvent visible au niveau du cratère où des matériaux sont éjectés jusqu’à 500 m de hauteur. Le niveau d’alerte reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.
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L’activité strombolienne se poursuit sur le Villarrica (Chili). Des fontaines de lave sont parfois observées et des matériaux incandescents sont éjectés jusqu’à 125 m au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste au Jaune (niveau 3 sur une échelle de quatre niveaux) et le public est prié de rester à au moins 2 km du cratère.
Source : SERNAGEOMIN.
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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution : https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm
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Here is some news of volcanic activity around the world.
Will it be a Christmas in Iceland ? The Icelandic Met Office has recorded rapid land elevation near Iceland’s Fagradalsfjall volcano indicating the formation of a new magma chamber. The Met Office has sent warnings of a potential volcanic eruption on the Reykjanes Peninsula in the weeks or months to come. It urged caution, especially for those planning outdoor activities in the region.
The rise in land level has been compared to measurements taken prior to the last eruption, revealing similar tension levels in the area. The Met Office adds that while it is uncertain whether the magma intrusion will lead to an eruption, the possibility does exist.
The region has a history of seismic swarms leading up to volcanic activity. Elevated seismicity was a significant feature preceding the last eruption.
Icelandic scientists have particularly advised against planning hikes or other outdoor activities near the eruption area on the Reykjanes Peninsula. The likelihood of volcanic activity occurring before Christmas has been pointed out, making it crucial for public caution during this period.
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KVERT indicates a notable increase in volcanic activity at Bezymianny (Kamchatka) on October 16th, 2023. Large pyroclastic flows were observed on the eastern slope of the lava dome. Subsequently, an ash plume rose to a height of 3.5 km above sea level, prompting KVERT to raise the Aviation Color Code from Yellow to Orange on October 17th.
Hot avalanches remained persistent on the eastern slopes of the volcano on October 18th. An ash plume has been extending to the northeast over about15 km.
KVERT has warned that the possibility of ash explosions reaching altitudes between 10 and 15 km existed over the next 1 to 3 days. Such ongoing activity could pose a risk to air trafic in the region.
KVERT was right because a powerful eruption shook the volcano around 4:30 a.m. (UTC) on October 18th. The aviation color code changed to Red, before being lowered back to Orange a few hours later.
Still in Kamchatka, the Strombolian eruption of Klyuchevskoy is going on with continuous lava flows that descend the Apakhonchichsky drainage on the SE flank. Activity increased and the Aviation Color Code was raised to Orange on October 12th, 2023. Incandescent material was ejected as high as 300 m above the crater. On October 16th, lava on the SE flank melted snow and ice, causing phreatic explosions and large collapses of material from the margins of the flow.
Source : KVERT.
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Kilauea (Hawaii) is still not erupting. However, seismicity beneath the southern part of the summit caldera and extending to the southwest has increased over the past hours, after a few days’ lull, suggesting the intrusive event that began last week is not over. The number of earthquakes jumped from 23 per day on October 16th, to 136 recorded in on October 17th, 2023. These earthquakes were at depths of 1-5 km beneath the surface. The seismicity is expected to continue to wax and wane with changes of input of magma in the area. AVO adds that the summit of Kilauea remains at a high level of inflation and eruptive activity is possible in the coming weeks or months.
As I mentioned it on my blog a few days ago, Jim Kauahikaua has died at the age of 72. He was scientist-in-charge at the Hawaiian Volcano Observatory for 10 years (2004-2015), and was the first Native Hawaiian to serve in the position. I met him at HVO in 2011 where he gave me precious information and advice in my study of the cooling process of lava on the volcano.
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The Tonga Geological Services report that Home Reef is erupting with 11 eruptive events detected in satellite data between October 12th and 17th, 2023.. On October 14th, the Aviation Color Code was Yellow and the Volcano Alert Level was Orange. They were respectively lowered to Green and Yellow on October 17th.. However, mariners were advised to stay 4 km away from the island.
The most recent dimensions of the island were estimated to be about 424 m N-S and 223 m E-W, with an approximate total surface area of about 7 hectares.
Sources: Tonga Geological Services,
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Activity has not shown significant changes on other volcanoes.
At Fuego (Guatemala), explosions generate ash-and-gas plumes that rise as high as 1.1 km above the summit, with minor ashfall in downwind areas. Shock waves are occasionally detected. During heavy rain periods, lahars descend several drainages on the slopes of the volcano.
Source : INSIVUMEH.
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Slow lava effusion continues at Mayon’s summit crater with lava flows as long as 3.4 km in several drainages. Collapses at the lava dome and from the margins of the lava flows produce incandescent rockfalls and occasional pyroclastic flows.The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale) and residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ). Source :PHIVOLCS.
Still in the Philippines, the Alert Level for Taal remains at 1 (on a scale of 0-5), and PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ).
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The eruption at Merapi (Java / Indonesia) continues and seismicity remains at elevated levels. The SW lava dome produces lava avalanches that descend the S and SW flanks and travel as far as 2 km in drainages down the volcano’s slopes. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit based on location.
Source : CVGHM.
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Eruptive activity continues at Popocatépetl (Mexico) with long-period events accompanied by steam-and-gas plumes that sometimes contain minor amounts of ash. A moderate explosion was recorded on October 14th, 2023. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two and the public is asked to stay 12 km away from the crater.
Source : CENAPRED.
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The eruption at Reventador (Ecuador) continues with daily explosions, long-period earthquakes, harmonic tremor associated with ash-and-gas plumes that rise as high as 1.3 km above the summit. Daily crater incandescence can be seen and incandescent material is ejected as high as 600 m above the crater. Avalanches of incandescent material are observed, mainly down the SE flank. The Alert Level is kept at Orange (level 2 on a four-color scale)
Still in Ecuador, a high level of eruptive activity is observed at Sangay with a high number of daily explosions. Ash-and-gas plumes rise as high as 1.5 km above the summit. Webcam images show incandescent material descending the SE flank as far as 1.8 km from the crater. Incandescence can often be seen at the crater where material is ejected up to 500 m high. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-color scale).
Source : Instituto Geofisico.
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Strombolian activity continues at Villarrica (Chile). Lava fountains are sometimes observed and incandescent material is ejected as high as 125 m above the crater rim. The Alert Level remains at Yellow (level 3 on a four-level scale) and the public is asked to stay 2 km away from the crater.
Source: SERNAGEOMIN.
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Activity remains globally stable on other volcanoes.
This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:
Le 15 janvier 2022, l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai dans l’archipel des Tonga a été l’explosion la plus puissante observée sur Terre dans l’histoire moderne. Elle a battu toutes sortes de records. Ainsi, elle a propulsé un panache de gaz et de cendres à 57 kilomètres dans la mésosphère ; c’est le plus haut panache jamais enregistré. Elle a également déclenché un tsunami qui a atteint le Pérou et un bang supersonique qui a été perçu jusqu’en Alaska.
Selon un article publié dans la revue Science le 8 septembre 2023, lorsque l’énorme panache de cendres et de poussières est retombé dans l’océan, il a remodelé les fonds marins de manière spectaculaire. Pour la première fois, des scientifiques ont reconstitué ce qui a pu se passer sous la surface du Pacifique. Selon les chercheurs, en retombant, tous ces matériaux se sont répandus sous l’eau sur des dizaines de kilomètres. De tels processus n’avaient jamais été observés auparavant. Les données recueillies indiquent qu’au moins 9,5 kilomètres cubes de matériaux – voire 10 km3 – ont été déplacés lors de l’événement cataclysmique. Il s’agit d’un volume équivalent à près de 4 000 pyramides égyptiennes.
À environ 70 kilomètres du volcan, l’éruption a coupé un câble à fibre optique au fond de la mer. Pour les Tongiens et les équipes de secours, la rupture de ce câble a constitué un problème majeur car elle a gravement perturbé le réseau Internet dans l’archipel. Pour les scientifiques, l’interruption brutale d’Internet a permis de dater le moment exact où le câble a été sectionné: l’événement s’est produit environ une heure et demie après l’éruption. La coupure a également fait comprendre aux scientifiques que l’éruption avait perturbé le plancher océanique.
Un propriétaire de bateau tongien a filmé le début de l’éruption avec la caméra d’un téléphone portable, ce qui a indiqué l’heure exacte à laquelle les matériaux volcaniques ont commencé à retomber dans l’océan. Plusieurs mois plus tard, une mission scientifique a quitté la Nouvelle-Zélande pour étudier les fonds marins et collecter des échantillons dans les dépôts laissés par les coulées de débris. Contrairement à une grande partie de l’océan, les fonds marins autour des Tonga avaient déjà été cartographiés, ce qui a permis aux scientifiques de se rendre compte des changements subis par la topographie.
Les chercheurs ont réalisé que le volcan a déplacé en quelques heures autant de matériaux qu’en déversent toutes les rivières de la planète en une année. Ces coulées gigantesques ont parcouru plus de 90 kilomètres depuis leur origine, en creusant des fossés où l’on pourrait loger des gratte-ciel.
Lorsque le volcan a explosé, il a expulsé d’énormes quantités de roches, de cendres et de gaz. Lorsque cela se produit sur Terre, on observe des coulées pyroclastiques qui détruisent tout sur leur passage. S’agissant du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, cette masse en chute libre n’avait aucun support terrestre ; elle a donc fini sa course dans la mer. Les scientifiques ont estimé que les matériaux se sont propagés à 120 km/heure depuis la source de l’éruption. Si c’est exact, c’est 50 % plus rapide que les autres coulées sous-marines étudiées ailleurs sur la planète. Les chercheurs affirment que de telles coulées sous-marines n’avaient jamais été observées auparavant.
Vous verrez sur cette page une modélisation des coulées de matériaux émises par le Hunga Tonga-Hunga Ha’apai :
On January 15th, 2022, the eruption of of Hunga Tonga-Hunga Haʻapai in the Tonga archipelago was the most powerful explosion observed on Earth in modern history and it broke all kinds of records. It shot gas and ash 57 kilometers up into Earth’s mesosphere, higher than the plume from any other volcano on record. It also unleashed a tsunami that reached Peru and a sonic boom heard as far as Alaska.
According to a paper published in Science on September 8th, 2023, when the huge volume of volcanic ash and dust fell back into the water, it reshaped the seafloor in a dramatic fashion. For the first time, scientists have reconstructed what might have happened beneath the Pacific’s violently strewn waves. According to the research, all that material flowed underwater for dozens of kilometers. Such processes had never been observed before. The gathered data indicates that at least 9.5 cubic km of material was displaced during the cataclysmic event. This is a volume equivalent to something approaching 4,000 Egyptian pyramids.
About 70 kilometers from the volcano, the eruption cut off a seafloor fiber-optic cable. For Tongans and rescuers, the broken cable was a major inconvenience that severely disrupted the islands’ internet. For scientists, the abrupt severance of internet traffic provided a timestamp of when something touched the cable: around an hour and a half after the eruption. The cut also alerted scientists to the fact that the eruption had disrupted the seafloor.
A Tongan charter boat owner had caught the initial eruption with a mobile phone camera, giving an exact time when volcanic ejecta began to fall into the water. Several months later, a missionsailed from New Zealand to survey the seafloor and collect volcanic flow samples. Unlike in much of the ocean, the seafloor around Tonga had already been mapped, allowing scientists to corroborate changes to the topography.
The researchers realised that the volcano moved as much matter in a few hours as the world’s rivers delivered into the oceans in a whole year. These truly immense flows traveled more than 90 kilomrters from their origin, carving out gullies as tall as skyscrapers.
When the volcano exploded, it spewed out immense quantities of rock, ash and gas. When this happens on earth, it triggers fast-moving pyroclastic flows that menace anything in their path. But over Hunga Tonga–Hunga Haʻapai, that falling mass had nowhere to go but out to sea. Scientists estimated the material fanned out from Hunga Tonga–Hunga Haʻapai at 120 kilometers per hour. If correct, that’s 50 percent faster than any other underwater flow recorded on the planet. The researchers say that these underwater flows had never been observed before.
You will see on this page a model of the flows of materials emitted by Hunga Tonga-Hunga Ha’apai :