São Jorge (Açores) : Vers une éruption? // Will an eruption occur?

Les dernières informations en provenance des Açores indiquent que la sismicité est toujours intense sur l’île de São Jorge. Le Centre d’information et de surveillance sismo-volcanique des Açores (CIVISA) a relevé le niveau d’alerte de l’activité volcanique à 4 (sur une échelle de 1 à 5), ce qui signifie « possibilité réelle d’éruption ».
Les autorités expliquent qu’il sera peut-être nécessaire d’évacuer l’île partiellement ou en totalité en raison de la forte activité sismique. La Protection Civile des Açores a déjà activé le plan d’urgence régional.
En cas d’éruption imminente, les cloches des paroisses sonneront pour avertir la population. Cette alerte sera suivie d’un plan d’évacuation impliquant les réseaux sociaux et la radio locale. Tous les habitants de São Jorge doivent être en alerte et se tenir prêts à une évacuation imminente. En cas de besoin, des moyens aériens et maritimes seront mobilisés et un camp de soutien militaire est en cours de préparation dans la municipalité de Calheta, .
Il est conseillé aux personnes préparer un sac à dos avec le minimum, à savoir avec des vêtements de rechange, les médicaments et quelques aliments.
La zone entre Velas et Terreiros a été identifiée comme la « plus critique » car c’est là que vivent trois mille personnes. La commune compte environ 5 000 habitants. La population totale de l’île est d’environ 8 400 personnes.
L’île connaît une intense crise sismique depuis le 19 mars 2022, avec plus de 2 000 événements de faible magnitude. Bien que 142 de ces secousses aient été ressenties par la population, il n’y a eu ni décès ni dégâts matériels.
Le gouvernement régional des Açores déconseille de se rendre sur l’île de São Jorge pour le moment. Il est recommandé de reporter les voyages sur l’île et de ne s’y rendre que pour des raisons essentielles.
Sāo Jorge, l’une des neuf îles qui composent les Açores, fait partie du groupe central de l’archipel, qui comprend les destinations touristiques populaires de Faial et Pico, qui sont également volcaniques.
Source : Portuguese American Journal.

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Dernier bulletin du CIVISA (24 mars 2022 à 22h):

Le CIVISA informe qu’une activité sismique significative est enregistrée depuis 16h05 (heure locale) le 19 mars 2022 dans la partie centrale de l’île de São Jorge, plus précisément le long d’une ligne l’ONO- ESE, dans la zone entre Velas et Fajã do Ouvidor.
L’événement le plus puissant s’est produit le 19 mars à 18h41 et avait une magnitude de M 3,3.
Plusieurs secousses ont été ressenties par la population, dont 8 entre 10h00 et 22h00 le 24 mars 2022.

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La situation à Sāo Jorge confirme notre difficulté à prévoir les éruptions, surtout lorsque des zones habitées sont en jeu. Les instruments montrent aux scientifiques qu’une éruption peut se produire, mais il n’y a pas de certitude. En conséquence, les autorités locales doivent recourir au principe de précaution. Mieux vaut évacuer la population plutôt que de faire face à une éventuelle catastrophe humaine.

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Seismicity is still intense on the island of São Jorge and the Azores Seismovolcanic Information and Surveillance Center (CIVISA) has raised the volcanic activity alert level to 4 (on a scale of 1 – 5), which means “real possibility of eruption.”

Authorities say that it may be necessary to evacuate the island partially or in full due to the high seismic activity. The Civil Protection of the Azores has already activated the Regional Emergency Plan.

In case of an impending eruption, the bells of the parishes will warn the island population. The alert will be followed by an evacuation plan involving the social networks and the local radio. All residents of São Jorge must be on alert and prepared for an imminent evacuation. If it becomes needed, air and sea resources have been mobilized, while a military support camp is being prepared, located in the municipality of Calheta, .

People are advised to have their backpack prepared with the minimum, namely with a change of clothes, with their medicines, with some basic food.

The area between Velas and Terreiros has been identified as the “most critical” where three thousand people live. The municipality has about 5,000 inhabitants. The total population of the island is about 8,400 people.

The island has been experiencing a severe seismic crisis since March 19th, 2022, with more than 2,000 earthquakes of low magnitude. Although 142 of these earthquakes were felt by the population, there were no fatalities or damage to property.

The Regional Government of the Azores has advised against travel to São Jorge island at this time. Officials advise that trips to the island should be postponed, and that travel should be undertaken only for essential reasons.

Sāo Jorge, one of nine islands which make up the Azores, is part of the archipelago’s central group, which includes the popular tourist destinations of Faial and Pico, which are also volcanic.

Source: Portuguese American Journal.

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CIVISA’s latest update (March 24th, 2022 – 10 pm) :

CIVISA informs that a significant seismic activity has been recorded since 4:05 p.m. (local time) on March 19th, 2022 in the central part of the island of São Jorge, more precisely along a line WNW-ESE, in the area between Velas and Fajã do Ouvidor. The strongest event occurred on March 19th at 6:41 p.m. and had a magnitude of M 3.3. Several tremors were felt by the population, including 8 events between 10 a.m. and 10 p.m. on March 24th, 2022.

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The situation at Sāo Jorge is another evidence of the difficulty to predict eruptions when populated areas are at stake. Instruments show scientists that an eruption may happen, but not for sure. As a consequence, local authorities have to resort to the precaution principle. They’d rather evacuation the population than gface a possible human disaster.

 La sismicité à São Jorge (Source : CIVISA)

Les risques liés aux intrusions magmatiques sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The hazards of magma intrusions on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Dans une interview accordée aux médias locaux, le géologue islandais Páll Einarson a expliqué que les intrusions magmatiques sous forme de dykes sur la Péninsule de Reykjanes sont susceptibles d’endommager d’importantes infrastructures, tant sur la péninsule que dans la région de Reykjavik, la capitale. Le scientifique a ajouté que ces intrusions, qu’elles débouchent ou non sur une éruption volcanique, pourraient avoir un impact sur les systèmes géothermiques qui alimentent les réseaux d’eau et de chauffage, ainsi que sur les centrales géothermiques. L’une de ces intrusions a été observée en décembre 2021 et on craignait qu’une nouvelle éruption se produise sur la Péninsule de Reykjanes. Cependant, un tel événement ne s’est jamais produit. La sismicité qui a accompagné l’intrusion a considérablement diminué, et on pense que le magma s’est solidifié sous terre.

Selon la définition la plus répandue, un dyke – aussi orthographié dike – est une forme d’intrusion magmatique, « un filon de roche ignée vertical ou à fort pendage » qui se forme « lorsque le magma se fraye un chemin vers la surface en utilisant des fractures dans la roche ».
Páll Einarson a expliqué aux journalistes qui l’interviewaient qu’il y a eu des intrusions magmatiques à trois ou quatre endroits dans la région de la Péninsule de Reykjanes, sans toutefois causer des problèmes sérieux. Cependant, une intrusion au mauvais endroit pourrait provoquer des dommages permanents aux infrastructures. Actuellement, rien n’indique qu’un tel événement soit imminent, mais Páll Einarson explique que la récente éruption de Fagradalsfjall fait partie d’une chaîne complexe d’événements sur la péninsule.
Divers scénarios sont possibles à l’avenir, notamment une activité volcanique sur terre ou en mer, ou l’apparition d’une d’intrusion magmatique autour des sites géothermiques de Krýsuvík et Svartsengi, de la zone de conservation de Heiðmörk à la périphérie de Reykjavík ou des montagnes de Bláfjöll.
Les éruptions sur la Péninsule de Reykjanes ont tendance à être de type fissural, de faible ou moyenne importance, mais la capitale peut connaître des séismes intenses liés à cette activité sur la péninsule. Le problème est qu’il n’y a aucun moyen de prévoir quand de tels événements peuvent se produire.
Source : Iceland Review.

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In an interview with the locan news media, Icelandic geologist Páll Einarson said that dike intrusions on the Reykjanes peninsula could potentially damage important infrastructure, both on the peninsula and in the capital area. The scientist explained that regardless of whether they lead to a volcanic eruption or not, such intrusions could impact the geothermal systems that feed water and heating utilities, as well as geothermal power plants. One of these intrusions was observed in December 2021 and there were fears that a new eruption might occur on the Reykjanes Peninsula. However, such an event never occurred. The seismicity that accompanied the intrusion decreased significantly, and it is believed that the magma solidified underground.

According to the usual definition, a dike (also spelled dyke) is a kind of magma intrusion, a “vertical or steeply-dipping sheet of igneous rock” that forms “as magma pushes up towards the surface through cracks in the rock.”

Páll Einarson told interviewers that there have been magma intrusions in three or four places in the area of the Reykjanes Peninsula that have not caused any serious problems. However, one intrusion in the wrong place could do permanent infrastructural damage. Currently, there is no sign that such an event is imminent but Páll explains the recent eruption of Fagradalsfjall is part of a complex chain of events on the Peninsula.

A variety of scenarios are possible in the future, including volcanic activity on land or at sea, or intrusion activity around the Krýsuvík and Svartsengi geothermal areas, the Heiðmörk conservation area on the outskirts of Reykjavík, or the Bláfjöll mountains.

Eruptions on the Reykjanes Peninsula tend to be small to medium fissure eruptions, and the capital may yet experience intense earthquakes as part of this ongoing activity on the Peninsula. The problem is that there is no way to say when these might occur.

Source: Iceland Review.

 

Différents types d’intrusion magmatique (Source : USGS)

 

Exemple de dyke à Tenerife (Iles Canaries)

Promesse de l’UNESCO au Sommet sur les Océans de Brest : Vers une cartographie à grande échelle des fonds marins

Je ne cesse de le dire et de le répéter sur ce blog : nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les abysses de nos propres océans. Il est vrai que, médiatiquement parlant, les images colorées de la planète rouge font davantage rêver que le noir absolu des fosses océaniques. Comme je l’écrivais récemment, le noir est la couleur de la mort et n’intéresse personne.

Il serait pourtant essentiel d’aller voir ce qui se passe au coeur des fosses océaniques car elles correspondent souvent à des zones de subduction, là même où se déclenchent les séismes et les tsunamis les plus dévastateurs. En y installant les instruments de haute technologie dont nous disposons, nous en saurions sans aucun doute beaucoup plus sur les processus qui provoquent ces catastrophes naturelles.

Le Sommet sur les Océans – One Ocean Summit – de Brest aura au moins été l’occasion d’apprendre une bonne nouvelle, en espérant qu’elle se concrétisera rapidement. L’UNESCO a promis qu’au moins 80% des fonds marins seraient cartographiés d’ici 2030, contre 20% aujourd’hui, un chiffre qui me laisse pantois.

Pour relever ce défi, l’agence de l’ONU a précisé qu’elle va mobiliser une flotte de 50 navires spécialement dédiée à la cartographie des fonds marins, intensifier le recours au sonar sur navire autonome et intensifier la transmission par les gouvernements et les entreprises des données cartographiques dont ils disposent.

L’UNESCO reconnaît que les fonds marins recèlent encore de nombreux secrets. Connaître leur profondeur et leurs reliefs est essentiel pour comprendre l’emplacement des failles océaniques, le fonctionnement des courants océaniques et des marées, comme celui du transport des sédiments. Sans oublier les éruptions volcaniques. La dernière éruption sous-marine aux Tonga a montré la nécessité d’aller observer de plus près les volcans qui se cachent sous la surface des océans.

« Ces données contribuent à protéger les populations en anticipant les risques sismiques et les tsunamis, à recenser les sites naturels qu’il convient de sauvegarder, à identifier les ressources halieutiques pour une exploitation durable, à planifier la construction des infrastructures en mer, ou encore à réagir efficacement aux catastrophes à l’image des marées noires, des accidents aériens ou des naufrages. »

Il faut juste espérer qu’il ne s’agit pas de voeux pieux et que nous en saurons bientôt plus sur les fosses océaniques.

Source: Médias français.

La fosse des Mariannes est la fosse océanique la plus profonde connue à ce jour. Elle est située dans la partie nord-ouest de l’océan Pacifique, à l’est des Îles Mariannes, à proximité de l’île de Guam. Le point le plus bas connu se situerait, selon les relevés, à 10 984 ± 25 m (Source: Wikipedia)

Islande : Le Katla s’agite un peu // Iceland : Slight unrest at Katla Volcano

Dès qu’une hausse de la sismicité est enregistrée dans la région de Myrdalsjökull, dans le sud de l’Islande, toute l’attention se concentre sur le volcan Katla, partiellement recouvert de glace, qui a été très actif à l’Holocène avec au moins 21 éruptions au cours des 11 derniers siècles. La dernière éruption a eu lieu en 1918 .

Le Met Office islandais (IMO) explique que le système volcanique du Katla mesure environ 80 km de long. Il se compose d’un volcan central culminant à 1490 m d’altitude et d’un ensemble de fissures actives s’étirant vers le nord-est. Le volcan central est partiellement recouvert de glace d’une épaisseur pouvant atteindre jusqu’à 700 m et on observe une caldeira remplie de glace de 9 X 14 km.

L’activité éruptive est majoritairement explosive, avec des volumes de tephra émis allant de 0,02 à plus de 2 km3, accompagnés de crues glaciaires (jökulhlaup en islandais) avec un débit maximal pouvant atteindre 300 000 m3/sec.

À 19 h 10 le 2 février 2022, un séisme de M 4,0 a été enregistré sur la lèvre nord-est de la caldeira du Katla. C’est le séisme le plus significatif sur le Katla depuis 2017. Auparavant, une activité sismique comparable s’était produite dans la région en 2012 et 2016. Plusieurs répliques ont suivi, dont la plus importante mesurait M3,4.

Il est probable que cette dernière sismicité superficielle (0,1 km de profondeur) était probablement provoquée par des mouvements au sein du glacier ou une activité hydrothermale au sein du système volcanique. Selon le Met Office islandais, aucun épisode de tremor n’est apparu, mais l’eau de fonte du glacier est surveillée. Aucune augmentation de la conductivité électrique n’a été détectée dans l’eau de fonte et il est donc peu probable que l’on assiste à un jökulhlaup.

Source Iceland Review, IMO.

Dernière minute : Le Met Office indique que l’activité sismique a cessé sous le Katla.

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As soon as some increase in seismicity is recorded in the Myrdalsjökull area in South Iceland all attention gets focused at the partly ice covered Katla volcano that has been highly active in the Holocene with at least 21 eruption in the last 11 centuries. The last eruption to break through the ice took place in 1918 .

The Icelandic Met Office (IMO) explains that the Katla system is about 80 km long, consisting of a central volcano rising to 1490 m a.s.l. and an active fissure swarm extending towards northeast. The central volcano is partly covered by up to 700 m thick ice and has an 9 X 14 km ice-filled caldera. The characteristic activity is mostly explosive, with tephra volumes ranging from 0.02 to over 2 km3, accompanied by glacial flooding (jökulhlaup in Icelandic) with maximum discharge of up to 300,000 m3/sec.

At 7:10 pm on February 2nd, 2022, an M 4.0 earthquake hit the northeast rim of the Katla caldera. It was the largest earthquake to hit Katla since 2017. Prior to that, comparable seismic activity occurred in the area in 2012 and 2016. Several aftershocks followed, the largest of which measured M3.4. It is likely that the latest shallow seismicity (0,1 km deep) was probably dur to movements within the glacier or hydrothermal activity within the volcanic sysmtem.

According to the Icelandic Met Office, there are no signs of volcanic tremor, but meltwater from the glacier is being monitored. No increase in electrical conductivity has been detected in meltwater from the glacier, and, therefore, a. jökulhlaup, is not considered likely.

Source: Iceland Review, IMO.

Last minute : The Met Office indicates that seimicity beneath Katla has now stopped.

Myrdalsjökull (Google Maps)