Séisme à Ischia (Italie) // An earthquake struck Ischia (Italy)

Le 21 août 2017 en fin de soirée, un séisme de magnitude 4 dont l’hypocentre a été localisé à 10 km de profondeur a causé la mort d’au moins 2 personnes et blessé 25 autres, avec de gros dégâts matériels sur l’île d’Ischia. Une femme a été tuée par des débris tombés d’une église à Casamicciola, dans le nord de cette petite île touristique. Le corps sans vie d’une autre a été repéré dans les décombres d’une maison écroulée.
Les secours ont également enregistré vingt-cinq blessés, légers pour la plupart. De nombreux édifices ont été endommagés, comme l’unique hôpital de l’île, qui a dû être en partie évacué. Une structure provisoire était en place pour accueillir les blessés. Des effectifs supplémentaires de pompiers étaient déjà sur place pour lutter contre des feux de forêt.

Le nombre de victimes et les dégâts importants sont dus à deux facteurs: 1) la très faible profondeur du séisme (10 km) qui n’est pas suffisamment prise en compte dans les commentaires. Un séisme de M 4 à 10 km de profondeur n’aura pas les mêmes conséquences qu’un événement de magnitude identique à une profondeur de 120 km. 2) Les habitations sur l’île d’Ischia sont pour la plupart très vieilles et ne répondent donc absolument pas à des normes parasismiques. Quand elles se font secouer, les effondrements sont nombreux et les personnes à l’intérieur se font tuer ou blesser.

Ischia est une île volcanique formée par les laves de l’Époméo, qui culmine à 780 mètres d’altitude, et dont les éruptions se sont prolongées jusqu’au 14ème siècle. La mythologie prétend que le géant Typhée y est enfermé. Le volcan est considéré comme actif; il n’est pas impossible que des mouvements de l’édifice soient responsables du séisme du 21 août.

L’île d’Ischia a souvent été frappée par des séismes, dont le plus grave remonte à juillet 1883. De magnitude 5,8, il fit plus de deux mille morts.

Ce séisme survient à l’heure où l’Italie se prépare à célébrer le premier anniversaire de celui qui fit 299 morts à Amatrice et dans les communes voisines dans le centre du pays.

Source : Presse italienne.

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On August 21st  2017 late in the evening, an earthquake with an M 4 magnitude 4 caused the deaths of at least 2 persons and injured 25 others, with major material damage on the island of Ischia. A woman was killed by fallen debris from a church in Casamicciola, in the north of this small tourist island. The dead body of another person was spotted in the ruins of a collapsed house.
Rescuers also recorded 25 persons with light injuries for most of them. Many buildings were damaged, such as the island’s only hospital, which had to be partly evacuated. A temporary structure was st up to accommodate the wounded. Additional firefighters were already on site to fight forest fires.

The number of casualties and significant damage is due to two factors: 1) the very shallow depth of the earthquake (10 km), which is not sufficiently taken into account in the comments. An M 4.0 earthquake at a depth of 10 km will not have the same consequences as an event of the same magnitude at a depth of 120 km. 2) The dwellings on the island of Ischia are for the most part very old and therefore do not at all meet earthquake standards. When they are shaken, the collapses are numerous and people inside are killed or injured.
Ischia is a volcanic island formed by the lavas of Epomeo volcano, which culminates 780 metres above sea level, and whose eruptions continued until the 14th century. Mythology claims that the giant Typhaeus is locked in it. The volcano is considered as active. Movements of the volcanic edifice may have triggered yesterday’s earthquake.
The island of Ischia was often struck by earthquakes, the most serious of which dates back to July 1883. With an M 5.8 magnitude, it killed more than two thousand people.
The latest earthquake comes at a time when Italy is preparing to celebrate the first anniversary of 299 deaths in Amatrice and neighboring communities in the centre of the country.
Source: Italian newspapers.

Source: Google Maps

Arette se souvient…

Du 10 au 17 août, la commune d’Arette (Pyrénées-Atlantiques) commémore le séisme qui détruisit le village il y a tout juste 50 ans. Aujourd’hui encore, il est le 2ème plus important tremblement de terre recensé en France métropolitaine.

Le 13 août 1967 à 23h07, Arette est secouée par un séisme de magnitude 5,5 sur l’échelle de Richter. Le bilan est lourd : la ville est détruite à 80%. On déplore un seul mort, mais des centaines de personnes sont blessées et des dizaines de communes sont sinistrées. L’événement est ressenti jusqu’à Pau, Tarbes et Bayonne.
Pour les 62 villes touchées, l’équivalent de 6 millions d’euros sont débloqués, mais c’est surtout la mobilisation exceptionnelle des habitants qui permet de faire renaître Arette en seulement 3 ans.

Toute la semaine, les Arettois commémorent l’événement. Ainsi, jusqu’au lundi 14 août, des stands installés place de la mairie sensibiliseront au risque sismique et informeront sur l’attitude à adopter en cas de tremblement de terre. Par ailleurs, une exposition de 140 photos d’archives se tiendra à la salle Barétous-Roncal.

Samedi 12 à 11 heures, une conférence sera donnée par Nicolas Taillefer de l’Association Française des Premiers Secours (AFPS). Il évoquera notamment les similitudes et différences ente le séisme d’Arette, et celui survenu en août 2016 à Amatrice, en Italie.

France 3 participera à cette commémoration. Dimanche 13 août 2017 à 19h, le journal régional de France 3 Aquitaine reviendra sur les 50 ans du séisme d’Arette. Le maire d’Arette, Pierre Casabonne, et un sismologue seront les invités de la chaîne de télévision.

Source : France 3 Nouvelle Aquitaine.

J’ai eu l’occasion de me rendre à Arette en décembre 2008 dans le cadre des Journées Haroun Tazieff. En effet, c’est dans le gouffre de la Pierre St Martin, sur la commune d’Arette, que s’est produite en 1952 la tragédie spéléologique qui coûta la vie à Marcel Loubens alors qu’il explorait le gouffre au sein d’une expédition à laquelle participait Tazieff. Le point d’orgue de la journée du samedi 13 décembre fut l’inauguration de l’espace Haroun Tazieff au troisième étage de la Maison de La Pierre. Ce lieu est destiné à l’évocation des multiples facettes de la vie foisonnante d’Haroun Tazieff. Frédéric Lavachery – fils du célèbre volcanologue – dévoila une magnifique fresque représentant le visage de son père.  

C’est l’occasion pour moi de saluer Pierre Casabonne, le très dynamique maire d’Arette qui a permis de mettre en place toutes ces commémorations.

Séismes et glaciers en Alaska // Earthquakes and glaciers in Alaska

Le 28 février 1979, un séisme de M 7.7 a secoué les Chugach Mountains et la région du Mont Saint-Elias dans la partie méridionale de l’Alaska. Les géologues pensent que  l’événement a été provoqué par des mouvements tectoniques complexes dans cette région où se rencontrent les plaques Pacifique et nord-américaine. Aujourd’hui, les scientifiques étudient un autre élément susceptible d’avoir un effet sur l’activité sismique de la région: la fonte des glaciers.
Les chercheurs du Goddard Space Flight Center de la NASA et de l’USGS ont cherché à savoir si les fluctuations glaciaires avaient une relation avec les séismes enregistrés dans les environs des glaciers Malaspina et Bering, au sud du Parc national Wrangell-St. Elias et au nord de Yakutat. Une étude datant de 2004 a conclu que si les plaques tectoniques jouent le rôle le plus important dans le déclenchement des séismes majeurs, les mouvements des glaciers proches de ces sites peuvent également avoir un impact.
De 1993 à 1995, le glacier de Béring a avancé rapidement au cours d’une surge glaciaire. Au cours des cinq années qui ont suivi cette surge, la masse de glace nouvellement accumulée a reculé et s’est amincie sous l’effet de la hausse des températures. Lorsque la glace s’est épaissie pendant la surge glaciaire, le nombre de séismes a diminué dans la région. Par contre, quand elle s’est amincie, le nombre de petits séismes a augmenté, avec des événements de M 1 à M 2 sur l’échelle de Richter.
Les chercheurs ont également calculé la pression accumulée sous les glaciers dans la région de Icy Bay, entre les glaciers de Béring et Malaspina, de 1899 à 1979. La masse imposante d’un glacier peut contribuer à la stabilité de la région, mais une fois la fonte démarrée, les plaques tectoniques sont plus libres de leurs mouvements et peuvent créer des frottements sous la surface. Entre 1899 et 1979, les glaciers ont perdu assez de glace pour que la perte de poids en surface ait contribué au séisme de la région du Mont St. Elias.
Le sud de l’Alaska est un lieu unique pour étudier ce type d’interactions entre séismes et glaciers. En effet, il y a très peu d’endroits dans le monde où la fonte rapide d’une masse de glace interagit avec des plaques tectoniques qui se trouvent à des dizaines de kilomètres sous la surface de la Terre.
Dans une étude publiée en 2008, deux chercheurs de  l’Alaska Earthquake Center (Université de l’Alaska à Fairbanks) ont constaté qu’entre 2002 et 2006, le nombre de petits mouvements tectoniques dans la région de Icy Bay avait augmenté par rapport à l’activité sismique entre 1988 et 1992. Ils ont émis l’hypothèse que cela était dû à une augmentation significative de la perte de glace en 2002-2006.
Un certain nombre d’événements glaciaires tels que la formation de crevasses, le vêlage et le déplacement sur la roche sous-jacente peuvent provoquer des séismes, mais ils ne sont pas liés aux mouvements tectoniques.
Source: Alaska Dispatch News.

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On February 28th, 1979, an M 7.7 earthquake shook the Chugach and St. Elias mountains in Southcentral Alaska. The event is believed by geologists to be the result of complex tectonic movements in the area, where the vast Pacific and North American plates meet and accumulate pressure. Now, scientists are studying another element that may also influence the region’s seismic activity: glacial melting.

Researchers with NASA’s Goddard Space Flight Center and the U.S. Geological Survey sought to find out if glacial fluctuations had any relation to earthquakes in the area around the Malaspina and Bering glaciers, south of the Wrangell-St. Elias National Park and north of Yakutat. While their 2004 study concluded that moving tectonic plates had the largest role in major earthquakes, they also acknowledged that ice movements close to these sites may have also had an impact.

From 1993 to 1995, the Bering glacier advanced rapidly in a movement known as a glacial surge. In the five years that followed the surge, the newly-formed mass of ice retreated and thinned, a response to warming temperatures. When the ice thickened during the surge, the number of earthquakes decreased in the region. During the thinning, the number of small quakes increased, hovering around M 1 to M 2 on the Richter scale.

The researchers also calculated the amount of pressure that would have built up under the glaciers in the Icy Bay region, between the Bering and Malaspina glaciers, from 1899 to 1979. The large mass of a glacier can help keep things stable, but once that melts away, the tectonic plates are freer to move and create friction beneath the surface. Between 1899 and 1979, the glaciers lost enough ice for the weight loss to have contributed to the St. Elias earthquake.

Southern Alaska is a unique location to study these type of interactions: few places have a rapidly melting mass interacting with plates tens of kilometres beneath the Earth’s surface.

In a later study released in 2008, two researchers from the Alaska Earthquake Center at the University of Alaska Fairbanks, found that between 2002 and 2006, the number of small tectonic movements in the Icy Bay region increased when compared to the seismic rate between 1988 and 1992. They hypothesized that this was due to a significant increase in the rate of ice wastage in 2002-2006.

A variety of glacial activities such as crevassing, calving and moving along the underlying rock trigger earthquakes but these are not related to tectonic movements.

Source: Alaska Dispatch News.

 Partie méridionale de l’Alaska, avec glaciers Bering et Malaspina, et Icy Bay entre les deux glaciers (Google Maps)

Glacier de Béring (Crédit photo : Wikipedia)

Vue du massif du Mont St Elias (Photo : C. Grandpey)

 

Séismes et comportements animaliers // Earthquakes and animal behaviour

A la suite des puissants séismes qui ont frappé l’Italie l’année dernière, un scientifique allemand s’est rendu dans ce pays pour voir si les animaux peuvent anticiper les catastrophes naturelles. Au mois d’octobre, le chercheur, directeur de l’Institut d’Ornithologie Max Planck de Radolfzell, a équipé plusieurs animaux de capteurs très sensibles dans une ferme de la région des Marches, dans le centre de l’Italie, pour surveiller leur comportement, en espérant qu’il se modifierait d’une manière révélatrice avant un séisme. Les résultats pourraient être utilisés dans le cadre d’un système de prévention et sauver des milliers de vies.
Les secousses sismiques ont commencé à ébranler l’Italie en août 2016, avec d’autres événements majeurs en octobre 2016 et janvier 2017, ainsi que des milliers de répliques. La catastrophe a entraîné 23 milliards d’euros de dégâts, avec des milliers de personnes sans abri et plus de 300 morts.
Des recherches antérieures ont déjà montré la capacité prédictive des animaux. Par exemple, une étude débutée en 2012-2014 a pris en compte le comportement des chèvres et des moutons sur les flancs de l’Etna. Le chercheur allemand explique que « les animaux ont prédit les éruptions volcaniques majeures au cours de ces deux années entre quatre à six heures à l’avance », ajoutant que huit éruptions majeures se sont produites lors de son étude. « La nuit, les animaux se sont réveillés et ont déambulé nerveusement ; ensuite, pendant la journée, ils se sont installés dans une zone sure » où la végétation haute laissait supposer qu’elle avait été épargnée par les anciennes coulées de lave. Sur la base de cette recherche, il a déposé en 2013 un brevet intitulé «Préparation aux catastrophes utilisant la nature». Le brevet est en attente de validation.
Les séismes à répétition dans les Marches et d’autres régions de l’Italie centrale ont permis d’enregistrer une multitude de données sur les réactions des animaux. Après le séisme dévastateur qui a frappé la région en octobre, le scientifique s’est rendu sur place et a visité une ferme familiale qui vend du fromage produit par les moutons et les vaches. Il a installé des minuscules capteurs sur un certain nombre d’animaux – un lapin, des moutons, des vaches, des dindes, des poulets et des chiens. Les appareils ont mesuré en continu les moindres mouvements des animaux: leur position magnétique, leur vitesse, leur altitude, leur température, leur humidité, leur accélération et leur localisation. Selon le chercheur, la balise, alimentée par un petit panneau solaire, se comporte comme une «boîte noire pleine d’informations».
Quelques jours après l’installation des premiers capteurs, un autre séisme majeur, de magnitude M 6.5, a frappé la région, ce qui a fourni de nouvelles données. Le chercheur a récupéré les capteurs quelques semaines plus tard et est revenu en janvier pour équiper plusieurs des mêmes animaux : six vaches, deux fois plus de moutons et deux chiens. En avril, il est revenu à la ferme récupérer les capteurs afin d’étudier les données acquises.
Le marquage de différentes espèces animales peut être important car chaque animal détecte l’environnement de façon différente. Ensemble, ils forment un réseau de détection fournissant des informations complètement nouvelles.
Une fois que les données animales seront comparées aux données sismiques de la région – en utilisant les séismes de M 4 comme point de référence -, on pourra tirer des conclusions sur les comportements des animaux avant, pendant et après un séisme. De fin octobre à avril, il y a eu 11 jours avec des séismes de magnitude supérieure à M 4.
Dans le meilleur des cas, le comportement des animaux dans les heures précédant un séisme pourrait servir de système d’alerte précoce afin que les gens puissent fuir. Les données recueillies auprès de la ferme et des animaux qui ont survécu peuvent s’avérer essentielles et seront associées à d’autres données recueillies par l’Institut d’Ornithologie qui contrôle le comportement plusieurs centaines d’animaux. Cela fait partie d’un projet international allemand-russe baptisé ICARUS – International Cooperation for Animal Research Using Space – (Coopération internationale pour la recherche animale avec l’aide de l’espace), un système de surveillance par satellite qui suivra des dizaines d’espèces équipées d’émetteurs à énergie solaire.
Adapté d’un article dans Alaska Dispatch News.

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After a series of powerful earthquakes struck Italy last year, a German scientist rushed to this country to check whether animals can anticipate natural disasters. The researcher, director of the Max Planck Institute for Ornithology in Radolfzell, tagged several animals with sensitive sensors on a farm in the Marches region of central Italy in October to monitor their behaviour, hoping that if it changed in some consistent way before an earthquake, it could be used as an early warning system and potentially save thousands of lives.

The series of earthquakes in Italy began in August 2016, with other major events coming in October and January 2017, accompanied by thousands of aftershocks. The calamity has cost 23 billion euros in damage, rendered thousands homeless and caused more than 300 deaths.

Some previous research augured well for the predictive abilities of animals. It included a study that he conducted from 2012-2014 by monitoring goats and sheep on the side of Mount Etna, in Sicily. « The animals predicted the major volcanic eruptions during these two years between four to six hours before, » he said, adding that eight major eruptions occurred during his study. « At night, the animals woke up and nervously walked around, and in daytime, they moved to a safe area » where high vegetation suggested that it had been spared by previous lava flows. On the basis of this research, he applied in 2013 for a patent: « Disaster Alert Mediation Using Nature. » The patent is pending.

The recurring earthquakes in Marches and other parts of central Italy presented the chance to record a wealth of data about animal responses to further test the theory. After a devastating earthquake hit the region in October, the scientist hurried to Italy and visited a farm which sells cheese produced by the family’s sheep and cows. He tagged a number of animals on the farm — a rabbit, sheep, cows, turkeys, chickens and dogs — with small but sophisticated sensors. The devices measured the animals’ every movement, down to the second: their magnetic direction, speed, altitude, temperature, humidity, acceleration and location. He described the tag, powered with a small solar panel, as a « black box full of information. »

A few days after the first animals were tagged, another major earthquake, measuring M 6.5, hit the area, which provided data for a significant seismic event. The researcher retrieved the monitoring devices a few weeks later and then returned in January to tag several of the same animals again, including half a dozen cows, twice as many sheep and two dogs. In April, the researchers came again to remove the remaining tags and to study the acquired data.

Tagging different species might be essential as each one senses the environment in a distinct way. Together, they might form a collective sensing system providing completely novel information.

The hope is that once the animal data is compared with the earthquake data from the area — using M 4 earthquakes as a cutoff — it will show distinctive behaviour before, during and after an earthquake. From late October to April, there were 11 days with earthquakes measuring more than M 4.

In the best case, the animals’ behaviour in the hours leading up to an earthquake might act as an early warning system so that people could evacuate. The data gathered from the farm and the animals that survived may prove critical and will be combined with other data being gathered by the ornithology institute, which tracks many hundreds of animals. It is part of an international project under a German-Russian lead called ICARUS, short for International Cooperation for Animal Research Using Space, a satellite-based monitoring system that will track dozens of species outfitted with solar-powered transmitters.

Adapted from an article in Alaska Dispatch News.

Source : Google Maps