La sismicité à Mayotte (Archipel des Comores) // Seismicity in Mayotte (Comoro Islands)

Il y a quelques semaines, un de mes amis m’a indiqué qu’une sismicité persistante affectait l’île de Mayotte (250 000 habitants) dans l’archipel des Comores. Sa fille est médecin dans un hôpital et elle s’inquiète quand elle ressent les secousses, que ce soit à l’hôpital ou à son domicile. À l’hôpital, elle reçoit la visite de patients qui souffrent de crises d’angoisse. Aucune blessure grave n’a été signalée mais des dégâts plus ou moins importants ont été observés sur les bâtiments. Plusieurs familles ont dû être évacuées à cause des fissures apparues dans leurs maisons. Beaucoup de gens ont préféré dormir dans les rues au début du mois de mai, ne sachant pas si la sismicité allait empirer, avec le risque de voir leurs maisons s’effondrer.

Selon le journal Africa Times, les pompiers de Mayotte se livrent à des exercices de simulation de sauvetage de personnes prises au piège d’un glissement de terrain. Par ailleurs, la population est invitée à vérifier l’évolution des fissures sur les murs des maisons.
En fait, cette sismicité dure depuis près de deux mois, et personne n’en connaît exactement la cause. Les épicentres des essaims sismiques ont été localisés à une cinquantaine de kilomètres à l’est de l’île. L’événement le plus significatif jusqu’à présent a atteint une magnitude de M 5,8 le 15 mai 2018. Selon les scientifiques du BRGM qui ont été envoyés à Mayotte, les événements enregistrés dans l’essaim actuel sont du même ordre de grandeur que ceux de 1981 et décembre 1985. Ils font partie d’une sismicité connue et modérée dans le Canal du Mozambique (voir image ci-dessous).
En raison de la situation géographique des Comores, la sismicité à Mayotte pourrait avoir une double origine volcanique et tectonique qui traduit d’une part la position géodynamique de l’archipel sur un point chaud actif et, d’autre part, sa position probable sur le front de la déformation du rift est-africain.
Mayotte est la plus ancienne île volcanique des Comores et ne possède pas de volcan actif. Aujourd’hui, l’activité volcanique se limite au volcan Karthala sur l’île de Grande Comore.
Source: BRGM, African Times, The Watchers.

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A few weeks ago, a friend of mine alerted me to the seismicity that is affecting the island of Mayotte (pop. 250,000) in the Comoros. His daughter is a doctor in a hospital and she is getting anxious when she feels the tremors both in the hospital and in her house. At the hospital, she is visited by patients who suffer from anxiety attacks. No serious injury has been reported but minor damage to buildings has been observed. Several families had to be evacuated because of the damage caused to their homes. Many people slept in the streets during first days in May as they did not know if the earthquakes would become worse and potentially collapse their homes.

According to the newspaper Africa Times, Mayotte’s firefighters are conducting drills designed to simulate rescuing people trapped by a landslide, and emergency experts are teaching the local population to check their homes for cracked walls.

Actually, this seismicity is been going on for nearly two months, and nobody knows exactly what the cause is. The epicentres of the seismic swarms have been located about 50 km to the east of the island. The largest event so far reached M 5.8 on May 15th, 2018. According to BRGM experts who have been sent to Mayotte, the events in the current swarm are of the same order of magnitude as those of 1981 and December 1985. They are part of a known and moderate seismicity in the Mozambique Channel (see figure below).

Due to the geographic situation of the archipelago of Comoros, the seismicity in Mayotte might have a double volcanic and tectonic origin which translates both their geodynamic position on an active hot spot and their probable position at the front of the deformation of the East African rift.

Mayotte is the oldest volcanic island of Comoros and has no active volcano. Today, volcanic activity is restricted to the Karthala volcano at Grande Comore.

Source: BRGM, African Times, The Watchers.

 

Sismicité à Mayotte et dans toute la région (Source: BRGM)

Contexte tectonique de la région (Source: BRGM)

Angoisse à Volcano (Hawaii) // Anxiety in Volcano village (Hawaii)

Ceux qui ont visité le Parc National des Volcans d’Hawaï sont probablement passés par Volcano, un village situé sur la Highway 11, à quelques kilomètres de l’entrée du parc. Personnellement, j’adore cet endroit et j’ai eu l’occasion de séjourner dans un très joli B & B au coeur d’une forêt de fougères arborescentes. Aujourd’hui, un tel séjour serait moins agréable qu’il y a quelques mois. En effet, en raison de l’éruption du Kilauea et de l’effondrement du cratère de l’Halema’uma’u, toute la zone sommitale connaît une sismicité élevée, avec de nombreux événements ressentis par la population.
Les habitants de Volcano sont capables de définir la magnitude des séismes en fonction de leurs effets sur leurs maisons. Ainsi, si les lustres oscillent, c’est une magnitude de 3. Si l’eau déborde du bassin de récupération des eaux pluviales, c’est une magnitude de 5. Ils sont aussi capables de dire quels sont les événements inoffensifs et ceux auxquels il faut porter une plus grande attention.

Le problème est que personne ne sait quand l’éruption va s’arrêter. Comme l’a dit un géologue du HVO: «Nous ne savons pas si c’est le début, le milieu, ou si nous approchons de la fin.» Comme je l’ai déjà précisé, la sismicité peut continuer même après la fin de l’éruption, le temps pour la caldeira sommitale de se stabiliser.
Pendant plusieurs semaines, les affaissements enregistrés dans la caldeira sommitale suite à la disparition du lac de lave ont fait augmenter le volume du cratère d’environ 10 millions de mètres cubes par jour. Cette subsidence s’accompagne d’explosions provoquées par la libération de la pression lors de l’évacuation des gaz. Elles sont plus ou moins régulières  et s’accompagnent de vibrations qui ressemblent à des séismes d’une magnitude pouvant atteindre M 5,4. Les explosions se produisent à peu près une fois par jour. Après une explosion, l’activité sismique diminue pendant un certain temps, mais reprend de la vigueur par la suite jusqu’à ce qu’une nouvelle explosion secoue le volcan.

Ce cycle constant est particulièrement éprouvant pour les habitants du village. Certains d’entre eux préfèrent rester dehors tout le temps parce qu’ils ne supportent pas de sentir leur maison trembler. D’autres disent que les secousses à répétition causent des dégâts, avec l’ouverture de fissures sur les murs et les plafonds.
Un habitant de Volcano a déclaré que des fractures sont apparues à la surface de Piimauna Drive, la seule route d’accès à sa subdivision. Bien que la route soit toujours praticable, des fractures sont apparues à sa surface et se sont élargies depuis le début de l’activité sismique. Il se demande maintenant si sa maison pourra toujours disposer d’une voie d’accès.

Au cours d’une récente réunion qui s’est tenue à Volcano, un ranger du Parc des Volcans a déclaré qu’il était confiant quant à la réouverture du Parc qui se modifie à vue d’œil. Le cratère qui ne cesse de s’agrandir a déjà avalé un parking, et le Musée Jaggar est susceptible de connaître le même sort.  Cependant, les représentants du HVO ont rassuré les habitants en leur indiquant que l’effondrement de la caldeira ne devrait pas se propager loin du sommet. Les fractures sur les routes autour de Volcano sont causées par des contraintes répétées ; ce  ne sont pas des fractures volcaniques ou des affaissements de terrain.

La population de Volcano reste inquiète. Il y a beaucoup moins de visiteurs à l’heure actuelle étant donné que le Parc des Volcans est fermé. Les habitants et les propriétaires d’entreprises commerciales sont impatients de voir la situation redevenir normale.
Adapté d’un article du Hawaii Tribune Herald.

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Those who have visited Hawaiian Volcanoes National Park probably drove along Volcano, a village located on Highway 11, a few miles before the park entrance. Personally, I love the place and I happened to stay in a very nice B&B amid a forest of tree ferns. However, today, such a stay would be less pleasant than a few months ago. Indeed, because of the current Kilauea eruption and the collapse of Halema’uma’u Crater, the whole summit area is going through elevated seismicity, with many events that can be felt by the population.

People in Volcano are able to define the magnitude of the quakes according to their effects in their homes. If the lights by the window shake, it’s a magnitude 3. If the water sloshes out of the catchment tank, it’s a magnitude 5. Thus, they can determine which quakes are nothing to worry about and which ones might be something more.

The problem is that nobody knows when it will stop. As one HVO geologist put it: “We don’t know if this is the beginning, the middle or if we’re getting close to the end.”  As I put it before, seismicity may continue even after the end of the eruption, time for the summit caldera to stabilise.

For several weeks, ground subsidence around the summit caldera following the recession of the lava reservoir has caused the volume of the crater to expand by approximately 10 million cubic metres per day. This subsidence is accompanied by semi-regular pressure explosions, and tremblors which register as earthquakes with magnitudes up to M 5.4. The explosions happen roughly once per day. Following an explosion, seismic activity lessens for a time, but additional tremors of increasing intensity occur throughout the day until another explosion shakes the volcano.

This constant cycle is nerve-wracking for the village’s inhabitants. Some residents had rather stay outside all the time because they can’t stand listening to their houses shake. Others say the repeated quakes are causing damage to their homes with the opening of fissures on the walls and the ceiling.

A Volcano resident said cracks have appeared at the surface of Piimauna Drive, the only road in or out of her subdivision. While the road is still passable, cracks in the surface have developed and expanded since the quakes began, leading her to worry that eventually she might have no way out.

During a recent meeting held in the village, a ranger for Hawaii Volcanoes National Park said he was confident that the park will reopen eventually, although the park will be drastically changed when it does. The ever-widening crater already has swallowed a parking lot, with Jaggar Museum likely to follow. However, HVO representatives reassured residents that the caldera collapse is not expected to spread far from the summit. Cracks in Volcano road surfaces are entirely caused by repeated stress rather than volcanic fissures or sinking land.

Residents remain uneasy though, and with far fewer visitors to Volcano now that the park is closed, residents and business owners are eager to see the situation  return to normal.

Adapted from an article in the Hawaii Tribune Herald.

Crédit photo: USGS

Puyehue (Chili) : Hausse du niveau d’alerte // Puyehue (Chile) : The alert level has been raised

Dans un bulletin spécial publié le 20 juin, le SERNAGEOMIN indique que le niveau d’alerte du Puyehue-Cordón Caulle a été a été élevé à la couleur Jaune (2 sur une échelle de 4) le 20 juin 2018 en raison d’une augmentation de la sismicité depuis le début du mois. Entre le 1er et le 15 juin 2018, 272 séismes ont été enregistrés sous le volcan. 48 étaient des événements longue période (LP) associés à la dynamique des fluides à l’intérieur du volcan. 215 autres événements étaient d’origine volcano-tectonique, associés à des mouvements du magma. Ils ont été localisés à 0,6 km à l’ouest du site de l’éruption de 2011, à une profondeur de 2,8 km. Les instruments ont également enregistré 9 séismes hybrides associés à des signes de déformation.
La dernière éruption du Puyehue-Cordón Caulle a débuté le 4 juin 2011 et s’est terminée en avril 2012. On lui a attribute un VEI de 5
Source: SERNAGEOMIN.

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In a special bulletin released on June 20th, SERNAGEOMIN indicates that the alert level for Puyehue-Cordón Caulle volcano was raised to Yellow (2 on a scale of 4) on June 20th, 2018 due to increased seismicity since the beginning of the month. Between June 1st and 15th, 2018, 272 earthquakes were recorded under the volcano. 48 were long-period (LP) earthquakes associated with dynamics of fluids inside the volcano. 215 events were volcano-tectonic, associated with the movement of magma. These were located 0.6 km west of the 2011 eruption, at a depth of 2.8 km. Instruments also registered 9 hybrid earthquakes associated with evidence of deformation.

The last eruption of Puyehue-Cordón Caulle volcano started on June 4th, 2011 and ended in April 2012. It was given a VEI of 5

Source: SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

Bárðarbunga (Islande / Iceland)

Un essaim sismique a été enregistré dans la partie septentrionale du Bárðarbunga. Il a commencé avec un événement de M 4,1 à 13h14 le 14 juin 2018. D’autres secousses ont suivi et un événement de M 4,9 a par la suite été enregistré à 15h05. C’est le séisme le plus puissant enregistré sur le Bárðarbunga depuis la fin de l’éruption au début de l’année 2015. C’est aussi la même magnitude qu’un autre séisme enregistré le 30 janvier de cette année.  A noter que ces différents séismes ont des hypocentres relativement superficiels et ne semble pas indiquer une ascension du magma.

L’Iceland Met Office précise qu’il n’y a pas de signes qu’une éruption va se produire, mais la situation est contrôlée attentivement.

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An earthquake swarm has been registered in the northern part of Bárðarbunga. It began with an M 4.1 event at 13.14 on June 14th, 2018. Several quakes followed and then a larger one occurred at 15.05 with a magnitude of M 4.9. This is the largest earthquake measured in Bárðarbunga since the eruption stopped at Bárðarbunga in early 2015 and is the same magnitude as an earthquake that occurred on January 30th this year.

The Iceland Met Office however says that there are no signs of an eruption but is monitoring the area closely.

Source: Iceland Met Office