Le point sur la sismicité à Mayotte (Archipel des Comores) // Latest news about seismicity in Mayotte (Comoro Islands)

La sismicité continue à Mayotte, mais les relevés du BRGM (voir graphique ci-dessous) montrent qu’elle est moins intense qu’il y a quelques mois. Dans son bulletin du 30 janvier 2019, le Bureau indique qu’il a dénombré 98 séismes de magnitude supérieure ou égale à M 3.5 entre le 10 et le 30 janvier, (soit en moyenne 5 par jour) dont 13 séismes de magnitude supérieure ou égale M 4.0.

Depuis novembre 2018, le niveau d’activité sismique est stable et constant. Depuis le début de l’essaim sismique, les événements ont été localisés pour la plupart dans une zone située entre 30 et 40 km à l’est de Mamoudzou.

Le BRGM précise que l’apparition de l’essaim sismique en mai 2018 a surpris la communauté scientifique. La connaissance géologique de la zone de l’essaim étant limitée, la compréhension du phénomène se précise au fur et à mesure de l’observation des séismes. Différentes hypothèses sur leurs causes ont ainsi été étudiées. En plus des mesures sismiques, de nouvelles données ont été analysées en octobre et novembre 2018, notamment des données de déformation de la surface de l’île. Une équipe du Laboratoire de Géologie de l’Ecole Normale Supérieure de Paris a ainsi montré que la phase actuelle de l’essaim s’explique par une composante volcanique.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le 11 novembre 2018, un signal atypique très basse fréquence a été détecté par les réseaux internationaux. Il est caractéristique d’un phénomène volcanique.

On arrive donc à hypothèse selon laquelle on se trouve devant une conjonction d’effets tectoniques et volcaniques pour expliquer la situation au large de Mayotte. Afin de mieux comprendre la situation, des possibilités de déployer de nouveaux instruments à terre et en mer sont à l’étude.

D’un point de vue sismique, la situation actuelle s’inscrit dans une sismicité connue et modérée dans le canal du Mozambique. L’archipel des Comores présente, le long de ses 500 kilomètres, une sismicité relativement diffuse dans un contexte tectonique et volcanique. Cette sismicité est régulière avec une fréquence relativement importante de séismes de magnitude proche de M 5 dans l’ensemble de la zone.

La sismicité à proximité immédiate de Mayotte est moins bien connue mais des séismes entraînant des dommages se sont déjà produits dans le passé, par exemple le 1er décembre 1993, avec une secousse de M 5.2. En revanche, aucun séisme destructeur de magnitude supérieure à M 6 n’a été enregistré à ce jour à proximité de Mayotte.

Source : BRGM.

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Seismicity continues in Mayotte, but the BRGM surveys (see graph below) show that it is less intense than a few months ago. In its bulletin of January 30th, 2019, the Bureau indicates that it counted 98 earthquakes with a magnitude greater than or equal to M 3.5 between January 10th and 30th, (ie an average of 5 events per day) including 13 earthquakes with a magnitude greater than or equal to M 4.0.
Since November 2018, the level of seismic activity has been stable and constant. Since the beginning of the seismic swarm, events have been located for the most part in an area between 30 and 40 km east of Mamoudzou.
BRGM states that the appearance of the seismic swarm in May 2018 surprised the scientific community. The geological knowledge of the zone of the swarm being limited, the understanding of the phenomenon becomes more precise with the observation of the earthquakes. Different hypotheses on their causes have thus been studied. In addition to seismic measurements, new data were analyzed in October and November 2018, including deformation data on the island’s surface. A team from the Laboratoire de Géologie de l’Ecole Normale Supérieure of Paris has shown that the current phase of the swarm is explained by a volcanic component.
As I indicated earlier, on November 11th, 2018, an atypical, very low frequency signal was detected by international networks. It is characteristic of a volcanic phenomenon.
The final hypothesis is that we are confronted with a conjunction of tectonic and volcanic effects to explain the situation off Mayotte. To better understand the situation, opportunities to deploy new instruments on land and at sea are being explored.
From a seismic point of view, the current situation is part of a known and moderate seismicity in the Mozambique Channel. The Comoros archipelago presents, along its 500 kilometres, a relatively diffuse seismicity in a tectonic and volcanic context. This seismicity is regular with a relatively large frequency of earthquakes with magnitudes close to M 5 in the whole area.
The seismicity in the immediate vicinity of Mayotte is less well known but earthquakes causing damage have already occurred in the past, for example on December 1st, 1993, with a an M 5.2 quake. However, no destructive earthquake with a magnitude greater than M 6 has been recorded so far near Mayotte.
Source: BRGM.

Source: BRGM

Essaim sismique à proximité de l’Hekla (Islande) // A seismic swarm near Mt Hekla (Iceland)

Un essaim sismique a été enregistré le 27 janvier 2019 à quelques kilomètres à l’ouest du Torfajokull et à une quinzaine de kilomètres à l’est de l’Hekla. On a dénombré une trentaine d’événements d’une magnitude variant globalement entre M 1 et M 3,7, entre 3 et 7 km de profondeur.

Etant donné la proximité de l’Hekla, la situation mérite d’être surveillée. Il est bon de rappeler que la dernère éruption de ce volcan a eu lieu fin février 2000, précédée d’un bref épisode sismique d’une heure vingt. Après un début intense, l’éruption s’est essoufflée et s’est terminée dans les premiers jours du mois de mars.

Les éruptions précédentes au 20ème siècle se sont produites en mars-avril 1948, mai-juillet 1970, août 1980 et janvier-mars 1991.

Elles se caractérisent souvent par ne première phase explosive violente suivie d’une activité moins intense, avec des coulées de lave et d’abondantes émissions de cendre.

Certains scientifiques affirment que l’Hekla aurait un cycle éruptif décennal, mais l’examen des éruptions au cours des âges montre que ce cycle n’existe pas vraiment. On remarquera que 19 années se sont déjà écoulées depuis la dernière éruption. D’une manière plus générale, la notion de cycle éruptif n’a jamais été vraiment prouvée sur les volcans actifs.

Source : IMO, Smithsonian Institution.

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A seismic swarm was recorded on January 27th, 2019 a few kilometres west of Torfajokull and about fifteen kilometres east of Mt Hekla. There were about thirty events with a magnitude generally ranging between M 1 and M 3.7, between 3 and 7 km deep.
Given the proximity of Mt Hekla, the situation deserves to be monitored. It is worth remembering that the last eruption of this volcano took place at the end of February 2000, preceded by a brief seismic episode of one hour and twenty minutes. After an intense start, the eruption declined and ended in the first days of March.
Previous eruptions in the 20th century occurred in March-April 1948, May-July 1970, August 1980 and January-March 1991.
They are often characterized by a first violent explosive phase followed by a less intense activity, with lava flows and abundant ash emissions.
Some scientists claim that Mt Hekla has a ten-year eruptive cycle, but the review of eruptions over the ages shows that this cycle does not really exist. It should be noted that 19 years have passed since the last eruption. More generally, the notion of eruptive cycle has never really been proven on active volcanoes.
Source: IMO, Smithsonian Institution.

Source: IMO

Mt Agung (Bali / Indonésie) & Ambrym (Vanuatu)

Selon le Centre de gestion des risques, l’Agung a connu un nouvel épisode éruptif le 21 janvier 2019 à 17 heures (heure locale). Le sismogramme montre que l’éruption a duré 1 minute et 12 secondes avec une amplitude maximale de 23 millimètres. Les mauvaises conditions météo ont empêché d’évaluer la quantité de cendre émise par le volcan pendant l’éruption.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (siaga) sur une échelle de quatre niveaux.
Les habitants, les randonneurs et les touristes doivent respecter le rayon de 4 km de la zone de danger.

La sismicité est assez forte au Vanuatu ces temps-ci. Plusieurs événements tectoniques ont été enregistrés au cours des derniers mois. Un événement peu profond d’une magnitude de M 6,6 a été enregistré près des côtes du Vanuatu le 15 janvier 2019.
Des témoins ont indiqué que des séismes liés à l’activité volcanique à Ambrym ont ouvert des fractures dans le sol au cours du mois écoulé. Elles ont endommagé des villages entiers et entraîné l’évacuation de 700 personnes. Ces dernières ont été transférées dans des zones plus sûres de l’île. Jusqu’à présent, il n’est pas prévu de les transférer dans d’autres îles. Toutefois, si l’activité volcanique s’intensifie, il est envisagé de les déplacer à Malekula, l’une des grandes îles de la province.
L’activité volcanique est actuellement faible et le niveau d’alerte reste à 3. La zone de danger reste d’environ 2 km autour de Benbow et à 4 km autour de Marum (voir carte). Une autre zone de risque se situe à moins de 3 km des principales fractures au sud-est d’Ambrym.
Bien qu’elle soit inférieure à celle de décembre 2018 et non ressentie par la population, la sismicité persiste à Ambrym. GeoHazards indique qu’elle est lié à l’activité volcanique actuelle. Elle pourrait continuer d’affecter les fractures existantes, en particulier dans le sud-est d’Ambrym. Les dernières images satellitaires confirment la déformation du sol à Ambrym, ce qui signifie que la population de l’île et des îles voisines doivent s’attendre à plus de séismes, de gaz volcaniques et de retombées de cendre.
Source: GeoHazards, The Watchers.

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According to the Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation, Mount Agung erupted on January 21st, 2019 at 5 p.m. (local time). The seismogram shows that the eruption lasted 1 minute and 12 seconds with a maximum amplitude of 23 millimetres. Foggy weather prevented from measuring the amount of ash the volcano spewed during the eruption.

The alert level is kept at 3 (siaga) on a four-level scale.

Residents, climbers and tourists should steer clear of the danger zone within a 4-kilometer radius of the crater.

 

Seismicity is quite hjgh in Vanuatu these days. Several tectonic earthquakes have been recorded during the past months. A strong and shallow event with an M 6.6 magnitude hit near the coast of Vanuatu on January 15th, 2019.

Witnesses indicate that other earthquakes related to volcanic activity at Ambrym opened fissures in the ground during the past month. They damaged entire villages, forcing the evacuation of 700 people. These persons are being relocated to safer zones on the island. There are so far no plans to relocate them to other islands. Should volcanic activity intensify, there is a plan to move them to Malekula, one of the big islands in the province.

Volcanic activity is currently low and the alert level remains at 3. The danger zone remains about 2 km around Benbow and 4 km around Marum (see map). The additional area of risk is within 3 km from major cracks in the South East of Ambrym.

Although it is lower than in December 2018 and not felt by the population, seismicity persists at Ambrym. GeoHazards indicates it is related to the current volcanic activity. It may continue to affect the existing cracks, especially in the South East Ambrym area. The latest satellite imagery confirms ongoing land deformation at Ambrym, which means the population of the island and neighbouring ones may expect more earthquakes, volcanic gases and ashfall at any time.

Source : GeoHazards, The Watchers

 Fractures provoquées par l’activité sismique à Ambrym (Source: strangesounds.org)

Zones de sécurité sur l’île d’Ambrym (Source: GeoHazards)

Mayotte (Archipel des Comores) : Vers une éruption sous-marine? // Toward a possible submarine eruption ?

Il semble que la situation s’oit en train de s’accélérer dans le secteur de Mayotte, dans l’archipel des Comores. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, la région est affectée par un essaim sismique intense qui inquiète la population. Toutefois, jusqu’à présent, la cause de cette sismicité n’a été ni détectée, ni expliquée.
L’inquiétude a récemment grandi lorsque de nombreux poissons morts sont apparus sur plusieurs sites au large de la barrière de corail, à l’est-sud-est de Mayotte, entre Madagascar et le Mozambique, là où l’essaim a commencé en mai 2018. Les premiers événements avaient des magnitudes proches de M 3,0, suivis d’autres secousses de magnitudes M 3,5 et M 3,7, avec un séisme de M 4,5 le 10 mai 2018.
Selon les autorités locales, la découverte de poissons morts était accompagnée «d’une forte odeur de gaz, de caoutchouc ou de plastique brûlé, et de soufre.».
Il se peut que les poissons morts soient liés à l’essaim sismique ou à un possible événement volcanique qui aurait pu perturber le fragile équilibre écologique des fonds océaniques où évolue cette faune. Des situations semblables ont été observées à La Réunion et à Hawaii dans le passé, lorsque la lave a pénétré dans l’océan. La vente des poissons morts a été interdite. Suite à leur découverte, la Préfecture a conseillé aux pêcheurs d’éviter certaines zones définies par leurs coordonnées GPS.
À titre préventif, les pompiers de Mayotte organisent des exercices visant à simuler le sauvetage de personnes piégées par des glissements de terrain, et on apprend aux habitants de l’île à vérifier si les murs de leurs maisons et de leurs entreprises ne sont pas fissurés. Un de mes amis dont la fille est médecin dans un hôpital m’a raconté qu’il y a de plus en plus de patients souffrant de crises d’angoisse et se rendant à l’hôpital pour obtenir des médicaments.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente, un signal sismique atypique de très basse fréquence en provenance de l’île de Mayotte a été détecté par les réseaux du monde entier peu avant 9h30 (TU) le 11 novembre 2018. Le signal s’est répété toutes les 17 secondes environ, sur une durée d’une vingtaine de minutes. Le BRGM a déclaré que les signaux de ce type sont caractéristiques des phénomènes volcaniques.
J’ai également indiqué que depuis la mi-juillet, les stations GPS de l’île ont détecté un glissement de plus de 61 mm vers l’est et de 30 mm vers le sud. Au vu de ces mesures, des chercheurs français ont estimé qu’une volumineuse poche de magma se frayait un chemin vers la surface à proximité de Mayotte.
Je pense personnellement que cette hypothèse mérite d’être prise en compte. Le risque d’une éruption dans les profondeurs de l’océan est réel. Jusqu’à présent, aucun signe externe d’une telle éruption (changements de couleur de l’eau de mer, par exemple) n’a été observé. Cependant, la présence de poissons morts fait penser à une possible émission de lave (?), de gaz nocifs et éventuellement d’eau à haute température au fond de l’océan. En conséquence, la situation doit être surveillée de près.
Source: The Watchers, BRGM, IPG, média français.

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It seems the situation is accelerating at Mayotte in the Comoros. As I put it several times before, the region is affected by an intense seismic swarm that worries the population. Up to now, the cause of this seismicity has not been detected and explained.

More anxiety was recently triggered when a large number of dead fish emerged at various sites off the barrier reef just east-southeast of Mayotte, between Madagascar and Mozambique where the swarm started in May 2018. The first evenys had magnitudes close to M 3.0, followed by more quakes with magnitudes M 3.5 and M 3.7 and culminating at M4.5 on May 10th, 2018.

According to local authorities, the discovery of dead fish was accompanied by “a strong smell of gas, burning rubber, plastic or sulphur.”

The dead fish may be linked to the earthquake swarm and a possible volcanic origin which could have disturbed the fragile ecological balance of the shallows in which this fauna evolves. Similar situations have been observed in Réunion and Hawaii in the past when lava entered the ocean. The sale of the dead fish has been prohibited. Following their discovery, the Prefecture has advised fishermen to avoid certain zones defined by their GPS coordinates.

As a prevention Mayotte’s firefighters are conducting drills designed to simulate rescuing people trapped by a landslide, and emergency experts are teaching island residents to check their homes and businesses for cracked walls. A friend of mine whose daughter is a doctor in a hospital told be there are more and more patients suffering from anxiety attacks and visiting the hospital to get medicines.

As I put it in a previous post, an atypical very low frequency signal originating near the island of Mayotte was detected by international networks around the world just before 09:30 UTC on November 11th, 2018. The signal repeated in a wave about every 17 seconds, lasting for about 20 minutes in total. The French BRGM said signals of this type are characteristic of volcanic phenomena.

I also indicated that since mid-July, GPS stations on the island have tracked it sliding more than 61 mm to the east and 30 mm to the south. Using these measurements, French researchers estimated that a voluminous magma body is squeezing its way through the subsurface near Mayotte.

In my opinion, this hypothesis needs to be taken into account. The risk of an eruption in the depths of the ocean is real. Up to now, external signs of such an eruption (changes of colour in the ocean water, for instance) have not been observed. However, the presence of dead fish is an indication of the release of lava (?), noxious gases and possibly hot water on the ocean floor. As a consequence, the situation should be closely monitored.

Source: The Watchers, BRGM, IPG, French news media.

Sismicité à Mayotte et dans toute la région (Source: BRGM)