Champs Phlégréens / Campi Flegrei (Campanie / Italie)

drapeau francais   Situés à quelques encablures de Naples dans une région très peuplée, les Champs Phlégréens font l’objet d’une surveillance constante car le secteur est considéré comme volcaniquement active. La dernière éruption de 1538 ne fut pas très importante ; elle ne dura que quelques jours et donna naissance à un petit cône de cendre, le Monte Nuovo, à proximité de Pouzzoles. De nos jours, la région est occupée par plusieurs centaines de milliers d’habitants et on imagine facilement les effets dévastateurs qu’engendrerait une éruption majeure des Campi Flegrei.
Depuis des lustres, la région de Pouzzoles est sujette à des accès de bradyséisme, autrement dit des périodes de soulèvement et d’abaissement du sol, parfaitement visibles sur les colonnes du temple de Sérapis qui trône au coeur de cette ville.
Les derniers rapports de l’INGV de Naples (voir le lien ci-dessous) indiquent que la déformation du sol s’est accélérée au cours des derniers mois, avec un maximum d’environ 9 centimètres en un an à proximité de Pouzzoles. Le soulèvement le plus significatif a eu lieu pendant les mois de juillet et août 2012. Toutefois, on observe un certain ralentissement depuis quelques semaines.
Ces déformations périodiques du sol des Champs Phlégérens sont attribuées à des variations de pression et de température à l’intérieur du vaste système hydrothermal qui se trouve sous la caldeira. Contrairement aux soulèvements du sol souvent observés sur les volcans avant une éruption, le gonflement observé dans les Champs Phlégérens n’annonce pas forcément un phénomène éruptif.
En plus de ces déformations, les scientifiques de l’INGV ont enregistré une augmentation des microséismes, petits événements dont la magnitude ne dépasse guère M 0,2. Ils ont aussi observé une augmentation de la température des fumerolles de la Solfatara, avec une quantité plus importante de gaz magmatiques (voir les schémas sur le site Internet). Dans la mesure où le système hydrothermal est en relation avec la chambre magmatique qui sommeille sous les Champs Phlégréens, il se pourrait que des mouvements de magma en profondeur soient responsables de ces différentes évolutions. Le conditionnel est de rigueur car rien n’indique actuellement que le volcan représente une menace pour les populations.
http://www.ov.ingv.it/ov/it/stato-attuale-campi-flrgrei.html

 

   Lying near Naples in a heavily populated region, the Campi Flegrei are closely monitored because the area is considered as volcanically active. The last eruption of 1538 was minor and lasted only a few days with the building of a small cinder cone, Monte Nuovo, near Pozzuoli. Today, hundreds of thousands of people are living in the region and it is easy to imagine the devastating effects a major eruption would produce.
Time out of mind, the area around Pozzuoli has been shaken by bradyseismic events, uplifts of the ground whose evidence can clearly be seen on the columns of the temple of Serapis in the town centre.
The latest reports released by INGV in Naples (see link below) indicate that ground deformation has been accelerating during the past months, with a maximum uplit of about 9 centimetres near Pozzuoli. The most significant uplift occurred in July and August 2012. However, the phenomenon slightly decreased during the past weeks.
These periodical ground deformations of the Campi Flegrei are usually attributed to pressure and temperature variations within the huge hydrothermal system that lies beneath the caldeira. Contrary to the uplift frequently observed on volcanoes before an eruption, the uplift of the Campi Flegrei does not necessarily announce an eruptive event.
Beside the deformation, INGV scientists also recorded an increase in the number of micro earthquakes (maximum M 0.2), a rise of the fumarole temperatures in the Solfatara as well as a larger quantity of magmatic gases (see graphs on the website). In so far as the hydrothermal system is closely connected with the underlying magma chamber, new magma movements might in fact be responsible for the observed changes. We have to use the conditional as there are currently no indications that the volcano is a threat to the populations.
http://www.ov.ingv.it/ov/it/stato-attuale-campi-flrgrei.html

Temple-Serapis

Incrustations de coquillages dans cette colonne du temple de Sérapis à Pouzzoles.  (Photo:  C. Grandpey)

Climat et volcans / Climate and volcanoes

drapeau francais   Voici un lien vers un article fort intéressant (en anglais) qui montre que si les volcans sont susceptibles d’affecter le climat sur Terre, l’inverse est également vrai. Des chercheurs se sont rendus compte que des périodes d’activité volcanique intense faisaient suite à des hausses rapides des températures planétaires accompagnées d’une rapide fonte des glaces. Le phénomène est facile à comprendre. « Durant les périodes de réchauffement global, les glaciers fondent relativement rapidement sur les continents. Dans le même temps, le niveau des océans s’élève. Le poids supporté par les continents diminue alors que le poids supporté par les plaques océaniques augmente. Il s’ensuit des modifications de pression à l’intérieur de la Terre qui permettent au magma de trouver de nouvelles voies pour atteindre la surface ».
http://www.sciencedaily.com/releases/2012/12/121219133551.htm?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+sciencedaily%2Fearth_climate%2Fgeology+%28ScienceDaily%3A+Earth+%26+Climate+News+–+Geology%29

 

   Here is the link to an interesting article that shows that if volcanoes may affect the Earth’s climate, the reverse is also true. Researchers have found that periods of high volcanic activity followed fast, global temperature increases and associated rapid ice melting. The reason is easy to understand: “In times of global warming, the glaciers are melting on the continents relatively quickly. At the same time the sea level rises. The weight on the continents decreases, while the weight on the oceanic tectonic plates increases. Thus, the stress changes within in the Earth to open more routes for ascending magma”.
http://www.sciencedaily.com/releases/2012/12/121219133551.htm?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+sciencedaily%2Fearth_climate%2Fgeology+%28ScienceDaily%3A+Earth+%26+Climate+News+–+Geology%29

Glacier-Alaska-blog

La fonte actuelle des glaciers entraînera-t-elle une intensification de l’activité éruptive?

(Photo: C. Grandpey – Glacier Bay – Alaska)

La Pompéi du Japon / The Pompeii of Japan

drapeau francais  Le 10 décembre dernier, on pouvait lire dans la presse japonaise que les restes d’un adulte – de toute évidence un soldat – et d’un enfant avaient été découverts sur le site de Kanai Higashiura , près de Shibukawa, dans la préfecture de Gunma. Ils étaient enfouis dans une couche de cendre volcanique datant du début du 6ème siècle, époque où le volcan Harunayama Futatsudake est entré en éruption. A noter qu’il entrera à nouveau en éruption une cinquantaine d’années plus tard. C’est la première fois que des restes humains de l’époque Kofun sont découverts sur ce site qui a été baptisé « la Pompéi du Japon ». C’est aussi la première fois qu’une armure datant de cette époque est découverte en ce lieu. Les armures précédentes se trouvaient dans des tombes, en général à côté du défunt.
Quand il a été découvert, l’homme avait le visage tourné vers le sol, en direction du volcan Harunayama. Les archéologues pensent qu’il s’était d’abord agenouillé avant de tomber et qu’il courait se protéger d’une coulée pyroclastique en compagnie de sa famille. L’homme ne tenait pas son enfant ; il est probable que ce dernier a été entraîné loin de son père par la coulée.
Vous trouverez l’intégralité de l’article ainsi que des illustrations à cette adresse :
http://japanesearchaeology.com/2012/12/11/kanai-higashiura-iseki-remains-found-of-kofun-period-man-wearing-armor/

 

   On December 10th 2012, one could read in the Japanese newspapers that the remains of a Kofun-Period infant and adult male – obviously a soldier – were recovered from the Kanai Higashiura site, Shibukawa city, Gunma prefecture. They were buried under a layer of volcanic ash dating to the early-6th century when the Harunayama Futatsudake volcano erupted. Another eruption also took place 50 years later. This marks the first discovery of Kofun-Period human remains on this site known as “the Pompeii of Japan”. It is also the first time an armour dating back to that period has been discovered here. Previous armours had all been found from tombs, placed next to their owners.
The adult male was found face down in the direction of Harunayama. Judging by the angle of his legs, researchers believe he fell forward from a kneeling position. He probably fleeing from a pyroclastic flow and running for cover with his family. The man was not clutching the baby. Perhaps the infant was washed away in the pyroclastic flow.
You’ll find the whole article and photos at this address:
http://japanesearchaeology.com/2012/12/11/kanai-higashiura-iseki-remains-found-of-kofun-period-man-wearing-armor/

Gestion des risques volcaniques / Management of volcanic risks

drapeau francais.jpgCe n’est pas la première fois qu’un document est publié en matière de gestion des risques volcaniques et, une fois de plus, je crains fort qu’il soit beaucoup trop long et beaucoup trop théorique et ne serve pas à grand-chose quand une crise éruptive majeure se produira dans le monde. Il a malgré tout le mérite d’exister.

Cette fois, il est le fruit de l’Union Européenne dans le cadre du projet MIAVITA (”Mitigate and Assess risk from Volcanic Impact on Terrain and human Activities). Il s’agit d’un livret de 200 pages (!) téléchargeable gratuitement à cette adresse : http://miavita.brgm.fr/default.aspx. Il s’adresse à toutes les institutions et personnes responsables de la gestion d’une crise volcanique. « Il encourage la création d’un lien idéal entre les différentes parties prenantes concernées par la gestion des risques, facilitant ainsi les interactions entre les autorités et les scientifiques ».

Le fascicule qui se divise en 6 parties est particulièrement destiné aux pays en voie de développement.

drapeau anglais.jpgThis is not the first time a document has been edited about the management of volcanic risks and, once again, I am afraid it is far too long and theoretical and will not be very useful when an eruptive crisis occurs in the world.

This time, it is the result of the EU project MIAVITA (which stands for “Mitigate and Assess risk from Volcanic Impact on Terrain and human Activities”). It is a booklet of 200 pages (!) which can be downloaded for free at: http://miavita.brgm.fr/default.aspx.. It is addressed to all the institutions and people that deal with the management of volcanic crises. “It promotes the creation of an ideal bridge between different stakeholders involved in risk management, improving and facilitating interactions among authorities and scientists”.

The handbook is divided into 6 main sections and is particularly oriented towards developing countries.