Piton de la Fournaise : un volcan-laboratoire // Piton de la Fournaise : a volcano-laboratory

L’éruption du Piton de la Fournaise se poursuit tranquillement sur le flanc sud-sud-est du volcan. Lorsque l’éruption a débuté le 13 février 2026, le front de coulée a dévalé les pentes à une vitesse relativement rapide et la lave a atteint les Grandes Pentes en fin d’après-midi. Puis, le débit éruptif a fortement ralenti. Il était estimé pendant la nuit entre 2 et 19 m3/sec. Entre 22 heures et 6h du matin, la lave avait parcouru 300 mètres et le 14 février à 5 heures du matin elle se situait à 3 km de la RN2, la bien nommée Route des laves. Toutefois, au train où vont les choses, il est très peu probable qu’elle atteigne cette route.

Il faut malgré tout rester vigilant car l’activité pourrait encore augmenter au niveau du site éruptif en amont. L’Observatoire enregistre toujours une sismicité sous le volcan.

Dans un bulletin émis le 14 février, l’OVPF explique que l’éruption actuelle se situe dans un contexte de réactivation du Piton de la Fournaise observée depuis novembre 2025. Ce contexte inclut une pressurisation du réservoir magmatique superficiel traduite par la hausse de la sismicité et l’inflation de l’édifice volcanique. Plusieurs intrusions magmatiques ont été observées, avec des éruptions avortées et une première sortie de lave du 18 au 20 janvier 2026.

On remarquera que la durée entre le début de la crise sismique et le début de l’éruption du 13 février fut extrêmement courte (environ 35 minutes selon l’OVPF) et n’a pas permis d’alerter les randonneurs qui se trouvaient sur le volcan au moment où la lave a percé la surface. L’Observatoire explique que cette durée très brève est typique d’une éruption qui débute à proximité du sommet. Le réservoir magmatique étant localisé sous la zone sommitale, le magma parcourt une distance relativement courte (moins de 2 km). Les éruptions plus éloignées du sommet sont généralement précédées de crises sismiques plus longues.

L’OVPF rappelle que Le Piton de la Fournaise fait l’objet d’une surveillance instrumentale continue. L’évolution de l’activité est communiquée dans les bulletins quotidiens et des communiqués exceptionnels.

Le Piton de la Fournaise est bien instrumenté et constitue un volcan-laboratoire. Les caprices de la lave trompent parfois les scientifiques en poste (voir les éruptions avortées), mais la prévision éruptive est en général relativement correcte. Le Piton, comme le Kilauea à Hawaï, est un volcan effusif de point chaud avec des coulées qui avancent loin des zones habitées.

La prévision prend une autre envergure sur les volcans explosifs et leurs redoutables coulées pyroclastiques (voir ma dernière note sur le Semeru) qui menacent souvent des zones habitées. Faute de pouvoir prévoir leurs éruptions suffisamment à l’avance, les autorités ont recours au principe de précaution et évacuent les populations potentiellement menacées, une sage décision.

Voici quelques images de l’éruption du Piton de la Fournaise pendant la nuit du 13 au 14 février (Christian Holveck) et le 14 février au Matin (Thierry Sluys). Un grand merci aux deux photographes.

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The eruption of Piton de la Fournaise continues quietly on the south-southeast flank of the volcano. When the eruption began, the lava flow front rushed down the slopes at a relatively rapid speed, and the lava reached the Grandes Pentes area in the late afternoon. Then, the eruptive flow rate slowed considerably. It was estimated overnight to be between 2 and 19 m³/sec. Between 10 p.m. and 6 a.m., the lava had traveled 300 meters and, at 6 a.m., was located 3 km from RN2, the aptly named Route des Laves (Lava Road). However, at the current rate, it is very unlikely that it will reach this road.
Nevertheless, vigilance is still necessary, as activity could increase at the upslope eruptive site. The Observatory is still recording seismic activity beneath the volcano. In a bulletin issued on February 14, the OVPF explained that the current eruption is occurring within the context of a reactivation of Piton de la Fournaise observed since November 2025. This context includes pressurization of the shallow magma reservoir, resulting in increased seismicity and inflation of the volcanic edifice. Several magmatic intrusions have been observed, with aborted eruptions and the first lava flow occurring between January 18 and 20, 2026.

It is worth noting that the time between the start of the seismic crisis and the beginning of the eruption on February 13 was extremely short (approximately 35 minutes according to the OVPF) and did not allow for any warning to the hikers who were on the volcano when the lava broke through the surface. The Observatory explains that this very brief duration is typical of an eruption that begins near the summit. Because the magma reservoir is located beneath the summit area, the magma travels a relatively short distance (less than 2 km). Eruptions further from the summit are generally preceded by longer seismic activity.
The OVPF reminds the public that Piton de la Fournaise is under continuous instrumental monitoring. Activity updates are reported in daily bulletins and special announcements.
Piton de la Fournaise is well-instrumented and serves as a laboratory volcano. The unpredictable nature of the lava sometimes deceives scientists on site (see aborted eruptions), but eruptive forecasting is generally accurate. Like Kilauea in Hawaii, Piton de la Fournaise is an effusive hotspot volcano with flows that advance far from inhabited areas. Forecasting takes on even greater importance with explosive volcanoes and their formidable pyroclastic flows, which often threaten populated areas. As they are unable to predict their eruptions far enough in advance, the authorities resort to the precautionary principle and evacuate potentially threatened populations, a wise decision.

L’IFREMER explore les abysses // IFREMER explores the abyss

Les deux premiers prototypes de flotteurs-profileurs Argo Deep-6000, développés par l’Ifremer, ont effectué avec succès leurs premières plongées en autonomie en haute mer, au nord des Antilles. Depuis le 11 janvier 2026, chacun des deux profileurs a effectué cinq cycles complets jusqu’à 6 000 mètres de profondeur, transmettant pour la première fois des données inédites sur les abysses. La France devient ainsi le troisième pays au monde, après les États-Unis et la Chine, à concevoir des profileurs Argo capables d’explorer ces profondeurs extrêmes. D’ici à 2028, 30 de ces profileurs grands fonds rejoindront la flotte internationale de 4000 profileurs pour couvrir plus de 98% du volume de l’Océan mondial.

L’Ifremer précise sur son site que ces nouveaux profileurs Argo Deep-6000 permettront de mesurer en temps réel la salinité, la température, l’oxygène et la pression des grands fonds, afin de mieux connaître l’impact du réchauffement climatique jusqu’à 6000 mètres de profondeur. Les chercheurs pourront également obtenir des informations sur la circulation océanique profonde qui contribue au stockage dans l’océan profond des signaux climatiques comme la chaleur ou le carbone, et affiner les modèles de prévisions océaniques.

Argo est un exemple de coopération internationale remarquable, avec plus de 60 pays qui y contribuent.

Comme je l’explique souvent sur ce blog, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les profondeurs de nos propres océans. Ce sont pourtant dans les abysses que se trouvent les zones de subduction, facteur déclencheur des séismes les plus puissants et les plus destructeurs. L’Ifremer confirme que l’Océan abyssal est encore largement méconnu et très peu échantillonné.

Pourtant, environ 10% du réchauffement total de l’Océan est situé en dessous de 2000 mètres de profondeur, et les rares données dont nous disposons indiquent un fort signal de réchauffement sous 4000 mètres dans l’Océan Austral qui commence à se propager vers le nord dans les Océans Pacifique, Atlantique et Indien. Passer le cap des grands fonds est donc essentiel pour la communauté scientifique qui va rapidement bénéficier d’un jeu de données complet permettant de suivre à la fois l’évolution temporelle de ce réchauffement et sa propagation spatiale dans les eaux les plus profondes. Les données recueillies permettront également de mieux connaître la contribution des zones abyssales à l’augmentation du niveau de la mer.

L’Ifremer explique sur son site web que le développement des profileurs Argo Deep-6000 a nécessité de lever des verrous techniques liés à la très importante pression exercée par la colonne d’eau dans les grandes profondeurs.

Ces profileurs sont capables de plonger et remonter en autonomie sur des cycles de dix jours, comme leurs homologues qui plongent entre 2000 et 4000 mètres. Afin de résister aux conditions des abysses, un matériau composite a été préféré au titane. Chaque flotteur pèse 40 kilogrammes contre 20 kilogrammes pour les flotteurs classiques, pour résister aux conditions extrêmes auxquelles il sera exposé.

Source : Ifremer.

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The first two prototypes of the Argo Deep-6000 profiler floats, developed by Ifremer, have successfully completed their first autonomous dives in the open ocean, north of the Antilles. Since January 11, 2026, each of the two profilers has completed five full cycles to a depth of 6,000 meters, transmitting unprecedented data on the abyssal zone for the first time. France thus becomes the third country in the world, after the United States and China, to develop Argo profilers capable of exploring these extreme depths. By 2028, 30 of these deep-sea profilers will join the international fleet of 4,000 profilers to cover more than 98% of the world’s ocean volume.

Ifremer explains on its website that these new Argo Deep-6000 profilers will allow for real-time measurement of salinity, temperature, oxygen, and pressure in the deep sea, in order to better understand the impact of global warming down to depths of 6,000 meters. Researchers will also be able to obtain information on deep ocean circulation, which contributes to the storage of climate signals such as heat and carbon in the deep ocean, and refine ocean forecasting models.

Argo is an example of remarkable international cooperation, with more than 60 countries contributing to the project.

As I often explain on this blog, we know more about the surface of Mars than the depths of our own oceans. Yet, it is in the abyssal zone that subduction zones are found, the trigger for the most powerful and destructive earthquakes. Ifremer confirms that the abyssal ocean remains largely unknown and very poorly sampled.

However, approximately 10% of total ocean warming occurs below 2,000 meters, and the limited data available indicates a strong warming signal below 4,000 meters in the Southern Ocean, which is beginning to propagate northward into the Pacific, Atlantic, and Indian Oceans. Therefore, reaching the deep sea is essential for the scientific community, which will soon benefit from a comprehensive dataset enabling it to track both the temporal evolution of this warming and its spatial propagation in the deepest waters. The data collected will also provide a better understanding of the contribution of abyssal zones to sea-level rise.

Ifremer explains on its website that the development of the Argo Deep-6000 profilers required overcoming technical challenges related to the very high pressure exerted by the water column in the deep sea.

These profilers are capable of autonomous dives and ascents on ten-day cycles, like their counterparts that dive between 2,000 and 4,000 meters. To withstand the conditions of the deep sea, a composite material was chosen over titanium. Each float weighs 40 kilograms, compared to 20 kilograms for conventional floats, to withstand the extreme conditions to which it will be exposed.

Source: Ifremer.

Etna (Sicile) : la Faille de Tremestieri rappelle qu’elle est active // Mount Etna (Sicily) : The Tremestieri Fault reminds us that it is active

Une étude de l’INGV et de l’Université de Catane, publiée en juillet 2025, a analysé la structure profonde de l’Etna et le lien entre l’activité sismique et la remontée du magma, révélant de nouveaux détails sur la dynamique interne du volcan. En analysant plus de 15 000 séismes sur une période d’une vingtaine d’années, les chercheurs ont retracé les structures qui entraînent la déformation de la croûte et leur interaction avec les mouvements du magma. Lors des événements éruptifs, la pression exercée par le magma dans les couches de la croûte peut activer des failles même à des distances et des profondeurs considérables des cratères sommitaux.

On peut lire dans l’étude que la dynamique du flanc oriental de l’Etna, connu pour son glissement lent et régulier vers la mer Ionienne, est particulièrement intéressante. Les recherches montrent que ce mouvement n’est pas uniforme, mais se produit le long de structures diverses, déclenchées par une combinaison de failles anciennes, de pressions magmatiques et d’affaissements de surface.

Cette étude trouve sa confirmation avec la Faille de Tremestieri, qui traverse le flanc sud du volcan de Nicolosi à Tremestieri Etneo, et présente de nouveaux signes de « fluage asismique » expression qui fait référence au déplacement de surface, mesurable le long d’une faille en l’absence de séismes notables. Des mouvements de sol lents et constants, connus depuis des années par les scientifiques, se manifestent par de nouvelles fissures dans des zones densément peuplées. Ces mouvements, liés à l’interaction entre l’activité magmatique et la collision des plaques africaine et eurasienne, deviennent préoccupants lorsqu’ils affectent le tissu urbain, déformant rues, places et même réseaux d’alimentation en eau.

Des géologues de l’INGV ont mené une inspection à Tremestieri Etneo suite aux signalements des habitants. Les microséismes des 17 et 18 novembre 2025 ont suscité l’inquiétude. Neuf secousses ont été enregistrées, d’une magnitude comprise entre M1,5 et M2,5, localisées entre Pedara et Mascalucia. Les plus fortes ont été ressenties à Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati et Gravina di Catania ; elles ont fait trembler les maisons et réveillé plusieurs familles.

Source: INGV

Des relevés de terrain ont confirmé la réactivation du système de failles au cœur de Tremestieri. Sur la place du centre éducatif « Teresa di Calcutta », d’anciennes fissures se sont déplacées latéralement de 1,5 cm. Dans d’autres secteurs de la localité, un réseau de fissures étagées a déplacé le sol d’environ 1 cm, entraînant la rupture d’une canalisation d’eau, signe évident des contraintes sous-jacentes. La déformation sur la petite place de la Via Etnea est encore plus significative avec des affaissements verticaux allant jusqu’à 0,5 cm et horizontaux de 1 cm, accompagnés de compressions qui font onduler le revêtement. Plus en amont, le long de la route SP 3/II Tremestieri–Mascalucia, une autre fracture ancienne s’est réactivée, provoquant une nouvelle fuite d’eau et des mouvements d’extension d’environ 1 cm.
Les géologues expliquent que ce ne sont pas des événements inattendus, mais ils nous rappellent que même les failles silencieuses déforment le sol, affectant les bâtiments et les infrastructures. La déformation s’atténue progressivement en amont, où des irrégularités du plan de faille ralentissent le glissement.

Dans la conclusion du rapport des experts de l’INGV, on peut lire que pour les zones habitées de l’arrière-pays etnéen, le message est clair : « une surveillance continue et des évaluations sur le terrain sont indispensables à une planification urbaine éclairée et résiliente. Dans une région où volcanisme et tectonique sont intimement liés, chaque fissure devient un signal précieux pour atténuer les risques et prévenir des dommages plus importants. »

Source : La Sicilia, INGV.

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A study by the INGV and the University of Catania, published in July 2025, analyzed the deep structure of Mount Etna and the link between seismic activity and magma upwelling, revealing new details about the volcano’s internal dynamics. By analyzing more than 15,000 earthquakes over a period of about twenty years, the researchers traced the structures that cause crustal deformation and their interaction with magma movements. During eruptive events, the pressure exerted by magma in the crustal layers can activate faults even at considerable distances and depths from the summit craters.
The study notes that the dynamics of Mt Etna’s eastern flank, known for its slow and steady slide towards the Ionian Sea, is of particular interest. Research shows that this movement is not uniform, but occurs along various structures, triggered by a combination of ancient faults, magma pressures, and surface subsidence.
This study is confirmed by the Tremestieri Fault, which runs along the southern flank of the volcano, from Nicolosi to Tremestieri, and exhibits new signs of « aseismic creep, » a term that refers to surface displacement measurable along a fault in the absence of significant earthquakes. Slow, constant ground movements, known to scientists for years, are appearing as new fissures in densely populated areas. These movements, linked to the interaction between magmatic activity and the collision of the African and Eurasian plates, become a concern when they affect the urban fabric, deforming streets, squares, and even water supply networks.
INGV geologists conducted an inspection in Tremestieri Etneo following reports from residents. The micro-earthquakes of November 17 and 18, 2025, caused concern. Nine tremors were recorded, ranging in magnitude from M1.5 to M2.5, located between Pedara and Mascalucia. The strongest were felt in Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati, and Gravina di Catania; they shook houses and woke several families. Field surveys confirmed the reactivation of the fault system in the heart of Tremestieri. In the square of the “Teresa di Calcutta” educational center, old fissures had shifted laterally by 1.5 cm. In other parts of the town, a network of stepped cracks has displaced the ground by about 1 cm, causing a water pipe to burst—a clear sign of the underlying stresses. The deformation in the small square on Via Etnea is even more significant, with vertical subsidence of up to 0.5 cm and horizontal subsidence of 1 cm, accompanied by compression that is causing the pavement to undulate. Further upslope, along the SP 3/II Tremestieri–Mascalucia road, another old fracture has reactivated, causing a new water leak and extensional movements of about 1 cm. Geologists explain that these are not unexpected events, but they remind us that even silent faults deform the ground, affecting buildings and infrastructure. The deformation gradually diminishes upstream, where irregularities in the fault plane slow the sliding.

The conclusion of the INGV experts’ report states that for inhabited areas of the Etna hinterland, the message is clear: « Continuous monitoring and on-the-ground assessments are essential for well-informed and resilient urban planning. In a region where volcanism and tectonics are closely linked, every fissure becomes a valuable signal for mitigating risks and preventing more significant damage. »
Source: La Sicilia, INGV.

Vers un changement de comportement du Kilauea (Hawaï) ? // Towards a change in behaviour of Kilauea (Hawaii) ?

Le 14 janvier 2026, après la fin de l’Épisode 40, un nouvel essaim sismique a été enregistré sous le cratère Halemaʻumaʻu, au sommet du Kilauea. Cette activité sismique a progressivement diminué en fréquence et en intensité sur une période de 40 minutes. Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, les épicentres de ces séismes sont largement répartis dans la partie Est du cratère de l’Halemaʻumaʻu et la caldeira sud. Tous les séismes avaient une magnitude inférieure à M2,0, et de M1,0 ou moins pour la plupart.

Localisation des quelque 300 séismes enregistrés entre le 12 et le 22 janvier 2026 dans la région sommitale du Kilauea.

Il s’agit du troisième essaim sismique sous le cratère de l’Halemaʻumaʻu depuis la fin de l’Épisode 40. Les deux premiers essaims présentaient des magnitudes similaires. La plupart des séismes semblent se produire dans le secteur de la chambre magmatique superficielle de l’Halemaʻumaʻu, à une profondeur de 1,5 à 4 km.
La plupart de ces séismes sont volcano-tectoniques, liés à l’ouverture de fissures sous l’effet de la pression magmatique. Une activité sismique d’une telle intensité n’avait jamais été observée au sommet du Kilauea depuis le début de l’éruption en décembre 2024. Reste à savoir si ces essaims sismiques auront un impact sur l’activité des fontaines de lave en surface.
Actuellement, toute l’activité éruptive se concentre sous la caldeira du Kilauea et rien n’indique que le magma s’éloigne de cette zone. Les zones de rift est et sud-ouest ne montrent aucun signe de réveil pour le moment.

Dans un communiqué publié le 23 janvier 2026, l’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) indique que l’éruption qui a débuté le 23 décembre 2024 dans le cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kīlauea, se poursuit après 40 épisodes de fontaines de lave. Les dernières données montrent que la pression à l’intérieur de la chambre magmatique superficielle, située sous le sommet du Kīlauea, augmente lentement et pourrait (le conditionnel est de rigueur) à terme modifier la dynamique éruptive.
On ne sait pas quel sera l »impact des récents essaims sismiques sur le prochain épisode de fontaines de lave, mais aucune modification des déformations du sol ne laisse entrevoir une intrusion magmatique dans une nouvelle zone. L’Observatoire suggère plusieurs scénarios possibles pour les mois à venir :
– Poursuite de l’éruption. La lave pourrait continuer à jaillir des bouches éruptives nord et sud dans l’ l’Halemaʻumaʻu pendant une durée et un nombre d’épisodes imprévisibles.
– Une ou plusieurs nouvelles bouches éruptives pourraient se former au sommet ou dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest, avec des projections de lave à proximité des bouches existantes, ou bien à l’intérieur de la caldeira sommitale.
– Une autre possibilité est une intrusion magmatique ou une éruption dans la zone de rift Est : du magma pourrait migrer vers cette zone et provoquer potentiellement une éruption. Cependant, compte tenu de l’emplacement des bouches éruptives et des déformations de la zone sommitale, ce scénario est le moins probable.
Source : HVO.

Inflation du Kilauea sur 2 jours :

Inflation du Kilauea sur 3 mois :

Source: HVO

Le communiqué du HVO illustre la difficulté de prévoir le comportement d’un volcan, même celui du Kilauea, qui est truffé d’instruments et fait l’objet d’une surveillance étroite. La même remarque pourrait s’appliquer au Piton de la Fournaise (Île de la Réunion), un volcan de point chaud, lui aussi. La dernière éruption a mis longtemps à démarrer et a parfois décontenancé l’OVPF, l’observatoire local, avec des éruptions avortées en décembre et le 1er janvier 2026.

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On January 14 2026, following the end of Episode 40, a new seismic swarm was recorded beneath Halemaʻumaʻu crater at the summit of Kilauea. Elevated seismic activity gradually died down in frequency of occurrence and intensity, over the course of 40 minutes. Locations of these earthquakes are spread broadly beneath east side of Halemaʻumaʻu crater and the south caldera. All of the detected earthquakes have been less than magnitude M2.0, with most being magnitude M1.0 or smaller.

This is the third small swarm of earthquakes beneath Halemaʻumaʻu crater since the end of episode 40. The first and second swarms both had magnitude ranges similar to the third. Most of the earthquakes seem to be occurring around the shallow Halemaʻumaʻu magma chamber, some 1.5 to 4 km beneath the surface.

Most of the earthquakes are volcano-tectonic earthquakes that accompany crack opening due to magmatic pressure. Elevated seismic activity of these intensities have not been seen at the summit since the start of the eruption in December 2024. It is yet to be determined if these swarms after Episode 40 will have an impact on lava-fountaining activity at the surface.

Currently all of the activity remains beneath Kīlauea caldera and there is no observable evidence that magma is migrating away from this area.  Both the east and the southwest rift zones remain quiet at this time.

In an information statement released on 23 January 2026, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) indicates that the eruption that began within Halemaʻumaʻu at the summit of Kilauea volcano on December 23, 2024, continues after 40 lava fountaining episodes. Monitoring data show that the modeled pressurization within the shallow Halemaʻumaʻu magma chamber beneath Kīlauea’s summit has been slowly increasing over time and could eventually result in a change to the eruption dynamics.

The impact of the recent earthquake swarms on the next episode of lava fountaining, if any, is unknown at this time, but there have not been changes in ground deformation patterns to suggest that magma has intruded or is intruding into a new area.

In its statement, the HVO explains that it is not possible to forecast an exact outcome of the latest seismic activity on the behaviour of Kilauea. The Observatory suggests some potential scenarios in the coming months :

  • The eruption continues. Lava could continue to erupt from the north and south vents in Halemaʻumaʻu for an unforeseeable amount of time or number of episodes.
  • One or several new vents might form in the summit region or upper Southwest Rift Zone, erupting lava near the existing vents in Halemaʻumaʻu, or nearby within the summit caldera.
  • Another possibility is an East Rift zone intrusion or eruption: Magma could migrate into East Rift Zone, potentially resulting in an eruption there. However, given the vent locations and summit region deformation patterns, this is the least likely scenario.

Source : HVO.

This statement shows the difficulty to predict a volcano’s behaviour, even on Kilauea which is fully monitored. The same remark is valid for Piton de la Fournaise (Reunion Island), a similar hotspot volcano. The last eruption took a long time to start and puzzled the OVPF. the local observatory, with aborted eruptions in December and on January 1st 2026.