Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’actualité reste dominée par l’éruption du Cumbre Vieja qui continue sur l’île de La Palma. Le volcan reste très actif et continue à déverser sa lave. Les dégâts sont de grande ampleur, tant aux habitations qu’aux bananeraies qui sont la principale ressource économique de l’île.

Vous trouverez une description de l’éruption dans les différentes notes publiées quotidiennement sur ce blog.

Capture écran webcam

++++++++++

Le Kilauea (Hawaï) est en éruption à partir d’une bouche unique dans la paroi ouest du cratère de l’Halema’uma’u.
Les émissions de gaz restent élevés avec environ 250 tonnes par jour.le 8 novembre 2021.
Les inclinomètres au sommet montrent une phase de déflation depuis le 7 novembre 2021.
L’activité sismique reste faible et le trémor volcanique se maintient à un niveau élevé depuis le début de l’éruption.
La partie ouest du lac de lave présente une altitude maximale d’environ 799 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui représente une hausse d’environ 56 mètres depuis le début de l’éruption le 29 septembre 2021.
Le volume de lave émis depuis le début de l’éruption a été estimé à environ 28,2 millions de mètres cubes le 3 novembre 2021.
Aucune activité particulière n’a été observée dans l’East Rift.Zone du Kilauea.
Source : HVO.

Crédit photo: HVO

++++++++++

Des observations récentes à White Island (Nouvelle-Zélande) montrent une augmentation des émissions de gaz et du niveau du lac à l’intérieur du cratère.
Par rapport aux dernières mesures effectuées le 14 octobre 2021, le SO2 est passé à 681 tonnes par jour contre 267 tonnes par jour à la mi-octobre.
Les émissions de CO2 sont passées de 757 à 2 712 tonnes par jour.
Le H2S montre également une augmentation, de 10 à 38 tonnes par jour.
Les températures mesurées dans la zone active variaient de 252 à 202 °C en septembre et octobre, alors qu’elles dépassaient les 500 à 600 °C en juillet et en août.
Le niveau d’eau dans le lac de cratère est légèrement plus élevé que ce celui observé fin octobre; la quasi-totalité de cette augmentation est due à de fortes précipitations.
Une très faible émission de cendre a été observée lors de la dernière visite au volcan.
L’activité sismique reste inchangée. .
Le niveau d’activité actuel est considéré comme « modérés à élevé. » En conséquence, le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne à Jaune.
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

++++++++++

Un séisme a été enregistré sous la caldeira du Bárðarbunga (Islande) à 7h20 le 6 novembre 2021. La magnitude du séisme était de M 4.0. Un tel événement n’est pas exceptionnel dans la région, mais il mérite l’attention car le Bárðarbunga est un stratovolcan situé sous le plus grand glacier d’Islande, le Vatnajökull.
L’épicentre du séisme était situé à 4,6 km au nord-est du volcan, à une profondeur de 1,3 km. Par la suite, le Met Office islandais n’a détecté que quelques répliques de faible intensité. (NDLR : en Islande une sismicité aussi peu profonde est rarement le signe d’une éruption à venir. Elle est plutôt due à une activité hydrothermale ou à des réajustements à l’intérieur de la calotte glaciaire).
La dernière activité du Bárðarbunga a eu lieu en 2014 lorsque le magma s’est déplacé sur près de 40 km jusqu’au champ de lave de Holuhraun où une éruption s’est déclenchée et a duré près de six mois.
Les scientifiques contrôlent étroitement le Bárðarbunga. En juillet 2021, ils sont observé une inflation du volcan. Elle était peut-être due à l’accumulation de magma ou à des réajustements suite à la dernière éruption. Cependant, une éruption ne semblait pas imminente.

Vue de l’éruption dans l’Holuhraun en 2014 (Crédit photo: Wikipedia)

++++++++++

Dans la conclusion de son bulletin mensuel couvrant la mois d’octobre 2021, l’OVPF indique que « l’inflation du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) et les teneurs en CO2 dans le sol qui sont restées élevées au cours des derniers mois (depuis la fin de l’éruption du 9 avril – 24 mai 2021) ont été les témoins de transferts magmatiques depuis des zones profondes vers le réservoir magmatique superficiel, à l’origine de la crise sismique du 18 octobre 2021. Cette crise a été liée à une intrusion de magma sous le flanc nord nord-est du volcan qui s’est arrêtée en profondeur. » Rappelons que l’éruption prévue « dans quelques minutes ou quelques heures » n’a pas eu lieu.
Dans son bulletin, l’OVPF ajoute que « suite à l’intrusion magmatique du 18 octobre, une inflation de l’édifice est de nouveau observée, témoignant de la poursuite de transferts magmatiques depuis des zones profondes vers le réservoir magmatique superficiel. »

Photo: C. Grandpey

++++++++++

Selon le dernier bulletin de l’OVSM, entre le 29 octobre et le 5 novembre 2021, on a enregistré au moins 25 séismes de type volcano-tectonique de magnitude inférieure ou égale à M 1.1 sous la Montagne Pelée (Martinique). « Ces séismes de faible énergie ont été localisés à l’intérieur de l’édifice volcanique, entre 0.9 km et 2.1 km de profondeur sous la surface. Cette sismicité superficielle est associée à la formation de micro-fractures dans l’édifice volcanique. » Aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population.

La zone de dégazage en mer à faible profondeur entre Saint-Pierre et Prêcheur est toujours observée. Des prélèvements de fluides ont été effectués afin de connaître l’origine de ce dégazage et d’évaluer sa relation éventuelle avec le système hydrothermal de la Montagne Pelée.

Source: OVSM.

Photo: C. Grandpey

++++++++++

Suite à l’intensification de l’activité observée ces dernières semaines sur l’île éolienne de Vulcano et en particulier dans le cratère de la Fossa, l’accès à ce dernier a été interdit. En effet, les fumerolles et leurs concentrations gazeuses peuvent présenter un danger pour la santé en cas d’inhalation.

Dix touristes ont bravé l’interdiction et se sont fait surprendre par les carabiniers au sommet du volcan. Ils ont été verbalisés et ont dû débourser 5.000 euros pour avoir enfreint l’ordonnance diffusée par le maire de Lipari.

Source: La Sicilia.

Photo: C. Grandpey

++++++++++

Suite aux fortes intempéries qui ont balayé la Sicile ces derniers jours, la webcam L.A.V.E. sur l’Etna ne fonctionne pas et est en réparation. Vous serez tenus au courant dès qu’elle sera de nouveau opérationnelle.

Exemple d’image fournie par la webcam L.A.V.E. et son archive des dernières 24 heures

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

—————————————

Here is some news of volcanic activity around the world :

The eruption of Cumbre Vieja continues on the island of La Palma. The volcano remains very active and continues to pour out its lava. The damage is extensive, both to homes and banana plantations which are the main economic resource of the island.

You will find a description of the eruption in the weekly updates posted on this blog.

++++++++++

Kilauea (Hawaii) is erupting from a single vent in the western wall of Halemaʻumaʻu crater.

Volcanic gas emission rates remain elevated with an emission rate for November 8th, 2021, of approximately 250 tonnes per day.
Summit tilt has shown deflation since November 7th, 2021.

Earthquake activity remains below background and the volcanic tremor has remained elevated since the beginning of the eruption.
The western end of the lake shows a maximum elevation of approximately 799 meters above sea level, which means a total increase of about 56 meters since the start of the eruption on September 29th, 2021.

The total erupted volume since the beginning of the eruption was estimated to be about 28.2 million cubic meters on November 3rd, 2021..
No unusual activity has been noted in the Kīlauea East Rift Zone.

Source: HVO.

++++++++++

Recent observations at White Island (New Zealand) show increases in gas emissions and lake level.

Compared with the last measurements performed on October 14th, 2021, SO2 has increased to 681 tonnes per day from 267 tonnes per day in mid-October.

CO2 emissions have increased from 757 to 2 712 tonnes per day.

H2S also shows an increase, from 10 to 38 tonnes per day.

Temperatures measured in the active vent area ranged from 252 to 202 °C in September and October. In July and August, the temperatures were in excess of 500 to 600 °C.

The level of water in the crater lake is slightly higher than in late October, with nearly all of this rise due to heavy rainfall.

Very weak ash emission was occurring during the last observations.

Seismic activity remains unchanged. .

The current level of activity is consistent with moderate to heightened levels of unrest. As such the Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Color Code remains at Yellow.

Source: GeoNet.

++++++++++

An earthquake was recorded under the Bárðarbunga caldera (Iceland) at 7:20 am on November 6th, 2021. The quake’s magnitude was M 4.0. Such an event is not exceptional in the area, but it deserves attention as Bárðarbunga is a stratovolcano located underneath Iceland’s largest glacier, Vatnajökull.

The epicenter of the earthquake was located 4.6 km northeast of the volcano, at a depth of 1.3 km. Afterwards, the Met office only detected a very little aftershock activity. (Editor’s note: In Iceland such a shallow seismicity is rarely the sign of an upcoming eruption. Is is rather due to hydrothermal activity or readjustments inside the ice cap).

The last time major unrest occurred at Bárðarbunga was in 2014, when magma flowed almost 40 km to the Holuhraun lava field, where there was an eruption which lasted almost six months.

Geoscientists are closely monitoring Bárðarbunga. In July 2021, it was reported that the volcano had been expanding, probably because of magma accumulation or recovery from its last eruption. However, an eruption did not appear to be imminent.

++++++++++

In the conclusion of its monthly report covering October 2021, OVPF indicates that « the inflation of Piton de la Fournaise (Reunion Island) and the CO2 levels in the soil which have remained high over recent months (from the end of the eruption of April 9 to May 24, 2021) revealed magma transfers from deep areas to the shallow magma reservoir, at the origin of the seismic crisis of October 18th, 2021. This crisis was linked to a magma intrusion beneath the north-northeast flank of the volcano that stopped at depth. » The eruption that was predicted « in a few minutes or a few hours » did not occur.
In its bulletin, OVPF adds that « following the magma intrusion of October 18th, an inflation of the edifice is again observed, testifying to the continuation of magma transfers from deep zones to the shallow magma reservoir. »

++++++++++

According to the latest OVSM bulletin, between October 29th and November 5th, 2021, at least 25 volcano-tectonic earthquakes with magnitudes less than or equal to M 1.1 were recorded under Mount Pelée (Martinique). « These low-energy earthquakes were located inside the volcanic edifice, between 0.9 km and 2.1 km below the surface. This shallow seismicity is associated with the formation of micro-fractures in the volcanic edifice. » None of these earthquakes were felt by the population.
The shallow sea degassing zone between Saint-Pierre and Prêcheur is still observed. Fluid samples were collected in order to know the origin of this degassing and to assess its possible relationship with Mount Pelée’s hydrothermal system.
Source: OVSM.

++++++++++

Following the intensification of activity observed in recent weeks on the Aeolian island of Vulcano and in particular in La Fossa crater, access to the volcano has been prohibited. Indeed, fumaroles and their gas concentrations can present a health hazard if inhaled.
Ten tourists defied the ban and were surprised by the carabinieri in the summit area of the volcano. They were fined and had to pay 5,000 euros for violating the ordinance issued by the mayor of Lipari.
Source: La Sicilia.

++++++++++

Due to the very poor weather conditions which affected Sicily in recent days, the L.A.V.E. webcam on Mt Etna does not work and is under repair. You will be kept informed as soon as it is operational again.

°°°°°°°°°°°

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

COP 26 : Les causes de la prolifération des sargasses // COP 26 : The causes of sargassum proliferation

J’ai évoqué plusieurs fois sur ce blog les bancs de sargasses, ces algues brunes qui ont envahi les Caraïbes et pourri la vie à la Martinique ou à la Guadeloupe. Lors de mes voyages en Martinique, j’ai pu me rendre compte de leur impact sur l’environnement et sur la santé des personnes.
Un groupe de chercheurs américains a identifié l’une des principales causes de ce phénomène : les eaux usées d’origine humaine et les eaux de ruissellement agricoles transportées par les rivières vers l’océan. En réalité, les scientifiques pensent que l’on a affaire à un phénomène complexe associant changement climatique, destruction de la forêt amazonienne et poussière en provenance de l’ouest du désert du Sahara. Cet ensemble de facteurs favorise très probablement les méga-proliférations de sargasses.
En juin 2018, les scientifiques ont enregistré la présence de 20 millions de tonnes d’algues, soit une augmentation de 1000% par rapport à 2011 pour ce même mois.
Une étude publiée en mai 2021 dans la revue Nature Communications a examiné la chimie des sargasses des années 1980 à 2019. Elle offre la preuve que l’eau de ruissellement des villes et des terres agricoles est un contributeur majeur à l’expansion de La Grande Ceinture des Sargasses de l’Atlantique qui s’étire aujourd’hui sur près de 9 000 kilomètres.
Cette étude a révélé que les sargasses prélevées récemment dans les eaux côtières entre le Brésil et le sud des États-Unis, y compris dans plusieurs pays des Caraïbes, contiennent des niveaux d’azote en moyenne 35 % plus élevés que dans les échantillons prélevés il y a plus de trente ans. L’azote se trouve dans les déchets humains et animaliers et dans les engrais. Les résultats de l’étude montrent que les eaux usées et le ruissellement agricole qui se déversent dans les rivières des Amériques puis dans l’océan favorisent la croissance des sargasses au large. Les courants océaniques transportent ensuite une grande partie de ces algues vers la mer des Caraïbes, où elles perturbent les économies côtières qui dépendent du tourisme.
Les échantillons d’algues prélevés montrent également une augmentation de 111% du rapport de l’azote au phosphore au cours de la même période. Ce ratio a été presque constant dans tous les océans du monde depuis des décennies. Ce changement prouve que la chimie de l’eau a été radicalement modifiée.
Une autre partie de l’étude insiste sur le rôle joué par le changement climatique. Avec la hausse des températures dans le monde, les scientifiques pensent que les pluies torrentielles s’intensifient dans certaines régions du globe, notamment en Amazonie. Ces précipitations très abondantes augmentent la fréquence des inondations, ce qui entraîne probablement plus de ruissellement riche en azote vers la mer. Les scientifiques notent que les inondations les plus importantes de l’Amazone en mars et avril véhiculent des bancs de nutriments à des centaines de kilomètres vers la mer, ce qui coïncide avec les principales proliférations de sargasses. A partir de là, les courants font remonter les algues le long de de la côte du Venezuela, puis dans la mer des Caraïbes et parfois même plus au nord dans le golfe du Mexique. Le changement climatique provoque également des ouragans plus puissants qui extraient plus de nutriments des fonds marins est sont susceptibles de fertiliser les sargasses.
Comme mentionné ci-dessus, la poussière du désert du Sahara contribue elle aussi à la prolifération des sargasses. En effet, au fur et à mesure que les particules sont emportées vers l’ouest et traversent l’océan Atlantique, elles rencontrent des nuages et se retrouvent au sol avec la pluie, sous forme de dépôts fertilisants de fer et de phosphore dans l’eau.
Il faudra des années de financement et de recherche pour prouver exactement dans quelle mesure chacun des facteurs que l’on vient de mentionner contribue à la prolifération des sargasses.
Selon les auteurs de l’étude, ce phénomène se poursuivra jusqu’à ce qu’il y ait un changement de politique de la part des états concernés. Le Brésil, par exemple, pourrait décider des ralentir la déforestation qui a conduit à une intensification de l’élevage. Un tel élevage permet inévitablement à la terre meuble, au fumier et aux engrais de se déverser dans les rivières.
Source : Yahoo News.

°°°°°°°°°°

La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a décidé de prendre les choses en main pour lutter contre l’envahissement des sargasses. La conseillère exécutive en charge des fonds européens a présenté deux demandes de financement pour des barrages dédiés à la ville du Robert, particulièrement touchée par les vagues successives d’algues brunes. Le coût de l’opération est estimé à environ 1,200 000 million d’euros dont 700 000 euros de fonds communautaires.

Lors des débats, majorité et opposition ont souligné « l’absence de l’Etat » qui a été accusé d’être « totalement défaillant ».

Une autre demande de financement concerne les effets des algues indésirables sur la santé des populations exposées, problème que j’ai exposé dans des notes précédentes. L’étude permettra de caractériser les conséquences sur la santé, ainsi que la mise en œuvre de mesures préventives et la prise en charge médicale. Le résultat de cette étude devrait aboutir à « l’élaboration d’un plan régional de santé publique ».

Source: Martinique la 1ère.

—————————————–

I have mentioned several times on this blog the shoals of Sargassum, the brown seaweed that invaded the Carribean. During my trips to Martinique, I could realize their impact on the environment and on people’s health.

A group of U.S. researchers has fingered a prime suspect: human sewage and agricultural runoff carried by rivers to the ocean. This nutrient-charged outflow is just one of several likely culprits fueling an explosion off sargassum in warm waters of the Americas. Scientists suspect a complex mix of climate change, Amazon rainforest destruction and dust blowing west from the Sahara Desert may be fueling mega-blooms of the sargassum.

In June 2018, scientists recorded 20 million metric tons of seaweed, a 1,000% increase compared with the 2011 bloom for that month.

A recent study published in May 2021 in the journal Nature Communications examined the chemistry of sargassum from the 1980s up to 2019. It offers the strongest evidence that water coming from city and farm runoff has been a major contributor to the expansion of the so-called Great Atlantic Sargassum Belt, which now stretches for nearly 9,000 kilometers.

That study found that sargassum collected recently in coastal waters from Brazil to the southern United States, and including several Caribbean nations, contained levels of nitrogen that were 35% higher on average than in samples taken more than three decades earlier.

Nitrogen is found in human and animal waste and in fertilizers. The results suggest that sewage and farm runoff that is flowing into rivers throughout the Americas and then on to the ocean is feeding offshore sargassum growth. Currents carry much of this seaweed to the Caribbean Sea, where it is disrupting the region’s tourism-dependent coastal economies.

The samples also showed, for example, a 111% rise in the ratio of nitrogen to phosphorus during the same time frame. That ratio has been nearly constant across the world’s oceans going back decades. The change suggests the water chemistry has been radically altered..

Another part of the study insists on the part played by climate change. As global temperatures rise, scientists believe that rainstorms are intensifying in certain areas of the globe, including over the Amazon. Those storms are increasing the frequency of extreme flooding, which likely is pushing more nitrogen-rich runoff out to sea. Experts note that peak Amazon River flooding pushes a plume of nutrients hundreds of kilometers out to sea in March and April, coinciding with major sargassum blooms. From there, currents push the seaweed around the coast of Venezuela into the Caribbean Sea and sometimes even farther north into the Gulf of Mexico. Climate change is also fueling stronger hurricanes, which at sea are pulling more nutrients up from the seabed to potentially fertilize sargassum.

As mentioned above, dust from the Sahara Desert could be contributing to the sargassum boom. Indeed, as the particles are blown westward over the Atlantic Ocean, they run into clouds and get rained down as fertilizing iron and phosphorus deposits in the water.

Proving exactly how much each of these factors might be contributing to sargassum’s growth will take years of funding and research.

According to the authors of the study, this phenomenon will continue until there is a change in public policy. Brazil, for example, could slow deforestation, which has led to a boom in cattle ranching that allows loose soil, manure and fertilizer to wash into rivers.

Source: Yahoo News.

°°°°°°°°°°

The Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) has decided to take matters into its own hands to fight against the invasion of Sargassum. The executive advisor in charge of European funds has presented two funding requests for dams dedicated to the town of Robert, particularly affected by the successive waves of brown algae. The cost of the operation is estimated at around 1,200,000 million euros, including 700,000 euros from Community funds.
During the debates, the majority and the opposition stressed « the absence of the State » which was accused of being « totally failing ».
Another request for funding concerns the effects of the algae on the health of exposed populations, an issue I have outlined in previous posts. The study will characterize the consequences on health, as well as the implementation of preventive measures and medical care. The result of this study should lead to « the development of a regional public health plan ».
Source: Martinique la 1ère.

Sargasses à la Martinique (Photos: C. Grandpey)

8 mai 2021 : Saint Pierre n’oublie pas !

Tous les ans le 8 mai, des cérémonies sont organisées à Saint Pierre (Martinique) en mémoire des victimes de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902. Cette année encore, les festivités du « Mai de Saint-Pierre » seront perturbées à cause de la situation sanitaire. Il y aura essentiellement des dépôts de gerbes, une cérémonie protocolaire, une messe et un hommage à Louis Delgrès, illustre Martiniquais né à Saint-Pierre le 2 août 1766. Il a combattu toute sa vie contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe en 1794 et a choisi de mourir pour défendre ses idéaux en 1802.

En 2020, lors du premier confinement, le conservatoire de la ville de Saint Pierre, le Rotary Club et la municipalité avaient convié les habitants « à ne pas oublier cette journée tragique » en allumant un lumignon devant leurs portes. Faute de rassemblement, ce geste symbolique était souhaité par la mairie, « en mémoire de tous les trépassés de cette éruption meurtrière ».

Si le 3ème confinement de 2021 est un peu moins contraignant, la municipalité de Saint Pierre joue tout de même la prudence. Un programme allégé est en effet proposé :

Le 6 mai, le dépôt d’une gerbe a célébré l’arrivée des Indiens en Martinique. En effet, c’est le 6 mai 1853 que l’Aurélie, a accosté à Saint-Pierre, avec à son bord 300 Indiens. 25 000 d’entre eux migreront en Martinique et 42 000 vers la Guadeloupe, pour remplacer les Africains dans les plantations.

Une cérémonie protocolaire commémorera le 8 mai 1945 et la fin de la seconde guerre mondiale.

Une messe à la Cathédrale du Mouillage aura lieu aujourd’hui en mémoire des disparus du 8 mai 1902. Elle sera suivie d’une procession à l’Ossuaire, où sera déposée une gerbe.

Le 21 mail il y aura un dépôt de gerbe devant la fresque « TraceJectoire » inaugurée en 2019. Elle rend hommage aux esclaves qui se sont révoltés lors des insurrections de mai 1848 et à tous ceux qui ont combattu l’esclavage.

28 mai : Commémoration de la mort de Louis Delgrès devant l’Escalier de l’Intendance du collège qui porte son nom.

En 2022, 120 ans après, Saint-Pierre se souviendra de la tragédie de 1902 et ses quelque 30 000 victimes. Les célébrations se dérouleront de mai 2022 à mai 2023, centenaire de la renaissance de la Ville « qui a cessé d’être une commune le 10 février 1910. »

Photos : C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Au cœur des hauts plateaux du centre de l’île de Java (Indonésie), le plateau de Dieng est réputé pour la variété de ses paysages volcaniques et pour ses très vieux temples hindous. Dans les temps historiques, l’activité volcanique s’est limitée à des éruptions phréatiques mineures. Le plus grand danger réside dans les gaz toxiques qui ont causé des décès et constituent un danger au niveau de plusieurs cratères.

Une explosion phréatique s’est produite au cratère Sileri dans la soirée du 29 avril 2021 sans faire de victimes. L’explosion a projeté des matériaux jusqu’à 200 – 400 m de la lèvre du cratère. On a vu un nuage de gaz blanc s’élever jusqu’à 50 m au-dessus du cratère. Les mesures de concentration de gaz ont révélé  2,8 ppm  pour le SO2, 1,8 ppm pour le H2S 1,8 et 0% vol. pour le CO2. La température au point d’éruption a montré une valeur de 65 à 89 ° C, alors que la température quotidienne de référence est de 51,2 ° C. Il n’y a aucune indication que de nouvelles explosions peuvent se produire.

Le niveau d’alerte de Dieng est maintenu à 1 (Normal). Il est toutefois demandé à la population de rester à 500 m du cratère Sileri et de ne pas s’approcher du cratère Timbang pour éviter le risque de fortes concentrations de gaz volcaniques.

Plusieurs éruptions mortelles se sont produites dans le passé. En 1928, une quarantaine de personnes ont été tuées par une éruption phréatique. 117 habitants ont perdu la vie et 200 ont été blessés en décembre 1944. En 1964, 114 personnes sont mortes de la même manière. Le bilan le plus lourd a été enregistré en 1979, lorsqu’un nuage de CO2 a tué 142 personnes.

Source: PVMBG, Killer Volcanoes (C. Grandpey – 2013)

Cratère Sikidang (Source : Wikipedia)

++++++++++

À Hawaii, l’éruption du Kilauea continue. Le niveau d’alerte est maintenu à WATCH (Vigilance). L’activité reste confinée dans l’Halema’uma’u où la lave est émise par une bouche dans la partie nord-ouest du cratère. La lave dans la partie ouest (active) du lac a une profondeur de 227 m tandis que la partie est du lac de lave est solidifiée et donc inactive. Les émissions moyennes de SO2 atteignent 375 t / j. La sismicité reste stable, avec un niveau de tremor élevé.

Le Mauna Loa n’est pas en éruption et reste au niveau d’alerte ADVISORY (surveillance conseillée). Le HVO explique que ce niveau d’alerte ne signifie pas qu’une éruption est imminente.

Source: HVO.

Source : HVO

++++++++++

Après une décroissance pendant plusieurs jours, le tremor éruptif s’est stabilisé et l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) continue. Les observations sur le terrain ont été impossibles ces derniers jours à cause d’une météo exécrable. L’absence d’ensoleillement sur les capteurs solaires a mis en panne certains instruments tandis que d’autres ont été foudroyés. Heureusement que l’éruption se déroule dans le site désert de l’Enclos, avec un débit qui reste relativement faible. L’OVPF indique qu’une légère inflation semble de dessiner à la base du cône sommital. Sur le terrain, la lave a progressé d’une centaine de mètres vers l’aval, de sorte qu’elle est maintenant visible depuis la RN 2.

Source : OVPF.

Source : OVPF

++++++++++

L’OVSM a enregistré une hausse de la sismicité sur la Montagne Pelée (Martinique) au cours de la dernière semaine du mois de mai avec 312 séismes de faible magnitude (souvent inférieure à M 1.0) et sans danger pour la population.

Cette sismicité superficielle est liée à la formation de micro fractures dans l’édifice volcanique, entre 3.0 km sous le niveau de la mer et 1 km au-dessus du niveau de la mer. Par ailleurs, des signaux basse fréquence indiquent la présence de fluides au coeur de l’édifice volcanique.

Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

L’Observatoire indique la présence d’ « une zone principale de végétation fortement dégradée sur le flanc sud-ouest de la Montagne Pelée, entre la haute rivière Claire et la rivière Chaude. »

Photo : C. Grandpey

++++++++++

L’activité sismique à La Soufrière de Saint-Vincent reste faible depuis la dernière activité significative du 22 avril 2021, mais l’UWI rappelle que le volcan continue d’être actif. Le niveau d’alerte reste au Rouge. Quelques séismes hybrides et volcano-tectoniques longue période ont été enregistrés et il n’y a eu aucun nouvel épisode de tremor. Ces derniers jours, les stations sismiques ont enregistré des signaux de lahars déclenchés par les fortes pluies sur l’île. (voir ma note précédente à propos de ces coulées de boue).

Source : UWI.

Source : UWI

++++++++++

L’éruption se poursuit dans la Geldingadalur (Islande). Des changements ont été observés dans l’activité éruptive (voir ma note d’hier). De nombreuses photos et vidéos sont diffusées sur les réseaux sociaux. Voici l’une d’entre elles réalisée à l’aide d’une Insta360 Pro 2 8K montée sur un drone DJI:

https://youtu.be/y9J7RUzlkz4

A noter qu’à cause de la forte incidence de l’épidémie de Covid-19 dans notre pays, les citoyens français ne sont toujours pas autorisés à entrer en Islande en ce moment. En effet, depuis le 27 avril 2021 et jusqu’au 31 mai prochain, les voyageurs en provenance des pays considérés comme à très haut risque par les autorités islandaises, dont la France, sont interdits d’entrée.

++++++++++

On observe actuellement une activité fumerollienne dans le cratère Mackenney du Pacaya (Guatemala). L’activité effusive se poursuit au niveau de la fracture qui s’est ouverte sur le flanc nord-ouest du volcan. Elle donne naissance à une coulée de lave qui descend vers le sud-ouest, sur une longueur d’environ 1700 mètres, avec deux fronts dans le secteur de La Breña. L’activité est en ce moment essentiellement effusive, même si des explosions peuvent se produire au niveau de la fracture éruptive et dans le cratère Mackenney. Les stations sismiques enregistrent un tremor correspondant à l’ascension du magma et au déplacement des coulées de lave.

Source : INSIVUMEH.

++++++++++

L’extrusion de lave continue sur le dôme sous la lèvre sud-ouest du Merapi (Indonésie) et sur le dôme dans le cratère sommital. Le volume du dôme de lave sud-ouest était estimé à 1 069 600 mètres cubes le 21 avril 2021 avec une croissance d’environ 11 900 mètres cubes par jour. Des coulées pyroclastiques avancent jusqu’à 1,8 km sur le flanc sud-ouest. Le volume du dôme de lave sommital a été estimé à 1 794 000 mètres cubes le 22 avril. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 5 km du sommet.

Source : BPPTKG.

Source : CVGHM

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

—————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world :

In the highlands of central Java (Indonesia), the Dieng plateau is renowned both for the variety of its volcanic scenery and as a sacred area housing Java’s oldest Hindu temples. In historical times, volcanic activity has been restricted to minor phreatic eruptions. The greatest danger lies with toxic gases which have caused fatalities and are a hazard at several craters.

A phreatic explosion occurred at Sileri crater in the evening of April 29th, 2021, without killing anybody.  The explosion projected material 200 – 400 m from the edge of the crater. A thin white gas cloud was observed rising up to 50 m above the crater.

The measurement of gas concentration show the value of SO2 gas at 2.8 ppm, H2S 1.8 ppm, and CO2 0% vol. The temperature measurement at the eruption point showed a value of 65 – 89 °C, while at the reference point daily monitoring showed 51.2 °C. The gas concentration and temperature values ​​are still at the average value of normal conditions before the eruption. The results of visual and instrumental monitoring to date have not detected any signs of increased activity leading to further eruptions.

The level of activity of Dieng is kept at 1 (Normal). People are asked to stay 500 m from the Sileri crater, and not to move around the Timbang crater to avoid the threat of high concentrations of volcanic gases.

Several deadly eruptions occurred in the past. In 1928, about 40 persons were killed by a phreatic eruption. 117 residents were killed and 200 injured in December 1944. In 1964, 114 died in the same way.  The heaviest death toll was in 1979 when a cloud of CO2 killed 142 persons.

Source: PVMBG, Killer Volcanoes (C. Grandpey – 2013)

++++++++++

 In Hawaii, Kilauea is still erupting. Its alert level is kept at WATCH. Lava activity remains confined to Halema’uma’u with lava erupting from a vent on the northwest side of the crater. The lava in the western (active) portion of the lake is 227 m deep, with the eastern portion of the lava lake solidified at the surface. SO2 emission rates show an average of 375 t/d. Seismicity remains stable, with elevated tremor.

Mauna Loa is not erupting and remains at alert level ADVISORY. HVO explains that this alert level does not mean that an eruption is imminent.

Source: HVO.

++++++++++

After decreasing for several days, the eruptive tremor has stabilized and the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) continues. Field observations have been impossible in recent days due to poor weather conditions. The lack of sunlight on the solar pannels prevented some instruments from operating properly while others were struck by lightning. Fortunately, the eruption takes place in the desert site of the Enclos with a lava output which remains low. OVPF indicates that a slight inflation seems to be starting at the base of the summit cone. On the field, the lava has advanced 100 metres or so downslope so that it can now be seen from Higway 2.

++++++++++

 OVSM recorded an increase in seismicity on Mount Pelée (Martinique) during the last week of May with 312 low magnitude (often less than M 1.0) earthquakes without danger for the population. This shallow seismicity is linked to the formation of micro fractures in the volcanic edifice, between 3.0 km below sea level and 1 km above sea level. Moteover, low frequency signals indicate the presence of fluids within the volcanic edifice.

The alert level remains at Yellow.

The Observatory mentions an « area of heavily degraded vegetation on the southwest flank of Mount Pelée, between the upper Claire River and the Chaude River. »

++++++++++

Seismic activity at St Vincent’s La Soufrière has remained low since the last significant activity on April 22nd, 2021, but UWI warns that the volcano continues to be in a state of unrest. The alert level remains at Red. Only a few long-period, hybrid and volcano-tectonic earthquakes are recorded and there has been no further seismic tremor. In the past days, the seismic stations recorded signals from lahars triggered by the heavy rains on the island.

++++++++++

The eruption continues in Geldingadalur (Iceland) with several vents emitting lava fountains. Changes have been observed (see my previous post about the eruption).

Many photos and videos are released on the social networks. Here is one of them captured with an 8K Insta360 Pro 2 mounted to the bottom of a DJI drone:

https://youtu.be/y9J7RUzlkz4

++++++++++

Fumarole activity is currently observed in the Mackenney crater of Pacaya (Guatemala). Effusive activity continues at the fissure that opened on the northwest flank of the volcano. It emits a lava flow that descends towards the southwest, over a length of approximately 1,700 metres, with two fronts in the La Breña area. The activity is currently mainly effusive, although explosions can occur at the eruptive fissure and in the Mackenney crater. The seismic stations record a tremor corresponding to the ascent of magma and the advance of the lava flows.

Source: INSIVUMEH.

++++++++++

The lava dome below the SW rim of Mt Merapi (Indonesia) and the lava dome in the summit crater continue to extrude lava. The SW rim lava-dome volume was estimated at 1,069,600 cubic metres on April 21st, 2021 with a growth rate of about 11,900 cubic metres per day. Pyroclastic flows are observed travelling as far as1.8 km down the SW flank. The volume of the summit lava dome was estimated at 1,794,000 cubic metres on April 22nd. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 5 km away from the summit.

Source : BPPTKG.

°°°°°°°°°°

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm