Hawaii : l’éruption du Kilauea en 2018 comparée à d’autres // Hawaii : the 2018 Kilauea eruption compared to others

L’éruption du Kīlauea en 2018 a eu des effets dévastateurs sur le district de Puna; elle a détruit des centaines de maisons et affecté de manière permanente la vie de milliers d’habitants. La volumineuse coulée de lave émise par le volcan a eu un impact majeur sur l’île d’Hawaii. Il est intéressant de comparer cette éruptions à d’autres qui, elles aussi, ont émis de volumineuses coulées de lave.
Des mesures effectuées par l’US Geological Survey (USGS) révèlent que le volume de lave émise lors de l’éruption de 2018 était d’environ 1,4 kilomètres cubes. L’estimation a une marge d’erreur car il est difficile de mesurer le volume de lave qui s’est déversée dans l’océan. .
S’agissant de la comparaison avec d’autres éruptions, il faut remarquer qu’il y en a relativement peu dans le monde à avoir émis plus d’un kilomètre cube de lave au cours des cent dernières années.
La plus importante à Hawaï au cours des derniers siècles a été l’éruption Pu’uO’o de 1983 qui a produit 4,4 kilomètres cubes de lave. Cependant, cette éruption a duré 35 ans contre 4 mois pour l’éruption de 2018 dans la Lower East Rift Zone. L’éruption du Pu’uO’o a détruit 215 structures, contre plus de 700 lors de l’éruption de 2018.

Photo: C. Grandpey

D’autres coulées de lave de grande ampleur se sont produites en Russie et en Islande. L’éruption du Tolbachik (Kamchatka) en 1975-1976 a duré un an et demi et a produit environ 2 kilomètres cubes de lave.

Source : KVERT

En 2014-2015, l’éruption de six mois du Bárðarbunga (Islande) a produit la coulée de lave Holuhraun, d’un volume d’environ 1,4 kilomètre cube.

Crédit photo: Iceland Review

Lors des éruptions du Tolbachik et du Bárðarbunga, les coulées de lave sont sorties des flancs du volcan et ont entraîné un affaissement au sommet lorsque la chambre magmatique s’est vidangée. C’est aussi ce qui s’est passé en 2018 sur le Kilauea. Les éruptions du Tolbachik et du Bárðarbunga se sont produites dans des zones reculées, sans destruction de zones habitées.
Une éruption sur l’île de Lanzarote (îles Canaries) de 1730 à 1736 figure également sur la liste des grands événements effusifs. Elle a produit 2 kilomètres cubes de lave et détruit de nombreux villages sur le flanc du volcan.

Photo: C. Grandpey

La récente éruption du Cumbre Vieja, à La Palma (îles Canaries) en 2021 a été impressionnante mais aucune estimation du volume de lave émise n’a été publiée jusqu’à présent. Quel que soit ce volume, la destruction a été immense, avec environ 3 000 bâtiments recouverts par la lave.

Une autre grande éruption a débuté sur le Paricutin (Mexique) en 1943, lorsqu’une fissure s’est ouverte dans un champ de maïs. Elle a continué pendant 9 ans, avec une coulée de lave d’un volume de 1,6 kilomètres cubes.

Source: Wikipedia

Cependant, aucune de ces éruptions ne saurait rivaliser avec l’éruption du Laki (Islande) en 1783. En huit mois, environ 14,7 kilomètres cubes de lave ont recouvert la région et détruit plusieurs dizaines de villages. Les gaz volcaniques ont empoisonné le bétail et détruit les récoltes, entraînant une famine majeure en Islande, avec des milliers de victimes. L’éruption a également eu un impact sur les conditions météorologiques en Europe.

Photo: C. Grandpey

Il manque peut-être d’autres coulées de lave de plus d’un kilomètre cube dans cette compilation rapide, mais il n’en reste pas moins que ce sont des événements très rares.

Source : HVO.

Un visiteur de mon blog me fait remarquer à juste raison que le volcan sous-marin au large de Mayotte a émis un volume de lave estimé par le BRGM à environ 5 kilomètres cubes!

Rappelons que la dernière très longue éruption de l’Etna (1991-1993) dans la Valle del Bove a émis, selon les estimations, entre 200 et 700 millions de m3 de lave. Toutefois, 235 millions de mètres cubes (0,23 km3) semble être le plus proche de la réalité. Ce serait la plus importante éruption en volume émis après celle de 1669 qui a atteint la ville de Catane.

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The 2018 eruption of Kīlauea volcano had devastating effects on the lower Puna District, destroying hundreds of homes and permanently affecting the lives of thousands of residents. The voluminous lava flow had a major impact on the Island of Hawaii. It is interesting to see how it compares to other lava flow eruptions on Earth in recent history.

Recent measurements by U.S. Geological Survey have come to the conclusion that the volume of lava emeitted during the earuption was about 1.4 cubic kilometers.. The estimate has a margin of error because it is difficult to measure the volume of the lava that poured into the ocean.

As far as the comparison is concerned, one should first notice that there are only a handful of lava flow eruptions worldwide in the past few hundred years that have produced more than a cubic kilometer of lava.

The largest in Hawaii in recent centuries was the 1983 Pu’uO’o eruption, which produced 4.4 cubic kilometers of lava. However, that eruption lasted 35 years compared to the 4 months of the 2018 eruption in the Lower East Rift Zone. The Pu’uO’o eruption destroyed 215 structures, compared to over 700 destroyed in the 2018 eruption.

Other large volume lava flows occurred in Russia and Iceland. The Tolbachik eruption of 1975–76, in Kamchatka lasted a year and a half and produced about 2 cubic kilometers of lava.

In 2014–15, the six-month-long eruption of Bárðarbunga in Iceland produced the Holuhraun lava flow, about 1.4 cubic kilometers in volume.

In both the Tolbachik and Bárðarbunga eruptions, the lava flows issued from the flanks of the volcano and triggered subsidence at the summit as the magma chamber drained, similar to what happened in 2018 at Kilauea. The Tolbachik and Bárðarbunga eruptions occurred in remote areas, with no significant destruction of populated areas.

An eruption in the Canary Islands, Spain, made the list as well. The Lanzarote eruption of 1730–1736 produced 2 cubic kilometers of lava and destroyed numerous villages on the flank of the volcano.

The recent eruption of Cumbre Vieja, on La Palma in the Canary Islands, in 2021 was impressive but no volume estimates for the lava flow have been released so far. Regardless of the flow volume, the destruction was immense, with about 3,000 buildings destroyed.

Another large eruption happened at Paricutin volcano, in Mexico, in 1943, when a fissure opened in a cornfield and continued erupting for 9 years, producing a lava flow with a volume of 1.6 cubic kilometers.

None of these eruptions, however, come close to the size and impact of the Laki eruption in Iceland in 1783. Over eight months about 14.7 cubic kilometers of lava covered the landscape, destroying several dozen villages. The volcanic gases poisoned livestock and destroyed crops, leading to a major famine in Iceland that killed thousands. It also affected weather in Europe.

There may be other lava flows greater than one cubic kilometer that are missed in this quick compilation , but the fact remains these are very rare events The 2018 Kīlauea lava flow was among the top lava flow eruptions on Earth in recent centuries.

Source: HVO.

A visitor to my blog reminds us tha the submarine volcano off Mayotte emitted a volume of 5 cubic kilometers of lava, according to BRGM.

Let’s bear in mind that the last very long eruption of Mt Etna (1991-1993) in Valle del Bove emitted, according to estimates, between 200 and 700 million m3 of lava. However, 235 million cubic meters (0.23 km3) seems to be the closest number to reality. It was probably the largest eruption by volume emitted after the 1669 eruption that reached the city of Catania.

Vue de l’éruption du Kilauea en 2018 (Sourc: HVO)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’activité du Bezymianny (Kamtchatka) s’est intensifiée le 14 mars 2022, avec une nouvelle émission de lave visqueuse au niveau du dôme. Cette activité s’est accompagnée de petites coulées pyroclastiques et de panaches de cendres s’élevant jusqu’à 4,5 km d’altitude. L’éruption se poursuivait dans la matinée du 15 mars et s’est intensifiée le 16 de ce même mois, avec des panaches de cendre jusqu’à plus de 11 km d’altitude. Ils sont susceptibles d’affecter les vols internationaux ainsi que les aéronefs volant à basse altitude. La couleur de l’alerte aérienne reste à Orange.

Source: KVERT.

L’éruption du Bezymianny le 15 mars 2022 vue depuis l’espace (Source: Copernicus / Sentinel-2)

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) vient d’entrer dans un temps faible avec une tendance déflationniste du sommet. En conséquence, aucune lave active n’est visible en ce moment dans le cratère de l’Halema’uma’u. En attendant sa probable réapparition d’ici quelques jours…

Source: HVO.

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L’éruption du Fuego (Guatemala) continue avec une dizaine d’explosions chaque jour, accompagnées de la projection de matériaux incandescents. Les panaches de cendres montent à plus un kilomètre au-dessus du sommet. On observe toujours des coulées pyroclastiques qui impactent les cultures et la végétation. Des retombées de cendres et des ondes de choc continuent d’affecter les localités proches du volcan.

Source: INSIVUMEH.

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La lente émission de lave se poursuit sur le Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska) avec une très faible sismicité. Des températures de surface élevées sont identifiées de temps en temps sur les images satellites. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique restent respectivement à Orange et Watch (Vigilance).
Source : AVO.

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L’éruption du Pavlof (Alaska) continue au niveau d’une bouche située sur le flanc supérieur E, avec de petites explosions. Une image satellite montre des températures de surface très élevées près de la bouche active, mais la couverture nuageuse a parfois entravé les observations. Le 14 mars 2022, des images satellites ont montré une petite émission de lave au niveau de la bouche active. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.
Source : AVO.

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L’éruption du volcan Ibu (Indonésie) se poursuit avec des panaches de cendres s’élevant de 200 à 1 000 m au-dessus du sommet. Des avalanches parcourent 100 à 400 m sur les pentes N et NO du volcan. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 2 km du cratère actif.
Source : CVGHM.

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Toujours en Indonésie, l’éruption du Lewotolok continue. Des panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. L’incandescence du cratère, des coulées de lave et des grondements sont également signalés. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé au public de rester à 3 km du cratère sommital et à 4 km du cratère sur le flanc SE.
Source : CVGHM.

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Le dôme de lave au sommet du Merapi (Indonésie) s’est effondré les 9 et 10 mars 2022, envoyant des coulées pyroclastiques jusqu’à 5 km au SE dans la ravine de la rivière Gendol. Des panaches de cendres se sont élevés à au moins 3 km au-dessus du sommet, avec retombées signalées dans plusieurs villages sous le vent. Le volume total de l’effondrement est estimé à 646 000 mètres cubes, ce qui porte le volume du dôme restant à environ 2 582 000 mètres cubes.
L’extrusion du dôme de lave SO continue; le volume du dôme est estimé à 1,58 million de mètres cubes, sans changement par rapport aux semaines précédentes.
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 3-5 km du sommet, selon les endroits.
Source : BPPTKG.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Activity at Bezymianny (Kamchatka) increased on March 14th, 2022, with new viscous lava flowing out of the dome. This activity was accompanied by small pyroclastic flows and ash plumes rising up to 4.5 km a.s.l. The eruption was continuing in the morning of March 15th and intensified on March 16th with ash plumes rising up to 11.6 km. The ash could affect international and low-flying aircraft,. The aviation color code is kept at Orange.

Source: KVERT.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) is currently very low with a deflationary trend at the summit of the volcano. As a result, no active lava is currently visible in Halema’uma’u crater. However, it will probably reappear in a few days…
Source: HVO.

 

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The eruption of Fuego (Guatemala) continues with a dozen explosions each day, accompanied by the projection of incandescent materials. Ash plumes rise over one kilometer above the summit. There are still pyroclastic flows that impact crops and vegetation. Ashfall and shock waves continue to affect municipalities near the volcano.
Source: INSIVUMEH.

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Slow lava effusion continues at Great Sitkin (Aleutians / Alaska) with very low seismicity. Elevated surface temperatures are periodically identified in satellite images. The aviation color code and the volcano alert level remain at Orange and Watch, respectively.

Source: AVO.

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The eruption at a vent located on Pavlof’s upper E flank (Alaska) continues, with small explosions. A satellite image showed highly elevated surface temperatures near the vent, but cloud cover sometimes prevented observations. On March 14th, 2022, satellite images showed minor lava effusion at the vent. The volcano alert level remains at Watch and the aviation color code is kept at Orange.

Source: AVO.

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The eruption at Ibu (Indonesia) continues with ash plumes rising 200-1,000 m above the summit. Avalanches travel 100-400 m down the N and NWslopes of the volcano. The Alert Level remains at a 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 2 km away from the active crater.

Source: CVGHM.

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Still in Indonesia, the eruption at Lewotolok continues. Ash plumes rise as high as 1 km above the summit. Crater incandescence, lava effusion and rumbling sounds are also reported. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 3 km away from the summit crater and 4 km away from the crater on the SE flank.

Source: CVGHM.

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The lava dome at the summit of Mt Merapi (Indonedia) collapsed on March 9th and 10th, 2022, sending pyroclastic flows as far as 5 km SE down the Gendol drainage. Ash plumes rose at least 3 km above the summit, with ashfall reported in several villages downwind. The total volume that collapsed was an estimated 646,000 cubic meters, making the volume of the remaining dome material about 2,582,000 cubic meters.
Extrusion at the SW lava dome continues; the volume of the dome is estimated at 1.58 million cubic meters, similar to the previous few weeks.

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-5 km away from the summit.

Source: BPPTKG.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Nouvelle approche du processus éruptif au Kamchatka // New approach to the eruptive process in Kamchatka

Quoiqu’en disent certains, la prévision éruptive reste à un niveau très bas, comme le montrent les bilans humains des dernières éruptions majeures. La mise en place du principe de précaution permet aujourd’hui d’éviter le pire. Il est préférable d’évacuer les populations menacées, parfois pour rien, plutôt que de déplorer des centaines, voire des milliers, de victimes.

Malgré des progrès techniques significatifs, nous ne savons que très peu de choses sur le processus éruptif, autrement dit comment fonctionne un volcan. La classification élémentaire en volcans rouges et volcans gris montre que tous les volcans ne se manifestent pas de la même façon Aucune éruption ne ressemble à une autre. Un article publié sur le site Futura nous explique qu’une nouvelle étude montre la complexité du réseau de conduits d’alimentation sous les volcans du Kamchatka (Russie).

Tous les volcans ont un point commun : c’est l’ascension du magma issu de la fusion partielle du manteau supérieur qui gère le processus éruptif, mais la suite est plus complexe. Le style et la fréquence des éruptions peuvent être très variables, non seulement entre les différents volcans du globe, mais également sur un même édifice volcanique. Cette variabilité est avant tout due à la façon dont le magma progresse vers la surface. Le processus d’ascension du magma dépend notamment de l’épaisseur et de la composition de la croûte, facteurs qui vont influencer la capacité de stockage du magma à des niveaux intermédiaires, sa cristallisation, son dégazage, sa différenciation ainsi que les interactions chimiques avec les roches encaissantes.

Auparavant, on considérait généralement que le magma était stocké dans des réservoirs stables situés à faible profondeur. Toutefois, de plus en plus d’études expliquent que l’on a affaire à des mécanismes plus complexes. Les réservoirs magmatiques sembleraient plutôt échelonnés sur toute l’épaisseur de la croûte, avec une distribution du magma hétérogène. Ces différents réservoirs seraient reliés entre eux de manière intermittente. La variabilité des éruptions dépendrait donc de l’évolution et de l’interaction avec le temps de ces différentes zones de stockage du magma au sein de la croûte terrestre. Le conditionnel est de rigueur car il s’agit d’une hypothèse avec de nombreuses inconnues

Des scientifiques de l’Institut des Sciences de la Terre de Grenoble, ainsi que leurs collègues russes viennent de caractériser le système magmatique profond du groupe volcanique Klyuchevskov au Kamchatka. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé l’activité sismique – en particulier les trémors – générée par les volcans.

La pression exercée par le magma au sein du système magmatique varie avec le temps. Ces variations de contrainte engendrent une activité sismique qui peut être mesurée. Il peut s’agir de signaux transitoires ou de petites secousses, les trémors, qui durent sur de longues périodes de temps. Leur analyse permet de définir la dynamique du système volcanique dans l’espace, mais également de suivre son évolution dans le temps.

Les chercheurs ont analysé l’évolution de l’activité sismique sur certains volcans situés sur la péninsule du Kamchatka. Le volcanisme de la région est le résultat de la subduction de la plaque Pacifique sous la péninsule. Les résultats de l’étude, publiée dans la revue Science Advances, montrent que le système magmatique s’étage sur toute l’épaisseur de la croûte. Il prendrait sa source à la base de la croûte, au niveau du Moho (environ 30 kilomètres de profondeur) et se ramifierait vers le haut pour alimenter plusieurs volcans par le biais de différents conduits. Le système magmatique pourrait ainsi s’étendre horizontalement sur de grandes distances. Grâce à l’analyse des trémors, les chercheurs ont pu définir les zones actives du système et suivre leur évolution dans le temps. L’existence de « bouchons » pourrait empêcher temporairement le magma de progresser, faisant localement augmenter la pression jusqu’à la rupture. Ce processus mènerait à l’activation transitoire des différentes zones. Là encore, le conditionnel est de rigueur.

Cette étude montre que nous progressons dans notre approche du processus éruptif, mais que de nombreuses questions restent aussi sans réponse.

Source: Futura (autrefois Futura-Sciences).

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Despite what some people say, eruptive prediction remains at a very low level, as shown by the human tolls of the last major eruptions. The implementation of the precautionary principle now makes it possible to avoid the worst. It is better to evacuate threatened populations, sometimes for nothing, than to deplore hundreds, even thousands, of victims.
Despite significant technical progress, we know very little about the eruptive process, in other words how a volcano works. The basic classification into red volcanoes and grey volcanoes shows that all volcanoes do not work in the same way No eruption looks like another. An article published on the Futura website explains that a new study shows the complexity of the network of supply conduits beneath the volcanoes of Kamchatka (Russia).
All volcanoes have one thing in common: it is the ascent of magma resulting from the partial melting of the upper mantle that manages the eruptive process, but what follows is more complex. The style and frequency of eruptions can vary greatly, not only between different volcanoes around the globe, but also on the same volcanic edifice. This variability is mainly due to the way magma is transported from the depth to the surface. The characteristics of magma ascent depend, among others, on the thickness and composition of the continental crust, which will influence the storage capacity of magma at intermediate levels, its crystallization, its degassing, its differentiation as well as the chemical interactions with the surrounding rocks.
Previously, magma was generally considered to be stored in stable reservoirs located at shallow depths. However, more and more studies explain that we are dealing with more complex mechanisms. The magmatic reservoirs would seem rather staggered over the entire thickness of the crust, with a heterogeneous distribution of magma. These different reservoirs would be interconnected intermittently. The variability of eruptions would therefore depend on the evolution and interaction over time of these different magma storage zones within the Earth’s crust. The conditional is required because it is a hypothesis with many unknowns
Scientists from the Institute of Earth Sciences in Grenoble, together with their Russian colleagues, have just characterized the deep magmatic system of the Klyuchevskov volcanic group in Kamchatka. The researchers used the seismic activity – in particular the tremors – produced by the volcanoes.
The pressure exerted by magma within the magma system varies with time. These stress variations generate seismic activity that can be measured. These can be transient signals or tremors that last over long periods of time. Their analysis makes it possible to define the dynamics of the volcanic system in space, but also to follow its evolution over time.
The researchers analyzed the evolution of seismic activity on some volcanoes located on the Kamchatka Peninsula, a result of the subduction of the Pacific plate which plunges under the peninsula. The results of the study, published in the journal Science Advances, show that the magmatic system is staggering through the entire thickness of the crust. The system would take its source at the base of the crust, at the level of the Moho (about 30 kilometers deep) and would branch upwards to feed several volcanoes through different conduits. The magmatic system could thus extend horizontally over large distances. Thanks to the analysis of tremors, the researchers were able to define the active zones of the system and follow their evolution over time. The existence of « plugs » could temporarily prevent magma from progressing, locally increasing the pressure until rupture. This process would lead to the transient activation of the different zones. Again, the conditional is required.
This study shows that we are progressing in our approach to the eruptive process, but that many questions also remain unanswered.
Source: Futura (formerly Futura-Sciences).

Carte montrant la fosse Kourile-Kamchatka, résultat de la subduction de la plaque Pacifique sous la péninsule. On notera, dans la partie septentrionale de la zone, la jonction avec l’arc aléoutien (Source: Wikipedia)

Volcan Klyuchevskoy (Source : KVERT)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Une éruption majeure a eu lieu sur le volcan de l’île de Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée) les 8 et 9 mars 2022 avec des explosions qui ont envoyé des panaches de cendres jusqu’à 15 km d’altitude.
La couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Rouge et le niveau d’alerte volcanique est à 3 sur une échelle de 5.
La dernière éruption majeure du volcan a eu lieu le 19 octobre 2021, avec un nuage de cendres qui s’est élevé jusqu’à 15,2 km d’altitude.
D’autres violentes éruptions ont également été signalées sur le volcan en décembre 2018 – janvier 2019.
Source : Darwin VAAC, The Watchers.

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L’activité reste faible sur le Kilauea (Hawaii) avec des apparitions éphémères de la lave sur le plancher de l’Halema’uma’u. Aucune activité particulière n’est observée le long de l’East Rift Zone.

Source : HVO

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Suite à la dernière crise éruptive du Fuego (Guatemala) du 6 au 8 mars 2022, l’INSIVUMEH indique que des explosions faibles, modérées et fortes sont toujours enregistrées sur le volcan, avec des panaches de cendres qui se déplacent vers l’ouest et le sud-ouest. On continue à observer des avalanches faibles et modérées dans les ravines Ceniza, Trinidad et Las Lajas. L’incandescence persiste dans le cratère mai aucune coulée de lave active n’est observée. La zone affectée par les récentes coulées pyroclastiques présente un rayon de 7 km du cratère en direction du sud-ouest, du sud et du sud-est où la végétation et les cultures ont été affectées par des nuages ​​de gaz et de cendres à haute température. Des retombées de cendre ont également eu lieu sur les localités à proximité du Fuego. Pendant les périodes de pluie, des lahars peuvent se déclencher dans tous les ravines sur les flancs du volcan, en particulier dans les ravines El Jute, Las Lajas, Ceniza et Trinidad.

Source: INSIVUMEH.

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Le 10 mars 2022, le Merapi (Indonésie) a émis plusieurs coulées pyroclastiques qui ont forcé quelque 250 habitants à fuir vers des abris temporaires. Les cendres ont recouvert les villages voisins, mais aucune victime n’a été signalée. Les avalanches ont parcouru jusqu’à 5 kilomètres sur les pentes du volcan. Leur grondement pouvait être entendu à plusieurs kilomètres.
Il est conseillé aux personnes vivant sur les pentes du Merapi de rester à 7 kilomètres du cratère.
Source : CVGHM.

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Toujours en Indonésie, l’éruption du Semeru se poursuit, incitant l’observatoire à émettre plusieurs alertes aux panaches de cendres. Le 3 mars 2022, une coulée pyroclastique provenant du front d’une coulée de lave a descendu la ravine Kobokan sur le flanc SE. Des panaches de cendres sont observés jusqu’à 400 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est prié de rester à au moins 500 m de la ravine Kobokan et de ne pas s’approcher du lit des cours d’eau provenant de Semeru, en raison des risques de lahar et de coulée pyroclastique.
Source : CVGHM.

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Une hausse de la sismicité a été enregistrée juste en dessous du Shinmoedake (Japon), incitant la JMA à relever le niveau d’alerte à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 2 mars 2022. Aucun changement n’a été observé sur le volcan lors d’une visite sur le terrain ce même jour. L’activité sismique d’origine volcanique a persisté jusqu’au 7 mars.
Source : JMA.

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Lors d’un survol du Popocatépetl (Mexique) le 23 février 2022, des scientifiques locaux ont noté que les dimensions intérieures du cratère étaient semblables à celles enregistrées en novembre 2021. Le cratère mesurait 390-410 m de diamètre et 160-200 m de profondeur ; le fond du cratère était recouvert de tephra et des restes d’explosions récentes du dôme de lave. Le volcan émet ses habituels panaches de vapeur auxquels se mêle parfois un peu de cendre. Le niveau d’alerte reste au Jaune, Phase 2.
Source : CENAPRED.

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L’éruption du Wolf (Galapagos / Equateur) se poursuit. Des coulées de lave actives avancent sur le flanc SSE du volcan.
Source :Instituto Geofisico.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Karymsky et le Sheveluch. Elle est maintenue au Jaune pour le Bezymianny.

Source: KVERT.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A major eruption took place at Manam volcano (Papua New Guinea) on March 8th and 9th, 2022 with explosions that sent ash plumes up to 15 km above sea level.

The Aviation Color Code was raised to Red and the Volcano Alert Level is at 3 out of 5.

The last major eruption at the volcano took place on October 19th, 2021,with an ash cloud up to 15.2 km above sea level.

Other high-level eruptions were also reported at the volcano in December 2018 – January 2019.

Source : Darwin VAAC, The Watchers.

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Activity remains low on Kilauea (Hawaii) with short-lives lava emissions on the floor of Halema’uma’u. No unusual activity is observed along the East Rift Zone.
Source: HVO.

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Following the latest eruptive crisis of Fuego (Guatemala) from March 6th to 8th, 2022, INSIVUMEH indicates that weak, moderate and strong explosions are still recorded on the volcano, with ash plumes moving west and the southwest. Light and moderate avalanches continue to be observed in the Ceniza, Trinidad and Las Lajas drainages. Incandescence persists in the crater but no active lava flow is observed. The area affected by the recent pyroclastic flows has a radius of 7 km from the crater towards the southwest, south and southeast where vegetation and crops have been affected by hot gas and ash clouds. Ashfall also occurred in municipalities near Fuego. During rainfall, lahars can be generated in all drainages on the flanks of the volcano, in particular in the El Jute, Las Lajas, Ceniza and Trinidad drainages.
Source: INSIVUMEH.

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On March 10th, 2022, Mount Merapi (Indonesia) spewed several pyroclastic flows that forced about 250 residents to flee to temporary shelters. Ash blanketed nearby villages and towns, but no casualties were reported. The avalanches traveled up to 5 kilometers down the volcano’s slopes. The rumbling could be heard several kilometers.

Residents living on Merapi’s fertile slopes are advised to stay 7 kilometers away from the crater.

Source: CVGHM.

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Still in Indonesia, the eruption at Semeru continues, causing the observatory to issue several alerts for ash plumes. On March 3rd, 2022, a pyroclastic flow originating from the end of a lava flow descended the Kobokan drainage on the SE flank. Ash plumes are observed rising up to 400 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay at least 500 m away from Kobokan drainages within 17 km of the summit, along with other drainages originating on Semeru, due to lahar and pyroclastic flow hazards.

Source: CVGHM.

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An increase in seismicity has been recorded just below Shinmoedake (Japan), prompting JMA to raise the Alert Level to 2 (on a scale of 1-5) on March 2nd, 2022. No changes were seen at the volcano during a field visit that same day. Volcanic earthquakes persisted through March 7th.

Source: JMA.

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During an overflight of Popocatépetl (Mexico) on February 23rd, 2022 , local scientists noted that the inner crater dimensions were similar to those recorded in November 2021. The crater was 390-410 m in diameter and 160-200 m deep; the crater floor was covered in tephra and the remains of recent lava domes. The volcano emits its usual steam plumes, with occasional ash in them. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED.

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The eruption at Wolf (Galapagos / Ecuador) continues. Active and advancing lava flows are observed on the SSE flank of the volcano.

Source:Instituto Geofisico.

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In Kamchatka, the aviation color code remains Orange for Karymsky and Sheveluch. It is Yellow for Bezymianny.

Source: KVERT.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm