Le réchauffement climatique au Japon // Global warming in Japan

Au cœur de l’hiver, dans les forêts de conifères du nord de l’archipel japonais, les arbres prennent des formes humaines menaçantes sur les flancs montagnes. On les appelle les « monstres de glace ». Ces formations étranges ont une origine naturelle. Des vents froids et secs venus de Sibérie forment des groupes de nuages qui laissent échapper une pluie glaciale qui gèle sur les branches des conifères. Lorsque la neige tombe et s’épaissit, les arbres prennent des allures de bonhommes de neige. Baptisés ‘juhyo’ par les Japonais, ils apparaissent en général entre le nord d’Hokkaido et le sud de Nagano. Au fil des ans, ils sont devenus une attraction touristique. Beaucoup de gens se déplacent uniquement pour admirer ces caprices de la nature. .

Toutefois, ce succès entraîne de plus en plus de déceptions. En effet, les juhyo se  font de plus en plus rares. Ils sont victimes du réchauffement climatique qui provoque une détérioration constante de ces formations. Beaucoup ont perdu leur prestige d’antan  Leur période d’apparition est de plus en plus brève et la superficie qu’ils recouvrent de plus en plus réduite. Les températures dans la préfecture de Yamataga ont augmenté de 2°C depuis 1910. On pense que d’ici la fin de ce siècle, les juhyo auront disparu du paysage japonais.

Source : France Info.

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In the heart of winter, in the coniferous forests of the northern Japanese archipelago, trees take on threatening human forms on the mountainside. They are called « ice monsters ». These strange formations have a natural origin. Cold, dry winds from Siberia gather groups of clouds that release freezing rain that becomes ice on the branches of conifers. When the snow falls and thickens, the trees take on the appearance of snowmen. Dubbed ‘juhyo‘ by the Japanese, they usually appear between northern Hokkaido and southern Nagano. Over the years, they have become a tourist attraction. Many people travel to this region only to admire the whims of nature. .
However, there are more and more disappointments today. Indeed, juhyo are becoming increasingly rare. They are victims of global warming which causes a constant deterioration of these formations. Many have lost their prestige of yesteryear Their period of appearance is becoming shorter and the surface they cover is more and more reduced. Temperatures in Yamataga prefecture have increased by 2°C since 1910. It is believed that by the end of this century, juhyo will have disappeared from the Japanese landscape.
Source: France Info.

Capture d’écran de la vidéo proposée pat France Info

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde

L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) qui avait débuté le 19 février 2019 et s’était réactivée le 5 mars avec l’ouverture de nouvelles fractures a brutalement pris fin le10 mars à 6h28 (heure locale). L’arrêt de l’éruption a été précédé d’une très forte activité de surface avec des fontaines de lave de 50-100 mètres de hauteur et nombreux bras de coulées. Cette fin soudaine de l’éruption a surpris tout le monde, y compris l’OVPF qui n’excluait pas l’ouverture de nouvelles fissures à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Enclos.

Source : OVPF.

A titre tout à fait personnel, je pense que cet arrêt en fanfare s’explique par l’évacuation d’une poche de gaz qui résidait dans la chambre magmatique superficielle et qui a expulsé violemment la lave qui la surmontait. De telles fins d’éruptions ont déjà été observées sur le Piton.

L’Agence météorologique japonaise (JMA) a indiqué qu’elle avait relevé le niveau d’alerte du Mont Aso de 1 à 2 le 12 mars 2019 en raison d’une augmentation des émissions de gaz en février et de la sismicité en mars. Le volcan (1592 mètres) est situé dans le centre de l’île de Kyushu, à 75 km du Mont Unzen et à 150 km du Sakurajima.
Le dernier épisode éruptif de l’Aso a débuté le 7 octobre 2016 et s’est terminé le 12 novembre de la même année. Il a généré une colonne de cendre qui est montée jusqu’à 11 km au dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte a alors été élevé à 3..
Source: JMA, Smithsonian Institution.

L’activité explosive persiste au Kamchatka sur les volcans Bezymianny, Sheveluch et Karymsky pour lesquels la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange. A noter qu’une puissante explosion a secoué le Sheveluch le 9 mars 2019 avec un panache qui s’est élevé à une dizaine de kilomètres d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, avant d’être ramenée à la couleur Orange.

Source : KVERT.

Le PHIVOLCS indique que trois éruptions phréatiques se sont produites sur le Mayon (Philippines) le 12 mars 2019. Les explosions ont généré des panaches de cendre qui se sont élevés entre 500 et 1000 mètres au-dessus du cratère.
Le niveau d’alerte est maintenu à 2.
L’entrée dans la zone de danger permanent (PDZ) de 6 km de rayon est strictement interdite, ainsi que dans la zone de danger supplémentaire de 7 km.
Source: PHIVOLCS.

Au cours des 10 premiers jours de mars, les émissions de gaz et de cendre sont montées jusqu’à 1 km au-dessus du sommet du Merapi (Indonésie). Le volume du dôme de lave est relativement inchangé par rapport aux semaines précédentes. La majeure partie de la lave extrudée avance dans la partie supérieure de la ravine de la rivière Gendol sur le flanc sud-est du volcan. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: VSI.

Le Bromo reste bien actif en Indonésie. Le 10 mars 2019, un épisode éruptif a généré un panache de gaz et de cendre de 600 mètres de hauteur. Le 11 mars, un autre événement a produit un panache semblable. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: VSI.

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Here is some news about volcanic activity around the world.

The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island), which began on February 19th, 2019 and was reactivated on March 5th with the opening of new fissures, ended abruptly on March 10th at 6:28 am (local time). The cessation of the eruption was preceded by a very strong surface activity with lava fountains 50-100 metres high and numerous lava flows. This sudden end of the eruption surprised everyone, including OVPF which had not excluded the opening of new fissures inside or outside the Enclos.

Source: OVPF.
As far as I am concerned, I think that this dramatic stoppage of the eruption can be explained by the evacuation of a pocket of gas which resided in the shallow magma chamber and which violently expelled the lava above it. Other eruptions have already ended in the same way on Piton de la Fournaise.

The Japan Meteorological Agency (JMA) indicates that it raised the alert level for Mount Aso from 1 to 2 on March 12th, 2019 because of an increase in gas emissions in February and an increase in seismicity in March. The volcano (1592 metres) is located in the centre of Kyushu Island, 75 km from Mount Unzen and 150 km from Mount Sakurajima.

The last eruptive episode of Mt Aso started on October 7th, 2016 and ended on November 12th of the same year. It produced an ash column up to 11 km above sea level. The alert level was then raised to 3. .

Source: JMA, Smithsonian Institution.

Explosive activity is going on in Kamchatka on Bezymianny, Karymsky and Sheveluch volcanoes. Their aviation colour code is kept at Orange. It should be noted that a powerful explosion shook Sheveluch on March 9th, 2019, with an ash plume up to 10 km a.s.l. The aviation colour code was raised to Red and later brought down to Orange again.

Source: KVERT.

As this happens from time to time on the volcano, PHIVOLCS indicates that three phreatic eruptions occurred at Mayon volcano (Philippines) on March 12th, 2019. The explosions generated ash plumes that rose between 500 and 1000 metres above the crater.

The alert level is kept at 2.

Entry into the 6-kilometre Permanent Danger Zone (PDZ) is strictly prohibited as well as into the precautionary 7-kilometre Extended Danger Zone.

Source: PHIVOLCS.

During the first 10 days of March gas and ash emissions rose as high as 1 km above Merapi’s summit (Indonesia). The volume of the lava dome is relatively unchanged compared with the previous weeks. Most of the extruded lava travels down the upper parts of the Gendol River drainage on the SE flank. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : VSI.

Mt Bromo is still active in Indonesia. On March 10th, 2019 an eruption generated a gas and ash plume that rose up to 600 metres. Another event on March 11th produced a similar plume. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: VSI.

Activité éruptive dans le cratère de l’Aso (Crédit photo: F. Gueffier)

En souvenir de l’éruption du Piton de la Fournaise (Crédit photo: C. Holveck)

Bientôt un séisme au Japon? // Soon an earthquake in Japan ?

On sait que certains comportements inhabituels d’animaux sont susceptibles d’annoncer des catastrophes naturelles. Par exemple, les mouettes avaient disparu avant une éruption majeure du Stromboli en Sicile. Il y a aussi des histoires de poules qui ont cessé de pondre et d’abeilles qui ont délaissé leur ruche. De nombreux propriétaires d’animaux ont affirmé avoir vu leurs chiens et leurs chats se comporter étrangement avant un tremblement de terre. En ce moment, c’est la découverte d’un certain nombre régalecs morts qui inquiète les Japonais.

Selon Wikipedia, le régalec, roi des harengs ou ruban de mer (Regalecus glesne)  est un poisson très long dont la taille maximale n’est pas connue. Il mesure en moyenne 5 mètres, ce qui en fait le plus long des poissons osseux. On ne sait que peu de choses sur son comportement, l’essentiel des observations ayant été faites sur des spécimens échoués ou agonisants. À Taïwan, on l’a  surnommé « poisson séisme » car les rares fois où les pêcheurs l’ont découvert, c’était peu après un tremblement de terre dont l’épicentre se situait en mer. La légende veut que les poissons remontent vers la surface quand ils sont dérangés par les secousses sismiques, mais la relation entre ces deux évènements n’a pas fait l’objet de recherches scientifiques..

Il y a quelques jours, un régalec mesurant près de quatre mètres du museau à la queue a été retrouvé prisonnier d’un filet de pêche au large du port d’Imizu, dans la préfecture de Toyama, sur la côte nord. Le poisson était déjà mort et il a ensuite été transporté à l’aquarium d’Uozu pour y être étudié. Deux autres régalecs avaient été découverts dans la baie de Toyama neuf jours plus tôt.
Les régalecs – reconnaissables à leur long corps argenté et à leurs nageoires rouges – fréquentent généralement les eaux profondes et on les voit rarement en surface. Une légende raconte que lorsque les régalecs remontent dans des eaux peu profondes, c’est le signe qu’une catastrophe naturelle est proche.
Cependant, les biologistes ont une explication beaucoup plus prosaïque. Selon un professeur d’ichtyologie de l’Université de Kagoshima, «ces poissons ont tendance à remonter à la surface en profitant des courants marins lorsque leur condition physique est mauvaise, ce qui explique pourquoi ils sont si souvent morts lorsqu’on les retrouve. Le lien avec l’activité sismique existe depuis de très nombreuses années, mais il n’existe aucune preuve scientifique ; je ne pense donc pas que les gens doivent s’inquiéter ».
Néanmoins, la réputation du régalec en tant qu’indicateur d’une catastrophe imminente a été confirmée au Japon en 2010 quand une dizaine de poissons se sont échoués le long de la côte nord du pays. Quelques mois plus tard, en mars 2011, un séisme de magnitude M 9,0 a frappé le nord-est du Japon, provoquant un puissant tsunami qui a tué près de 19 000 personnes et détruit la centrale nucléaire de Fukushima.
Les scientifiques japonais ont averti qu’un puissant séisme pourrait se produire à court terme dans la Fosse de Nankai, parallèle à la côte méridionale du Japon, entre Nagoya et l’île de Kyushu. Le tsunami qui s’ensuivrait pourrait entraîner des pertes importantes en vies humaines et la destruction des zones côtières. Selon les dernières prévisions du gouvernement, un tel séisme majeur pourrait générer un tsunami de plus de 30 mètres de hauteur.
Par ailleurs, le gouvernement japonais a récemment annoncé un nouveau train de mesures dans l’éventualité d’un puissant séisme à Tokyo, avec notamment des mesures supplémentaires pour évacuer les étrangers. Ces mesures préconisent également une meilleure diffusion des informations sur les abris, les itinéraires d’évacuation et les services médicaux. Les informations seront disponibles dans un plus grand nombre de langues via des sites Internet d’information sur les catastrophes.
Source: Presse japonaise et internationale.

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It is well known that some animal unusual behaviour may announce incoming natural disasters. For instance, seagulls disappeared before a major eruption at Stromboli in Sicily. There are also stories of hens that stopped laying eggs and bees leaving their hive in a panic. Countless pet owners claimed to have witnessed their cats and dogs acting strangely before an earthquake. This time, the discovery of a number of deep-sea oarfish is worrying the Japanese as this kind of fish is traditionally thought to be harbingers of a natural disaster.

According to Wikipedia, the oarfish, king of herring or sea sliver (Regalecus glesne) is a very long fish whose maximum size is not known. It may reach 5 metres, making it the longest bone fish. Little is known about his behaviour, as most observations were made on stranded or dying specimens. In Taiwan, it has been dubbed « earthquake fish » because fishermen discovered it a few times soon after an earthquake with an epicentre at sea. Legends say that oarfish go up to the surface when disturbed by earthquakes, but the possible relationship between these two events has not been confirmed by scientific research.

A few days ago, an oarfish measuring nearly four metres from snout to tail was found tangled in a fishing net off the port of Imizu, in the north-coast prefecture of Toyama. The fish was already dead but was later taken to the nearby Uozu Aquarium to be studied. Two more oarfish were discovered in Toyama Bay nine days earlier.

Oarfish – characterised by long silver bodies and red fins – usually inhabit deep waters and the fish are rarely seen from the surface, although legend has it that when oarfish rise to shallow waters, disaster is near.

However, biologists have a more prosaic explanation. According to a professor of ichthyology at Kagoshima University, “these fish tend to rise to the surface when their physical condition is poor, rising on water currents, which is why they are so often dead when they are found. The link to reports of seismic activity goes back many, many years, but there is no scientific evidence of a connection so I don’t think people need to worry.”

Nevertheless, the oarfish’s reputation as an indicator of imminent doom was enhanced after at least 10 oarfish were washed up along Japan’s northern coastline in 2010. In March 2011, an M 9.0 earthquake struck off northeast Japan, triggering a massive tsunami that killed nearly 19,000 people and destroyed the Fukushima nuclear plant.

Experts warned that an earthquake in the Nankai Trough, which runs parallel to Japan’s southern coast from off Nagoya to the southern island of Kyushu, could be imminent and resulting tsunami could cause massive loss of life and destruction in coastal areas. The most recent government predictions suggest a tsunami more than 30 metres high could be generated by a major quake.

The Japanese government has recently announced a new package of response measures to a major earthquake beneath Tokyo, including additional steps to evacuate foreigners from the city. They also call for improved delivery of information on places to take shelter, evacuation routes and medical treatment. The information will be made available in more languages via disaster information websites.

Source : Japanese and international press.

Régalec échoué sur une plage (Crédit photo: Wikipedia)

Mt Shindake (Japon / Japan)

Selon une dépêche de l’agence Associated Press, le volcan Shindake sur l’île de Kuchinoerabu est entré en éruption le 17 janvier 2019, avec des projections de blocs et de cendre, sans toutefois causer de dégâts ou de blessures.
L’Agence météorologique japonaise a déclaré que les matériaux éjectés n’avaient pas atteint la zone habitée située à 2 kilomètres du volcan. Environ 80 habitants sont allés immédiatement se réfugier dans un abri sur l’île et sont ensuite rentrés chez eux après la levée de l’avis d’évacuation moins de deux heures après l’éruption.
La dernière éruption majeure du Shindake, en mai 2015, avait déplacé temporairement toute la population de l’île, soit environ 150 personnes. Les habitants ont été évacués vers l’île de Yakushima, à environ 12 kilomètres à l’est. Seuls les deux tiers environ d’entre eux sont depuis rentrés à Kuchinoerabu qui se trouve au sud de Kyushu.
Source: The Seattle Times, Associated Press. .
NDLR: Une autre éruption, moins puissante, a également été observée dans l’après-midi du 18 décembre 2018, avec des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du cratère (voir article sur ce blog  le 18 décembre 2018). Une coulée pyroclastique avait dévalé sur environ 1 km sur le flanc ouest du volcan. Il s’agissait de la première coulée de ce type depuis mai 2015.

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According to an Associated Press report, Shindake volcano on Kuchinoerabu Island erupted on January 17th, 2019, blasting rocks and ash into the air but causing no damage or injuries.

The Japan Meteorological Agency said the ejected materials have not reached the residential area 2 kilometres away. About 80 residents initially took refuge at a shelter on the island but have since started to return home after an evacuation advisory was lifted less than two hours after the eruption.

Shindake’s last major eruption in May 2015 had temporarily displaced the island’s entire population of about 150. The residents were evacuated to Yakushima Island, about 12 kilometres to the east. Only about two thirds of them had since returned to Kuchinoerabu, south of Kyushu.

Source: The Seattle Times, Associated Press. .

Personal note: Another, less powerful, eruption was also observed during the afternoon of December 18th, 2018, with ash plumes rising up to 2 000 metres above the crater (see post on this blog). A pyroclastic flow had reached a distance of about 1 km down the western slope of the volcano. It was the first such flow to be observed since May 2015.

En rouge l’île Kuchinoerabu, au sud de Kyushu, où se dresse le Mt Shindake (Google Maps)